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Il existe comme une forme de baromètre qui permet de déterminer le niveau de spiritualité dans les assemblées chrétiennes : c'est celui de la prédication de la croix. Là où, en effet, les assemblées chrétiennes ne prêchent plus vraiment la croix, on ne peut vraiment dire qu'elles sont spirituelles, car la prédiction de la croix met à mort l'homme afin qu'il puisse ressusciter. Or, nous savons combien l'homme charnel déteste se retrouver dans une situation de mise à mort de lui-même. Et cela n'est pas étonnant, car qui voudrait être mise à mort sans espérance de vie dans l'au delà ? Sans compter l’orgueil de l’homme qui fait qu'il veuille toujours par lui-même faire les choses sans avoir de compte à rendre à personne. Peut-être une forme de réminiscence de sa rébellion contre Dieu.
Dernière modification par Stéphane (20-10-2013 13:12)
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Je pense que l'on peut se "dépecer" soit même, Christ s'est "dépecé" "lui même" étant Dieu, si Christ est Dieu et que nous sommes "oints" a notre tour, qui est Dieu finalement ?, Dieu est il donc Dieux ? ou somme nous finalement Dieu ?....ou est ce la course au trône céleste .
Élucubrations d'un authentique fou, je le confesse bien humblement.
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Bonne remarque, me semble-t-il !
C'est du passage de jérémie 31.28 dont il est question ici ; car il est en fond, finalement :
Et ensuite je veillerai sur eux pour bâtir et pour planter, comme j’ai veillé sur eux pour déraciner et renverser, pour démolir et ruiner, pour faire mal. Oracle du Seigneur.
Il y a ce double mouvement de mort et résurrection continuel dans le N.T. Or, le groupe et la masse sont là, comme voulant s'imposer, tel un médiateur spirituel indispensable pour gérer ce mouvement. Aussi veut-il rendre confortable la mort, promettant ainsi au terreux le bonheur et un large chemin : c'est l'opium religieux. Par ce fait, il rend impossible la résurrection ; car qui ne meurt pas ne peut ressusciter. Un homme n'est pas la réforme de son embryon, mais sa séparation, parce qu'il se sépare de sa mère, puis de son père ; séparation douloureuse mais indispensable pour qu'il puisse dire : « Je suis ! ». C'est ainsi que le religieux, dans un sortilège magique, transforme cette séparation en parlant de « réparation », ou de « sanctification » dans son langage ; c'est-à-dire d'une réforme morale ou intellectuelle. Puis viennent toutes ces mystiques de réussites terrestres, de richesses… au nom du divin.
Le Groupe fait office d'une sorte de cocon de gestation en réalité.
Et le christ est là pour tirer hors de la gestation ce terreux, ce raté que nous sommes, pour le faire naître à une autre réalité ; à une réalité où son identité sera inconcevable : irréligieuse, adogmatique, et dont le possible sera infini — loin des limites morales et raisonnables dans lesquelles le religieux l'enferme. Que dirait un bébé si on lui annonçait : Un jour tu sera roi. Il répondrait que la chose est impossible, que dire une telle chose est une folie, un blasphème… Puis il retournerait à ses legos, aux pieds de ses parents — trop heureux de ne pas grandir.
Ne dit-on pas que le ventre d'une femme est un tombeau, puisqu'en naissant, l'enfant quitte une dépendance, coupe son cordon et respire par lui-même, avec ses poumons, parle par lui-même, avec sa propre bouche. « Tout ce qui est plié se déplie et tout ce qui est fermé s'ouvre » dit le talmud. La naissance est une mort à l'identité qu'il avait, MAIS, un devenir à l'identité qu'il va construire. Construire avec qui ? Avec sa liberté, qui est aussi un nom de dieu.
Or, cette construction ne peut donc se faire sans l'Autre, sans des modèles et des prédécesseurs. L'Autre, et les autres, c'est là que dieu se trouve. La fraternité est le socle des liberté individuelle en somme, tandis que la fusion fraternelle est son abolition : un retour vers l'Eden des innocents. Là où « tous sont un », avant que l'adam ne soit séparé en 2 êtres, alors qu'il était l'Humanité, avant que l'individu existe, soit donc, avant la liberté. À l'instant où dieu lui dit : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul », c'est-à-dire Un, dans le sens d'abolir toute distance, d'abolir les sujets pour n'avoir qu'UN sujet. « Il n'est pas bon que dieu soit », dit dieu en substance ! Car là se trouve déjà caché l'idée du Père, et l'idée des fils qu'il va engendrer, en se faisant lui-même Fils afin que par Lui commence cette Autre naissance. Soit donc, dit la Genèse :
Il n'est pas bon que l'humanité soit uniforme.
Que les hommes ne soient donc pas le même Homme, car ils seraient Un et tous seraient seuls.
(opuscule akklésia, p. 22)
Car il s'avère, hélas, que cet autre, en tant qu'ekklésia, veut faire retourner le chrétien dans le ventre gestatif. Dès lors, le chrétien qui cherche le « je suis » de la promesse, la résurrection, ne trouvant plus dans ce ventre antique des hommes et des femmes qui puissent faire office de modèle, se voit dès lors obliger de sortir et de vivre dans un face à face avec dieu. Face à face d'abord destructeur, mais dont le goût a ensuite celui d'un miel divin.
La fraternité devrait être celle des ces hommes et de ces femmes oints de ce miel, non d'un code moral et doctrinal. Une fraternité où l'autre est chérit parce qu'en lui se trouve cette liberté par laquelle dieu leur dit : « toi aussi, un jour, ta volonté tiendra lieu de raison. Et tu n'auras pas à te justifier d'être l'être que j'ai fait naître de moi ; de pouvoir dire, avec moi : J'étais, je suis, je serai ; car mon nom est caché. Il s'appelle liberté. Et demain je serai ce que je serai, comme hier j'étais ce que j'étais. »
Vivre quoi.
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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