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Assurément, pour répondre à une telle question il faut se demander ce veut dire « le péché » dans l'esprit du Christ. Ou encore ce qu'est « le mal », car pour l'incroyant ou l'athée on peut comprendre qu'il imagine sa liberté absolue comme un état où il n'est plus dominé par le mal, tant de l'intérieur que de l'extérieur. Or, il me semble que « le mal » tout comme « le péché » sont deux termes totalement abstraits pour l'homme, et cela bien qu'il se dise capable de les définir et de les faire rentrer dans des catégories précises et concrètes. Un peu comme si les chaînes qui nous limitent étaient bien plus abstraites et mystérieuses que le simple fait de voler, de tuer ou de mentir, et que, même libre de ces entraves-là, nous ne sommes pas libres de réaliser l'impossible, d'accomplir notre parole la plus irréalisable soit-elle incapable de dire : « rien ne m'est impossible. »
De quelles natures et quelles sont finalement ces chaînes qui, une fois brisées nous permettraient de dire : « Rien ne m'est impossible. »
Enfin, comment aborder cette question sans revenir au commencement, c'est-à-dire au texte de la Genèse où ces notions de mal et de péchés sont pour la première fois évoquées ? Et enfin, qu'est-ce qui dans la vie et les dires du Christ nous permettraient d'interpréter ce passage de le Genèse ? C'est-à-dire, théologiquement parlant : Est-ce que le Christ a fait l'exégèse de Genèse 3 ? Car il est dit, dans la tradition juive, que lorsque viendra le messie il expliquera l'Écriture.
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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