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#176 Re : Dogmes & Doctrines » La vérité est-elle toujours bonne à dire ? » 28-08-2012 16:58

Franco a écrit :

Porter la croix est UN HONNEUR et la PLUS BELLE PREUVE que t'es devenu LIBRE. etc., etc.

À vouloir « répondre pour répondre » on prend toujours le risque de planter le quatrième clou manquant à celui à qui on s'adresse sans le connaître. Ainsi fait-on quand on ne sait pas à qui on parle, et c'est pourquoi il vaut mieux en rester au texte. Ce forum n'est pas un lieu de « consolations métaphysiques » du style « amis de Job » pour se faire valoir. D'autres forums jouent bien assez ce rôle. Je désire qu'on en reste au texte, si l'autre y découvre des clefs pour résoudre ses problèmes, tant mieux. Quant à la rencontre personnelle, elle a lieu sur un autre terrain que les terrains publics, planqué derrière sa souris.

#177 Re : Nouveau Testament » qu'entendez vous par cette expression ; " Fils de l'homme" » 28-08-2012 16:37

Si tu veux aborder des discussions sur les questions posées concernant les 3 premiers chapitres de la Genèse, je t'invite à les prendre séparément et à ouvrir une discussion pour chacune dans la catégorie « Ancien Testament : Genèse ». Je participerai en fonction de mon temps. On n'aborde pas de telles questions avec des bribes de réponses à la va-vite, avec des « sans aucun doute » à la volée et des morceaux de textes bibliques pris ici et là pour soutenir superficiellement son idée. Depuis des siècles, de nombreux hommes, et pour certains d'authentiques hommes de foi, se sont penchés sur ces questions avec des réflexions extrêmement intéressantes. Le principe d'humilité est essentiel. La vanité à vouloir résoudre « par l'Esprit » ce que de plus grands ne sont pas parvenus à voir, c'est ce qui guette quiconque pense faire l'économie de saigner en cherchant, de porter sa croix en cherchant, de crucifier ses préjugés raisonnables en cherchant. Pour moi, je lis l'Écriture avec à l'esprit cette pensée du Zohar :

« Qui est au ciel ? Quoi sur terre ? Qui au-delà du ciel ? Quoi au-dedans de la terre ? Béréshit — au commencement — balancent ces deux questions, et l’homme est tendu entre les deux. […] Voici l’homme : il a l’audace de soulever la quesion, il scrute pour contempler, pour connaître. Dans la contemplation et la connaissance, il avance progressivement, degré par degré, jusqu’au degré ultime. Et, soudain, arrivé en ce point ultime, il se heurte à la question : Quoi ? Quoi donc ? Que sais-tu maintenant ? Qu’as-tu contemplé maintenant ? Qu’as-tu scruté ? Tout est aussi fermé qu’au départ. »

Concernant le Fils de l'homme. Tes grands écarts aboutissent finalement à la pensée banale du judaïsme dans laquelle tu mêles tout aussi banalement le Christ de façon ecclésiastique. Bien entendu que la prise de conscience de l'Adam devant l'arbre des connaissances donne naissance à l'homme conscient, à un autre homme. Tu n'as rien découvert là. Darwin a traduit cela par sa doctrine de l'Évolutionnisme.

Que nous dit l'Écriture ? Que l'humanité n'était encore qu'Une race : « il n'est pas bon que l'homme soit seul », c'est-à-dire qu'il n'est pas bon qu'il soit « sans différences », où chacun n'est que l'exemplaire de la race. Car il n'était alors qu'une race où la différence de l'Autre n'est pas considérée, pas connue, pas consciente. On ne savait pas qu'il y a en elle un Homme ET une Femme, leurs différences étant telles qu'on peut quasiment dire qu'on se retrouve là devant 2 races. Cette différence est le murmure de l'existentialisme, c'est-à-dire du messianisme, là où l'existence individuelle est si Unique qu'un homme est à lui seul une race en lui-même : « il a un nom unique que lui seul connaît. »

Mais cet adam le terreux ne le voit pas encore. À un instant de l'histoire il va en prendre conscience ! Mais très, très lentement. De même que le bébé allant de l'enfance, puis à l'adolescence et jusqu'à l'âge adulte s'éveille sur la réalité et prend conscience de son être et de l'être de l'autre. Devenu adulte, il n'a plus rien du bébé, à tel point qu'on peut dire qu'il est le « fils de ce bébé », son engendrement en quelque sorte. Adam le terreux va donc faire de même. La Genèse est une prophétie, non un fait réel dans l'Histoire. Adam le terreux va petit à petit voir en lui s'accomplir la dernière séparation créative, car la création n'est qu'un processus de séparations. Il devient un animal intelligent ; il est séparé du monde animalier. Dès lors, il dominera sur la Création par son intimité avec les dieux, c'est-à-dire avec les savoirs, avec la raison, en se nourrissant de ses doctrines : les fruits de l'arbre du bien et du mal. Il se prétend dès lors « à l'image de dieu » et comme « étant tel que dieu ici-bas » : la tête de la Création. Le mensonge du serpent s'est finalement réalisé ; c'était un vrai faux mensonge ! Car cet homme issu de la racine d'adam est bien dieu sur terre. Il est bien le fils de l'homme aux yeux de la raison.

C'est pourquoi, dans cette philosophie, « Dieu se retire au septième jour », laissant à l'homme le bébé de la création : il entre dans sa béatitude pendant que l'homme se coltine tout le bouleau… à ses risques et périls. Béatitude qui n'est qu'un leurre, car cette béatitude est en vérité un lieu de désincarnation. C'est le lieu de finalité de l'homme évolué, de ce fils de l'homme issu de la raison. L'homme qui y entre est alors transformé en une raison pure, un non-sujet sans puissance de volonté. L'entrée dans le septième jour est donc précédé d'un jugement ; c'est le gond de la porte ; entre le sixième et le septième à lieu le jugement. Puis le septième jour est la réalisation de ce jugement : tout le créé entre dans le lieu où il vit sa mort après avoir vécu sa vie. Mais lieu de béatitude aux yeux de la raison qui voit l'incarnation et la liberté comme un péché. Et le royaume des cieux, c'est entrer dans le huitième jour. C'est l'instant où le Christ entre dans le shabbat comme étant maître du shabbat ; il détruit alors l'acte des ordonnances qui condamne le créé, conduisant alors les siens à la résurrection : dans le huitième jour.

Au regard de l'arbre des connaissance dont tu te fais l'écho, avec son « ben adam », son fils d'adam le terreux, c'est donc le principe d'Évolution progressive qui est posé par la lumineuse raison ; et avec lui l'idée sous-jacente d'un messianisme vu comme progression de la conscience. Une religion banale somme toute. Lorsque vient le Christ, le concept du Fils de l'homme est totalement bouleversé, une autre lecture biblique nous est donnée. Le Fils de l'homme n'est pas l'évolution d'adam, il n'est pas celui qui parvient à dire le : « J'ai été créé à l'image de dieu », il est une sortie de cet acte créateur, il est une mise à mort du terreux et des ses évolutions glorieuses et serpentines ; une mise à mort des fils de l'homme issus de l'histoire raisonnable, ceux que j'appelle les Fils de l'histoire. Il est une Naissance vers une Autre Nature, un Second homme qui peut dire : « Je n'ai pas été créé mais engendré, et j'ai en moi la nature même de mon Père. » Avec le Christ, le Fils de l'homme devient soudain le Fils de Dieu et Dieu le fils ; et « quiconque le voit, voit le Père ». Enfin, avec lui vient le jugement des dieux, des puissances logiques ; vient le brisement des tables de pierres, des vérités éternelles auxquelles le créé doit obéir. Le jugement de « ce » et « ceux » qui ont échoué à atteindre le but, qui l'ont « raté », c'est-à-dire qui ont péché. C'est pourquoi, dira Luther : « La loi et la foi sont unies dans l'intention », mais la loi ne peut atteindre le but, car « la chair la rend faible » disait Paul. La nature même d'Adam et de ses fils est trop faible, trop soumise aux lois, trop nourrie de logiques. Et plus il est un fils évolué, savant, connaissant, plus il est faible par sa force intellectuelle. Moins il peut dépasser l'intelligence et devenir fils de Dieu. Il ne peut envisager de dire une Parole de foi à laquelle rien ne peut s'opposer : « Que ma volonté soit faite. »

#178 Re : Échanges au jour le jour » L'islam. » 28-08-2012 13:27

Oui, bien sûr, j'ai simplement modifié cet adage bien connu. En effet, une secte prospère simplement par le fait que sa parole, c'est-à-dire son idéologie fonctionne mieux que sa voisine, parce que ses formules et ses équations sur la vérité marchent mieux. Parce qu'elle est meilleure magicienne.

Or comment se fait-il qu'une idéologie fonctionne mieux qu'une autre ? Prenons le cas du protestantisme. Pourquoi le protestantisme a-t-il percé ? Parce que son idéologie était en phase avec l'actualité, avec la modernité, tandis que le catholicisme s'était figé dans ses archaïsmes sans vouloir se réformer. Ainsi en est-il de toutes les réussites, tant politiques que scientifiques que religieuses : elles collent à leur actualité. On dit alors qu'elles sont inspirées. C'est le propre de la fausse prophétie que de se rendre utile à son temps, de là la propension des protestants à être ces « petits prophètes de l'actualité ». Et de là le peu de danger de l'Islam, lui qui est totalement en retard dans l'Histoire ; argument dont se sert le Monde : « L'Islam veut faire reculer notre modernisme », dit-il. Le Monde se sert ainsi de ses ennemis pour vanter ce qu'il appelle son progrès en usant du principe de comparaison. Même les ennemis du monde le servent. Ce qu'il ne supporte pas, c'est qu'on lui échappe.

Bref… aussi incroyable que cela puisse paraître, il en est de même avec la Science à propos de cette magie spirituelle qui consiste à être pile et au poil près connecté à l'Esprit du Temps. Si Einstein était apparu trop tôt il aurait été chômeur, et si Newton était apparu à l'époque de Charlemagne on ne l'aurait jamais écouté. Le scientifique aussi doit être en lien avec l'Histoire pour réussir. Et plus il est décalé par avance avec elle, moins on l'écoute ; plus il se retrouve dans une position en ressemblance d'une situation prophétique, puisqu'il dit une chose « vrai » qui ne peut encore être entendu. Mais il n'est pas encore prophète, car le « vrai » qu'il dit appartient bel et bien à ce Monde.

Il faut en effet être en union avec l'esprit du Monde et de sa marche pour être reçu par lui et trouvé une place d'autorité, car le monde ne prend que ce qui lui est utile, et il déclare prophète que celui qui va au rythme de son courant, qui lui obéit. Le faux messianisme est donc une réalité qui est au centre même de la marche du progrès, débordant le moins possible de l'arrière ou de l'avant. Or, le propre du vrai prophètisme est de ne pas être uni avec son temps, et avec le Temps ! D'être totalement décalé dans l'Histoire, mais non extrême, justement pas extrême ! C'est-à-dire, non pas d'annoncer l'extrémité de l'Histoire, soit donc sa fin d'un côté extrême, ou son âge d'or dans l'autre extrême, mais d'annoncer précisément sa sortie, son exode. Quand je dis sa sortie, je dis bien un Autre-monde ; l'esprit prophétique ne parle pas seulement d'une chose à-venir dans le lointain, mais d'une chose impossible dans le lointain, d'une chose que seule la foi peut appréhender. La liberté dont parle le Christ est en effet une utopie et le christianisme est dans son essence une utopie. La vérité est une utopie, c'est pourquoi le mensonge réussit si bien.

#179 Re : Nouveau Testament » qu'entendez vous par cette expression ; " Fils de l'homme" » 28-08-2012 00:48

Franco a écrit :

Ne se pourrait il pas que cette appellation fasse référence à « l'homme créé a l'image de Dieu » ? Cet homme qui pour moi n'est pas Adam mais une représentation de Dieu après la chute d'Adam et Eve qui est (homme et femme et est appelé HOMME). Ne serait il pas l'incarnation de cet Homme créé à l'image de Dieu ? Qui de ce fait ne serait pas une émanation de la nature  comme Adam qui, lui, était terrestre. Le deuxième homme (dit Paul est spirituel), le premier (terrestre). Adam terrestre fut créé le premier et l'homme spirituel (Jésus) après, car le spirituel n'est pas avant mais après 1 Corinthiens 15. Cet homme à l'image de Dieu étant (homme et femme) a engendré ce fils de l'homme appelé (Jésus Christ). Bon je ne trouve pas les bons termes pour m'expliquer — J'espère que je me fais comprendre.

Il faut faire attention lorsqu'on aborde les 3 premiers chapitres de la Genèse de ne pas basculer dans un discours ésotérique et par trop alambiqué ; comme si Dieu était un magicien, jouant avec des équations quantiques et des multivers. De même ne faut-il pas glisser avec l'Église dans une interprétation fondée sur la raison avec ses concepts logiques dont l'intelligence peut se saisir ; comme si Dieu était un mécanisme newtonien. La Genèse est simple, mais profonde, c'est-à-dire qu'elle échappe à ces deux faces d'une même pièce : le raisonnable et le mysticisme. C'est pourquoi il nous est si difficile de la saisir, chacun de nous étant naturellement enclin à tout expliquer par la Raison, soit par ses logiques, soit par ses spéculations.

Avant d'aborder ces chapitres, il y a, me semble-t-il, quelques questions fondamentales qu'il te faudrait aborder, ce qui demande beaucoup de temps et d'énergie. À savoir : Le texte de Genèse 1 à 3 est-il une allégorie ou est-il une réalité littéralement historique ? De fait, ce qu'on appelle « la chute » ou « le péché originel » est-il vraiment un fait historique à rattacher à un seul homme nommé Adam ? Ou n'est-ce pas plutôt un processus qu'on doit rattacher à tous les hommes ? Chaque homme qui vit en ce monde faisant finalement son propre geste adamique, et Adam n'étant que le terme générique pour l'humanité ? Ce qu'on appelle « le péché » est-il seulement le fait de « se nourrir de l'arbre des sciences » ? Sa conception ne commence-t-elle pas avant ? Le serpent est-il un être ou une façon pour l'auteur d'exprimer une suggestion intérieure à l'homme ?

Et ce n'est là qu'une très petite partie des questions posées par la Genèse. C'est pourquoi la tradition juive explique que toute la Bible se trouve dans les 3 premiers chapitres de la Genèse ; que l'ensemble de ces 3 chapitres se trouve dans le premier verset ; que le premier verset se trouve dans le premier mot ; et qu'enfin le premier mot se trouve dans la première lettre. Or, la première lettre n'existe pas, car Genèse commence par la seconde lettre de l'alphabet hébreu, le beth de bereshit, « au commencement », et non par la première lettre de l'alphabet, le aleph. Le véritable commencement est-il caché parce qu'à-venir ? Et qui est-il sinon le Fils de l'homme & les fils de l'homme qui le suivent dans la résurrection ? Cette question-là est virulente puisque l'absence de commencement donne en traduction notre mot « anarchie ». Cela laisse entrevoir un monde-à-venir, conçue avant le « au commencement » de la Genèse, qui bouleverse tous nos concepts, et qui échappe à cette réalité des 6 jours plus un.

Bref… sans répondre à ces quelques questions, il me semble difficile d'être précis pour répondre à la tienne. Or, y répondre à toutes consciencieusement me demanderait trop de temps via ce forum. Aussi je me permets de les enjamber pour aborder ton interrogation en supportant le manque de détails que les réponses à ces questions primordiales apporteraient.

Lorsque l'Écriture dit que « l'homme a été créé à l'image de Dieu », c'est vrai — mais c'est faux dès l'instant où l'interprétation de cette expression est prise littéralement ; c'est-à-dire dès l'instant où l'on suppose que « l'homme créé à l'image de Dieu » serait le but que Dieu s'est donné en nous créant. Rien n'est plus faux. C'est pourquoi le mot « dieu » dans cette expression : « l'homme a été créé à l'image de Dieu », est le mot « élohim », un pluriel qu'on pourrait traduire pas « les dieux » ou « les déesses ». Dans la tradition hébraïque, élohim, c'est la Nature, ce sont les forces de la Nature. C'est pourquoi on le trouve tel un pluriel, car le paganisme est précisément cette volonté de fragmenter les forces de la Nature, c'est-à-dire de la Création, en plusieurs divinités. Le propre du Judaïsme est d'avoir voulu montré que cette pluralité est en vérité un ensemble de lois, de forces, de concepts, de puissances, etc., qui sont sous l'autorité d'une seule divinité, d'un seul Dieu ; un Dieu compris ici comme étant littéralement un Créateur. D'où le monothéisme.

Cette pluralité de « forces » est en vérité un voile. La Création ou la Nature, ou encore ses Lois d'harmonisation, c'est-à-dire tout ce système ordonné selon des principes rigides, c'est une réalité derrière laquelle Dieu est en vérité caché. Pourquoi caché ? Parce que Dieu est bien plus qu'un Créateur, et il est au-delà du Créateur. L'idée que nous nous faisons de Dieu en tant qu'être Créateur, et en le nommant comme tel, c'est une idée humaine et intellectuelle, non pas divine. Et cela, parce que nous regardons la Création, et parce que nous déduisons être « en elle » ses Créatures. À ce titre, l'homme est bien Créature de cette Création à l'image du Créateur. Nous sommes la projection d'une perfection créatrice dont la source est absolue. Absolue perfection parce que les lois et les principes par lesquels ce monde est régi sont vus comme immuables et définitifs. Ce sont des principes dits purs, parce qu'inviolables. On leur donne différents noms : des idées ou idéologies, des théories, des sciences, des anges. L'ange n'a de fait pas de liberté, il est de l'obéissance pure, incapable de concevoir qu'on puisse dépasser les notions de bien et de mal. Il est la Loi, celle-cie ayant été donnée par les anges nous dit d'ailleurs l'Écriture.

Seul l'homme a une liberté lui permettant un dépassement des lois et de la logique, et lui seul a conscience de sa liberté. Quant aux végétaux et aux animaux, ils n'ont cette liberté qu'en forme d'instinct, sans en avoir conscience. C'est notre liberté qui met le bazar dans la Création, c'est pourquoi elle est méprisée et souvent confondue avec la notion de « péché » dans la plupart des traditions moralistes, particulièrement l'hindouisme et le bouddhisme. Notre liberté a le culot de s'opposer aux lois et aux principes régissant ce monde ! C'est-à-dire qu'elle s'oppose à la réalité logique, aux lois gravées sur le pierre, aux anges mêmes, et au Créateur directement.

Or, c'est précisément ce que Dieu attend de l'homme ! Dès l'instant où l'homme tend vers sa liberté, celle d'exister selon sa volonté, il quitte l'idée d'être « l'image de Dieu », et il entre dans la notion aussi incroyable soit-elle d'être de nature divine. Être à l'image de Dieu, c'est le connaître comme Créateur seulement, c'est-à-dire être dans son ombre. C'est vivre une sorte de conversion intellectuelle, une prise de conscience de ses devoirs, de ses lacunes, de ses culpabilités pour n'avoir avec la vérité qu'un rapport d'obéissance. Cette ombre est donc pour l'homme lumineuse tant les lumières de la connaissance, tant les mystères des principes régissant ce monde l'élève au-dessus de l'animal. Mais ce n'est que l'ombre. L'homme n'est ici qu'un être obéissant à des principes qui font pour lui office de tuteur. Il n'est qu'un animal intelligent, un être religieux. Mais dès l'instant où il veut accéder à « la véritable lumière », il entre dans un rapport avec Dieu qui n'est plus de Créateur à Créature, mais de Père à Fils. C'est ici qu'il trouve le Fils de l'homme, le Christ. C'est lui qui est véritablement le second homme, celui qui sort des principes : « ne touche pas, ne goûte pas », celui qui pardonne ce que la loi ne peut pardonner, celui qui fait entrer dans une vie, non plus seulement intelligente, mais spirituelle.

Mais tous les « adams », tous les terreux (« adam » signifiant le terreux), ne sont et ne seront jamais autre chose que des hommes plus ou moins partagés entre l'ange et la bête, entre l'animal et la raison. Jamais ils ne pourront accéder à l'état de nature divine, à connaître le Père au-delà du créateur, à avoir la vie au-delà de la vie biologique. À exister, comme Lui, en tant que qu'Être pour qui la volonté ne se justifie jamais devant une logique. Aucun homme ne peut donc échapper aux jugements des principes par lesquels ce monde est régi ; nul ne peut échapper à sa mort, à cette finalité des principes du bien et du mal, et à y demeurer comme « vivant sa mort ». Il faut pour y échapper que Dieu donne gratuitement de sa vie, de son esprit, de son sang, et que l'homme s'y abreuve pour que du terreux qu'il est, naisse un autre homme, naisse un fils de l'homme, comme le papillon sort de sa chrysalide en la brisant. Ainsi Dieu a-t-il voulu lui-même se faire Fils de l'homme, en apparence d'un homme terrestre et terreux. Il a voulu être brisé dans son humanité, brisant ainsi toutes les chrysalides terrestres. Et il a voulu offrir sa propre résurrection comme cette racine où s'abreuvent ceux qui, par la foi, naissent en lui, et de lui. Il a voulu engendrer des fils, en devenant lui-même Fils bien qu'étant Père. Et ceux-là mêmes qu'il engendre sont encore cachées derrière leur nature de terreux, car seule la résurrection révélera.

#180 Re : Nouveau Testament » qu'entendez vous par cette expression ; " Fils de l'homme" » 27-08-2012 18:18

Franco a écrit :

Pourquoi Jésus se dit « Fils de l'homme » ? Je l'ai souvent lu dans les interventions d'Ivsan sans être détaillé.

Parce qu'il n'a pas été créé. C'est-à-dire qu'il n'émane pas de la Nature et n'a pas eu besoin d'un appareil génétique pour Être. Myriam ne fut qu'une mère porteuse, elle ne lui a rien légué, pas plus que Yossef ; il n'y a pas eu rapport sexué pour qu'Il puisse être. Son incarnation n'est qu'une incarnation, non pas une naissance, non pas un début. Son apparition est la volonté de l'Esprit, lequel a eu recours à la Nature pour le vêtir en apparence d'homme, pour cacher sa divinité, laquelle était avant qu'Il fût tel que l'Histoire nous le présente et nous le cache.

Tandis que l'homme est lui un fils de la Nature, non un fils de l'Esprit. Il n'est pas un être ayant la Nature de Dieu et Dieu lui-même. Il en est au mieux une allégorie. C'est pourquoi l'homme entend Dieu comme Créateur, comme un être qui le fabrique via la matrice de la Nature, via une génétique, via une histoire génétique, et non directement de son Esprit, de son vouloir. L'homme est religieux de nature puisqu'il se croit émané d'un savoir général et non d'une volonté individuelle. Tandis que le Christ pouvait, Lui, dire Père, car bien qu'étant un être d'apparence humaine, il se savait comme n'ayant rien en lui de la Nature, mais comme étant l'Être-du-Père et le Père lui-même.

#181 Re : Nouveau Testament » Que veut dire « tuer l’âme » ? » 23-08-2012 18:43

Franco a écrit :

[…] tu sais toujours dire : « Ainsi parlait… », mais tu ne sais pas ce que l'ESPRIT  […] Avant de dire ou de recevoir un mensonge, IL FAUT PREALABLEMENT FAIRE DOUTER DE CE QUE DIEU A DIT. C'est ainsi que le SERPENT a agit « Dieu a t il vraiment dit… »

Il est vrai que j'ai effacé un message de ta part qui n'avait pas eu de réponses. En effet, tu disais partir d'ici, aussi quiconque y aurait répondu aurait répondu dans le vide. Pour éviter à un membre de discuter avec un fantôme, j'ai trouvé normal d'effacer ton propos. En outre je ne l'ai pas lu. Je crois qu'il y avait une flopée de versets non interprétés. Si toutefois tu veux que nous en parlions, dépose-le de nouveau, je le lirai et te répondrai. Mais faudrait savoir si tu restes ou si tu pars. Et aussi si tu veux discuter ou allumer des bûchers.

Concernant l'Esprit, ce que tu me dis m'incite à répondre par ce texte de l'évangile : « Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ; nous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas lamentés. » Si je dis : « l'Esprit m'a dit », on m'accusera d'orgueil ou je ne sais quoi ; et si je cite des auteurs pour fonder ma réflexion, on me dit : « Oui mais l'Esprit ne te parle pas ». Bref… à ce petit jeu j'aurais toujours tort puisque l'autre est malhonnête. Et si l'Esprit, lui qui est humble, se plaisait à parler sans se vanter d'être inspiré, laissant à l'autre le soin de peser le propos et d'y voir ou non l'inspiration. Soit donc, c'est la dernière fois que je te réponds sur ce genre d'arguments dans le vide et qui ne veut rien dire. Ce n'est pas parce que tu me diras : « l'Esprit m'a dit, à moi Franco, mais l'Esprit ne te dit pas, à toi, Ivsan, etc. » que je te t'écouterais, loin de là, je me taperais le cul dans une bassine en me moquant de toi, croyant entendre le pape Franco I. Pour qui tu te prends pour exiger de l'autre qu'on te nomme « inspiré » sans que tu n'aies rien d'autre à dire que : « Je suis oint de l'Esprit et toi tu es un con et ton blog est de la merde. » Tu ne vois pas combien tu te mets la honte sans l'aide de personne, comme un grand.

Tu affirmes qu' « avant de dire ou de recevoir un mensonge, il faut préalablement faire douter de ce que Dieu a dit. » Et que c'est la raison pour laquelle on lit : « le serpent a dit : Dieu a-t-il vraiment dit… » Oui, tu as raison. Si Dieu n'avait pas parlé d'abord, le serpent serait directement passé au mensonge, c'est-à-dire à sa doctrine, qui est la suivante : « Vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que, du jour où vous en mangerez, vos yeux seront dessillés, et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal. » Son but est bien d'enseigner un mensonge, comme je le disais, nous sommes d'accord sur ce point, puisqu'il dit précisément l'inverse de ce que Dieu affirma. Mais en effet, parfois le mensonge doit au préalable mettre en question une vérité d'abord entendue par l'homme de la part de Dieu. Eh quoi, qu'est-ce qui est diabolique là ? Rien. Absolument rien. Le propre du diabolique n'est pas le doute mais le mensonge.

Lorsque le Christ enseigne les siens, ou lorsqu'il discute avec les religieux, lui aussi doit mettre en doute les vérités que ces derniers avaient, celles qu'on leur avait inculqués. Le Christ fait alors volontairement douter l'Autre. C'est honnête de sa part, car voulant reconstruire la vérité, il doit démolir le mensonge. Il questionne donc et met en doute, souvent de manière scandaleuse même, disant que la vérité n'est précisément pas dans la connaissance du bien et du mal : un doute inacceptable pour la religion, un doute insupportable au diabolique. Or, nous savons que le Christ est rempli de l'Esprit, sans limites, et quand il pose une question et fait douter l'autre, il est tout autant rempli de l'Esprit. Il n'est pas diabolique. Le doute n'est pas le propre du diabolique ! Il fut d'ailleurs dit la même chose à Jérémie à propos du doute (1.10) :  « Je t’établis […] pour que tu ruines et que tu détruises, pour que tu bâtisses et que tu plantes. » Il a fallu que le Temple soit détruit pour que la nouvelle alliance soit annoncée par Jérémie, il a fallu que l'antique « vérité » soit mise en doute pour que la vérité messianique vienne. Il y a toujours ce double mouvement de l'Esprit : mettre en doute et arracher le mensonge, puis semer et faire croître la vérité. Le diabolique ne fait qu'imiter somme toute. De fait, désolé de citer, mais Ellul lui-même avait bien compris que : « la foi se paye au prix du doute » ; la foi grandit en doutant des vérités dogmatiques et même de la plus lumineuse des expériences parfois, le mensonge étant une vérité lumineuse. Mais auras-tu assez d'Esprit pour l'entendre. Je ne crois pas, tant que tu es sur le registre de l'insulte et dans ta chasse aux démons… pfff.

#182 Re : Nouveau Testament » Que veut dire « tuer l’âme » ? » 23-08-2012 17:10

Franco a écrit :

[…] le SERPENT est celui qui met en DOUTE LA Vérité […]

Moi, ce que je remarque, c'est que c'est toi qui as pris le parti de jouer la carte du doute Franco. En effet, tu t'es mis en tête de douter de la vérité suivante : à savoir que Le nuage blanc est Le nuage blanc et que Ivsan est Ivsan. Tu vas même jusqu'à tronquer mon nom puisque tu l'orthographies incorrectement. Geste significatif, puisque, manquant d'arguments théologiques, tu t'attaques à mon identité, cherchant à faire douter d'un fait évident et dont on ne peut douter : Le nuage blanc est une personne, Moi une autre personne, et toi une troisième. À moins que tu nous invites à faire comme toi, à te chercher un être avec qui tu fusionnes. Est-ce donc le cas ? Je te l'ai déjà dis, prends garde l'ami, tu es sur la corde raide, et il se peut que tes propos te reviennent à la figure sévèrement. Accuser quelqu'un d'être démoniaque n'est pas une position légère. Tu as pris le parti de faire douter sur l'identité de ton prochain, le Christ ne viendra-t-il pas lui aussi te dire : « Regarde ta poutre au lieu de fouiner à chercher la paille de ton voisin. » Ressaisis-toi, ouvre ta bible et demande à ton dieu de t'éclairer pour m'aider à comprendre ce que tu prétends être des erreurs. Quant à moi, questionner le texte, l'interpréter et le confronter au dogme ecclésial est un acte que je considère comme le « b a ba » du chrétien.

Enfin, tu lis mal ta Bible, car si tu ouvres le chapitre 3 de la Genèse tu verras que le procédé du serpent n'est pas à proprement parler le doute mais le mensonge. Il est la racine du mensonge disait le Christ. Le diabolique prétend que ce que Dieu dit est faux, « qu'ils ne mourront pas », alors que Dieu a bien dit : « Vous mourrez ». Aussi dit-il que Dieu est un menteur. Alors qu'interpréter part d'une toute autre initiative. C'est affirmer que ceci est bien la parole de Dieu, que Dieu a bien dit cela, et c'est s'efforcer, par le dialogue, par l'échange entre les uns et les autres, et par l'étude, de comprendre ce que Dieu veut dire. Bien entendu, si l'on interprète mal, on se trompe, mais non de manière diabolique dans un premier temps, plutôt par ignorance, par naïveté, par un excès de confiance en l'homme… ou je ne sais quoi. Si toutefois, l'autre me montre que je me trompe, que la chose m'est clairement dite, mais que, ne voulant pas, par orgueil ou je ne sais quoi, mettre en question mes précédentes vérités, et qu'alors je persévère à nier dans le vide l'argument de l'autre, alors je tombe dans le diabolique. Ainsi parlait Luther : Pécher, c'est mal, mais persévérer dans le péché, c'est diabolique.

#183 Re : Nouveau Testament » L’étonnement des parents de Jésus » 22-08-2012 20:47

Et d'autre part, on trouve dans Luc 2 : « Et Siméon […] dit à Marie sa mère : Voici, cet enfant est mis pour la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et pour être en butte à la contradiction ; en sorte que les pensées du cœur de plusieurs seront découvertes ; et pour toi une épée te transpercera l’âme. »

Certes, on peut imaginer que la vision d'extase et la présence angélique soient une construction des auteurs évangéliques, ce qui expliquerait alors la mise en doute des parents, comme s'ils n'avaient pas reçu suffisamment de certitudes, comme s'ils avaient en quelque sorte « manqué d'anges » ! Je ne le crois pas, et je crois tout au contraire qu'il leur fut bien certifié de façon extraordinaire que cet enfant était le messie. Il s'ensuit donc que même l'extase et la plus haute certitude par l'extraordinaire n'ont pas suffi, et que malgré cela, « une épée transpercera l’âme de Miryam », ainsi que nombre d'Israélites.

On peut donc manquer de foi malgré qu'on ait connu de formidables expériences spirituelles. Il semble que quelque chose de très profond en l'homme soit capable de le jeter dans le doute malgré que Dieu écrive directement sa volonté sur les murs de sa chambre. Qu'est-ce donc ? Très certainement la certitude et les préjugés qu'avaient alors ces personnages de l'époque quant à la personne et l'œuvre du Messie. Certitudes et schémas que le Christ brisait si profondément en eux, que même la vision d'un ange ne pouvait leur apporter une consolation. On peut douter de Dieu, devant Dieu lui-même, devant ses miracles même, tant nous sommes convaincus que Dieu est ainsi et non autrement. Notre aveuglement est plus fort que la certitude même que Dieu en personne opposerait de l'extérieur, parce que notre aveuglement est intérieur. Aussi croire en Dieu est bien un Don, un acte par lequel il nous délivre d'un sortilège intérieur à nous-mêmes ; et une armée d'anges, pas plus que les miracles du Christ sont finalement capables de briser cette sorcellerie naturelle. Lorsque Dieu se présente en dehors de ces schémas logiques ou mystiques que nous concevons au préalable, il touche alors au plus intime de nous à ce cercle d'ensorcellement ; et soudain, une épée nous transperce et nous crions : « Augmente-moi la foi tant je suis assoupi par la vision de toi que j'ai logique ou miraculeuse. »

#184 Re : Nouveau Testament » De quelle nature est la liberté selon le Christ ? » 22-08-2012 20:10

Assurément, pour répondre à une telle question il faut se demander ce veut dire « le péché » dans l'esprit du Christ. Ou encore ce qu'est « le mal », car pour l'incroyant ou l'athée on peut comprendre qu'il imagine sa liberté absolue comme un état où il n'est plus dominé par le mal, tant de l'intérieur que de l'extérieur. Or, il me semble que « le mal » tout comme « le péché » sont deux termes totalement abstraits pour l'homme, et cela bien qu'il se dise capable de les définir et de les faire rentrer dans des catégories précises et concrètes. Un peu comme si les chaînes qui nous limitent étaient bien plus abstraites et mystérieuses que le simple fait de voler, de tuer ou de mentir, et que, même libre de ces entraves-là, nous ne sommes pas libres de réaliser l'impossible, d'accomplir notre parole la plus irréalisable soit-elle incapable de dire : « rien ne m'est impossible. »

De quelles natures et quelles sont finalement ces chaînes qui, une fois brisées nous permettraient de dire : « Rien ne m'est impossible. »

Enfin, comment aborder cette question sans revenir au commencement, c'est-à-dire au texte de la Genèse où ces notions de mal et de péchés sont pour la première fois évoquées ? Et enfin, qu'est-ce qui dans la vie et les dires du Christ nous permettraient d'interpréter ce passage de le Genèse ? C'est-à-dire, théologiquement parlant : Est-ce que le Christ a fait l'exégèse de Genèse 3 ? Car il est dit, dans la tradition juive, que lorsque viendra le messie il expliquera l'Écriture.

#185 Re : Échanges au jour le jour » L'islam. » 22-08-2012 15:48

Thamis. a écrit :

Bon scénario de "fiction" non ?

Je pense que la subversion du propos du Christ commence précisément par le double mouvement suivant : Étant envoûté par l'Histoire, l'homme place l'Histoire au centre du propos des Écritures en tant qu'Histoire divine. Puis, dans le même geste, il relègue subtilement la Résurrection du centre vers la périphérie du propos, la soumettant dès lors à l'Histoire. L'Ekklésia, dans son désir d'universaliser ici-bas le christianisme pour instaurer un âge d'or, est l'une des incarnations les plus réussies de cette gestuelle. C'est ainsi qu'un théologien moderne approuve ce geste alors qu'il commente le livre des Actes : « Luc conçoit le salut comme une effectuation de la résurrection dans l’histoire. » Dire que l'Histoire terrestre met en action le salut, parce qu'on décrit la résurrection comme étant dans la réalité les métamorphoses évolutives de l'Histoire, cela est non seulement tendre la perche à l'idée de réincarnation, mais cette synthèse est probablement la meilleure qu'on puisse faire de la subversion du Christ. C'est l'état d'esprit même de ce que l'Écriture nomme l'antéchrist qui émane de cette « lumineuse » réflexion.

L'homme, en tant qu'adam, c'est-à-dire le terreux, est aimanté par la terre, aussi l'Histoire est pour lui la reine des sciences ; et il se doit absolument de lui donner un sens. C'est-à-dire que l'Histoire, pense-t-il, vise un but supérieur qui serait la venue d'un homme évolué, d'un homme-nouveau, d'un nouvel-Adam. Tel serait le fond du processus historique depuis des siècles : processus messianique somme toute. Et processus durant lequel l'homme est lui-même actif au plus haut point. Il est, dit-on, responsable par ses choix politiques, philosophiques et religieux de rendre possible l'aboutissement de cette réalité : d'atteindre le but. Lorsqu'on associe à cela que le mot « péché » est littéralement dans l'hébreu l'échec à atteindre le but, à l'inverse, le fait de l'atteindre serait dès lors une œuvre d'ordre spirituelle. Une œuvre de l'esprit raisonnable pour l'humaniste, et du divin pour le religieux. Mais une œuvre commune et en partenariat, soit entre l'homme et le divin qui le rend vertueux et régnant de la Création ; soit entre l'homme et la divine raison qui lui offre d'évoluer au-dessus du sauvage pour être gardien de la Nature. C'est donc tout bonnement le salut par les œuvres, puisque « le salut s'effectue par un processus de résurrection/évolution sous la direction de l’Histoire intelligente ».

En s'alliant à l'Histoire, agissant avec et en elle pour que l'humanité adamique atteigne le but doré de son processus, cet homme-là fait tout simplement agir ce qui est la Force Mystérieuse de l'Histoire : un dieu, une thora, un messie, une lumineuse raison, un concept d'évolution, une idéologie politique… peu importe le nom qu'on donnera à cette force, c'est le même esprit sous des formes différentes, et le même but visé sous ses différentes appellations. Et cela s'appelle en définitive de la théurgie, une « action sur dieu » ou « qui travaille les dieux », « qui opère à l'aide des dieux ». Les dieux étant ici les forces et les vérités en jeu dans le processus historique : forces économiques, politiques, sociologiques, religieuses, morales, divines, etc. C'est pourquoi le sociologue et anthropologue Mauss, et que Durkheim reprend, a fort bien expliqué cela au niveau de la religion : « La religion est normalement théurgique », car les rites religieux se veulent dotés d'une « efficacité matérielle ». Une Religion, c'est de la magie qui a réussi d'un point de vue socio-politique et scientifique, c'est tout. Elle a prouvé sa puissance d'action sur la réalité. Ça ressemble à de la religion, à de la morale, à du civilisé, mais c'est de la magie ; et c'est dans la magie que se trouvent ses racines, dans l'idée de « faire agir Dieu » pour l'instauration de son règne universel.

Bien entendu, le bon pasteur chrétien ne dira pas à ses ouailles qu'ils sont des théurges, lui-même ne sait pas qu'il en est un ; il parlera de sanctification, de mission, d'œuvre divine et il convaincra ses fidèles que « la venue du messie ou son retard dépend d'eux, de leur fidélité, de leurs actes, de leurs témoignages, etc. », soumettant ainsi le Christ à l'œuvre de l'homme. Quel sera dès lors le premier réflexe de ces fidèles-là ? S'occuper d'Histoire, s'occuper de trouver le scénario catastrophe et merveilleux dont il saura prouver les signes au travers de l'Actualité : on jouera au petit prophète journaliste. Le christianisme est mort.

Mais que se passe-t-il dès l'instant où l'on replace la résurrection au centre du propos du Christ, mais, en écoutant le Christ en parler ? On entend la chose suivante : « Le salut est une effectuation de la résurrection dans le royaume des cieux. » C'est-à-dire qu'on entend : « Le royaume des cieux seul ». Ou encore : « La perdition, c'est concevoir le salut comme une effectuation de la résurrection dans l’Histoire. » Que devient désormais l'Histoire terrestre ? Elle devient la pré-Histoire et littéralement de la préhistoire. L'histoire commence à la résurrection, et elle n'est plus l'Histoire, mais l'histoire, car elle est ton histoire, mon histoire, l'histoire de ce frère, etc. Le Christ est venu parce que l'histoire d'un seul vaut mieux à ses yeux que l'Histoire de tous.

Nous sommes littéralement dans la caverne de l'Histoire, des Cro-Magnon spirituels, soit donc des homo sapiens. Nous sommes en attente de commencer notre histoire personnelle. Histoire personnelle en tant qu'Être ayant un nom propre et unique, hors de l'Histoire générale, hors de la race du sauvage, hors de la race du sage et hors de toutes les races. L'unité, ce n'est pas le fait que ces histoires formeront de nouveau l'Histoire, établissant cette dernière comme suprême Autorité ; l'unité, c'est que ces histoires s'aimeront librement sans qu'une loi raisonnable ou charnelle ne les y oblige ou ne les en prive. L'unité divine est tel le règne de la multiplicité où le conflit n'est plus possible tant chaque-Un a en lui l'infini des possibles. Et cette liberté de s'aimer sans autorité, c'est ça la Gloire.

Le fait de suivre le Christ, c'est tuer ce Cro-Magnon spirituel que nous sommes, ainsi que l'homo sapiens qu'il devient par les leurres de l'Histoire, par les leurres de la raison et de ses morales. Et cela, pour les dépasser tous deux. C'est ici que se trouve le second Adam dont parle Paul, les fils de l'homme. Suivre le Christ, c'est commencer, dès à présent, notre histoire personnelle à-venir, mais dans le caché, dans l'incognito, dans l'attente de sa révélation lors de la résurrection. Ce mouvement intérieur, existentiel, ce sont les prémisses de l'Esprit, c'est le processus de nouvelle naissance, lequel dure toute notre vie, selon qu'on persévère dans la Foi seule. Et ce ne sont pas nos œuvres qui nous ouvriront la caverne et rouleront la pierre de notre tombeau, c'est le Christ ! Nos œuvres, celles de l'Esprit et qui ici sont cachées, nous suivront toutefois. Dieu les anoblira et ne les méprisera pas ; car s'Il nous sauve sans elles et par sa seule puissance, il nous sauve pour elles, c'est-à-dire pour que nous puissions de nouveau faire vivre ce que nous sommes dans une réalité extérieure. Dieu anoblira l'histoire d'ici-bas, les histoires qu'il connaît et qui l'ont connu : « nos œuvres nous suivront » dit l'Écriture. Il s'ensuit que cette mise à l'écart de l'Histoire par le Christ est en réalité la meilleure chose à lui faire, car celle-ci souffre de pouvoir entrer avec nous et de trouver son anoblissement. Elle souffre, aspirant de redevenir l'histoire avec un petit « h » tandis que l'Être que nous serons sera roi et maître de son histoire, maître des lois, maître des sa réalité : tel est le royaume des cieux.

Quant au « chrétien » qui tente de décrypter sur les murs de la caverne le flux de l'Histoire, pensant y trouver le temps T du retour du Christ, de sa venue dans l'Histoire, dans la caverne. Il peut toujours attendre, il peut toujours s'amuser à construire des scénarios de guerres et de conflits qui seraient précurseurs de cette venue. Il est sous l'emprise d'un assoupissement. Le Christ ne reviendra pas : « Et l’Esprit et l’épouse disent : Viens », (apo. 22). C'est-à-dire que le chrétien dit : « Viens » au Christ du lieu où il se trouve sur cette terre, et l'Esprit répond à cet homme : « Viens ». Car l'Esprit du Christ ne se dit pas à lui-même : « Viens », mais c'est au chrétien qu'il dit « Viens ». Et cette rencontre, c'est l'instant où cet homme quitte la caverne, lorsque le processus de l'Histoire s'achève et qu'il meurt ; plus précisément lorsqu'il s'endort. Il quitte alors son corps de chair pour être recueilli par l'Esprit qui le ressuscitera. C'est alors que le Christ lui dira ouvertement : « Te voilà près de moi et en moi mon aimé, te voilà sorti des matrices de l'Histoire. Que commence ton histoire, bereshit : Au commencement, toi ; au commencement, toi en moi et moi en toi ! »

#186 Re : Échanges au jour le jour » L'islam. » 22-08-2012 00:54

Je passe évidemment pour un hurluberlu ou un dangereux « antichrist » en allant à l'opposé même de la vue chrétienne traditionnelle concernant l'Islam ; cette vue anti-islam assurément plus marquée chez les protestants me semble-t-il, de par leur ensorcellement à propos du rêve américain. Le problème est que mon regard sur le Judaïsme n'est pas pour autant défavorable parce que je porte un regard relativement positif sur l'Islam. En réalité la chose est si complexe et si entremêlée qu'il est chimérique, ici plus qu'ailleurs, de prétendre détenir les clefs du problème. Il faut, selon moi, d'abord tenter de faire la chose la plus importante : séparer le discours politico-social du discours spirituel lorsqu'on réfléchit sur l'Islam.

Est-ce que le problème politique regarde le christianisme ? Évidemment, la mode est aux petits prophètes du « journalisme chrétien ». Pourquoi cela ? Parce qu'à partir du moment on l'on prêche le retour du Christ et un âge d'or du christianisme, on se doit de s'intéresser et de s'engager dans la réalité politique. C'est même ici un acte « spirituel ». Mais si comme moi, on prétend que le retour du Christ est un leurre et un mensonge, que le royaume des cieux seul suffit à la foi, la politique et l'actualité deviennent soudainement secondaires.

Mais voyons ! à partir du moment où l'on tire des Écritures que le Christ doit venir régner ici-bas, l'enjeu est énorme. Il faut à tout prix que cela survienne, sinon le dogme s'effondre : malheur. On cherchera donc coûte que coûte un ennemi à la venue de ce règne. Les communistes ? C'est fini. L'islam sera donc cet ennemi. Pourquoi lui ? Deux raisons. D'une part, l'Islam s'oppose au judaïsme, or, le Christ, disent les ekklsiaux, doit copiner intimement avec le Judaïsme, Jérusalem et le Temple ; et il faut absolument que l'État juif se stabilise pour la réalisation des prophéties telles que les lisent ces mêmes ekklésiaux. De fait, l'Islam est contre le Christ par le fait qu'il lutte contre l'instauration de l'État juif, et la démarche politique du musulman devient dès lors une démarche « démoniaque ». On est ici en plein moyen-âge dans les schémas de pensées. Et d'autre part, parce que l'Islam est soi-disant en train de se propager, tandis que dans cette perspective de mondialisation du christianisme, c'est l'Église qui doit se propager. On en revient au même schéma : l'Islam est un ennemi spirituel.

D'autre part, cette réflexion sert finalement la vue politique de mondialisation, la vue du politique lambda, de l'humaniste étranger à toutes données spirituelles. Encore une fois, l'Église sert la politique du moment. Pourquoi, parce que sa théologie de l'âge d'or, du règne du Christ est en adéquation avec cette idée mondaine d'un âge d'or unifié des Nations. Soit donc, dans la perspective d'une mondialisation politique, il est vrai que l'Islam, n'ayant pas réussi à se réformer suffisamment, est de plus en plus en porte à faux par rapport à ce projet politique. Les Nations liées à l'Islam ont de gros retards sur de nombreux points : démocratiques, sociologiques, technologiques, etc. Et ces retards pèsent lourd dans le jeu de l'harmonie des Nations tant le monde musulman est vaste. Stigmatiser l'Islam tel une sorte d'ennemi dans cette marche vers l'Unité mondiale, cela va donc de pair avec sa stigmatisation spirituelle qu'entreprend le christianisme. Encore une fois, l'église se prostitue à la bête de l'histoire politique qui se sert d'elle.

Il s'ensuit donc une propagande outrancière contre l'Islam sur deux fronts, c'est-à-dire un flots de mensonges qui pousse le musulman dans ses retranchements, l'obligeant à effectivement se mettre sur ses défensives. C'est le même processus qui a mis la Russie dans une position défensive et fit dépeindre l'âme russe comme une âme sauvage ennemie de la civilisation. Bref… je me demande comment l'Islam parviendra à s'en sortir. Je ne crois pas qu'il y parviendra.

Pourtant, sur de nombreux points l'Islam est plus proche de la théologie de l'Ancien Testament, et quant au discours du Christ, il en est aussi bien plus proche que le judaïsme. Le Christ n'a jamais annoncé son retour régnant sur terre, mais la Résurrection. Il a fait ainsi s'écrouler la perspective prophétique d'un retour des juifs sur le terre dans le cadre de ce règne. Il expliqua que cette vue floue des anciens prophètes  était en réalité la métaphore du monde-à-venir. Alors, effectivement, « il n'y aura plus ni larmes ni deuil, et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille ». De fait, malgré lui, quand l'Islam refuse sa légitimité à l'État d'Israël, et quand il refuse la mondialisation politique, il est, sans le vouloir, dans la lignée du Christ qui lui aussi refuse à cette terre l'instauration d'un âge d'or, tant spirituel que politique, Lui qui prêche le royaume des cieux seul.

Ce qui est paradoxal, c'est que cet entêtement antichrist de l'Église au nom du Christ, et du Judaïsme au nom d'un messianisme quasi identique, que cette volonté sert finalement à l'effervescence du message du Christ. Comment ? Parce qu'en parvenant à leur but d'un mondialisme de type messianique, ils échoueront, car l'âge d'or auquel ils croient ne viendra pas. Cet âge mirifique qu'ils croient, l'un et l'autre, comme prophétique ne sera pas. Et cet échec, cette négation, les réveillera… peut-être. C'est en cela que je considère aussi, et malgré tout, le sionisme comme inévitable, tout comme l'est la subversion du christianisme par le machiavélique corpus christ de l'Église. Finalement, tout concourt à dire le Christ, c'est-à-dire la Résurrection. « Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance (c'est-à-dire l'échec), pour faire miséricorde à tous (c'est-à-dire donner la foi en la résurrection seule) », disait Paul (rom 11). Tant le Judaïsme que l'Église, ainsi que toutes le religions et toutes le politiques.

Bref… je crois que lorsque l'Islam aura abdiqué devant les coups de bélier qui lui sont donnés, c'est qu'alors cet esprit d'assoupissement qui pousse l'homme à se leurrer sur un âge d'or sera plus puissant que jamais. Le dernier rempart concret tombant, celui que lui oppose l'Islam, rien ne le retiendra. Il s'ensuit donc qu'une certaine paix est finalement donnée de nos jours précisément parce que l'Islam s'oppose ; ensuite, cette dernière paix ne sera plus et la réalité verra ses portes s'ouvrir en grand pour que s'instaure une sorte de doux totalitarisme politico-religieux. Nous voyons déjà l'Église tiède faire tous ses préparatifs d'œcuménisme et d'universalisme pour servir ce maître. Mais, ce qui est à déplorer dans tout cela, c'est que cette opposition aux chimères d'un âge d'or, c'est l'opposition que le christianisme devrait précisément avoir dans son discours ! Or, il fait tout le contraire. Il s'avère qu'en se taisant, le mot du Christ est encore justifié : « S'ils se taisent, les pierres crieront. » En effet, l'islam crie, c'est-à-dire qu'il dit le « non » du Christ, mais sans l'esprit du Christ. Le christianisme aurait pu le faire, lui, mais avec l'Esprit, c'est-à-dire sans violence. Tant pis pour le monde ; il n'a que ce qu'il cherche ; il a son totalitarisme comme à l'accoutumée, en faisant naître des guerres.

#187 Re : Nouveau Testament » D’après vous, ça veut dire quoi ce passage ? » 21-08-2012 23:05

Le bouddhisme et l'hindouisme sont le type même d'une gifle donnée à l'Esprit (le blasphème contre l'Esprit), puisqu'ils prétendent que l'Esprit est la négation de l'individu, qu'il est sa dépersonnalisation. Ils prétendent que l'Esprit procède en fait à la désincarnation de l'être en le fusionnant dans le Grand-UN. C'est pourquoi un homme soutenant cette thèse estime que la variété de chaque-Un est une œuvre basse, et en confondant l'Ego avec la Personne individuelle (existentielle), il estime que la liberté individuelle, l'existence propre à chaque-Un est une réalité charnelle tandis qu'elle est le propre de l'Esprit. Il ira même à dire que toute individualité, toute variété est finalement œuvre démoniaque. Dans l'hindouisme par exemple, il est question de l'être de la mâyâ, Brahman étant le grand mâyin qui a fait émaner ce monde de sorcellerie, disent-ils, c'est-à-dire notre réalité faite de multiples différences et variétés. Cette variété qui est l'ennemi du Brahman finalement, lui qui veut tout ramener au Grand-Un fusionnelle et sans diversité ni variétés.

Ce n'est par propre à l'hindouisme, on retrouve cela dans les philosophes grecs, noir sur blanc (d'où l'idéalisme de Platon par exemple). Ce genre de doctrine accuse donc l'Esprit d'être démoniaque somme toute, puisque la différence et l'individualité, ce qui est propre à la liberté que donne l'Esprit, cela est vue chez ces gens comme une œuvre de sorcellerie. Un homme embrassant une telle philosophie refuse de de ce fait à l'Esprit de lui donner son individualité. Il Lui refuse la possibilité de le ressusciter, c'est-à-dire de lui donner un corps qui lui soit propre, et un nom qui lui soit propre. C'est un obsédé de l'Unité au point d'y sacrifier la liberté. Celui qui est dans cette position est dès lors dans l'impasse. Il nie l'Esprit par lui-même et librement, il refuse un pardon qui lui tend la main : que sa volonté se fasse dira le ciel. Ainsi est l'offense faite à l'Esprit : une offense contre soi-même, un véritable suicide spirituel.

En outre, concernant Romain 8 dont tu parles, je ne crois pas que Paul parle ici de cela, de cette négation de l'Esprit. Il s'adresse à des hommes qui croient à l'œuvre de l'Esprit du Christ, non à ceux qui la nient. Je pense donc que c'est à exclure. Il me semble que Paul veut expliquer que les pires actes, mots et intentions, les pires ratés que celui qui croit en Christ ait pu faire ne saurait le séparer de la résurrection. Rappelle-toi que Paul avait persécuté les chrétiens et approuvé la lapidation d'Étienne, c'est donc une question qui chez lui avait du être douloureuse, nous ne sommes pas là dans la théologie, mais dans du vécu.

Maintenant, reste le problème du suicide. Cher et aimé Thamis, je ne saurais te répondre là dessus, ni dans un sens, ni dans un autre ; je te l'ai déjà dit. Ce n'est pas par lâcheté, mais parce que d'une part, il me semble impossible de faire une généralité par rapport à cela, le cas du suicide étant on ne peut plus qu'ailleurs un cas personnel ; et d'autre part, parce que je ne sais vraiment pas. Enfin, je ne sais pas non plus comment on pourrait soutenir que le suicide correspond à ce dont je parle plus haut concernant une négation de l'Esprit. Confondre le suicide « corporel » dans un acte de souffrance et le suicide « spirituel » qui nie l'Esprit de manière froide et réfléchie, c'est un pas que je ne ferais pas. Mais ce n'est que mon petit et minuscule avis. C'est la seule et maigre piste que je puisse te donner, et il ne me semble pas que le ciel veuille en donner une plus large. Et tant mieux, ne crois-tu pas ?

#188 Re : Nouveau Testament » D’après vous, ça veut dire quoi ce passage ? » 21-08-2012 18:50

Que veux-tu dire quand tu parles d'une « sorte blanc-seing » ? C'est-à-dire que dans ta métaphore, quel serait ce document que signerait « à blanc » le Christ ?

#189 Re : Nouveau Testament » Que veut dire « tuer l’âme » ? » 21-08-2012 18:24

gerardh a écrit :

Je repense à la parabole d'un aveugle qui voulait conduire un autre aveugle ...

Et bien sûr, les vautours se pointent quand un débat tourne à la violence… N'est-ce pas Gérard ? Si toi aussi tu veux parler sur le même registre que Franco et intenter des procès, je ne te retiens pas non plus Gérard. Maintenant, si tu veux en rester à discuter du texte, du dogme et de l'église, arguments vis-à-vis d'arguments et vues vis-à-vis de vues, c'est là une bonne chose. Mais si tu tombes dans le cynisme ou la calomnie parce que tu ne comprends pas ou ne veux pas entendre ce que je dis, en jouant le bêta… je t'invite à te taire. Ce forum n'a pas été ouvert pour s'écharper, mais pour mettre en question les préjugés ekklésiastiques. Soit tu es capables de les défendre, mais si tu ne l'es pas, inutile de chercher à les défendre par la violence. Tout comme Franco, on entrera pas dans ta guéguerre de cours de récréation.

#190 Re : Nouveau Testament » Que veut dire « tuer l’âme » ? » 21-08-2012 17:37

Bon… à priori tu ne m'entends absolument pas tant je te suis amer franco. Le nuage blanc est mon égal et j'apprends de lui autant qu'il apprend de moi, je l'espère. Il sait fort bien que la meilleure manière de me faire fuir à toutes jambes est d'instaurer un statut d'autorité entre lui et moi, dans un sens ou un autre. En outre, puisque tu n'es pas assez spirituel pour m'éclairer et me guérir de mes anathèmes, et puisqu'il ne te reste que d'édicter mon procès… Sache que les administrateurs ici ne modèrent personne, nous te laissons donc la place pour édicter le procès de qui tu veux, et de vouer celui-ci aux enfers, ou celui-là aux bûchers, ou à ce que tu veux. Pour moi, je te laisse la victoire si tu la veux : oui, tu as raison, j'ai un problème spirituel, voilà pourquoi je m'accroche à Celui qui peut me ressusciter. Sache simplement une chose : les procès sont souvent des boomerangs, et le Christ me connaît, même si cela te remet en question… hombre. — Regarde bien derrière toi, le boomerang viendra alors par devant ; regard sur un côté, il viendra de l'autre.

#191 Re : Nouveau Testament » Que veut dire « tuer l’âme » ? » 21-08-2012 17:16

Laisse tomber Franco, t'as la haine-là… calmos amigos. Si tu veux partir, je te retiens pas. Si tu veux discutter, discutons. Mais j'ai pas envie de ma baffer avec toi, voyons. J'ai tout à fait compris ce que tu pensais de moi, c'est clair. Inutile d'insister, tu es lumineux. Je ne te dis pas : « va en paix », mais simplement : « ne te mets pas la honte », parce que là tu en prends le chemin. En outre, si tu veux un jour revenir discuter calmement, tu seras en effet toujours le bienvenu. bien à toi, hombre

#192 Re : Nouveau Testament » Que veut dire « tuer l’âme » ? » 21-08-2012 17:04

Franco a écrit :

[…] Vous n'avez aucune compréhension spirituelle ! […]

Bonne route hombre… et reste surtout bien à l'ombre, puisque réfléchir te fatigue. Mais ne sois pas jaloux parce que Le nuage blanc s'est mis à penser, et s'il a de l'audace, c'est la sienne, la sienne propre. Et quelle est cette audace d'ailleurs ? Précisément de dire que la compréhension spirituelle devient vite une vanité, aussi est-il un frérot, puisque je me dis la même chose que lui. Et j'ose le dire devant toi, très cher Maître Franco, toi qui a toute compréhension spirituelle. Je te souhaite de trouver un forum digne de ta sainte hauteur, et d'ailleurs de ta merveilleuse orthographe.

#193 Re : Nouveau Testament » Quand les disciples reçurent l'Esprit ? » 21-08-2012 16:13

gerardh a écrit :

…ma contribution plus haut, laquelle n'a pas semblé intéresser les "grands hommes" de ce forum. Signé : un autre "petit homme".

Ne tombe pas dans le cynisme Gérard, ça ne te ressemble pas ; et si parfois je n'hésite pas à te faire front, c'est parce qu'il me semble que tu sois assez noble pour le supporter et justement pas assez cynique pour te boucher les oreilles. Désolé toutefois de ne pouvoir tout lire et répondre à tout, ma situation (assez difficile…) ne me donne pas de larges espaces. Je suis vite débordé, hélas. tongue

#194 Re : Nouveau Testament » Que veut dire « tuer l’âme » ? » 21-08-2012 15:40

Franco a écrit :

…si on ne peut plus s'appuyer au moins sur ce qui a été écrit. C'est ouvrir la porte à tout et n'importe quoi. Si les réponses qui sont écrites dans la bible ne te satisfont pas, je vais les réécrire dans un opuscule comme c'est la mode aujourd'hui — Bientôt, celui qui va employer l'Écriture pour répondre sera traité d'idiot et d'attardé. […] Si quelqu'un vient et apporte un AUTRE Évangile, Un AUTRE Christ, un AUTRE esprit , VOUS LE SUPPORTEZ TROP BIEN !!!!!! APPORTONS LE MÊME ÉVANGILE , LE MÊME ESPRIT et le MÊME CHRIST que Paul de la part de Dieu nous a APPORTÉ. Sinon, ma contribution ici n'a plus lieu d'être, s'il faut commencer à PHILOSOPHER, à Parler le langage que la classe moyenne ne peut comprendre, ma place n'est pas ici. Mais j'espère que ce n'est pas ce que vous attendez.

Tu désires que l'autre appréhende la Bible exactement comme toi tu l'appréhendes Franco ; il y a là un relent d'intégrisme. Que veut dire « s'appuyer sur ce qui a été écrit » ? comme tu le dis. Pour toi il semble que cela veuille dire que ce qui est écrit dans la Bible constitue un ensemble de réponses : « si les réponses qui sont écrites dans la bible… », dis-tu. Un peu comme un scientifique qui trouve dans un traité complet de chimie l'ensemble des réponses sur la vérité de la chimie. Je pense, à contrario, que la bible est bien plus un ensemble de « questions » que de réponses, et que c'est là toute son inspiration, que c'est précisément là qu'elle a le souffle comme nul autre livre ne l'a. C'est-à-dire qu'elle inspire l'homme à questionner, à la discuter, à la commenter : à chercher Dieu. Aussi la Bible est-elle depuis des siècles le fondement d'innombrables livres et opuscules, et qu'à Dieu ne plaise que jamais cela ne cesse : « Seule la question peut nous sauver ».

Dès qu'on a répondu définitivement à la question : « Qui est Dieu, c'est-à-dire le Christ ? », c'est qu'on ne peut plus rien apprendre de Lui, c'est qu'alors, à la question que Dieu posa à Jérémie : « Y'a-t-il rien qui soit étonnant de ma part ? », on répondra : « Non, il n'y a rien d'étonnant pour moi, car j'ai la certitude d'avoir en moi et devant moi l'Évangile, le Christ et l'Esprit dans tout l'infini de Sa personne, de sa doctrine et de son œuvre présente et à-venir. De sorte que rien ne peut m'étonner de Lui désormais, que rien ne peut me questionner et me mettre en question. Bien plus, ce qui me questionne et me met en question ne peut donc que venir du diabolique. »

Tout Le cantique des cantiques est dans cet élan, un livre où le mot Dieu n'est jamais Dit. Dieu se cherche en tant qu'être, non en tant que vérité dogmatique définitive. Il n'est pas une chose, une idée, une réponse définitive telle une raison à côté d'une autre raison indiscutable et arrêtée. Il est Celui qui chemine avec l'Autre, et qui chemine avec toi, là où tu en es, et avec l'autre là où il en est. Et le même Dieu cheminant hier avec l'enfant aura un tout autre visage lorsqu'il cheminera avec l'enfant devenu adulte, parce que cet homme devenu mûr sera dès lors capable de LE connaître plus intimement. Si l'enfant ne grandit pas, c'est parce qu'il croit que le visage de Dieu ne peut changer, que ce Dieu qui était hier son Tuteur le sera éternellement ; qu'il sera toujours l'enfant devant le Tout-Puissant. Tandis que Dieu lui dit : « Un jour, je ne serai plus ton tuteur, mais ton Père, parce que tu me connaîtras autrement et que je te montrerai des choses qu'aujourd'hui, étant trop faible, je te cache encore. En ce temps, tu conduiras alors mon char. Toute ma découverte consiste à t'amener au point d'être capable de supporter cette nouvelle stature, ta stature, ton nouveau nom : de passer du lait à la viande. »

Nombre de religieux prétendent s'appuyer sur l'Écriture, alors qu'en vérité il n'en est rien. Ils s'appuient sur des Doctrines qu'ils ont construites dans leur lecture du texte, puis ils citent verset sur verset à n'en plus finir, tel un assommoir, pour appuyer leurs Dogmes « scripturairement par la force du nombre de passages ». Ils sont tel un écureuil rebondissant de branches en branches et grappillant un bout de texte ici et là pour hypnotiser l'autre et lui intimer l'ordre de le croire tant la chose apparaît certaine. Aussi, lorsqu'ils disent : « Je m'appuie sur l'Écriture », en vérité, ils disent : « Je m'appuie sur la doctrine infaillible que j'ai puisée dans ma lecture et qu'il est diabolique de mettre en question ».

Or, que veut cette « classe moyenne » dont tu parles ? Quel est donc « son langage qu'il nous faudrait parler pour être compris d'elle » comme tu le dis ? C'est précisément de lire la bible comme un livre de Science. On prend la doctrine du « salut » ou de la « sanctification », et alors on nous renvoie, par onglet, comme dans un catalogue, à ces versets là, à ce développement simple de pensées que des théologiens ont intelligemment construit, etc. Ainsi la foule ne questionne plus, elle est en paix, on pense pour elle ! Elle peut chanter ses alléluias dans l'église sans jamais plus douter de l'autorité qui lui lit la bible, Certes, une telle démarche apporte le succès. Tandis qu'apprendre à l'autre à lire la bible, à la questionner durant toute sa vie, à chercher ce Dieu adogmatique et infini, c'est mettre continuellement l'autre en question concernant ses préjugés sur le divin. Et c'est cela l'Esprit. C'est lui dire : « Tu n'auras pas de lieux où reposer ta tête désormais, car le lait d'hier, tu le rejetteras ; puis tu voudras la viande. Et ton frère, qui lui en restera peut-être au lait religieux, celui-là fera peut-être de toi un diable parce que tu as appris à lire mieux que lui ce que le texte ne dit pas d'évidence. Mais toi, auras-tu la foi de continuer, à me chercher malgré les quolibets ? » Fort heureusement que le Christ prêcha la Loi à la foule, et qu'il réserva le discours sur la foi seule et le royaume des cieux à un petit nombre. Fort heureusement qu'il ne cherchait pas à plaire à la foule et à parler son langage, sinon il aurait dû mêler le difficile propos de la « foi seul » avec la simplicité médiatique de la Loi.

Tu finis par dire Franco : « Sinon , ma contribution ici n' a plus lieu d'être […] mais j'espère que ce n'est pas ce que vous attendez. » Si tu veux partir, je ne te retiens pas. Après quinze années de protestantisme, ta doctrine ne sera pour moi qu'une redite et je doute d'apprendre grand-chose. Si par contre, l'échange et l'ouverture se dessinent de ton côté, j'en serais ravi et je serais heureux d'échanger avec toi. Il me semble que tu sois authentique dans ta démarche, bien qu'un peu nerveux ; tu pressens peut-être qu'une chose qui t'échappe-là vient du ciel, et tu ne sais comment réagir. Quoi qu'il en soit, si tu décides de poursuivre le dialogue, j'ose te demander une seule chose : s'il était possible que tu sois plus attentif à ton orthographe. Nous faisons tous des fautes, moi aussi, mais là, je dois dire que tu bats Usain Bolt (j'ai du en corriger au moins une vingtaine dans ton seul texte que je cite en début de cette réponse). Bon, c'est un moindre respect pour l'Écriture que de faire un tel effort. Il me semble que tu devrais entendre cela tant tu sembles aimer l'énoncé biblique.

#195 Re : Dogmes & Doctrines » Le langage chrétien est-il adapté à nos sociétés modernes ? » 21-08-2012 13:48

Thamis. a écrit :

Est ce a dire que des pasteurs comme Wilkerson, ou Yonggi cho...ou le grand Luther ou le grand Calvin sont des réprouvés...ayant particulièrement réussi de leur vivant leur ministère ?.

Lorsque je prétends que « plus on se rate devant le ciel, plus on réussi devant la terre », cela ne signifie pas que l'inverse soit vrai, c'est-à-dire qu'on peut affirmer que : « se rater sur terre serait toujours le signe d'une réussite spirituelle ». Assurément pas ; les prisons ne sont pas remplies d'êtres spirituels méconnus et de martyrs me semble-t-il. Je ne sais pas en outre quelle réussite « terrestre » tu évoques à propos des 4 personnages que tu cites. Non plus que je ne sais ce qui pour toi représente le fait de « réussir son ministère » à leurs propos. Que veut dire en somme « réussir ici-bas » et que veut dire « réussir spirituellement » ? Et quels rapports se jouent entre l'une et l'autre de ces deux réussites ? Tu vois que de telles questions sont loin d'être simples et qu'on n'y répond pas d'un coup de cuillère à pot. Pourquoi ? Simplement par le fait que réussir ou échouer concerne l'individu, et dès lors qu'on a à faire à l'individu, on a à faire à son intimité. Un jugement devient donc extrêmement difficile, et à chaque fois qu'on juge on prend le risque de dépasser une limite envers l'autre, limite qui, lorsqu'on la dépasse, précisément : on se rate.

Si toutefois on tient à juger l'autre selon une réussite extérieure, et non pas selon celle de l'individu dans sa démarche existentielle et intérieure donc, on va alors faire appel à des vérités générales, visibles, évidentes : l'argent, la notation à un examen, la popularité, le sport… les œuvres en somme. Mais ici, on ne touche pas vraiment à sa spiritualité, à ce qui est caché, seulement à ce qu'on peut « compter, peser et mesurer », à une vérité logique, non à la vérité illogique et cachée de Dieu. Le mal-entendu vient de ce réflexe qui consiste à amalgamer ces deux vérités qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre ; je dis bien « rien à voir ». Certes, elles se croisent, elles sont même parfois parallèles, mais elles peuvent être aussi tout à fait opposées, totalement ennemies : l'une ne dépend pas de l'autre et inversement. C'est de vouloir faire en sorte qu'elles dépendent l'une de l'autre, par voie de causes à effets, c'est cela qui nous trompe. C'est là que se trouve le : « Ne sonnez pas de la trompette comme font les hypocrites » ; car ce n'est pas ton œuvre qui te prouve, et dès l'instant où tu prétends qu'elle doit te justifier et te prouver, c'est alors qu'elle se tient comme juge contre toi.

Alors bien sûr, il y a le bon truc magique biblique : « Vous reconnaîtrez un arbre à ses fruits ». Bon sang, mais c'est bien sûr ! le bon vieux « y'a que » regarder l'œuvre, le fruit, pour savoir. C'est magique, c'est pas compliqué, c'est imparable, c'est évident ! Et si le Christ ne parlait pas des œuvres lorsqu'il parle des fruits ? S'il parlait d'autre chose : des paroles ! Quand untel affiche son « ministère » et sa « spiritualité » dans l'œuvre qui se voit : méga-églises, miracles, applaudissements, etc., etc. ; il se peut que pour Dieu la somme de son ministère soit tout au contraire dans ce qui ne se voit pas, dans ce qu'il dit et parle. Ce qu'il DIT est au-delà de ce qu'il FAIT — voilà l'arbre du fruit. Quelle est donc la fin de Job ? Je veux parlé du jugement de Dieu lorsqu'il intervient enfin au chapitre 42 : « Job, mon serviteur, priera pour vous, et c’est par égard pour lui seul que je ne vous traiterai pas selon votre folie ; car vous n’avez pas parlé de moi avec droiture, comme l’a fait mon serviteur Job. » Job, du haut de son échec terrestre, embaumant le fumier du loser (perdant), avait « bien parlé » de Dieu, tandis que les religieux, du haut de leurs certitudes doctrinales, et de leurs réussites sociales « avaient décrit Dieu autrement que ce qu'Il Est en vérité ». C'est la seule chose que Dieu retient pour juger : « Qui dites-vous que Je suis ? » Le reste n'est que vanité, le reste, c'est-à-dire les œuvres ; ce que le religieux appelle les fruits.

De fait, l'œuvre de Wilkerson envers les drogués n'a rien de particulièrement spirituelle dans le sens où un tel programme d'aide envers cette population existe sans qu'on ait recours à prendre Dieu comme prétexte. De même que donner aux pauvres n'est pas un acte dont aurait le monopole l'« homme spirituel qui sonne de la trompette en élevant la bannière de sa religion ». Des athées font parfois bien mieux envers les drogués et les pauvres d'ailleurs — nettement mieux. C'est le « parler » de ces 4 personnages que tu cites Thamis qu'il nous faut écouter, comme Dieu le fait avec Job et ses amis, plutôt que de regarder au visible. S'il y a un ministère, il est là, et s'il réussit, il réussit là, et lorsqu'il échoue, il échoue là. Il est assez clair que Yonggi cho ne prêche pas le Christ ; que Wilkerson, à force de vouloir la popularité (influence américaine je suppose), a de plus en plus usé du propos biblique comme prétexte à une prédication socio-politique médiatique ; Calvin met en avant des choses indispensables, mais il refonde hélas une religion ecclésiastique rigide et moraliste : Luther avec sa « foi seule » est véritablement prophétique, mais sa concrétisation dans la réalité (j'en parle ailleurs dans le forum) a dérapé — malgré lui ! Si je devais m'avancer plus avant, vers les limites de l'individu : il me semble que Yonggi cho est véritablement dans la posture du faux prophète, Wilkerson, je pense aime vraiment le Christ, mais il est adolescent (ce qui plaît d'ailleurs) ; Calvin l'a peut-être plus regardé comme un maître à obéir que comme un ami, se retrouvant plus dans une attitude soldatesque ; Luther l'a passionnément aimé, et fut dépassé lui-même par ce qu'il avait entendu, comme c'est le cas de tous les prophètes.

#196 Re : Nouveau Testament » Quand les disciples reçurent l'Esprit ? » 20-08-2012 21:23

Franco a écrit :

Voilà , c'était pas compliqué

Je ne doute pas de ta sincérité Franco, et je suppose que sur de nombreux points nous pourrions être d'accord, mais lorsque dans une parole que prononce Dieu, un homme (petit d'homme) s'élance en disant : « Voilà , c'était pas compliqué » ; je suis d'entrée refroidi à écouter ce qu'il a à dire. Je lis la bible avec derrière moi 20 siècles et plus d'hommes qui se sont penchés dessus — qui suis-je, moi ? Une ombre, une vanité ! L'adage juif est là et toujours là dans ma lecture : « Il y a 70 interprétations possibles d'une parole, mais aucune n'est la bonne, c'est la soixante et onzième venant de Dieu qui est la bonne. » Puis lorsqu'on a entendu la la soixante et onzième, on en revient à Job : « Oui, j’ai parlé, sans les comprendre, de merveilles qui me dépassent et que je ne conçois pas. » · hakol hevel : tout est vanité.

#197 Re : Nouveau Testament » La différence entre les épîtres de Paul, et celle de Jacques » 20-08-2012 21:13

Il n'est pas question de lutter contre Jacques en tant que personne, Le nuage blanc a raison, et ce n'est pas parce que Pierre, alors qu'il venait d'être inspiré en matt. 16, et que l'instant suivant il se voit faire le reproche par le Christ : « arrière de moi le satan », que Pierre est à jeter et à condamner au bûcher. D'ailleurs le Christ ne le rejeta pas, même s'il l'a repris durement à cet instant. Son appel est irrévocable. Il n'était pas simple pour des hommes élevés dans le pur judaïsme de basculer comme si de rien était dans une vision de Dieu aussi radicalement différente que celle que le Christ proposait. Tous ont, un moment ou un autre, mis du levain dans la pâte. Et NOUS aussi faisons ou avons fait cette erreur. Ce n'est pas contre des hommes mais contre des « forteresses de pensées » que Paul luttait d'ailleurs. Aussi la doctrine qui émane de ce texte de Jacques est UN problème, mais quand à Jacques, il n'est pas notre problème ; je préfère laisser le ciel dire ou ne pas dire ce que moi je me sens incapable de dire sur l'intimité d'un homme. Prudence. Je pense en effet qu'il était encore boiteux, et le reproche fait à l'église est précisément de boiter parce qu'elle annonce aussi le Christ en y mêlant la foi et la loi. — D'ailleurs, Franco, l'épître de Tite que tu cites n'est pas de la main de Paul, et je te dirais même que je considère les épîtres pastorales comme problématique tout autant que le texte de Jacques.

Moi qui fait sans cesse le reproche au religieux d'être des « certains » incapables de se mettre en question, je ne tiens pas à devenir un autre « certain ». On ne cesse de me fermer la bouche en m'accusant de tous les maux spirituels, je ne ferai pas de même aux autres. Ma place est de confronter une pensée, une doctrine, une vision de Dieu, c'est cela fermer la bouche : c'est fermer une doctrine, mais non empêcher l'autre de questionner et de s'opposer à moi. Surtout pas !! Fermer la bouche, ce n'est pas se placer comme un de ces « certains de détenir la vérité » en prétendant dire qu'untel a un appel de Dieu mais non l'autre. Je ne te suivrai pas sur ce terrain Franco, et assurément, tu y glisseras, mais sans moi.

#198 Re : Nouveau Testament » La différence entre les épîtres de Paul, et celle de Jacques » 20-08-2012 17:09

Franco a écrit :

Il faut vraiment être aveugle pour voir dans l'épitre de Jacques une inspiration divine. Il aurait mieux fallu qu'il la ferme Jacques.

En effet, les yeux sont cousus. Mais à priori, Jacques ne se tait toujours pas puisque globalement son discours est à peu près celui qu'a repris l'ekklésia, reformulé, détaillé et rendu de plus en plus subtil. De sorte que, de façon générale, nous pouvons parler depuis plusieurs siècles, non de l'église de pierre, paul ou jean, mais bien de l'Église de Jacques et de ses avatars. Un malheur en somme !

#199 Re : Dogmes & Doctrines » Le langage chrétien est-il adapté à nos sociétés modernes ? » 20-08-2012 11:17

C'est certain qu'il y a un langage dit « chrétien » qui je crois écœure désormais beaucoup de gens, mais paradoxalement les rassure en offrant une certaine stabilité. Les mots « péché » ou « sainteté » renvoie à une sorte d'histoire et de socle stable tout en sentant le vieux tissu et la moisissure face à notre réalité technologique. On y tient, mais on veut s'en détacher, comme on tient au nationalisme tout en voulant la mondialisation.

En ce qui me concerne, tout ce vocable « chrétien » — qui est véritablement un langage — en est arrivé à me donner la nausée et à me répugner véritablement. Utiliser cette langue est pour moi un échec. Les mots « péché, église, saint, grâce, enfer… » sont une véritable langue, comme le chinois, l'arabe ou l'allemand. Et si le catholique donnait sa messe en latin, toute cette langue « chrétienne » n'est finalement que du latin non traduit, faisant office d'une sorte d'imprécations ou comme tu dis de « formules magiques ». La plupart du temps, ces mots ne sont pas traduits et ceux qui les utilisent le font comme dans une prise en otage du texte biblique, car ils leurs donnent un autre sens qu'ils ont. Le « pécheur », c'est un « raté » et pécher c'est se planter, mais qu'est-ce que cela veut dire ? La plupart des gens parlent du pécheur comme de bien autre chose, car le pécheur, c'est vraiment un « raté », et les grands ratés ne sont pas dans les bordels ou en prison, mais en cravate, riche, polis, savants et religieux… Car plus on se rate devant le ciel, plus on réussi devant la terre. De même qu'une « église » ; qu'est-ce que c'est ? Comment traduire ce mot ? Et pourquoi ne pas avoir garder le mot « assemblée » ? Parce que trop direct, trop politique ? Pas assez mystique et incompréhensible, pas assez emprunt d'un latin mystérieux ? Qui veut-on ensorceler en utilisant des mots vagues et dont on nous demande de les prendre comme vérité définitive et incontestable ?

#200 Re : Nouveau Testament » Quand les disciples reçurent l'Esprit ? » 20-08-2012 10:42

Oui, c'est ça, l'obsession de la preuve, cette hargne à bâtir du solide sur quoi s'appuyer. Tel un monstre, tel un vampire, notre raison veut tout absorber, tout assécher sous ses concepts et ses théories : l'amour, la liberté, la foi, la rencontre et le Christ lui-même si elle le pouvait. Et tel le dragon, elle veut brûler tout ce qui échappe à ses logiques, à sa stabilité, à ses évidences. Chestov parlait de « la lutte contre les évidences », et je crois que suivre le Christ n'est pas autre chose que cette lutte contre les évidences. C'est pourquoi le chemin est si étroit, si difficile puisqu'il nous faut défier le vampire et le dragon placée à même notre âme et qui garde le chemin vers l'arbre de vie.

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