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forum dédié au christianisme
sans églises


aux réchappés du jugement de l'Église :
« Il a trouvé ma faveur au désert, ce peuple réchappé du glaive » · jér. 312
             ï VERS AKKLÉSIA

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#1 11-05-2013 20:26

Stéphane
замед [zamed]
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Fréquentation du forum

Pourquoi y a t-il si peu de personnes qui participent à ce forum ?

Hors ligne

#2 16-05-2013 21:00

ivsan otets
админи
Lieu : france
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Re : Fréquentation du forum

  S'il y a si peu d'intervenants sur ce forum c'est tout simplement parce que l'Église a trahi le Christ. Elle l'a tué et le tue continuellement. Kierkegaard avait raison.

  Et puisque le « chrétien » ne peut vivre sans sa petite église, sans son corpus christi bien visible, bien connu, et précisément en façonnant le Christ de sorte qu'il ne soit absolument pas incognito ; parce que sa théologie de l'église-corps du Christ lui apprend à rendre visible le Christ au travers d'œuvres ecclésiastiques, le rendant parfaitement tangible, sensible, et raisonnable, en Le soumettant aux ordres de la morale ; puisqu'il ne peut vivre sa foi de façon akklésiastique donc, n'acceptant pas le fait que l'Église a crucifié le Christ… De ce fait, il ne peut communiquer avec le christianisme akklésiastique comme si celui-ci était aimé du Christ. Il ne peut communiquer avec lui qu'en considérant qu'il est apostat.

  Lorsqu'un certain christianisme akklésiastique se lève, c'est le Christ qui se lève. Or, le chrétien religieux est voué à sa théologie de l'église, il ne peut donc croire à la résurrection du Christ quand celle-ci lui demande d'en finir avec l'Église ; d'en finir avec la preuve de Sa résurrection en abolissant les théâtres de prophètes, de miracles et de morales qu'ont bâtis les églises. Il ne peut croire à l'incognito du Christ, à son rapport avec l'homme absolument existentiel, akklésiastique ! Il ne peut croire au Christ et lutter en même temps contre toutes les tentatives ecclésiastiques par lesquelles le religieux tente de rendre évident Sa résurrection. Il ne peut croire que rendre le Christ visible, ecclésiastique, c'est précisément Le trahir. Comment donc pourrait-il dialoguer avec le Christ akklésiastique ? Il se sentirait Le renier sous la coulpe amère de l'autorité de l'église.

  En somme, il ne voit pas la délivrance. Il ne voit pas qu'il serait soudain en droit de cesser de Le crucifier, alors que, dans sa fidélité à l'église, il enfonce les clous à ses membres à chacun des cultes, des messes, des miracles et des morales que l'église édicte noir sur blanc pour convaincre le monde. Il ne lui resterait que le tombeau vide, que la foi… ce qui pour lui est un cauchemar. Aussi, préfère-t-il le laisser sur la croix, puis se justifier en faisant du tombeau vide une caverne de voleurs et de menteurs : miracles, signes, promesses morales du bonheur, prophéties à deux balles et théologies dogmatiques, etc.


La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller

Hors ligne

#3 01-08-2013 09:03

ivsan otets
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Re : Fréquentation du forum

  Et comment reprocher à l'individu cet effort par lequel il favorise d'abord le Général ? Le volonté individuelle étant toujours, au fond, de l'ordre de l'impossible… L'impossible ! argument soudainement pratique, car, comme par magie, le sacrifice au nom du collectif devient alors la vertu même de l'individu : sa justification historique. La promesse du collectif, elle, au moins, paraît possible. On chantera donc les louanges des héros dans les livres d'Histoire, dans les cursus scolaires… et même dans la Bible !

  Voici pourtant le paradoxe. En laissant au second plan le mystère de l'Être, de l'Individu, pour tout miser premièrement sur le bon état, le bon ordre et la bonne santé de l'ensemble des individus, c'est-à-dire du groupe, de la communauté, du collectif, de la nation, de l'église… on remarque que là encore c'est finalement l'Individu et le mystère de l'Être qui ont le dernier mot.

  En effet, que veut finalement tout collectif, toute nation, toute foule et tout peuple ? Assurément, le bonheur, la paix, la justification de ses volontés, l'amour, la toute-puissance et, surtout, « ne pas mourir » : vaincre la mort. Très exactement ce que chaque Individu, chaque Être désirent ! Qui veut de tout son être, de toute sa pensée et de tout son cœur le malheur, la guerre, la culpabilité, être haï et n'avoir aucune puissance sur sa vie ?

  Même dans la volonté générale, c'est donc encore l'individu qui parle ! Certes, il parle en sourdine, comme étant encore anonyme dans la foule, mais cependant sans les volontés individuelles le Général n'a aucune existence en lui-même. De sorte que tout groupe, toute foule, toute nation et toute église ne sont au fond que des fantômes. Mais des fantômes dont les voix rauques clament dans les médias et en chaire la volonté individuelle de chaque-Un. Chaque-Un n'a-t-il pas voté et ne se soumet-il pas chaque jour à cette voix divine du corps collectif qui lui promet la paix et le bonheur, le pain et le miel ? C’est ici qu’est le piège du collectif, en cela qu’il est porte-parole des individus, leur prophète malgré lui.

  D'où vient donc l'angoisse de l'individu ? Fort simplement d'une seule chose. De faire de ce fantôme un être à part entière. Aussi chacun parle-t-il du corps collectif. Il apparaît donc à chacun que ce corps est le dieu et que chacun en est un membre. Le sacrifice d'un membre pour le corps est dès lors le tragique des héros historiques et religieux ; leur justification, leur entrée dans le nirvana : ils seront gravés à jamais sur les pierres tombales de l'Histoire mondaine ou de l'Histoire ecclésiastique. Ils seront des espèces de gros bouddha figés dans l'Histoire collective, l'Histoire religieuse de l'Unité, de l'Un, de la paix universelle. Ils seront une sainte et pure cellule constituant le Tout. Aussi seront-ils du même coup incapables de toute devenir en eux-mêmes et de façon particulière : ils n'auront plus de Nom ! Ils seront les prisonniers du Tout, les esclaves de l'harmonie universelle victorieuse qui les écrasera sous son éternel chant de victoire sourd et muet.

  Où se trouveront donc leur consolation et leur béatitude ? Fort simplement dans le fait suivant : l'Histoire du corps collectif, c'est-à-dire du dieu — de cette unité plus parfaitement ordonnée que toutes les vérités mathématiques — grâce à leur sacrifice donc, ce corps collectif continuera, lui, son devenir ! Il continuera à sacrifier encore et encore les siens. Le sacrifice des sacrifiés est de fait la permission à encore plus de sacrifiés. Et eux, les sacrifiés, ils vivront dans cette cynique « béatitude » de n'être pas seuls à être tombés tandis que les dieux égotistes continueront leur expansion boulimique. Ainsi donc les sacrifiés des dieux « vivront leur mort* » : telle est leur béatitude. Car ayant cessé leur devenir, ayant cessé d'être un Être, il connaîtront enfin cette consolation infernale, cette terrible angoisse de la béatitude éternelle : être les fils des dieux à qui ils ont donné tout leur être, tout leur sang, toute leur volonté.

De façon plus sociologique, leur angoisse consiste finalement à être des idolâtres du corpus collectif, de lui attribuer d'être suprême, d'être la vérité, d'être divin ; d'être, pour le chrétien, un corpus christi : l'église devenant ainsi elle-même le messie. Une angoisse que le Christ résout ainsi — dans une pensée akklésiastique : « Sors du général, brise l'idole. C'est-à-dire qu'il ne s'agit pas de te sacrifier, mais de sacrifier l'idole, de sacrifier ce qui t'apparaît la seule alternative, de sacrifier l'évidence logique du collectif hors duquel il te semble impossible de vivre. Il s'agit de basculer vers l'alternative impossible de croire en moi seul puis d'aimer la fraternité sans en faire une idole. De toute façon tu mourras, mais si dans ta mort tu n'appartiens plus aux dieux collectifs, tu ne seras plus dès lors gravé sur ses pierres tombales. Et moi je te relèverai. Car c'est moi qui te donne mon sang et non l'inverse ! J'ai, moi, seul, et sans la force du collectif et de l'église, le pouvoir sur la mort. Ainsi est l'Être : il règne en lui-même. Et ainsi seras-tu si toi aussi tu crois en moi ; si tu crois au fils de l'homme que je suis ; si toi aussi tu luttes à mes côtés contre les dieux collectifs, ecclésiastiques, et contre leurs promesses d'un âge d'or sur terre. Mais voici, aimeras-tu assez la liberté, m'aimeras-tu assez pour croire en moi plus que ceux-là croient à l'universel, à leurs saintes idoles et à leurs saintes églises ? »

____________________
* cf. Kirkegaard


La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller

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