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Bonjour,
Je crois qu'ils n'ont, en ces deux occasions, pas vraiment compris. Marie a compris les choses à partir du livre des Actes. Quant à Joseph, on peut penser qu'il était décédé plus tôt.
Dernière modification par gerardh (16-08-2012 13:20)
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Et d'autre part, on trouve dans Luc 2 : « Et Siméon […] dit à Marie sa mère : Voici, cet enfant est mis pour la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et pour être en butte à la contradiction ; en sorte que les pensées du cœur de plusieurs seront découvertes ; et pour toi une épée te transpercera l’âme. »
Certes, on peut imaginer que la vision d'extase et la présence angélique soient une construction des auteurs évangéliques, ce qui expliquerait alors la mise en doute des parents, comme s'ils n'avaient pas reçu suffisamment de certitudes, comme s'ils avaient en quelque sorte « manqué d'anges » ! Je ne le crois pas, et je crois tout au contraire qu'il leur fut bien certifié de façon extraordinaire que cet enfant était le messie. Il s'ensuit donc que même l'extase et la plus haute certitude par l'extraordinaire n'ont pas suffi, et que malgré cela, « une épée transpercera l’âme de Miryam », ainsi que nombre d'Israélites.
On peut donc manquer de foi malgré qu'on ait connu de formidables expériences spirituelles. Il semble que quelque chose de très profond en l'homme soit capable de le jeter dans le doute malgré que Dieu écrive directement sa volonté sur les murs de sa chambre. Qu'est-ce donc ? Très certainement la certitude et les préjugés qu'avaient alors ces personnages de l'époque quant à la personne et l'œuvre du Messie. Certitudes et schémas que le Christ brisait si profondément en eux, que même la vision d'un ange ne pouvait leur apporter une consolation. On peut douter de Dieu, devant Dieu lui-même, devant ses miracles même, tant nous sommes convaincus que Dieu est ainsi et non autrement. Notre aveuglement est plus fort que la certitude même que Dieu en personne opposerait de l'extérieur, parce que notre aveuglement est intérieur. Aussi croire en Dieu est bien un Don, un acte par lequel il nous délivre d'un sortilège intérieur à nous-mêmes ; et une armée d'anges, pas plus que les miracles du Christ sont finalement capables de briser cette sorcellerie naturelle. Lorsque Dieu se présente en dehors de ces schémas logiques ou mystiques que nous concevons au préalable, il touche alors au plus intime de nous à ce cercle d'ensorcellement ; et soudain, une épée nous transperce et nous crions : « Augmente-moi la foi tant je suis assoupi par la vision de toi que j'ai logique ou miraculeuse. »
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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