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Le titre du livre interroge en se référant au mot « ékklésia ». Cependant, le sous-titre « Vers un christianisme sans églises » en élucide précisément la signification. Et une nouvelle orientation est néanmoins présentée au lecteur : « Le royaume des cieux seul ». Le mot « seul » accentuant les déclarations susmentionnées.
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A ce jour, je n'ai trouvé personne dont l'argumentation ecclésiastique me donne de remettre en question l'akklésia dont, je crois, est emprunt tout le Nouveau Testament. Par contre, le leitmotiv akklésiastique dont fait preuve le Christ ne peut laisser le chrétien lambda sans être blessé – je le comprends ; et je comprends dès lors qu'ils soient si frileux à ce dé-voilement du Christ. Le chrétien veut bien d'un scandale spirituel, mais à condition qu'il reste « ecclésiastique ». La question demeure donc : Et si pour Dieu, l'église était précisément un scandale humain, un scandale en passe de devenir une pierre d'achoppement – tandis que l'akklèsia serait le scandale de l'Esprit ?
Enfin, c'est bien sûr un plaisir de voir que – dans mon désert – je croise encore des frères avec qui faire un bout de chemin.
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La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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tandis que l'akklèsia serait le scandale de l'Esprit ?
Heu n'arriverait t'on pas par ce biais au "péché irrémissible" ?, celui contre l'Esprit. ?
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Un scandale qui vient de l'Esprit – et non pas contre.
De toute façon, de même que Barth disait de Paul qu'il était toujours à la frontière de l'hérésie, il est clair que le scandale du Christ est, au jugement d'une pensée rationnelle, très facilement soupçonné d'être « contre l'Esprit ». Les hommes érudits et versés dans l'Écriture n'ont-ils pas accusé le Christ d'être un diable ; au nom de l'Esprit – justement ? C'est là, précisément, qu'un jour les dents grinceront : quand la belle sagesse théologique ronronnant de ses alléluias sera condamnée pour avoir tant lutté contre l'Esprit. Une chose dont on devrait tous s'effrayer, car tous, nous sommes raisonnables, et en moins d'une milliseconde serions scandalisés par le Christ s'il se montrait plus directement à notre intelligence.
Au passage, voici l'extrait de K. Barth :
…voici donc ma méthode, dont la formule s'énonce simplement : Réfléchis !
Ce qui m'a importé, c'est l'Évangile réel, plus que le soi-disant Évangile entier,
parce que je ne vois pas de chemin conduisant à l'Évangile entier,
si ce n'est celui que l'on suit en saisissant l'Évangile réel, qui,
à personne encore ne s'est montré de tous les côtés en même temps.
[…]
Discourir et écrire, comme on le fait couramment, sans peine, au sujet de l'Évangile entier
qui comprend, harmonieusement, en de belles proportions,
la foi, l'amour et l'espérance, le ciel, la terre et l'enfer,
je tiens cela pour peu édifiant.
Je ne fais grief à quiconque de vouloir dire, au nom du christianisme,
autre chose que ce qui est dit ici ;
je lui demanderais, tout au plus, comment il se fait que,
en agissant ainsi, il passe à côté de ce qui est dit.
Le paulinisme s'est toujours trouvé aux confins de l'hérésie,
et, nécessairement, on ne peut que s'étonner de voir quels ouvrages absolument anodins
et loin de susciter le scandale sont la plupart des commentaires sur l'Épître aux Romains
et des autres livres consacrés à l'apôtre Paul.
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La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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