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#1 14-08-2012 12:29

Stéphane
замед [zamed]
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Le langage chrétien est-il adapté à nos sociétés modernes ?

Le langage chrétien est-il adapté à nos sociétés modernes ? Je pense qu’il y a un décalage entre le langage chrétien et le langage de l’époque moderne, ce qui fait que les chrétiens passent pour décaler au regard de nombreuses personnes.

Dernière modification par Stéphane (03-05-2013 22:36)

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#2 16-08-2012 13:08

gerardh
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Re : Le langage chrétien est-il adapté à nos sociétés modernes ?

Bonjour,

Il y a en effet un ou plusieurs "patois de Canaan". Cela n'est pas très grave en soi, mais leurs inconvénient, au reste non rédhibitoire, esr que les nouveaux venus nous comprennent mal.

Il peut effectivement y avoir une tendance à jargonner, propre d'ailleurs à tous les domaines (religion, philosophie, théologie ...). Il faut en être conscient, et par conséquent savoir s'en défaire si l'on veut communiquer avec autrui.

Mais le fait de citer des passages bibliques est un autre sujet. Personnellement je retiens l'idée, au reste scripturaire, que ces citations sont bien plus que des énoncés, et qu'ils peuvent avoir une vertu intrinsèque de conviction de ceux qui les lisent.

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#3 20-08-2012 11:17

ivsan otets
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Re : Le langage chrétien est-il adapté à nos sociétés modernes ?

C'est certain qu'il y a un langage dit « chrétien » qui je crois écœure désormais beaucoup de gens, mais paradoxalement les rassure en offrant une certaine stabilité. Les mots « péché » ou « sainteté » renvoie à une sorte d'histoire et de socle stable tout en sentant le vieux tissu et la moisissure face à notre réalité technologique. On y tient, mais on veut s'en détacher, comme on tient au nationalisme tout en voulant la mondialisation.

En ce qui me concerne, tout ce vocable « chrétien » — qui est véritablement un langage — en est arrivé à me donner la nausée et à me répugner véritablement. Utiliser cette langue est pour moi un échec. Les mots « péché, église, saint, grâce, enfer… » sont une véritable langue, comme le chinois, l'arabe ou l'allemand. Et si le catholique donnait sa messe en latin, toute cette langue « chrétienne » n'est finalement que du latin non traduit, faisant office d'une sorte d'imprécations ou comme tu dis de « formules magiques ». La plupart du temps, ces mots ne sont pas traduits et ceux qui les utilisent le font comme dans une prise en otage du texte biblique, car ils leurs donnent un autre sens qu'ils ont. Le « pécheur », c'est un « raté » et pécher c'est se planter, mais qu'est-ce que cela veut dire ? La plupart des gens parlent du pécheur comme de bien autre chose, car le pécheur, c'est vraiment un « raté », et les grands ratés ne sont pas dans les bordels ou en prison, mais en cravate, riche, polis, savants et religieux… Car plus on se rate devant le ciel, plus on réussi devant la terre. De même qu'une « église » ; qu'est-ce que c'est ? Comment traduire ce mot ? Et pourquoi ne pas avoir garder le mot « assemblée » ? Parce que trop direct, trop politique ? Pas assez mystique et incompréhensible, pas assez emprunt d'un latin mystérieux ? Qui veut-on ensorceler en utilisant des mots vagues et dont on nous demande de les prendre comme vérité définitive et incontestable ?


La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller

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#4 21-08-2012 11:42

Thamis.
замед [zamed]
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Re : Le langage chrétien est-il adapté à nos sociétés modernes ?

ivsan otets a écrit :

Car plus on se rate devant le ciel, plus on réussi devant la terre

Est ce a dire que des pasteurs comme Wilkerson, ou Yonggi cho...ou le grand Luther ou le grand Calvin sont des réprouvés...ayant particulièrement réussi de leur vivant leur ministère ?.

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#5 21-08-2012 12:58

Franco
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Re : Le langage chrétien est-il adapté à nos sociétés modernes ?

la lettre morte c'est la loi , la grâce qui est offerte par la foi en Jésus Christ n'est pas lettre morte mais comme Jésus lui même l'a dit " " les paroles que je vous ais dites sont ESPRIT ET VIE"

Je veux bien me détacher du langage religieux sans problèmes , mais y a des termes qui pour moi resteront comme " La prédication de la croix" c'est à dire l'OEUVRE DE DIEU en JESUS CHRIST pour le salut ! qui pour moi est LA PAROLE DE DIEU qui sauve aujourd  'hui , hier et demain .

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#6 21-08-2012 13:48

ivsan otets
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Re : Le langage chrétien est-il adapté à nos sociétés modernes ?

Thamis. a écrit :

Est ce a dire que des pasteurs comme Wilkerson, ou Yonggi cho...ou le grand Luther ou le grand Calvin sont des réprouvés...ayant particulièrement réussi de leur vivant leur ministère ?.

Lorsque je prétends que « plus on se rate devant le ciel, plus on réussi devant la terre », cela ne signifie pas que l'inverse soit vrai, c'est-à-dire qu'on peut affirmer que : « se rater sur terre serait toujours le signe d'une réussite spirituelle ». Assurément pas ; les prisons ne sont pas remplies d'êtres spirituels méconnus et de martyrs me semble-t-il. Je ne sais pas en outre quelle réussite « terrestre » tu évoques à propos des 4 personnages que tu cites. Non plus que je ne sais ce qui pour toi représente le fait de « réussir son ministère » à leurs propos. Que veut dire en somme « réussir ici-bas » et que veut dire « réussir spirituellement » ? Et quels rapports se jouent entre l'une et l'autre de ces deux réussites ? Tu vois que de telles questions sont loin d'être simples et qu'on n'y répond pas d'un coup de cuillère à pot. Pourquoi ? Simplement par le fait que réussir ou échouer concerne l'individu, et dès lors qu'on a à faire à l'individu, on a à faire à son intimité. Un jugement devient donc extrêmement difficile, et à chaque fois qu'on juge on prend le risque de dépasser une limite envers l'autre, limite qui, lorsqu'on la dépasse, précisément : on se rate.

Si toutefois on tient à juger l'autre selon une réussite extérieure, et non pas selon celle de l'individu dans sa démarche existentielle et intérieure donc, on va alors faire appel à des vérités générales, visibles, évidentes : l'argent, la notation à un examen, la popularité, le sport… les œuvres en somme. Mais ici, on ne touche pas vraiment à sa spiritualité, à ce qui est caché, seulement à ce qu'on peut « compter, peser et mesurer », à une vérité logique, non à la vérité illogique et cachée de Dieu. Le mal-entendu vient de ce réflexe qui consiste à amalgamer ces deux vérités qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre ; je dis bien « rien à voir ». Certes, elles se croisent, elles sont même parfois parallèles, mais elles peuvent être aussi tout à fait opposées, totalement ennemies : l'une ne dépend pas de l'autre et inversement. C'est de vouloir faire en sorte qu'elles dépendent l'une de l'autre, par voie de causes à effets, c'est cela qui nous trompe. C'est là que se trouve le : « Ne sonnez pas de la trompette comme font les hypocrites » ; car ce n'est pas ton œuvre qui te prouve, et dès l'instant où tu prétends qu'elle doit te justifier et te prouver, c'est alors qu'elle se tient comme juge contre toi.

Alors bien sûr, il y a le bon truc magique biblique : « Vous reconnaîtrez un arbre à ses fruits ». Bon sang, mais c'est bien sûr ! le bon vieux « y'a que » regarder l'œuvre, le fruit, pour savoir. C'est magique, c'est pas compliqué, c'est imparable, c'est évident ! Et si le Christ ne parlait pas des œuvres lorsqu'il parle des fruits ? S'il parlait d'autre chose : des paroles ! Quand untel affiche son « ministère » et sa « spiritualité » dans l'œuvre qui se voit : méga-églises, miracles, applaudissements, etc., etc. ; il se peut que pour Dieu la somme de son ministère soit tout au contraire dans ce qui ne se voit pas, dans ce qu'il dit et parle. Ce qu'il DIT est au-delà de ce qu'il FAIT — voilà l'arbre du fruit. Quelle est donc la fin de Job ? Je veux parlé du jugement de Dieu lorsqu'il intervient enfin au chapitre 42 : « Job, mon serviteur, priera pour vous, et c’est par égard pour lui seul que je ne vous traiterai pas selon votre folie ; car vous n’avez pas parlé de moi avec droiture, comme l’a fait mon serviteur Job. » Job, du haut de son échec terrestre, embaumant le fumier du loser (perdant), avait « bien parlé » de Dieu, tandis que les religieux, du haut de leurs certitudes doctrinales, et de leurs réussites sociales « avaient décrit Dieu autrement que ce qu'Il Est en vérité ». C'est la seule chose que Dieu retient pour juger : « Qui dites-vous que Je suis ? » Le reste n'est que vanité, le reste, c'est-à-dire les œuvres ; ce que le religieux appelle les fruits.

De fait, l'œuvre de Wilkerson envers les drogués n'a rien de particulièrement spirituelle dans le sens où un tel programme d'aide envers cette population existe sans qu'on ait recours à prendre Dieu comme prétexte. De même que donner aux pauvres n'est pas un acte dont aurait le monopole l'« homme spirituel qui sonne de la trompette en élevant la bannière de sa religion ». Des athées font parfois bien mieux envers les drogués et les pauvres d'ailleurs — nettement mieux. C'est le « parler » de ces 4 personnages que tu cites Thamis qu'il nous faut écouter, comme Dieu le fait avec Job et ses amis, plutôt que de regarder au visible. S'il y a un ministère, il est là, et s'il réussit, il réussit là, et lorsqu'il échoue, il échoue là. Il est assez clair que Yonggi cho ne prêche pas le Christ ; que Wilkerson, à force de vouloir la popularité (influence américaine je suppose), a de plus en plus usé du propos biblique comme prétexte à une prédication socio-politique médiatique ; Calvin met en avant des choses indispensables, mais il refonde hélas une religion ecclésiastique rigide et moraliste : Luther avec sa « foi seule » est véritablement prophétique, mais sa concrétisation dans la réalité (j'en parle ailleurs dans le forum) a dérapé — malgré lui ! Si je devais m'avancer plus avant, vers les limites de l'individu : il me semble que Yonggi cho est véritablement dans la posture du faux prophète, Wilkerson, je pense aime vraiment le Christ, mais il est adolescent (ce qui plaît d'ailleurs) ; Calvin l'a peut-être plus regardé comme un maître à obéir que comme un ami, se retrouvant plus dans une attitude soldatesque ; Luther l'a passionnément aimé, et fut dépassé lui-même par ce qu'il avait entendu, comme c'est le cas de tous les prophètes.


La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller

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#7 23-12-2012 17:50

gerardh
нет [niet]
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Re : Le langage chrétien est-il adapté à nos sociétés modernes ?

Bonjour ; Le texte biblique reste en effet caché et muet s'il est pas lu sans une influence du Saint Esprit sur le lecteur.

Dernière modification par gerardh (23-12-2012 17:51)

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