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Après avoir chercher naïevement pendant des années un idéal de vie/ un jardin d’Eden dans ce monde, vivant tour à tour dans les iles du pacifique Sud et autres endroits parasidiaques, je me suis rendu compte qu’il me manquait l’Essentiel. Cette essence du ciel, ce Dieu que je cherchais inconsciement été au fond de moi-même. Cepandant, le formatage éducatif de ce monde, ces religions diverses, ces indiquités boulversantes faisaient obstacle à ma petite foi. Mais en 1999, c’est avec des signes, des songes et des révélations que le Seigneur Jésus-Christ est venu dans ma vie. Comme Thomas, il est venu dans mon incrédulité, j’ai pû toucher ces blessures, mon esprit c’est ouvert à sa parole, c’est à dire la Bible. Je ne venais d’aucun courant chrétien, mais par sa Grâce il est venue à mon secours car j’avais épuisé toutes mes cartouches à vouloir comprendre ce monde. Et c’est dans l’épreuve que j’ai commençé à marcher, à comprendre les choses que seul l’Esprit peut insuffler. J’ai été touché aussi par les écrits des premiers chrétiens comme Antoine, les pères du désert comme Mattha El Meskine, la Philocalie et des auteurs russes. Ce qui le sujet des églises a été difficile pour moi, surtout de voir comment l’homme pouvait se soumettre à un conformisme sans vie, à des niaiseries, à de l’infantillisme qui n’a rien avoir avec la vrai liberté en Christ. Mais, j’ai pû trouver grâce à la providence de Dieu, des hommes et des femmes pour parler, s'encourager mutuellement dans la simplicité évangélique.
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Une remontée vers les origines, me semble-t-il. — Je l'ai aussi vécu… et puis Origène et Augustin ne m'ont plus suffi. Je garde pour eux une affection certaine, reconnaissant qu'ils m'ont aidé… tendrement ; disons, au moment où je m'empêtrais dans mon cordon ombilical. Mais devenu adolescent, j'ai trouvé étrange cette rage qu'ils avaient à diviniser l'Ekklèsia ; et puis cette redondante morale du bien, du beau et du vrai dont je pressentais chez eux la « fausse note ». Des choses éparses et étranges, ici et là, mais que je percevais comme un manque. J'étais allé jusqu'au bout avec eux. Ainsi je les quittais pour remonter « avant » cette origine… — Alors me voici avec l'intention de comprendre le judaïsme ; comme le désir de lire et d'entendre ainsi que lisaient et entendaient les auteurs du NT. Peut-être les comprendrais-je mieux ? me disais-je. Et puis, là aussi ; après les premières richesses, il arriva un moment où j'atteignais encore l'impasse. Ha ! le judaïsme aussi divinise son collectif et la morale du bien, du beau et du vrai – ou bien la Synagogue ou bien l'Église… Soit ! une espèce de boucle se ferma. — Hakol hevel (tout est vanité) ; alors me voici là-bas, là-ailleurs ; là où d'ailleurs on lit dans le Zohar : « Tout est aussi fermé qu'au départ ».
Point de rupture, clash, impasse des impasses… Les Révélations de la mort. Qu'un ange m'eut parlé ou qu'un miracle soit advenu – je n'aurais rien appris. Alors Chestov me parla, puis Dostoievsky dans La maison des morts, puis ce précieux Kierkegaard – ha ! enfin des amis ; non plus des maîtres ! Et puis même de précieuses perles auprès de ceux qui se disent sans foi ; paradoxe et grande découverte : je m'étais trompé d'ennemi. Eh quoi ! Et encore ? Et bien : « tout est aussi fermé qu'au départ. » — Mais voici : je n'ai plus ni maître ni directeur de conscience, seulement des amis, des frères… et un Père qui – quel prodige ! est soudain devenu, lui aussi, comme dans une sorte d'incognito qui m'échappa… tout autant Frère qu'Ami. Et puis, je n'aime que la viande ; et dans cette chasse au gibier où je suis autant chasseur que chassé, je ne sais plus qu'une chose : Le ciel s'ouvre à la mesure où tous nos accès se ferment. Tout est aussi fermé qu'au départ… parce tout est en train de s'ouvrir. Le ventre de la terre se referme et une autre terre s'ouvre ; impensable, enivrante, vertigineuse : « le monde-à-venir seul », tel est ma devise.
Voilà donc cher bruno ; et disons : à la confession répond le vagabondage… en quelque sorte.
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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Merci Ivsan, c'est incroyable j'ai un peu le même parcours et la même conclusion avec ces pères du desert, toute ces expériences ont été repris par l'église orthodox.
C'est pas pour passer la pommade, mais je me régale avec tes articles, ton livre Ekklésia. J'aurais voulu pouvoir parler des choses plus profondes avec des frères et soeurs, d'exprimer comment je ressens le Christ, mais dès l'instant que tu remet en cause un système, tu deviens le diviseur, le pertubateur alors que toi tu cherche simplement à vivre l'évangile plus simplement, mais la tradition c'est la tradition.
Pourquoi j'aime aussi tes articles, c'est que tu exprime les mots exactes sur des choses qui sont pour moi difficile à exprimer, je ne suis pas un littéraire.
Est-ce que tu a fait des études de théologie ?
Est-ce qu'il y a un ouvrage à part la Bible qui t'a beaucoup influençé ? J'aime beaucoup l'Ecclésiaste et je suis en train de lire la raison d'être de Jacques Ellul.
Merci encore à toi pour ce site
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yes! c'est exactement le vertige en ce moment, mais je sais comme dans les premiers pas, le Père n'est jamais trop loin.
J'aimerais savoir comment vous vivez votre foi en Dieu surtout avec les autres. Je comprends que notre chemin est individuel, mais comment developper l'amour des uns et des autres quand ils la plupart sont "barrés" dans des systèmes et des religiosités,
Je pense qu'il ne faut pas confondre l'amour-sentiment, gentil, consolant qui rassure et réchauffe...mais à travers tout celà de l'amour qui reconnait et éveille dans l'autre le centre essentiel; Cet amour peut-être très sévère... L'amour humain (humanisme) envisage trois choses : sécuriser l'autre quand il a peur, donner un sens à sa vie et l'abriter dans une communauté, et chez les protestants là d'ouje viens pour "le pasteuriser".
Travaillant dans la nutrition, je sais ce que veut dire "pasteuriser". Un bon lait cru et bon pour la santé car même si il contient des mauvaises bactéries, les bonnes bactéries vont permettent de juguler les mauvaises en apportant la santé. La pasteurisation dénature les proteines, tout en tuant malheureusement les bactéries salutaires pour la santé conjointement aux mauvaises bactéries. Aujourd'hui, le conformisme dans lequel nous nous soumettons lié à la pasteurisation lorsqu'il n'est pas conduit par l'Esprit risque d'asphyxier les brebis qui sont encore vivantes, je ne parle des moutons égarés qui cherche cet humanisme qui réchauffe.(et qui fait que tu pense qu'il va finir par se convertir )
En tant que chrétien né de nouveau, notre attention doit être projeté comme une flèche vers le centre : le Christ",
Ma place, mon labeur dans le corps est de discerner dans le regard du Christ ce que je dois faire, plus l'unicité de notre propre être est juste, et plus la communauté est unie.
L'église charnelle, est celle ou les brebis ne sont pas participante de cette mouvance de l'Esprit,et se soumette à des directives charnelles sans vie, même en parlant de Dieu et de la Bible.
J'accepte volontiers la critique, je suis en chemin, n'ayez pas peur de me contredire.
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J'aimerais savoir comment vous vivez votre foi en Dieu surtout avec les autres. Je comprends que notre chemin est individuel, mais comment développer l'amour des uns et des autres quand ils la plupart sont "barrés" dans des systèmes et des religiosités…
Sans vouloir te gêner, c'est vraiment une question « ecclésiastique ». Je dirais même une étrange question que posent sans cesse les ecclésiastiques pour indirectement culpabiliser celui ou celle qui ne se joint pas à son troupeau. Car enfin, pourquoi les religieux posent une telle question ? Parce qu'il supposent qu'il y a une manière de vivre sa foi qui est certifiée et scellé de l'approbation divine ; une manière tant personnelle que dans ses rapports avec les autres. Et les professionnels de la religion, pensent-ils, ont justement comme mission d'enseigner cette Méthode. De fait, tout leur business religieux est fondé sur cette méthode « spirituelle », de sorte que si venait à s'écrouler toute méthode pour vivre sa foi, l'église elle-même s'écroulerait. — Or, précisément, il n'y a pas de méthode pour vivre sa foi… il n'y en a aucune !
Par contre, il existe bien une méthode pour vivre sa religion, sa morale, ou pour s'ordonner à un code, quel qu'il soit… même athée. Il faut bien apprendre à l'enfant comment manger, comment traverser la route, comment se comporter avec les autres, dire « bonjour », « merci », etc. De même existe-t-il une méthode pour plaire au divin selon le religieux : pratiquer le culte, la communion, prendre la cène, faire des œuvres, être bienfaisant envers son frère, chanter et prier ensemble… Ce qui suppose, obligatoirement une structure ecclésiale. Et hop ! le tour est joué. — C'est là que se trouve la différence entre l'homme de foi et l'homme de la croyance, entre ce que j'appelle le nomade de la foi et la brebis… car le croyant est toujours un peu bête, c'est pourquoi il bêle plus qu'il ne parle.
Je parle de cette réalité dans mon Opuscule : « En revanche, les Nomades de la foi suivent le Christ au risque de renoncer à leur bonheur. Ceux-là se fondent sur le sable d’une difficile intimité avec Dieu, ne trouvant dès lors aucun lieu où reposer leur tête. Ils n’ont qu’un cheminement personnel fait d’inspirations et de doutes, une marche propre à chacun où l’on se croise un temps pour s’éloigner un autre. La fraternité spirituelle ne peut être figée en ce monde, elle est en continuel mouvement. Tel sont les migrations incohérentes durant lesquelles les fils de l’homme, sortant des enclos et partant sans savoir où ils vont, portent une maison de Dieu dans leur cœur. »
À quoi sert l’Église en vérité ? À distinguer la brebis du nomade ! Et que veut le Christ ? « Il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors. Lorsqu’il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles ; et les brebis le suivent parce qu’elles connaissent sa voix » (jn 10). C'est précisément lorsqu'une brebis sort qu'elle quitte sa nature de brebis et devient un nomade de la foi, un être existentiel. Celui-là abandonne dès lors l'idée d'une méthode, et la question pour lui du « comment vivre sa foi » ne se pose plus. Il vit sa foi tous les jours.
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C'est, je crois, ce que Stéphane essayait de te dire en parlant de l'analogie de la marche et du déséquilibre. Tant qu'on est en déséquilibre, c'est qu'on marche : c'est le statut de la foi. Et tant qu'on est en équilibre, c'est qu'on est arrêté, sur ses deux jambes : c'est le statut de la croyance qui a fait halte dans l'enclos des brebis et n'a plus le courage de suivre le Christ au-dehors. Lorsque Stéphane te dit : « Si une personne est trop loin en avant, j’ai du mal à bien la voir, et si par bonheur je l’aperçois, c’est souvent de manière floue », il parle, je crois, de cette situation où la fraternité est en fait la rencontre de plusieurs « cheminements ». Or, qui dit « cheminement », dit « chemin » et « marcheur », c'est pourquoi la fraternité est un lieu de rencontre sans arrêts ; « où l’on se croise un temps pour s’éloigner un autre », dis-je dans Akklèsia. — Et tout frère qui n'accepte pas cela, tout frère qui veut t'arrêter, t'enseigner une méthode, puis t'encadrer dans l'enclos de cette méthode, sa méthode en vérité, c'est un frère qui t'incite à stopper ton cheminement.
En somme, on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre : la foi et la sécurité. Mais si par contre on se contente d'avoir la foi sans la sécurité, on obtient « la laitière », c'est-à-dire le monde-à-venir, lui aussi étant une sortie de l'enclos de ce monde-ci. Quant à la fraternité, elle est dès lors à nulle autre pareille, car étant enfin libre de tout, cette fraternité-là est fidèle à tout. La sortie des enclos et l'akklèsia, c'est la fraternité qui tend vers son paroxysme.
Tandis que l'ekklésia, malgré ses apparences, c'est la mort de la fraternité. Parce que dans cette arrêt du cheminement personnel qu'on veut encadrer, brider et soumettre à une méthode divine, chacun se met finalement à ressembler à chacun en se contemplant dans le même miroir… dans ce miroir commun à tous de La Méthode Universelle. Toutefois, être frère, ce n'est pas se dupliquer par reflet ; tout au contraire, c'est marquer sa différence. C'est chaque-Un aidant l'autre à faire vivre son propre Nom, sa particularité : sa méthode de vie à chacun propre et à nul autre pareil ! Plus on est « semblable » et « le même », et moins il est nécessaire d'être frère : « on est deux exemplaires dans un banc de harengs », aurait dit Kierkegaard.
Je finirais là mon propos, mais il faut aller plus loin dans la critique. En effet, Étienne Naveau, dans son petit commentaire sur : « la foule, c'est le mensonge », de Kierkegaard, dit la chose suivante : « Le communautarisme, c'est le narcissisme, l'amour “homosexuel” du même, et la haine de l'autre. » En effet, lorsque la Communauté élève la fraternité des brebis en une structure fixe qui les lient dans une Méthode divine, elle conduit nécessairement à la critique du nomadisme de la foi, lequel est sans-méthode et fait de ce paradoxe qu'est le lien de la Liberté. Bien plus, la sacralisation de la Communauté conduit à la diabolisation du cheminement de la foi qui avec le Christ ne supporte pas l'enclos. Et inversement, elle conduit à aimer le même, c'est-à-dire celui qui dans l'enclos, étant façonné par la Méthode religieuse commune à tous, devient le même de moi. Il s'ensuit que du grec homo, qui signifie le « même », l'ekklésia est en vérité le risque de l'amour homosexuel. C'est pourquoi la Grèce Antique, alors qu'elle adorait tant la communauté politique – littéralement : l'ekklèsia – et qui ne pouvait concevoir l'humanité sans elle, développa tout autant la pratique homosexuelle. De même, tout défenseur de l'Église et qui ne peut sans elle vivre sa foi est un homosexuel ou une lesbienne en latence. — Comme tu le disais, on prend bien garde là-bas de ne pas nourrir les brebis avec trop de protéines… des fois que l'idée d'aller voir du pays ailleurs les titillent trop : l'idée de devenir un Homme !
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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Merci pour cette magnifique perspective, dommage qu'elle ne soit pas bien comprise.
Matthieu 7.13. Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là.
14 Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent.
Lorsque dans l ’immensité des océans, les saumons retournent vers les eaux de leurs origines, ils disposent de l ’incroyable faculté de sentir la trace la plus intime de leur rivière à des centaines de miles de la côte. Il ne leur faut pas boucher les narines car sans odorat, ils sont comme aveugles. Mais plus il se laissent porter par la perception de leurs eaux d ’origine, plus ils sont sûrs de retrouver le chemin. Ils ont beau rencontrer de nombreux obstacles, cascades, abîmes, barrages, dangereuses cataractes et rapide impétueux, ils tenteront de les vaincre. Ensuite, arrivés tout heureux au summum de leur existence, en quelques jours seulement ils vont fêter leurs noces, répandre la semence de tout leur être qu ’ils transmettent à un monde futur avant de disparaître, vidés, accomplis. Par leur mouvement, ils ont vaincu le courant qui les avait portés vers le large. Ils sont arrivés d ’où ils étaient issus. Et par leur départ et leur retour, leur vie fut juste » texte de Drewermann
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« …ils vont fêter leurs noces, répandre la semence de tout leur être qu’ils transmettent à un monde futur avant de disparaître, vidés, accomplis. Par leur mouvement, ils ont vaincu le courant qui les avait portés vers le large. Ils sont arrivés d ’où ils étaient issus. Et par leur départ et leur retour, leur vie fut juste »
Je ne sais vers quelle vérité Drewermann veut conduire son lecteur avec cette allégorie ? Qu'en penses-tu ? Est-ce que cette formulation, d'ailleurs bien dans le ton du romantisme allemand, ne fait pas plutôt référence à un système évolutif ? J'ai bien du mal à la placer en parallèle avec les propos du Christ. Car, je crois que le « chemin étroit » nous parle de tout autre chose. Mais bon, je me trompe peut-être, car je n'ai jamais vraiment lu Drewermann.
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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Dans son ouvrage "la parole qui guérit"i il ya des commentaires de sur l'évangile de Marc qui semblent intéressant. Mais il est évident que Drewermann à une conception du royaume des cieux un peu folle à laquelle je n'adhère pas du tout
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