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En ce qui me concerne, je ne jette pas si facilement aux gémonies la théorie de l'Évolution. Pour deux raisons : la première est un simple respect des scientifiques qui ne sont quand même pas tous une bande de benêts imbéciles ou mystiques ; nombre de découvertes apportent d'ailleurs beaucoup à la réflexion spirituelle. La plupart des scientifiques sont désormais loin de Darwin en terme de savoir, et nier qu'ils ont quand même certains éléments « sous le coude » fort intéressants serait de l'obscurantisme. Toutefois, je ne nie pas qu'il existe aussi un obscurantisme scientifique quasi religieux.
La seconde raison est tout simplement que le fond de la théorie de l'Évolution est plus proche de la vérité biblique ; elle s'en rapproche plus que la théorie de la création ex nihilo. La solution d'une théorie de la création ex nihilo s'éloigne plus, selon moi, de la vérité biblique. Je doute que le Christ eût été aussi radicalement contre la recherche scientifique qu'il le fut contre le monde religieux. Pourquoi ? Parce que ces benêts de religieux ne nous offrent qu'une alternative : créationnisme (à partir de rien) OU évolutionnisme (à partir de la matière). Or, la Bible, précisément, ne nous pose pas cette ultimatum, puisque la révélation nous parle d'une autre perspective. C'est pourquoi, d'emblée, le premier chapitre de la Genèse élabore, évoque, une théorie de l'évolution… un premier chapitre fort scientifique.
Somme toute, le Créationisme et l'Évolutionnisme finissent vite dans la même cour de récréation où des gosses se disputent et prétendent chacun détenir la vérité vraie. Dans cette cour se retrouvent à se chamailler toutes les religions (monothéismes, hindouisme, bouddhisme, animisme…) contre/et toutes les théories scientifiques (théories quantiques aussi, évidemment). Chacun veut prouver à l'autre qu'il a, lui, qu'il possède, lui, la vérité toute puissante : soit le Créateur Tout-Puissant (yhwh, allah, bramhan, le néant bouddhiste ou kabbaliste… ; soit la Créatrice Toute-Puissante (la raison, la science, les lois éternelles…). — Je le répète, le propos du Christ va au-delà et ne rentre pas dans cette mêlée, car le commencement, pour le Christ, n'est qu'un premièrement en vérité, et ce « premièrement » ne l'intéresse guère. Le commencement est ailleurs, ailleurs que dans un simple problème d'autorité, de toute-puissance intellectuelle ou mystique.
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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