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Grâce à John on a pu découvrir un péplum assez intéressant. :-) Attention big spoiler, je dévoile plein de détails de l'intrigue.
Agora, un film viscéralement anti-chrétien (et/ou anti-islam?) dans lequel flotte une odeur entêtante de franc-maçonnerie.
Fonction divertissante : OK. Des relations entre personnages pas follement problématiques mais qui le sont juste assez pour nous donner envie de voir, par exemple, comment va finir l'initiative amoureuse du bellâtre envers son très inaccessible professeur (on s'attend à une réponse corsée de la vierge intello, tout ce que je peux dire c'est que les féministes ont dû jubiler de sa petite trouvaille). On a aussi envie de voir jusqu'à quel degré le trait sera forcé pour dépeindre les chrétiens en barbares idiots et crasseux.
De ce côté-là c'est très réussi, les chrétiens sont vraiment les méchants du film, un peu comme les Russes dans les films américains. Du coup on les voit faire les pires saloperies et on a les narines qui frémissent de colère quand on écoute le patriarche Cyrille (tête de djihadiste Label Rouge AOC garanti, une vraie bobine de Sarrasin perfide) lire l'épître à Timothée (bouuuuh le macho !!!!) ou qu'on voit les hordes de "chrétiens" prêts au saccage envahir le Temple/Académie où les précieux rouleaux d'Alexandrie sont conservés (oh my god les obscurantistes !), ou encore les chrétiens les plus zélés caillasser les Juifs en pleine réunion (salauds d'antisémites, déjà à l'époque !), et plein d'autres horreurs de fanatiques. C'est vraiment pas beau de se convertir. Ça transforme un esclave intellectuellement très prometteur et au caractère noble en bête sauvage.
La critique du christianisme commence avec un prédicateur de rue qu'on croirait sorti du Bronx ou du Neuf-Trois, un junkie hyper énervé et très wesh wesh mon pote : c'est un chrétien ! C'est même l'un des tout premiers "vrais" chrétiens qu'on croise dans le film. Il subjugue la foule, il est engagé dans une battle d'éloquence, plutôt de harangue avec un autre gars, plus âgé et à l'air, comment dire, plus respectable - le genre philosophe-tribun habitué des agoras, tout en sarcasmes. Eh ben le chrétien, ce trompe-la-mort, va foutre la merde et on va tout de suite comprendre que le film est à charge. Le wesh-wesh chrétien n'a cure des usages antiques et civilisés de l'Agora, la dispute de mots et d'idées c'est pas son truc, non, lui il fait dans le spectacle. Il traverse le bassin de braises enflammées autour duquel se déroulait le face-à-face, tel un prophète charismatique ashabadabada-karakaka ! Mais là n'est pas le pire. Le pire c'est qu'il va forcer le vieux discoureur à faire comme lui, à traverser les flammes. Mais comme l'autre n'avait pas pris la même substance psychotrope que le prédicateur fou (je suppose), ou qu'il n'était tout simplement pas animé de la même transe religieuse, il meurt. Et voilà comment on prouve la supériorité de sa croyance dans la place publique (l'agora), faut mettre le paquet mec ! À ce stade précoce du film si on n'a pas compris que les chrétiens étaient des tarés prêts à tout… On a encore une chance de se rattraper, tout le long du film en fait.
Face aux chrétiens : des païens, des Juifs, des philosophes et une femme.
Hypatie, la fille unique du gardien de la bibliothèque d'Alexandrie, a été éduquée par son père dans toutes les connaissances scientifiques et philosophiques disponibles de l'époque. Pas de sexisme chez lui ! Bien lui en a pris car sa fille, très intelligente, a su faire un excellent usage de cette éducation privilégiée. Dans le film on la voit enseigner des jeunes hommes ; elle a sa propre classe d'étudiants dans l'enceinte de la bibliothèque, qu'elle appelle "son groupe" et qu'elle protège comme une instit' dévouée (quelle Républicaine avant l'heure !). Son dada à Hypatie c'est l'astronomie. Les astres et la géométrie. Elle fait une fixette sur la figure du cercle, "la forme la plus parfaite qui existe, la forme des dieux". C'est son dieu à elle le cercle, si on veut.
Grandes discussions dans l'amphithéâtre avec les étudiants pour savoir comment fonctionne la course de la Terre et des planètes que l'on observe dans le ciel. Hypatie donne une chance à chacun de s'exprimer, même à son esclave préféré, Davus, qui admire sa maîtresse et écoute attentivement les cours. Il a même fabriqué une figure mobile en osier de la course des planètes ! Sa très libérale patronne le pousse à faire un exposé de ses déductions perso.
Une femme prof, un esclave chargé de cours, des étudiants païens, athées ou chrétiens qui échangent librement… On l'a compris, dans la bibliothèque d'Alexandrie, on trouve une immense statue païenne et des usages un peu bizarres parfois (des esclaves qu'il faut châtier, un prêtre païen un peu zinzin et belliqueux) mais en vérité c'est là que demeurent les plus tolérants, les plus avancés des êtres humains de l'époque.
Le Savoir et sa quête réunit tout ce petit monde disparate qui devrait, dans la logique de l'époque, subir la ségrégation. La réflexion et la connaissance font tomber les barrières sociales, de sexe, religieuses, et jugulent les préjugés qui y sont associés. Plus tard dans l'intrigue, quand les choses tournent au vinaigre à cause du pouvoir grandissant des chrétiens et des intentions franchement mauvaises du Tariq Ramadan hollywoodien (le patriarche Cyrille), deux anciens élèves d'Hypatie vont se retrouver autour d'elle. Leurs destins ont divergé mais tous deux occupent des positions de pouvoir et respectent toujours leur "maître à penser", la philosophe-astronome toujours pas rentrée dans le rang (= ni mariée ni convertie). L'un des copains d'avant est un évêque chrétien qui prend le christianisme très au sérieux, l'autre est chrétien de nom, par pragmatisme politique, c'est le préfet de la ville (et accessoirement le bellâtre jadis éconduit). Ces trois-là devraient être vaguement ennemis mais au lieu de cela ils se rencontrent en coulisses pour tenter d'éviter la catastrophe politico-sociale, un mini-sommet politique occulte en somme. Car ils sont liés par la fraternité de l'Académie. Liés mais pas tout à fait unis… À cause de qui, on se demande ! À cause du chrétien qui prend sa foi trop au sérieux bien sûr !
Plein de symboles donc, à commencer par les figures géométriques (je ne parlerai pas des cornutos et autres 666 effectués avec la main à des moments-clefs, les sites complotistes l'ont peut-être déjà fait mieux que je ne pourrai le faire). Le symbole surprise du film, la star des figures géométriques, ce n'est pas le cercle mais l'ellipse. L'héroïne découvre son importance vers la fin du film, [ATTENTION JE DÉVOILE LA FIN] c'est même la dernière chose qu'elle voit avant de mourir, une ouverture dans le plafond de la bibliothèque normalement en forme de cercle mais qui, vue de son angle, devient une ellipse à travers laquelle elle (et on) voit le ciel. L'ellipse, c'est l'ovale, le cercle bâtard et en même temps une figure née de la jonction de deux cercles. Dans les symboles ésotériques et l'iconographie chrétienne (souvent très liés, de manière détournée ou non), il s'agit de la mandorle (de l'italien mandorla, amande), l'amande sacrée. Cette figure reprend la signification de l'amandier chez les Juifs mais porte également pas mal d'autres signifiés qui touchent au gnosticisme (passage d'un monde à un autre, etc.)
Franchement, c'est aussi clairement une stylisation digne de l'obélisque phallique, son pendant féminin si vous voyez. Ecco siamo, nous voici sur le terrain du Da Vinci Code et du Sacré Féminin soit dit en passant. Étant donné que le personnage principal d'Agora est une femme, qui meurt précisément en sa qualité de femme… Je me permets de faire ce genre de lien ! Quand on met l'accent sur la fraternité philosophique (néoplatonicienne) et le progressisme social comme rempart contre l'obscurantisme religieux, personnellement et sans verser dans le "complotisme", j'y vois un hommage au système et à la philosophie des loges maçonniques. Ce système de confréries qui oeuvrent pour le progrès humain, dans le secret et la réactualisation de connaissances et symboles anciens souvent ésotériques, et qui sont quasi-vénérés. Des sectes politico-spirituelles.
La forme (et les formes géométriques donc) rejoint tout de même le fond, sinon ce serait un peu léger pour parler de film pro-confrérie. Ce qui compte dans le film, donc, c'est la camaraderie intellectuelle et vaguement ésotérique qui transcende les barrières entres les êtres humains, une camaraderie qui se vit dans un cénacle qu'il ne faut pas quitter pour sa sécurité. Pendant les troubles et le renversement de pouvoir, Hypatie enjoint ses étudiants à "rester dans le groupe" ; en le quittant, Davus, son esclave si sensible et intelligent, se fait happer par le fanatisme. Également important dans le film, les ravages causés non pas tout à fait par la religion (les païens sont belliqueux mais ils ont une bonne raison : ils se défendent à bon droit contre les envahisseurs chrétiens qui sont des agitateurs sociaux ; les Juifs n'emmerdent personne et savent vivre dans la cité) mais bien plutôt les ravages de qui refuse de remettre en question ses convictions. Hypatie, elle, a réussi à remettre en question son dieu le cercle parfait pour l'ellipse qu'elle considérait comme une forme impure. Du même coup, elle a résolu le questionnement de sa vie, à savoir, elle a trouvé le mouvement de la Terre autour du Soleil, ma ché brava !
Le parallèle entre les chrétiens du Ve siècle et la vision occidentale contemporaine des musulmans est assez grossier : une image en particulier où l'on voit les combattants chrétiens enturbannés vêtus d'un accoutrement qui, grâce à des effets de tissus, ressemble à une tenue de combat avec cartouchières croisées sur la poitrine : de vrais soldats d'Allah ! Le "Je suis chrétieeeen !!!!" hurlé juste avant de massacrer un type ou encore les "Alleluia !" scandés par la masse en folie exactement comme des "Allah Akbar" guerriers juste avant d'enfoncer les portes de la bibliothèque (au passage gros plan sur un vieux chrétien barbu et bien basané qui hurle "Alléluia!") De plus les résidents de la bibliothèque, lieu à part dans la ville, s'étonnent que les chrétiens soient "de plus en plus nombreux" et lors de l'attaque c'est le cri du coeur : "mais d'où sortent tous ces chrétiens ?!" Ces chrétiens sont dans le film une foule anonyme, facilement manipulable et fanatisée. Certes, ont voit l'Église s'occuper des pauvres mais de manière machinale, comme pour asseoir son pouvoir sur la population, pour enraciner sa présence au sein de la plèbe carnassière et aveugle qui suivra ses bienfaiteurs sans se poser de questions. Parce que les questions c'est pour les intellos païens.
Dans ce sens, je l'avoue, malgré toutes ses lourdeurs hollywoodiennes le film n'a pas tout à fait tort, il faut parfois remettre en question ses convictions pour aller plus loin. Par ailleurs, le moins qu'on puisse dire c'est que la vision des chrétiens dans ce film est inédite, et ce n'est pas forcément négatif… Le réalisateur montre en effet une certaine attitude falsificatrice de l'Église. Si on ne peut être sûr de la manière dont les choses se sont réellement passées (je ne suis pas compétente en la matière), il existe des pistes à explorer et le film a le mérite de pousser le chrétien à se demander comment tels dogmes, telles interprétations se sont imposés dans le christianisme. Plus généralement, le questionnement qui pourrait être bénéfique au spectateur chrétien est : que s'est-il passé entre le passage du Christ sur terre et la pratique spirituelle/religieuse "chrétienne" que j'ai adoptée depuis ma conversion ?
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Bravo Dianista pour ce commentaire "magistral" :-).
J'imagine plutôt dans la figure des prêtres gardiens "païens" de l'antique paganisme, la figure du Catholicisme actuel en "fin de course".
Et Alexandrie comme une grande ville comme Paris.
Et bien entendu les fanatiques les figures des "islamistes".
Bourrage de crâne...non ?.
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Merci Thamis.
Évidemment on peut faire des parallèles avec notre époque. Un film sur le passé ne peut quasiment pas éviter de "dire" quelque chose sur son époque ! Et participe par la même occasion au bourrage de crâne comme tu dis.
Pour ce qui est des fanatiques chrétiens dans le film y'a pas à tergiverser, ils ressemblent aux islamistes qu'on voit dans les JT et reportages, et aux fondamentalistes qu'on croise de plus en plus dans les rues des villes. J'ai lu une critique qui supposait que le réalisateur espagnol avait un compte à régler avec la Reconquista et les relations hispano-sarrasines… Il faudrait lui demander.
Alexandrie comme Paris ou une autre grande ville de l'occident humaniste qui voit fleurir des polices de la Charia au sein d'une population islamiste "motivée" comme aux premiers jours de leur religion, sûrement. Sauf qu'aujourd'hui les fanatiques auraient plus d'un "spot" à attaquer ! Vu que l'Église, les arts et les autorités humanistes se sont séparés. Pour détruire les idoles offensant l'islam ils devraient se déployer au minimum entre cathédrales, musées et grandes bibliothèques. Ils faudrait qu'ils attaquent le Louvre, Notre-Dame, l'Assemblée Nationale, etc. À Londres, le British Museum, les champs de courses de lévriers, etc. :-)
Mais bon là on se lance dans la fiction catastrophe. Certains disent que ça va plus ou moins arriver (Zemmour annonce des conflits apparentés à une guerre civile).
La prêtres païens comme l'Église officielle, catholique donc, arrogante et totalement larguée, là encore ça semble logique quand tu le dis… Moi je n'y avais pas vraiment pensé car on assiste dans le film à la naissance de l'Église orthodoxe/catholique : mon cerveau n'a pas eu l'agilité suffisante pour faire la gymnastique entre les marionnettes présentes à l'écran et voir que l'une d'elles allait se cacher derrière une autre !
En tout cas dans Agora on a un spectacle qui reformule la surface de notre actualité, qui redit ce que les médias nous disent déjà alors effectivement on est peut-être en train de subir un bourrage de crâne en stéréo…
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Ce fil est génial ![]()
Je me souvient d'un film avec un Indiana Jones trucidant avec son revolver un manieur de sabre enturbanné voila bien déjà plus d'un dizaine d'année.
Puis ça a continué "subtilement".
De mémoire, je me rappelle le film 2012 ou à l'embarquement des "arches" avec des gens triés sur le volet -avec pouvoir financier ou intellectuel- on voit un couple d'Emiratis assez "pédants" bien en vue je pense déjà pour chatouiller une "indignation dite légitime".
Ça me renvois 20 ans en arrière et à mon chef de section lors de la guerre du golf trouvant partout des volontaires prêts à en découdre avec Sadam au Koweit dans cette nouvelle... croisade....pour l'or noir, il m'a demandé surpris ! "pourquoi vous n'êtes pas volontaire ? " et moi de lui répondre, "ce n'est pas ma guerre"....
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Je ne suis pas du tout étonné que ce regard de Dianitsa sur le film « Agora » te plaise Thamis… ![]()
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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Holala !!!.."beware of blast" Master speak
Merci Ivsan, en effet, je n'aime plus trop la soupe des "messagers" qui me sont envoyés.... d'ailleurs je ne sait trop par qui...je préfère choisir.
Ha j'y pense et à mon "ancien chef de section" de lui préciser que quand le temps serait venu, je "ferais ce qu'il y à faire"...Il à finalement craqué lui aussi ... ![]()
Pense à répondre au fil te concernant
ouvert par Nuage Blanc.
Dernière modification par Thamis. (29-10-2014 23:27)
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Yep… oui, tu as raison, je vais y répondre. En fait, j'ai un problème avec les réglages du Forum, car je ne suis pas averti des nouveaux sujets, mais seulement de ceux auxquels j'ai participé. Je viens de répondre à John sur le sujet « Islam » que tu avais d'ailleurs initié (http://www.lescahiersjeremie.net/forum/ … 1071#p1071)
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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Merci Dianitsa pour ton analyse très intéressante du film qui m’a éclairé sur certains points que je n’avais pas relevé, comme par exemple la vision de l’ellipse au ciel vers la fin.
Pour ma part j’étais resté surtout sur les démonstrations très fortes de manipulations des esprits par la sacralisation de la bible et une interprétation très littérale et orientée avec évidemment une bonne brassée de charismes divers et variés . Le mélange du vrai et du faux (surtout le faux) ou du divin et de l’humain (surtout l’humain) dégénère dans ce cas d’une manière folle et terrible. Ou comment le pouvoir religieux devient plus fort que le pouvoir armé en l’acculant à plier devant son influence sur la masse ensorcelée devenu avide d’absolu, jusqu’ au prix du sang des « païens » récalcitrants. C’est après des provocations répétées et de plus en plus violentes (moqueries, irrespect des rites grecs, violence physique) que les autochtones grecs pour défendre leur religion et leur culture vont faire le choix du glaive. On connaît l’escalade, fort bien dénoncé par Jésus. Qui vivra par le l’épée périra par l’épée. Et s’enchaîne les massacres à rebonds entre les divers protagonistes (chrétiens, grecs, juifs, autorité romaine) et aurait pût s’ajouter si le film aurait été beaucoup plus long et en imaginant une fresque jusqu’à aujourd’hui : les différends « ajustements » de l’inquisition sur plusieurs siècles avec ses bûchers ses tortures et barbaries « inspirées » ; de l’islam, l’hindouisme, et pourquoi pas les élites U.S, Russes, nos guerres mondiales et toutes les traces sanguinolentes des limaces carnivores d’outre-tombe que l’on appelle démocratie, humanismes révolutionnaires, libéralisme, mondialisation etc…la liste est incomplète évidemment, car toujours en cours.
Dans le fond, comme le dit si bien l’ecclésiaste, rien de nouveau sous le soleil, à part peut-être les armes nucléaires et la possibilité de mettre un dernier point à notre errance « caïenne » délirante et meurtrière. Il n’y aura pas d’arche pour la prochaine.
Dans certains contextes, comme dans celui du film, sans la clé de la remise en question de ses propres convictions et des dogmes établies, des intérêts mesquins des élites, il devient difficile de ne pas perdre son bon sens et d’être acculé à cautionner au pire : la destruction de l’autre ou sa domination, de celui qui ose penser autrement, différemment. Quand le combat n’est plus que sur le terrain des idées et qu’il s’avance sur celui des corps physiques. Et finalement celui qui cherche la vérité sans compromis aucuns, dans le respect d’autrui, devient peut-être le chrétien insoupçonné de l’histoire, celui qui ne se connaît pas en tant que tel mais que Dieu lui reconnaîtra un jour. Il ne suffit pas de dire Seigneur Seigneur…
Qui veut faire l’ange fait la bête ou qui se prend pour l’élu de Dieu devient souvent sanguinaire et le bourreau des autres. Nous voulons un roi comme les autres nations, nous voulons quelqu’un d’autre que Toi pour régner sur nous. Un tyran, peut-être, mais quelqu’un de fort, de puissant de rassurant. Un Hitler, un Bush, un Hollande (nan, je déconne, en France on est plus limité …).
C’est un film qui a sans doute plusieurs niveaux de compréhension, et son mérite en dehors d’un parti pris « anti-chrétien » que perso je vois plus comme un parti pris « anti-fondamentalistes » est peut-être de faire réfléchir sur tous types de fondamentalismes et leurs issues fatales. C’est donc sans doute en évitant les courants de masse, en refusant la fausse sécurité du nombre que l'on peut aussi trouvé la porte du chemin étroit et sinueux, invisible,que peut empruntent. Par peur de l’inconnu sans doute, pour son inconfort aussi, et pour des promesses jugées hasardeuses et trop lointaines ou relevant que trop de l’esprit, pas assez temporelles, immédiates, efficaces dirait Ellul. Le doute et le questionnement, l’inconnu et l’effort de la marche fatigante et souvent frustrante de la recherche. Mais voilà, à chacun ses choix, et ses résultats immédiats et futurs. Présent et éternels. Le bon sens peut nous aider quand même par la pratique de nos vies, qui ne sait pas que la facilité ne paie pas en général ? Qui veut voir du sommet doit grimper ou alors il restera au ras des pâquerettes à regarder les vaches brouetter l’herbe morne du conformisme et de la platitude. Je n’ai rien contre les vaches, et j’ai besoin de leur lait mais pour mon esprit cela reste des ingrédients forts inutiles et non nourrissants. Nous sommes faits pour grimper et non pour ramper. Faits pour des aliments spirituels et pas seulement gustatifs. C’est dans les hauteurs que nous trouverons de quoi nous nourrir pour grandir comme des hommes et non comme des bourriquots. Et en plus, bonne nouvelle, pas besoin de carte bleu pour ce genre de marché.
Servons-nous, c’est gratuit, « gracieusement » offert.
Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi. Jn 14.6
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