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Bonjour à tous.
Je m'interroge sur un passage qui ne fait pas l'unanimité dans le christianisme.
J'ai déjà un avis là-dessus; mais j'aimerais connaître le vôtre.
C'est le passage de Genèse 6:1: l'auteur mentionne que sont les fils de Dieu qui s'approchèrent des filles des hommes.
Selon vous, quelle est l'identité des fils de Dieu?
J'attends vos aimables réponses; elles seront les bienvenues.
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Peut-être que l'idée que vous avez dessus peut alors être intéressante ! Pourquoi ne pas nous en parler ?
Car, en effet, pour moi, je n'ai pas à ce jour trouver d'intérêt à me pencher sur une telle question.
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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J'ai un avis là-dessus effectivement. Selon moi, ce sont des anges supérieurs dans la hiérarchie céleste: qui ont revêtu un corps de chair humain; et qui s'approchèrent des femmes en donnant naissance à des Néphilims. Ce sont les fils des anges qui avaient une taille et une force extraordinaires.
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Quand je vous disais n'avoir pas d'avis précis là-dessus, je dois vous avouer vous avoir un peu trompé ! Pourquoi ? Parce que je suis presque certain qu'il ne vous plaira pas et qu'il vous choquera même. Toutefois, vous me poussez désormais à l'exprimer succinctement.
Voyez-vous, ce genre de « questionnement biblique » me fait aussitôt penser à ces vieux retraités issus des trente glorieuses, à cet esprit de bourgeois nantis qui baguenaude au travers du Monde pour dépenser l'argent qu'il a « honnêtement » gagné tandis qu'une partie du monde monde se meurt dans la bêtise et la pauvreté. « L'an dernier, nous avons fait l'Inde et l'été prochain nous ferons la Chine » racontent-ils lors de leurs dîners entre gens civilisés. Qu'on y viole là-bas les femmes à tour de bras ou que les 3/4 de la population soient esclave… cela ne les concerne pas ! Ils reviennent plein de photos et d'anecdotes sur les plats cuisinés dont ils se sont bâfrés, puis, riches de cette expérience inédite, ils croient enfin vivre quelque chose dans leur misérable vie de vieux en pleine santé. Le monde n'est pour eux qu'un terrain de jeux, un bac à sable où passer son ennui d'être des morts-vivants.
Ainsi en est-il d'une certaine lecture biblique. On ouvre le texte et on s'amuse avec comme dans un catalogue d'images. « Tiens, des anges, des miracles, des anecdotes succulentes sur le plan historique… des dieux et des diables, des hommes justes ici et des monstres de cruauté par là, etc., etc. Sondons, cherchons, baguenaudons dans le texte avec joie, et que le fruit de nos recherches nous fasse briller dans les cénacles religieux. Montrons notre spiritualité. Et si toutefois nous pouvons convaincre untel de faire de même, nous faisons une bonne œuvre, car ainsi plongé dans le sucre d'histoires rocambolesques, l'homme oubliera peut-être la misère dont il est façonné et celle dans laquelle il s'engouffre. »
Ainsi donc, ce genre de « bonnes œuvres » à la Teilhard de Chardin me fait sourire… bien plus, elle m'insupporte totalement. Je me fous de la hiérarchie des anges ; et qu'ils aient des fils me fait en outre pouffer de rire puisque l'ange est un concept, c'est-à-dire une vérité, non pas un être à proprement parlé. L'auteur de l'Apocalypse qui nous les dépeint comme étant toujours prompts à déverser sur la terre une somme innombrable de maux n'avait à ce titre avec eux aucune louange ni connivence. Se risque-t-il une foi à se mettre à leur pied ? Voici qu'on lui en fait sévèrement le reproche ! Ces puissances de la Nature, ces vérités rigoureuses que représentent les anges n'ont donc, au regard du Christ, qu'une perspective : être derrière le Fils de l'homme et le servir ! — « Que la réalité me serve, dit le Christ, et qu'elle se taise à mon vouloir. C'est en l'homme que j'ai mis toute mon affection, non pas dans ces vérités réalistes qui brillent sur terre comme si elles étaient la Vérité. » L'angélologie est une maladie spirituelle qui dévore le christianisme et dont il faut le délivrer.
La vie de l'homme est une misère sans nom et sa mort le paroxysme de cette misère. Et devant une telle vérité, il n'y a que le Christ, sa passion et sa souffrance pour nous, puis sa résurrection – laquelle résurrection peut devenir la mienne. Aussi le texte biblique ne m'est utile qu'à une chose : découvrir le Christ ; avoir avec lui ici-bas une certaine connivence pour devenir, petit à petit, une autre personne ; et dans la foi en Lui, supporter les continuelles duretés de ce monde en perceptive d'obtenir, par Lui et Lui seul, la meilleure résurrection possible. Le phénomène angélique n'a dans cette histoire que la part ingrate ; car tantôt la réalité me brise, et tantôt elle m'encourage, mais quoi qu'il en soit, si par la foi je la dépose entre les mains du Christ, elle doit concourir à une plus grande passion de ma part avec le Fils de Dieu. C'est pourquoi je ne m'intéresse aucunement ni à la réalité ni à ses anges qui la gouverne, mais seulement au Christ qui a pouvoir de tancer et l'une et les autres – afin que tout Le serve, Lui et les hommes qu'Il a aimé. Aussi la hiérarchie des anges est-elle une bouffonnerie pour gosses qui n'ont pas encore en perspective la maturité de devenir des Fils de l'homme, ceux-là mêmes dont toute la Création attend la révélation – anges y compris !
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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