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Il existe plusieurs types de souffrances, dans le cadre de la foi, est-ce un mal nécessaire pour un croyant ?.
Je fait référence (de mémoire) a un verset, d'Esaïe 53 : "homme de souffrance et habitué à la douleur" à propos du Christ.
Le souffrance a longtemps été "exaltée" notamment par les Catholiques avec leur mortifications et leurs canonisés.
Sommes nous donc "appelés" à cela ou est-ce juste "une sorte mode" ?.
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La souffrance est la chose la plus terrible à laquelle nous pouvons être confronté, mais aussi un moyen de prendre conscience de nous-même. Elle a souvent, il est vrai, été élever au rang de nec plus ultra, et de condition sine et qua non à la spiritualité.
Toutefois, la souffrance à but spirituel peut revêtir plusieurs formes, et être interprété de plusieurs manières. La forme la plus connue de souffrance consentie afin d'obtenir une spiritualité plus forte est l’ascétisme. Aujourd'hui encore est développé une sorte de nouvel ascétisme des temps modernes : celui de la biotechnologisation de l'humain, qui constitue une véritable violence contre l'humanité.
Enfin, la souffrance du Christ définie d'un point de vue purement spirituel est la contrition du cœur, qui consiste à d'abord se reconnaître pécheur, pour ensuite, ne devoir compter que sur le Christ pour s'en sortir.
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La souffrance est la chose la plus terrible à laquelle nous pouvons être confronté, mais aussi un moyen de prendre conscience de nous-même. Elle a souvent, il est vrai, été élever au rang de nec plus ultra, et de condition sine et qua non à la spiritualité.
Toutefois, la souffrance à but spirituel peut revêtir plusieurs formes, et être interprété de plusieurs manières. La forme la plus connue de souffrance consentie afin d'obtenir une spiritualité plus forte est l’ascétisme. Aujourd'hui encore est développé une sorte de nouvel ascétisme des temps modernes : celui de la biotechnologisation de l'humain, qui constitue une véritable violence contre l'humanité.
Enfin, la souffrance du Christ définie d'un point de vue purement spirituel est la contrition du cœur, qui consiste à d'abord se reconnaître pécheur, pour ensuite, ne devoir compter que sur le Christ pour s'en sortir.
Merci pour votre contribution.
Oui la contrition de cœur est forcement une étape nécessaire dans le processus de maturation de l'homme devant Dieu.
Mais je pensait aussi aux grandes souffrance psychique (dépression profonde, psychose, etc..) et physique (membre cassé, amputé, cancer etc..) dont il semble après plusieurs lectures que certains protagonistes inspirés de la Bible ont été affectés vu qu'a leur époque les analgésiques étaient plutôt "moins rependus".
Au début de mon parcours avec les Écritures et petit perroquet ecclésiastique, de mémoire, les versets comme "c'est dans la douleur que tu enfantera" ou "c'est par beaucoup de souffrance qu'il vous faut entrer dans le royaume des cieux" et d'autres dont je n'ai plus mémoire traitant de la souffrance on été comme une sorte de "justification" a celle-ci devant la question que l'on me posait : "pourquoi toute cette souffrance ?".
Pour commencer, je devait avoir une mauvaise traduction vu que pour le second verset, souffrance est traduit par tribulation.
Ensuite je rejoignais probablement l'enseignement reçu lors de mon catéchisme catholique ou cela semblait la condition "normale".
Pour finir, certain chant d’église avec des paroles comme "brise moi façonne moi tel est mon désir..." ou un militaire bien connu dans l'Armée française : "Seigneur donne moi, la souffrance donne moi, la souffrance donne moi l'ardeur au combat.... ".
Il y a aussi le personnel médical qui quand vous annoncez la couleur spirituelle vous répondent souvent le théorème catéchétique Catholique (Chrétien=souffrance donc, celui-ci doit souffrir...pour l’expiation du péché du monde à la suite de Christ).
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Je ne pense pas que la souffrance physique en tant que tel soit dans la volonté de Dieu, et dans ses plans pour la vie de chacun. La vérité, c'est qu'il peut se servir néanmoins de ces troubles quels qu'ils soient, et dont on ignore la plupart du temps la raison, pour nous soigner de l'intérieur d'un « cancer », autrement plus grave, qui est le péché. On ne connaît pas l'origine des souffrances ; ni pourquoi le Christ nous fait passer parfois par tel ou tel dur labeur, ou dure épreuve ; mais bon, si tel est sa volonté. J'ai appris à m'y plier, puisqu'il me montra combien tout le temps, il avait raison.
Il ne faut pas voir dans la souffrance absolument une manière de souffrir pour Christ, parce que, bien qu'il puisse se servir de la souffrance, et d'ailleurs se sert de tout ; on ne peut pas apriori souvent en déterminer l'origine ou les causes.
La vie est dure par nature, on vient au monde, on pleure, et ce n'est que le commencement des tracas. La vérité, c'est qu'une vie avec Dieu, je pense (et je parle pour moi) nous amène vraiment en des « endroits » auxquels nous n'avions pas pensé.
Je pense à ce sujet à Abraham qui du, lui aussi, se faire certainement des « films », en s'imaginant comment Dieu allait s'y prendre « pour faire de lui une grande nation. »
Il est vrai que nous apprenons à faire confiance à Dieu, normalement. Sauf, que pour moi, c'est pas une solution miracle, un remède magique qui nous permet de sortir à coup sûr de notre tourbe, de nos maladies et de nos détresses.
Alors pour répondre à votre question, j'en sais rien, car je ne suis pas Dieu. Je ne peux me reposer que sur ma petite expérience ; mais déteste, toutes les réponses figées et déjà établies qu'on nous fourre dans la gueule, du genre : « Oui, s'il est malade, c'est pour la volonté de Dieu », sans même se soucier de la personne concernée ; mais parce que cela nous arrange bien.
Toutes ces réponses toutes faites me donnent plus envie de gerber qu'autre chose. Il n'y a pas tant de chose figée que ça avec Dieu, tant il est malléable, bien plus grand et plus libre en pensée qu'on puisse l'imaginer généralement.
Alors si une maladie peut glorifier Christ, certes, pourquoi pas, je pense à un passage des évangiles avec l'aveugle né. Mais cela n'est pas une règle, je ne crois pas. Bien que je connaisse l'amour de Dieu, et m'y réfugie. Car à vrai dire, dans ce foutu bas monde (de merde), j'ai rien d'autre.
J'ai pas le tempérament dépressif, mais j'ai appris à voir le monde différemment. Et appris aussi, dans le même temps, à faire confiance davantage en Dieu, que sur les hommes.
Thamis., je ne connais pas votre situation à vrai dire, que pourrai-je dire ? Je ne suis pas Dieu pour connaître avec exactitude votre cas. J’essaie juste de parler librement avec mes mots, sans trop compliqué. Et partager mon expérience dans l'amour du Christ, si je le peux ; et je m’évertue chaque jour à essayer d'être amour, et mieux comprendre ses voies.
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Merci pour votre rapide réponse.
Un jour j'ai lu une phrase qui à donné du sens a ma lecture de la bible ou le mot souffrance revenait constamment à mon esprit de façon obsessionnelle.
C'est : "ce n'est pas nous qui lisons la bible, mais c'est celle-ci qui nous lit", j'en ai donc facilement conclu que souffrant, les versets sur la souffrance ne pouvaient que me marquer.
Ceci dit je reste encore pollué par l'enseignement dolosif catholique -peut être mal compris- dont j'ai été imprégné enfant et j'aimerait m'en débarrasser une bonne fois pour toute.
Merci en tout cas pour votre commentaire emphatique.
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« Des types de souffrance dans le cadre de la foi. » À cette remarque j'ai tout de suite envie de répondre – comme d'habitude – par une question : Car tu parles bien sûr de la foi qu'un homme manifeste pour le Christ. Mais alors, en quoi cette foi-là serait le cadre d'une souffrance qui lui est propre ? La foi qu'un homme aurait à l'égard d'une autre personne que le Christ, ou même simplement à l'égard d'un projet, cette foi-là ne suscite-elle pas aussi chez cet individu une réelle souffrance ? La foi est l'avancée vers un projet inexistant, caché, en gestation ; un projet que bien souvent la raison condamne, ou encore un désir existentiel qu'un homme veut atteindre bien qu'il ne dispose pas des armes et des moyens pour l'atteindre : Christophe Colomb veut traverser l'Atlantique car il est persuadé d'y trouver une terre, mais il essuie échec sur échec devant l'absurde de ce qu'il affirme ; Démocrite est philosophiquement persuadé que la matière est constituée de grains invisibles et indivisibles : l'atome ; il ne peut le prouver, seulement y croire, et sa conviction sera la risée du monde pendant 19 siècles ; Van Gogh qui se met si tard à la peinture, mais s'implique totalement dans cette volonté existentielle, meurt totalement méconnu et discrédité pour finalement être adulé comme visionnaire, etc., etc.
Les exemples sont très nombreux de ces hommes qui ont cru par-dessus tous les quolibets, envers toutes le preuves logiques et contre leur propre nature et éducation… et que sais-je encore ? Et qui après maintes souffrances sont pourtant reconnus et élevés au rang de « génie ». D'autres ont encore manifesté la même soif existentielle et la même énergie de foi en leur volonté, mais toutefois – dans « le mal » ; et ceux-là, à contrario radical des autres ont été classés parmi les « démons ».
Ainsi donc, le cadre de la foi est toujours un cadre de souffrance. Pourquoi ? Parce que pour celui qui la manifeste, sa foi est un projet existentiel qui touche directement à son être, à l'expression de ce qu'il est, à l'affirmation de ce fait d'être « unique ». Aussi est-il toujours à rebours. Il est contre. Il est en guerre directe avec le projet raisonnable qui veut que chacun ne soit pas chaque-Un ; ce projet humain et trop humain qui veut que chacun soit un membre du corps-Un que doit un jour constituer l'harmonie de la raison : le collectif, le général, la masse. Ce projet veut donc faire de chacun un être conformiste et sans caractère ; il veut le dépouiller de sa possibilité d'affirmer précisément son unicité, son caractère unique : le fait qu'il est un chaque-Un et porte un Nom unique.
Tel est le projet du Christ : donner à l'homme son nom, un nom unique. C'est un projet existentiel qui par nature suppose donc la mort de ce qui en nous a peur ; c'est-à-dire cet être charnel attaché à l'esprit grégaire et conformiste d'un projet général ; cet être religieux attaché à l'une idée d'un corps-divin général dont je serai le membre. À l'inverse, le projet du Christ est une idée folle puisqu'il suppose que je sois, moi, personnellement un temple de Dieu. Que je sois – un jour – l'alpha et l'oméga de ma propre réalité : le royaume des cieux.
Bien entendu, il est clair qu'on peut tout emberlificoter. C'est-à-dire voler ce projet existentiel du Christ et le transformer en un projet exactement contraire. En faire un projet général : la construction d'un corps-divin général où chaque membre serait soumis à une loi générale du Bien et du Mal. Et bien sûr, en soumission à cette loi générale, imaginer que la faute des uns pourrait être rachetée par la souffrance des autres – histoire de rééquilibrer la Balance de justice du Bien et du Mal. Ce n'est plus là le Christ ! C'est sa subversion. — Souffrir dans le cadre de l'existentialisme au nom du Christ est somme toute normal ; mais souffrir au nom d'un christ de pacotille auquel on fait dire que notre souffrance rachète nos âmes, ce n'est là rien une souffrance dans le Christ : c'est simplement machiavélique. Souffrir « dans le cadre de la foi au Christ » comme tu dis, c'est le fait de voir se briser l'homme que nous sommes tandis que Lui, le Christ, nous faut naître gratuitement au fils de l'homme.
Enfin et bien sûr, il y a la souffrance attachée simplement à la Nature des choses, c'est-à-dire à l'impuissance de notre nature si faible à vaincre les maladies, les accidents, les contingences, et enfin, bien souvent, qui doit subir les conséquences logiques de nos propres erreurs, etc. Voir là une souffrance spirituelle, c'est perdre tout son bon sens. Cette souffrance-là est donc proprement matérielle et de l'ordre de la nature des raisons du bien et du mal qui règnent sur terre. La seule souffrance qui soit spirituelle est celle qui permet à un homme de naître à ce qu'il est, à son existence unique. C'est une souffrance existentielle ! C'est-à-dire une naissance spirituelle durant laquelle un individu déchire la chrysalide de l'homme pour devenir un fils de l'homme : un autre homme sortant de ses déterminismes généraux. C'est une victoire qui bien sûr n'est qu'entre les mains du Christ puisque la dernière chrysalide à déchirer est celle de la mort. Or, seul le tombeau du Christ est vide ! — Les hommes d'exception qui ont vécu ici-bas une véritable expérience d'existence durant toute leur vie, qui ont en quelque sorte commencé à naître à eux-mêmes, quelles que soit leurs victoires existentielles, pour ceux-là, la mort reste un obstacle qu'il ne peuvent dépasser. C'est pourquoi nous aimons le Christ : Il l'a fait pour nous ; il a souffert cela pour nous. Ainsi a-t-il donné à nos propres souffrances, alors que nous naissons à lui, non une valeur d'œuvre spirituelle, mais… peut-être, une certaine réalité par laquelle, si j'ose dire, nous devançons un tout petit peu la résurrection – certains seraient-ils trop impatients ? Et c'est vrai Thamis : c'est bien souvent difficile à encaisser.
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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