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plusieurs livres m'ont particulièrement ouvert à l'amour de Dieu:
- Bien sûr la Bible
- Maitre Ehkart "Sur la naissance de Dieu dans l'âme" plusieurs lectures avec toujours le même enthousiasme
- Les pensées de Pascal (j'adore)
-L'experience Dieu dans la vie de prière de Matta El Maskine
- La parole et l'angoisse d'Eugen Drewermann
- Dialogue sur le chemin initiatique de Karfried Dürckheim et alphonse Goettmann
- Oeuvres spirituelles d'Isaac le Syrien
- Le Sadhou Sundar Singh
- Les passions qui nous tuent d'Alphonse Goettman
ect...
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Dernière modification par bruno (04-12-2013 18:45)
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En ce qui me concerne, je considère Chestov comme essentiel. Chestov a ouvert une nouvelle philosophie en puisant dans toute l'histoire philosophique ; et si Nietzsche n'y est pas parvenu, c'est parce qu'il était tellement traumatisé avec le religieux qu'il n'est jamais parvenu à le séparer du divin, c'est pourquoi il rechuta finalement dans la raison avec son éternel retour. La pensée de Chestov, c'est tout bonnement le fond de la pensée biblique qu'on ne peut lire avec l'encre théologique ou avec l'expérience mystique. Chestov, c'est celui qui apprend à lire la bible. — Ensuite, bien sûr il y a l'incontournable Kierkegaard, car la véritable pensée existentielle se trouve chez lui ; lui aussi apprend à lire lorsqu'il sépare dans la bible les scories religieuses de son inspiration. — Bien entendu, pour celui qui veut aborder ces auteurs, peut-être serait-il préférable qu'il commence par Ellul pour le préparer à cette tâche.
Toutefois, il faut aussi apprendre à lire des auteurs dont je dis qu'ils sont inspirés malgré eux (bien que nous soyons toujours inspirés malgré nous), c'est-à-dire des auteurs dont la prétention n'est pas théologique, philosophique ou je ne sais quoi qui consiste à dévoiler la vérité comme on dissèque une souris… je parle de ces auteurs qui en disent mille fois plus que la majorité des philosophes et des théologiens. Outre les poètes, il y a les romanciers. De simples nouvelles de Tchekhov, par exemple, de cinquante, voire même vingt pages parfois, m'ont plus enrichie qu'un discours de deux-cent-cinquante pages de tel théologien sur une épître de Paul. C'est de cette manière que j'ai jeté une assez grande quantité de livres et autres commentaires bibliques – je les ai brûlé.
Dans « l'Art du roman », Kundera dit par exemple la chose suivante : « Le roman est né non pas de l’esprit théorique mais de l’esprit de l’humour. […] À l’instar de Pénélope, il défait pendant la nuit la tapisserie que des théologiens, des philosophes, des savants ont ourdie la veille. — C'est pourquoi le romancier, le conteur ou le poète, quand ils sont inspirés, en disent toujours plus long que le philosophe ou le théologien, à moins que ces derniers, comme le firent Chestov et Kierkegaard, cachent l'essentiel de ce qu'ils ont à dire. C'est pourquoi encore, le Christ ne parlait qu'en parabole. Aussi est-il indispensable de lire toute sorte d'auteurs et ne pas trop s'attacher à ceux qui ont la prétention de dire la vérité. Je crois que Dieu veut d'abord nous conter une histoire, car la vérité ne peut être expliquée, seulement contée. Pourquoi ? Parce que la vérité a pour destination d'être vécue, non écrite, c'est-à-dire qu'elle veut s'incarner. Or, chose incroyable, c'est l'homme qui doit incarner la vérité et pouvoir dire, un jour, à la suite du Christ : « Je suis la vérité. » Ainsi donc, une telle « folie », Dieu même ne peut l'expliquer – car Dieu ne peut pas tout, ou plutôt ne veut pas tout bien qu'il puisse tout ; c'est pourquoi il parle en parabole ou en histoires.
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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