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#1 08-08-2012 16:24

Stéphane
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« L’Évangile au risque de la psychanalyse Tome II » de Françoise Dolto

Extrait du livre de Françoise Dolto « L’Évangile au risque de la psychanalyse - Tome 2 » :

« Hélas, parfois aussi cet élan vers le manque à combler, manque toujours autre ou toujours ailleurs, peut retomber dans une espèce de bégaiement ou de répétition... Nous reproduisons toujours les mêmes gestes pour éviter d'inventer autre chose et d'approfondir le sens de notre vie. Machine à répétition, à play-back, nous « comblons » ainsi notre vide. Par peur du gouffre et de son vertige, nous faisons des redites. Écho d'une trouvaille ou d'une aventure qui fut unique et naguère passionnante, notre rengaine d'aujourd'hui radote nos batailles, notre souffrance et nos joies d'hier. Au lieu de parler "juste", nous discourons, nous bavardons « pour ne rien dire ». Au lieu d'être inventifs, créateurs, nous nous en tenons à ce qui a fait ses preuves. Au lieu d'être attentifs, par exemple, à l'éveil de nos enfants, nous préférons parler d'eux ou assister à des réunions, des meetings, à des symposiums, à des travaux qui préparent leur avenir ou... l'avenir des enfants des autres ! Nous savons ainsi des choses sur eux mais rien de ce qui, de leur vie, interroge la nôtre. [...] Le désir c'est l'élan vers l'indescriptible qui est toujours hors de portée, qui est toujours manquant... Il nous fait vivre dans l’inachèvement et la contradiction »

Dernière modification par Stéphane (03-05-2013 22:47)

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#2 09-08-2012 15:54

gerardh
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Re : « L’Évangile au risque de la psychanalyse Tome II » de Françoise Dolto

Un chrétien peut être psychanalyste. Mais il prend de très gros risques.

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#3 09-08-2012 18:01

ivsan otets
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Re : « L’Évangile au risque de la psychanalyse Tome II » de Françoise Dolto

Le nuage blanc a écrit :

Le désir c'est l'élan vers l'indescriptible qui est toujours hors de portée, qui est toujours manquant... Il nous fait vivre dans l’inachèvement et la contradiction.

Vraiment bien ! C'est inspirant. L'achèvement, la non contradiction et le descriptible, le propre du sage, du religieux et du doctrinaire, le propre de la mort aussi. Et l'amour, cet art du mystère, ces jeux de distances et d'approches… de ce qui est toujours à improviser : l'anti-destin.


La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller

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#4 13-08-2012 13:07

gerardh
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Re : « L’Évangile au risque de la psychanalyse Tome II » de Françoise Dolto

Je crois que c'est une généralisation très abusive, ou peut- être une projection (psychanalytique ? !) de ce que tu as pu vivre dans le passé.

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#5 13-08-2012 14:56

ivsan otets
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Re : « L’Évangile au risque de la psychanalyse Tome II » de Françoise Dolto

  Je ne prends pas la parole pour défendre Le nuage blanc — il est assez grand pour défendre son propos — mais parce que c'est l'occasion pour moi de répondre à cet argument maintes fois répété : « C'est une généralisation très abusive, ou peut- être une projection de ce que tu as pu vivre dans le passé. » J'ai moi-même été bien souvent victime de ce genre d'argument ad hominen, car c'est bien de cela dont il est question : un procès d'intention. On se place soudain en position de prêtre, de pasteur ou de psychanalyste, c'est-à-dire qu'on se permet d'entrer dans l'âme de l'autre dont on ne sait rien, et on lui fait une psychanalyse subtilement accusatrice : « Un transfert de ce que tu as vécu », lui dit-on… l'air de rien.

  Le propos partait pourtant d'un constat théologique : « La théologie d'un dieu rétributaire qui prédomine dans les églises. » Aussi n'y a-t-il pas plus grande lâcheté que de quitter le sol théologique pour se rendre sur le terrain du procès d'intention. C'est proprement ignoble. C'est de la violence à l'encontre de l'autre. Un geste de viol de l'autre, littéralement. Tu cherches à pénétrer l'âme sans que l'autre ne t'y ait invité.

  La violence est là à l'état pur, donc religieux. En effet, le viol d'un corps est impur, car il est, d'une part, fondé sur la force brute, soit donc physique, et d'autre part il outrepasse le « non » audible de l'autre. Mais le viol de l'âme est de toute pureté. Pourquoi ? Tout d'abord, parce qu'il ne laisse pas à l'autre la possibilité de dire un « non » audible ; il s'impose directement, il ne frappe pas à la porte, il la fracasse directement en affirmant tout net son constat psychologique : « c'est un transfert ». Ensuite, parce qu'il s'appuie, non sur une force physique mesurable et visible, mais sur la force d'une science qu'on prend pour prétexte d'amour : « Je t'aime et veux t'aider ». Le viol est donc pur. De plus, dès l'instant où l'autre y répondra par un geste de rejet, en disant : « Arrière », on l'accusera d'être violent. On retournera donc contre lui sa liberté en le faisant passer pour violent, confirmant ainsi qu'il a bien un problème. La stratégie, il faut le dire, est sacrement bien ficelée. Machiavélique.

  Qui t’a établi comme autorité pour juger les intentions et l'âme de ton prochain Gérard ? ( cf ex. 2.14) De plus, comment défendras-tu les théologies de rétribution de l'Église ? Car c'est bien au nom de cette théologie que le christianisme versa le sang tout au long de son histoire ! C'est bien cette théologie qui a fait et fait encore d'elle la complice des politiques les plus ignobles ? Eh quoi ! Tu parleras de ses martyrs, de ses bonnes œuvres ? Est-ce donc cela ? Ses œuvres lui donnent désormais le droit de prêcher la Loi, de juger comment rétribuer concrètement le méchant ici-bas, de décider qui est fréquentable ou non : d'ostraciser ? Ses œuvres lui donnent le pouvoir des clefs ? pff… certes non ! Qu'elle se contente de ses œuvres, mais elle en est incapable.

  Tu viens encore de nous le prouver en prenant la science psychanalytique pour appui afin d'annoncer cette même théologie de la rétribution : « Ton discours n'est que la conséquence d'une cause » dis-tu à Le nuage blanc. Nous sommes bien dans une logique de rétribution. Et hop, à la manière d'un singe, tu quittes le terrain du discours théologique et tu transportes l'autre sur ton divan ; la fin de l'histoire, c'est de parvenir à te proclamer figure d'autorité. Et à toi Gérard, quelle est donc la racine de ton geste ? Où trouve-t-il sa source ? Dans un amour puisé dans le machiavélisme ? Ne sais-tu donc pas que le diable a de l'« amour » ? Cesse de jouer au pasteur, et reste sur le terrain des idées. La fraternité ne se fabrique pas à coup d'Autorité. Elle s'articule dans une confiance de l'un envers l'autre, et où l'un et l'autre savent qu'ils ne valent pas mieux l'un que l'autre. Sinon, ce n'est pas de la fraternité, c'est de la secte, et quand la secte réussit, on l'appelle « Religion ».


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#6 13-08-2012 18:03

gerardh
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Re : « L’Évangile au risque de la psychanalyse Tome II » de Françoise Dolto

Bonjour ivsan tu écris notamment :

c'est bien de cela dont il est question : un procès d'intention.

Venant de toi, ce propos prend toute sa saveur ! Par ailleurs, je sais avoir le sens de l’humour : en l’occurrence j’esquisse maintenant un fin sourire !

Un geste de viol de l'autre, littéralement. Tu cherches à pénétrer l'âme sans que l'autre ne t'y ait invité.

Entre chrétiens on doit pouvoir avoir la liberté de se parler l’un à l’autre, et aussi de s’écouter, tout cela sans arrières pensées.

Tu viens encore de nous le prouver en prenant la science psychanalytique pour appui afin d'annoncer cette même théologie de la rétribution

Tu aurais dû comprendre depuis le temps que je me méfie, au bas mot, de la psychanalyse. Par ailleurs Dieu est un Dieu de grâce pour ses enfants et non un Dieu de rétribution, même si, en bon père, il est amené parfois, pour leur bien, à les discipliner.

la fin de l'histoire, c'est de parvenir à te proclamer figure d'autorité

Je ne revendique aucune autorité : « notre seul conducteur, c’est le Christ, et vous, vous êtes tous frères ».

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#7 13-08-2012 23:00

ivsan otets
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Re : « L’Évangile au risque de la psychanalyse Tome II » de Françoise Dolto

J'ai déplacé vos derniers propos dans la discussion « le légalisme » qui existait déjà : À cet endroit

C'est d'un autre sujet dont il est question ici… m'enfin roll


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#8 13-08-2012 23:16

ivsan otets
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Re : « L’Évangile au risque de la psychanalyse Tome II » de Françoise Dolto

gerardh a écrit :

Entre chrétiens on doit pouvoir avoir la liberté de se parler l’un à l’autre, et aussi de s’écouter, tout cela sans arrières pensées. […] Je ne revendique aucune autorité : « notre seul conducteur, c’est le Christ, et vous, vous êtes tous frères ».

Ton procès d'intention, donc d'arrières pensées, ce n'est pas une liberté mais une violation de liberté. Restes-en à l'échange qui concerne le « comment lire le texte, comment dire le christianisme… Comment parler de Dieu sans être continuellement religieux ? Comment en parler de manière existentielle ? » Car Dieu concerne l'existence ; ce n'est pas lancer à la cantonade des versets pour paraître spirituel. Et bien sûr que le procès d'intention est un désir d'autorité voyons. De plus, les réponses du genre : « sortes les violons et les fleurs, chantons un cantique comme on chante une chanson à boire, disait Kierkegaard… nous sommes tous frères ». À ce propos donc, je te l'ai déjà dit Gérard : je ne sais si tu es mon frère. La fraternité, c'est par réciter un credo… Ça c'est de la connerie.


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