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#1 21-08-2012 12:01

Thamis.
замед [zamed]
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L'islam.

L'Islam est semble t'il actuellement instrumentalisé par le politique et la "terreur" des églises, ça semble clair, mais par qui et dans quel but selon vous ?.
C'est un cache misère, un camouflage ?.
Pourquoi cette montée en puissance de cette religion ?.

Il y a bien Ellul qui pensait a une nouvelle shoah qui se prépare, Bat ye'or a enfoncé de clou.

Mais pourquoi cette islamisation a marche forcée de la France par exemple, ou ce soutien outrancier a Ouattara contre Gbagbo entre autre ?.

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#2 21-08-2012 20:27

Thamis.
замед [zamed]
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Re : L'islam.

Thamis. a écrit :

et aux attentas du 11/9.

Ceci pour dire que la chute de ces tours est bien une sorte de "signal".
Un allumage de mèche...

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#3 22-08-2012 00:54

ivsan otets
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Re : L'islam.

Je passe évidemment pour un hurluberlu ou un dangereux « antichrist » en allant à l'opposé même de la vue chrétienne traditionnelle concernant l'Islam ; cette vue anti-islam assurément plus marquée chez les protestants me semble-t-il, de par leur ensorcellement à propos du rêve américain. Le problème est que mon regard sur le Judaïsme n'est pas pour autant défavorable parce que je porte un regard relativement positif sur l'Islam. En réalité la chose est si complexe et si entremêlée qu'il est chimérique, ici plus qu'ailleurs, de prétendre détenir les clefs du problème. Il faut, selon moi, d'abord tenter de faire la chose la plus importante : séparer le discours politico-social du discours spirituel lorsqu'on réfléchit sur l'Islam.

Est-ce que le problème politique regarde le christianisme ? Évidemment, la mode est aux petits prophètes du « journalisme chrétien ». Pourquoi cela ? Parce qu'à partir du moment on l'on prêche le retour du Christ et un âge d'or du christianisme, on se doit de s'intéresser et de s'engager dans la réalité politique. C'est même ici un acte « spirituel ». Mais si comme moi, on prétend que le retour du Christ est un leurre et un mensonge, que le royaume des cieux seul suffit à la foi, la politique et l'actualité deviennent soudainement secondaires.

Mais voyons ! à partir du moment où l'on tire des Écritures que le Christ doit venir régner ici-bas, l'enjeu est énorme. Il faut à tout prix que cela survienne, sinon le dogme s'effondre : malheur. On cherchera donc coûte que coûte un ennemi à la venue de ce règne. Les communistes ? C'est fini. L'islam sera donc cet ennemi. Pourquoi lui ? Deux raisons. D'une part, l'Islam s'oppose au judaïsme, or, le Christ, disent les ekklsiaux, doit copiner intimement avec le Judaïsme, Jérusalem et le Temple ; et il faut absolument que l'État juif se stabilise pour la réalisation des prophéties telles que les lisent ces mêmes ekklésiaux. De fait, l'Islam est contre le Christ par le fait qu'il lutte contre l'instauration de l'État juif, et la démarche politique du musulman devient dès lors une démarche « démoniaque ». On est ici en plein moyen-âge dans les schémas de pensées. Et d'autre part, parce que l'Islam est soi-disant en train de se propager, tandis que dans cette perspective de mondialisation du christianisme, c'est l'Église qui doit se propager. On en revient au même schéma : l'Islam est un ennemi spirituel.

D'autre part, cette réflexion sert finalement la vue politique de mondialisation, la vue du politique lambda, de l'humaniste étranger à toutes données spirituelles. Encore une fois, l'Église sert la politique du moment. Pourquoi, parce que sa théologie de l'âge d'or, du règne du Christ est en adéquation avec cette idée mondaine d'un âge d'or unifié des Nations. Soit donc, dans la perspective d'une mondialisation politique, il est vrai que l'Islam, n'ayant pas réussi à se réformer suffisamment, est de plus en plus en porte à faux par rapport à ce projet politique. Les Nations liées à l'Islam ont de gros retards sur de nombreux points : démocratiques, sociologiques, technologiques, etc. Et ces retards pèsent lourd dans le jeu de l'harmonie des Nations tant le monde musulman est vaste. Stigmatiser l'Islam tel une sorte d'ennemi dans cette marche vers l'Unité mondiale, cela va donc de pair avec sa stigmatisation spirituelle qu'entreprend le christianisme. Encore une fois, l'église se prostitue à la bête de l'histoire politique qui se sert d'elle.

Il s'ensuit donc une propagande outrancière contre l'Islam sur deux fronts, c'est-à-dire un flots de mensonges qui pousse le musulman dans ses retranchements, l'obligeant à effectivement se mettre sur ses défensives. C'est le même processus qui a mis la Russie dans une position défensive et fit dépeindre l'âme russe comme une âme sauvage ennemie de la civilisation. Bref… je me demande comment l'Islam parviendra à s'en sortir. Je ne crois pas qu'il y parviendra.

Pourtant, sur de nombreux points l'Islam est plus proche de la théologie de l'Ancien Testament, et quant au discours du Christ, il en est aussi bien plus proche que le judaïsme. Le Christ n'a jamais annoncé son retour régnant sur terre, mais la Résurrection. Il a fait ainsi s'écrouler la perspective prophétique d'un retour des juifs sur le terre dans le cadre de ce règne. Il expliqua que cette vue floue des anciens prophètes  était en réalité la métaphore du monde-à-venir. Alors, effectivement, « il n'y aura plus ni larmes ni deuil, et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille ». De fait, malgré lui, quand l'Islam refuse sa légitimité à l'État d'Israël, et quand il refuse la mondialisation politique, il est, sans le vouloir, dans la lignée du Christ qui lui aussi refuse à cette terre l'instauration d'un âge d'or, tant spirituel que politique, Lui qui prêche le royaume des cieux seul.

Ce qui est paradoxal, c'est que cet entêtement antichrist de l'Église au nom du Christ, et du Judaïsme au nom d'un messianisme quasi identique, que cette volonté sert finalement à l'effervescence du message du Christ. Comment ? Parce qu'en parvenant à leur but d'un mondialisme de type messianique, ils échoueront, car l'âge d'or auquel ils croient ne viendra pas. Cet âge mirifique qu'ils croient, l'un et l'autre, comme prophétique ne sera pas. Et cet échec, cette négation, les réveillera… peut-être. C'est en cela que je considère aussi, et malgré tout, le sionisme comme inévitable, tout comme l'est la subversion du christianisme par le machiavélique corpus christ de l'Église. Finalement, tout concourt à dire le Christ, c'est-à-dire la Résurrection. « Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance (c'est-à-dire l'échec), pour faire miséricorde à tous (c'est-à-dire donner la foi en la résurrection seule) », disait Paul (rom 11). Tant le Judaïsme que l'Église, ainsi que toutes le religions et toutes le politiques.

Bref… je crois que lorsque l'Islam aura abdiqué devant les coups de bélier qui lui sont donnés, c'est qu'alors cet esprit d'assoupissement qui pousse l'homme à se leurrer sur un âge d'or sera plus puissant que jamais. Le dernier rempart concret tombant, celui que lui oppose l'Islam, rien ne le retiendra. Il s'ensuit donc qu'une certaine paix est finalement donnée de nos jours précisément parce que l'Islam s'oppose ; ensuite, cette dernière paix ne sera plus et la réalité verra ses portes s'ouvrir en grand pour que s'instaure une sorte de doux totalitarisme politico-religieux. Nous voyons déjà l'Église tiède faire tous ses préparatifs d'œcuménisme et d'universalisme pour servir ce maître. Mais, ce qui est à déplorer dans tout cela, c'est que cette opposition aux chimères d'un âge d'or, c'est l'opposition que le christianisme devrait précisément avoir dans son discours ! Or, il fait tout le contraire. Il s'avère qu'en se taisant, le mot du Christ est encore justifié : « S'ils se taisent, les pierres crieront. » En effet, l'islam crie, c'est-à-dire qu'il dit le « non » du Christ, mais sans l'esprit du Christ. Le christianisme aurait pu le faire, lui, mais avec l'Esprit, c'est-à-dire sans violence. Tant pis pour le monde ; il n'a que ce qu'il cherche ; il a son totalitarisme comme à l'accoutumée, en faisant naître des guerres.


La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller

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#4 22-08-2012 09:38

Thamis.
замед [zamed]
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Re : L'islam.

ivsan otets a écrit :

en faisant naître des guerres.

Merci pour ce précieux commentaire.
Voila donc, en faisant naître des guerres, la guerre physique risque donc bien de commencer très bientôt en Europe entre "l'ordre noir" et "l'ordre vert", entre les populistes et ralliés qui prennent de l'ampleur en Europe et les "salafistes" et ralliés qui aussi progressent.
En somme "ordo ab chaos"...

Petite guerre "atomique" entre Israël et les autres, nouvelle Shoah, contagion du conflit en Europe débutant dans les "banlieues" ou les aides sociales ne seront plus versées faute d'argent.
Balkanisation ou Libanisation de la revolte dans les "ghettos, quartiers" de nos grandes métropoles, intervention armée (une peau de chagrin ) pour essayer de mater tout ça, débarquement des armées des pays musulmans en Europe grisés par leur victoire sur Israël pour aider leur "frères opprimés" en Europe.

Demande d'aide a....la Russie...pour bouter les sarrasins.

Exit la crise de la dette...et les autres soucis écologiques.

Bon scénario de "fiction" non ?

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#5 22-08-2012 10:14

Thamis.
замед [zamed]
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Re : L'islam.

Thamis. a écrit :

scénario de "fiction" non ?

Et que ça le reste amen...

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#6 22-08-2012 15:48

ivsan otets
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Re : L'islam.

Thamis. a écrit :

Bon scénario de "fiction" non ?

Je pense que la subversion du propos du Christ commence précisément par le double mouvement suivant : Étant envoûté par l'Histoire, l'homme place l'Histoire au centre du propos des Écritures en tant qu'Histoire divine. Puis, dans le même geste, il relègue subtilement la Résurrection du centre vers la périphérie du propos, la soumettant dès lors à l'Histoire. L'Ekklésia, dans son désir d'universaliser ici-bas le christianisme pour instaurer un âge d'or, est l'une des incarnations les plus réussies de cette gestuelle. C'est ainsi qu'un théologien moderne approuve ce geste alors qu'il commente le livre des Actes : « Luc conçoit le salut comme une effectuation de la résurrection dans l’histoire. » Dire que l'Histoire terrestre met en action le salut, parce qu'on décrit la résurrection comme étant dans la réalité les métamorphoses évolutives de l'Histoire, cela est non seulement tendre la perche à l'idée de réincarnation, mais cette synthèse est probablement la meilleure qu'on puisse faire de la subversion du Christ. C'est l'état d'esprit même de ce que l'Écriture nomme l'antéchrist qui émane de cette « lumineuse » réflexion.

L'homme, en tant qu'adam, c'est-à-dire le terreux, est aimanté par la terre, aussi l'Histoire est pour lui la reine des sciences ; et il se doit absolument de lui donner un sens. C'est-à-dire que l'Histoire, pense-t-il, vise un but supérieur qui serait la venue d'un homme évolué, d'un homme-nouveau, d'un nouvel-Adam. Tel serait le fond du processus historique depuis des siècles : processus messianique somme toute. Et processus durant lequel l'homme est lui-même actif au plus haut point. Il est, dit-on, responsable par ses choix politiques, philosophiques et religieux de rendre possible l'aboutissement de cette réalité : d'atteindre le but. Lorsqu'on associe à cela que le mot « péché » est littéralement dans l'hébreu l'échec à atteindre le but, à l'inverse, le fait de l'atteindre serait dès lors une œuvre d'ordre spirituelle. Une œuvre de l'esprit raisonnable pour l'humaniste, et du divin pour le religieux. Mais une œuvre commune et en partenariat, soit entre l'homme et le divin qui le rend vertueux et régnant de la Création ; soit entre l'homme et la divine raison qui lui offre d'évoluer au-dessus du sauvage pour être gardien de la Nature. C'est donc tout bonnement le salut par les œuvres, puisque « le salut s'effectue par un processus de résurrection/évolution sous la direction de l’Histoire intelligente ».

En s'alliant à l'Histoire, agissant avec et en elle pour que l'humanité adamique atteigne le but doré de son processus, cet homme-là fait tout simplement agir ce qui est la Force Mystérieuse de l'Histoire : un dieu, une thora, un messie, une lumineuse raison, un concept d'évolution, une idéologie politique… peu importe le nom qu'on donnera à cette force, c'est le même esprit sous des formes différentes, et le même but visé sous ses différentes appellations. Et cela s'appelle en définitive de la théurgie, une « action sur dieu » ou « qui travaille les dieux », « qui opère à l'aide des dieux ». Les dieux étant ici les forces et les vérités en jeu dans le processus historique : forces économiques, politiques, sociologiques, religieuses, morales, divines, etc. C'est pourquoi le sociologue et anthropologue Mauss, et que Durkheim reprend, a fort bien expliqué cela au niveau de la religion : « La religion est normalement théurgique », car les rites religieux se veulent dotés d'une « efficacité matérielle ». Une Religion, c'est de la magie qui a réussi d'un point de vue socio-politique et scientifique, c'est tout. Elle a prouvé sa puissance d'action sur la réalité. Ça ressemble à de la religion, à de la morale, à du civilisé, mais c'est de la magie ; et c'est dans la magie que se trouvent ses racines, dans l'idée de « faire agir Dieu » pour l'instauration de son règne universel.

Bien entendu, le bon pasteur chrétien ne dira pas à ses ouailles qu'ils sont des théurges, lui-même ne sait pas qu'il en est un ; il parlera de sanctification, de mission, d'œuvre divine et il convaincra ses fidèles que « la venue du messie ou son retard dépend d'eux, de leur fidélité, de leurs actes, de leurs témoignages, etc. », soumettant ainsi le Christ à l'œuvre de l'homme. Quel sera dès lors le premier réflexe de ces fidèles-là ? S'occuper d'Histoire, s'occuper de trouver le scénario catastrophe et merveilleux dont il saura prouver les signes au travers de l'Actualité : on jouera au petit prophète journaliste. Le christianisme est mort.

Mais que se passe-t-il dès l'instant où l'on replace la résurrection au centre du propos du Christ, mais, en écoutant le Christ en parler ? On entend la chose suivante : « Le salut est une effectuation de la résurrection dans le royaume des cieux. » C'est-à-dire qu'on entend : « Le royaume des cieux seul ». Ou encore : « La perdition, c'est concevoir le salut comme une effectuation de la résurrection dans l’Histoire. » Que devient désormais l'Histoire terrestre ? Elle devient la pré-Histoire et littéralement de la préhistoire. L'histoire commence à la résurrection, et elle n'est plus l'Histoire, mais l'histoire, car elle est ton histoire, mon histoire, l'histoire de ce frère, etc. Le Christ est venu parce que l'histoire d'un seul vaut mieux à ses yeux que l'Histoire de tous.

Nous sommes littéralement dans la caverne de l'Histoire, des Cro-Magnon spirituels, soit donc des homo sapiens. Nous sommes en attente de commencer notre histoire personnelle. Histoire personnelle en tant qu'Être ayant un nom propre et unique, hors de l'Histoire générale, hors de la race du sauvage, hors de la race du sage et hors de toutes les races. L'unité, ce n'est pas le fait que ces histoires formeront de nouveau l'Histoire, établissant cette dernière comme suprême Autorité ; l'unité, c'est que ces histoires s'aimeront librement sans qu'une loi raisonnable ou charnelle ne les y oblige ou ne les en prive. L'unité divine est tel le règne de la multiplicité où le conflit n'est plus possible tant chaque-Un a en lui l'infini des possibles. Et cette liberté de s'aimer sans autorité, c'est ça la Gloire.

Le fait de suivre le Christ, c'est tuer ce Cro-Magnon spirituel que nous sommes, ainsi que l'homo sapiens qu'il devient par les leurres de l'Histoire, par les leurres de la raison et de ses morales. Et cela, pour les dépasser tous deux. C'est ici que se trouve le second Adam dont parle Paul, les fils de l'homme. Suivre le Christ, c'est commencer, dès à présent, notre histoire personnelle à-venir, mais dans le caché, dans l'incognito, dans l'attente de sa révélation lors de la résurrection. Ce mouvement intérieur, existentiel, ce sont les prémisses de l'Esprit, c'est le processus de nouvelle naissance, lequel dure toute notre vie, selon qu'on persévère dans la Foi seule. Et ce ne sont pas nos œuvres qui nous ouvriront la caverne et rouleront la pierre de notre tombeau, c'est le Christ ! Nos œuvres, celles de l'Esprit et qui ici sont cachées, nous suivront toutefois. Dieu les anoblira et ne les méprisera pas ; car s'Il nous sauve sans elles et par sa seule puissance, il nous sauve pour elles, c'est-à-dire pour que nous puissions de nouveau faire vivre ce que nous sommes dans une réalité extérieure. Dieu anoblira l'histoire d'ici-bas, les histoires qu'il connaît et qui l'ont connu : « nos œuvres nous suivront » dit l'Écriture. Il s'ensuit que cette mise à l'écart de l'Histoire par le Christ est en réalité la meilleure chose à lui faire, car celle-ci souffre de pouvoir entrer avec nous et de trouver son anoblissement. Elle souffre, aspirant de redevenir l'histoire avec un petit « h » tandis que l'Être que nous serons sera roi et maître de son histoire, maître des lois, maître des sa réalité : tel est le royaume des cieux.

Quant au « chrétien » qui tente de décrypter sur les murs de la caverne le flux de l'Histoire, pensant y trouver le temps T du retour du Christ, de sa venue dans l'Histoire, dans la caverne. Il peut toujours attendre, il peut toujours s'amuser à construire des scénarios de guerres et de conflits qui seraient précurseurs de cette venue. Il est sous l'emprise d'un assoupissement. Le Christ ne reviendra pas : « Et l’Esprit et l’épouse disent : Viens », (apo. 22). C'est-à-dire que le chrétien dit : « Viens » au Christ du lieu où il se trouve sur cette terre, et l'Esprit répond à cet homme : « Viens ». Car l'Esprit du Christ ne se dit pas à lui-même : « Viens », mais c'est au chrétien qu'il dit « Viens ». Et cette rencontre, c'est l'instant où cet homme quitte la caverne, lorsque le processus de l'Histoire s'achève et qu'il meurt ; plus précisément lorsqu'il s'endort. Il quitte alors son corps de chair pour être recueilli par l'Esprit qui le ressuscitera. C'est alors que le Christ lui dira ouvertement : « Te voilà près de moi et en moi mon aimé, te voilà sorti des matrices de l'Histoire. Que commence ton histoire, bereshit : Au commencement, toi ; au commencement, toi en moi et moi en toi ! »


La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller

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#7 28-08-2012 12:28

Thamis.
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Re : L'islam.

ivsan otets a écrit :

Une Religion, c'est de la magie qui a réussi

C'est une phrase a garder ça, ça me rappelle aussi ce qui se dit couramment : qu'une "religion" c'est une secte qui a réussie, y a t'il un rapprochement a faire ?.

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#8 28-08-2012 13:27

ivsan otets
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Re : L'islam.

Oui, bien sûr, j'ai simplement modifié cet adage bien connu. En effet, une secte prospère simplement par le fait que sa parole, c'est-à-dire son idéologie fonctionne mieux que sa voisine, parce que ses formules et ses équations sur la vérité marchent mieux. Parce qu'elle est meilleure magicienne.

Or comment se fait-il qu'une idéologie fonctionne mieux qu'une autre ? Prenons le cas du protestantisme. Pourquoi le protestantisme a-t-il percé ? Parce que son idéologie était en phase avec l'actualité, avec la modernité, tandis que le catholicisme s'était figé dans ses archaïsmes sans vouloir se réformer. Ainsi en est-il de toutes les réussites, tant politiques que scientifiques que religieuses : elles collent à leur actualité. On dit alors qu'elles sont inspirées. C'est le propre de la fausse prophétie que de se rendre utile à son temps, de là la propension des protestants à être ces « petits prophètes de l'actualité ». Et de là le peu de danger de l'Islam, lui qui est totalement en retard dans l'Histoire ; argument dont se sert le Monde : « L'Islam veut faire reculer notre modernisme », dit-il. Le Monde se sert ainsi de ses ennemis pour vanter ce qu'il appelle son progrès en usant du principe de comparaison. Même les ennemis du monde le servent. Ce qu'il ne supporte pas, c'est qu'on lui échappe.

Bref… aussi incroyable que cela puisse paraître, il en est de même avec la Science à propos de cette magie spirituelle qui consiste à être pile et au poil près connecté à l'Esprit du Temps. Si Einstein était apparu trop tôt il aurait été chômeur, et si Newton était apparu à l'époque de Charlemagne on ne l'aurait jamais écouté. Le scientifique aussi doit être en lien avec l'Histoire pour réussir. Et plus il est décalé par avance avec elle, moins on l'écoute ; plus il se retrouve dans une position en ressemblance d'une situation prophétique, puisqu'il dit une chose « vrai » qui ne peut encore être entendu. Mais il n'est pas encore prophète, car le « vrai » qu'il dit appartient bel et bien à ce Monde.

Il faut en effet être en union avec l'esprit du Monde et de sa marche pour être reçu par lui et trouvé une place d'autorité, car le monde ne prend que ce qui lui est utile, et il déclare prophète que celui qui va au rythme de son courant, qui lui obéit. Le faux messianisme est donc une réalité qui est au centre même de la marche du progrès, débordant le moins possible de l'arrière ou de l'avant. Or, le propre du vrai prophètisme est de ne pas être uni avec son temps, et avec le Temps ! D'être totalement décalé dans l'Histoire, mais non extrême, justement pas extrême ! C'est-à-dire, non pas d'annoncer l'extrémité de l'Histoire, soit donc sa fin d'un côté extrême, ou son âge d'or dans l'autre extrême, mais d'annoncer précisément sa sortie, son exode. Quand je dis sa sortie, je dis bien un Autre-monde ; l'esprit prophétique ne parle pas seulement d'une chose à-venir dans le lointain, mais d'une chose impossible dans le lointain, d'une chose que seule la foi peut appréhender. La liberté dont parle le Christ est en effet une utopie et le christianisme est dans son essence une utopie. La vérité est une utopie, c'est pourquoi le mensonge réussit si bien.


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#9 13-09-2012 12:30

Thamis.
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Re : L'islam.

Pour en revenir au sujet, l'islam, Jacques Ellul, dans son livre "Ce que je crois" imprimé en 1987 page 194 écrit :"c'est au nom de la religion musulmane que d'autres guerres ensanglantes le monde (Iran-Irak, Liban, Soudan) et qu'une invasion du monde entier se prépare".
Ellul a quand même préfacé un livre de Bat'yeor qui elle, parle carrément d'Eurabia.
Ailleurs mais je ne sait plus ou, il parle d'une nouvelle Shoah qui se prépare.
Bref, Ellul se serait t'il totalement planté ?

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#10 16-09-2012 07:59

ivsan otets
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Re : L'islam.

Thamis. a écrit :

Bref, Ellul se serait-il totalement planté ?

Il est vrai qu'Ellul penche assez négativement sur l'Islam pour aller. Lui aussi a un discours ayant une certaine forme de rejet de de ce dernier en le considérant telle une sorte d'ennemi public. Oui, je crois qu'il a été induit en erreur.

En outre, dans l'Espérance oubliée on le voit de plus en plus aller vers un christianisme non subverti mais caché, vers une désapprobation de l'Église, fait dont il parle lorsqu'il évoque ce qu'il appelle « la déréliction de Dieu ». Je crois qu'il était choqué et déçu par le chemin dans lequel le christianisme s'enfonçait durant l'ère moderne. En tant qu'homme ayant connu jeune l'après de la Seconde Guerre (30 ans environ), je crois qu'il avait envisagé un autre scénario pour le monde et l'église ; toutefois, la réalité l'a petit à petit poussé à parler de « la déréliction de Dieu ». C'est dans cet élan qu'on le voit aussi se tourner assez franchement vers un discours favorable à l'égard du Judaïsme, comme une sorte de seconde maison, et alors qu'en même temps il devient de plus en plus défavorable à l'égard de l'Islam. Ainsi a-t-il été proche de Bat'yeor sans vraiment voir qu'elle deviendra petit à petit trop radicale dans sa pensée.

Certes, en apparence, il est vrai que de nombreuses guerres se déroulent sous l'angle de l'Islam et que la stabilité du monde semble être mise en défaut par cette forme de pensée religieuse. Toutefois, c'est faux. Ce n'est pas l'Islam qui est à l'initiative des conflits, c'est le modernisme. En effet, celui-ci, au sortir de la Seconde Guerre, a voulu plus que jamais stabiliser le monde en « prêchant » son mode de vie et sa vision politique. La terre redonnée au peuple juif pour que naisse un État d'Israël va aussi dans cette optique. Aussi la fin du 20e siècle a-t-il poussé l'Islam, plus encore qu'avant, à entrer avec lui dans le jeu politique de l'universalisation des États. Or, pour cela, l'Islam s'est trouvé devant ses propres lacunes, son absence de Réforme et son retard concernant les libertés. Aussi est-il désormais en porte-à-faux, comme menacé de se réformer ou mourir. C'est exactement ce qui arriva à la Russie : ou elle abandonnait le communisme, ou elle mourrait avec lui. Devant cette alternative, l'Islam, bien sûr, grogne et se rebiffe, comme un animal blessé, affaibli et qui voit bien qu'il n'y a pas d'issues pour lui s'il n'obéit pas.

C'est donc bien le modernisme qui est à l'origine d'une invasion. Car nous assistons à la plus grande invasion que l'Histoire a connue ; celle du modernisme, avec sa technique d'une part, son athéisme d'autre part et son paganisme en troisième lieu, c'est-à-dire son syncrétisme et son œcuménisme. Et l'instauration d'un État israélien n'est pas étranger à cette marche de l'Histoire d'ailleurs ! L'Islam n'est pas le problème et bien plutôt la victime de cette réalité en forme de mythe du progrès et de l'évolution. Mais le propre de tout Empire est toujours de faire passer pour barbares celui qui refuse de marcher derrière le cortège du vainqueur.

Je crois qu'en terme d'« ennemis », Ellul fut visionnaire quant au système technicien qu'il critiqua abondamment. Il fut aussi prophétique quant à la « déréliction de Dieu », l'anarchisme chrétien ou encore son interprétation du texte. Mais en terme de géopolitique, il ne remarqua pas que l'Islam s'oppose en fait au système technicien, et qu'il refuse l'athéisme et le paganisme, s'accrochant au monothéisme coûte que coûte dans vision archaïque d'un certain thoranisme en fait. C'est-à-dire qu'en terme de religion, s'il y en a une qui se marie totalement avec la marche de l'Histoire, outre le christianisme dévoyé et le judaïsme, c'est le bouddhisme et l'hindouisme. Soit donc, comme d'habitude, le véritable ennemi sait faire diversion en trouvant des boucs émissaires tandis que lui, il croît dans la bonne terre en se faisant passer, en plus, pour homme de paix.

Ce que le modernisme nous prépare avec son mélange de judéo-christianisme, de système de réincarnations et de super sciences est terrible. Je préférerai encore vivre sous l'État borgne de l'Islam que sous l'aveuglement de ce mélange nucléaire : science, thora, et christo-bouddhisme. On me dira peut-être que je suis libre de quitter l'Europe. Je le sais bien ! Mais à quoi bon ? Pourquoi aller dans une maison qui s'écroule sous les coups des bâtisseurs de l'Occident ? Bientôt nous aurons là-bas les mêmes bâtisses qu'ici.


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#11 03-10-2012 15:05

Thamis.
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Re : L'islam.

ivsan otets a écrit :

Je préférerai encore vivre sous l'État borgne de l'Islam que sous l'aveuglement de ce mélange nucléaire : science, thora, et christo-bouddhisme.

Je n'arrive toujours pas a partager cet "optimisme", quand a passer au travers de l'occupation ottomane notamment en France...qui corroborerait les passages de Mathieu 24 quand aux persécutions annoncées.

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#12 09-10-2012 10:15

ivsan otets
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Re : L'islam.

Thamis. a écrit :

Je n'arrive toujours pas a partager cet "optimisme"…

  Tu devrais plutôt me dire : « Je n'arrive pas à partager ton pessimisme ». Car devant ce mélange de science, thora et christo-bouddhisme, lequel est obsédé de façon intégriste par le bonheur, il faut bien se rendre à l'évidence : l'archaïsme d'un Islam non réformé n'est qu'une épée de bois face à la force nucléaire.

  Je suis en réalité pessimisme au possible. — Si le danger n'était qu'un retour sous le joug d'un bon vieux religieux avec de ses morales rigides, nous ne ferions finalement qu'un pas en arrière, dans une espèce de moyen-âge où être un homme est cependant encore accepté.

  Hélas, voilà ce qu'on nous fait accroire : nous serions tellement « évolués » que nous sommes devenus plus que des hommes. Et à ce titre, nous méritons désormais une société toute nouvelle. Celle-ci, avec l'homme-nouveau qui la compose, est aseptisée, scientifique et quasi inhumaine tant nous croyons avoir dépassé l'animal qui est en nous. Et bien sûr, tout y est de plus en plus encadré par d'innombrables et subtiles lois. Quant au spirituel, il y devient une sorte d'ésotérisme complexe. S'y mêlent l'interdiction absolue de dire « non », une obéissance aveugle à l'idée « évolutionniste », et la certitude que la désincarnation future de son corps, que l'état de n'être qu'une conscience, c'est ici le nivarna paradisiaque qui attendrait les justes. Ces « justes » ! ceux qui se soumettent à cette Société hygiénique, bio, savante, à ce système de primates évolués qui croient tendre vers le statut d'êtres parfaits.

  Bref… rien de plus normal que ce projet infernal de société voit dans l'Islam un ennemi et fomente contre lui une propagande sévère. À notre honte, l'Islam est aujourd'hui le seul qui conteste. Certes, lorsqu'il bascule dans l'islamisme et use de violence, il est condamnable, mais il n'empêche que devenir aujourd'hui musulman est plus ou moins considéré comme une forme de contre-courant. C'est cela qui choque le chrétien, non que l'Islam conteste, mais parce ce que cette contestation met à nue l'échec du Christianisme. En effet, le christianisme ne sait plus contester et dire non. Il n'a plus de prophètes, sinon de pacotilles, des « prophètes de la paix » vantant aux hommes un système œcuménique, un mondialisme religieux bien soumis à la politique mondialiste. Quant aux anarchistes, aux vrais, c'est-à-dire aux non-violents, ils sont sans voix. Les libertaires ? n'en parlons pas, ils sont morts puisqu'ils ne parlent que de liberté sexuelle et de je ne sais quoi encore, comme si la liberté existentielle n'avait qu'une perspective ici et maintenant.

  Les métaphores que certains textes prophétiques utilisent ? Je trouve franchement qu'elles s'incarnent parfaitement avec les représentations du Système technicien dans lequel nous naissons. je trouve que les tentacules de ce totalitarisme Économique sous lequel nous sommes contraints sont une des figures réelles de cette bête que l'exaltation prophétique se plaisait à dépeindre sous les traits figuratifs d'une entité monstrueuse.

  Lorsqu'à 20 ans je lisais Isaac Asimov, je comprenais (peut-être tout comme lui), combien le danger à venir n'était pas dans l'obligation ou non de porter le voile ou de ne pas regarder la femme de son prochain… mais bien dans la Machine et l'excès de Connaissance. Que voit-on désormais lorsqu'on se remémore les fictions scientifiques d'auteurs tels qu'Asimov ? Eh quoi ? La réalité est en train de dépasser la fiction ! Nous sommes en plein dedans, au-delà même. Femmes et hommes montrent leur intimité pour un oui ou pour un non, se croyant en cela libres et libérés. Pendant ce temps la machine se cesse de commander les moindres détails de la société, et précisément de notre intimité. Pourtant… les gens vibrionnent de joie, telles des souris connectées à un système sans lequel ils ne peuvent être. Notre enfer s'installe de plus en plus.

  Si effectivement les hommes et les femmes s'habillaient un peu plus et faisaient fermer leur gueule aux machines, et cela, pour eux-mêmes penser, pour aiguiser leurs esprits critiques, je crois, en effet, que nous convoiterions moins la femme, la voiture et l'argent de notre prochain, et nous serions un peu plus capables de nous rencontrer réellement autour d'un thé, sans craindre d'échanger honnêtement nos opinions divergentes et contradictoires. Nous lâcherions nos ordinateurs pour redevenir des hommes, pour n'être plus ces machines sexuées que nous devenons, ces monstres que nous sommes, isolés derrière nos écrans, là où nous croyons les propagandes qu'un système Moderne nous inculque subtilement, entre les idoles de la Loi, les certitudes des microscopes et des télescopes, les contes bouddhistes et l'ekklésia moribonde. L'homme moderne mérite largement le malheur qui vient sur lui. Pour moi, je ne pleurerai pas son malheur. Peut-être qu'en le rencontrant, il trouvera son salut.


La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller

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#13 09-10-2012 16:56

Thamis.
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Re : L'islam.

J'ai l'impression d'entendre le moteur d'une Mercedes quand je t'écoute. smile

Mais en traçant de grandes lignes rudimentaires, l'islamisme salafiste ou celui des frères musulmans qui monte un peu partout façon "nazisme" ou "communisme", n'est t'il pas un générateur d'ambiance provoqué en vue de l'obtention d'un "chaos" en Europe de manière a installer un "ordo" que tu annonce, une chape de plomb ?.

D'ou "ordo ab chaos"....

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#14 16-10-2012 14:26

ivsan otets
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Re : L'islam.

Thamis. a écrit :

Mais en traçant de grandes lignes rudimentaires, l'islamisme salafiste ou celui des frères musulmans qui monte un peu partout façon "nazisme" ou "communisme", n'est-il pas un générateur d'ambiance provoqué en vue de l'obtention d'un "chaos" en Europe de manière a installer un "ordo" que tu annonce, une chape de plomb ? D'ou "ordo ab chaos"....

  Je n'ai pas l'impression d'avoir dit que je considérais l'islamisme tel : « un mouvement qui monte un peu partout façon "nazisme" ou "communisme"… générant une ambiance de chaos, et cela de manière à obtenir en contrepartie un ordre rigide… ». Si mes propos laissent cela à penser, je le regrette car ce n'est pas ce que je vois.

  C'est même tout le contraire. Ce qui « monte un peu partout, façon "nazisme" ou "communisme" », comme tu dis, c'est, selon moi, ce mondialisme qui sous nos yeux tend à tout uniformiser dans un même schéma de pensée, tant politique que scientifique et technique, intellectuel et religieux. Mondialisme, universalisme, œcuménisme, etc., appelons cela comme l'on veut, mais il m'apparaît que le 20e siècle a déjà connu 2 grandes tentatives de cette universalisation du collectif humain. Ces 2 élans — chacun selon sa méthode — ont voulu former, par la force d'une administration technicienne policée et armée, la race humaine en une harmonie parfaite, cherchant à faire d'elle un ensemble « Un » du corpus humain. En réalité, ils cherchaient à bâtir une sorte d'ekklsia parfaite où « tout le corps, bien coordonné, forme un solide assemblage et tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, s’édifiant ainsi lui-même dans » une subversion de l'amour et de la paix (voir éph. 4.16). Ces 2 formes furent le nazisme et le communisme et ils étaient finalement « prophétiques ». Ils étaient dans la droite ligne de la pensée « évolutionniste » moderne vers laquelle tend la raison humaine. L'évolutionnisme étant une forme de de totalitarisme total où l'apogée de l'humanité est dans son unité parfaite, harmonieuse. Là où tout, tous, partout et toujours obéissent aux lois de la sainte raison et de l'éthique que des gourous « Bac + X » dispensent au travers de leurs prophètes que sont les médias. C'est pourquoi ces 2 universalismes hitlériens et staliniens furent si populaires.

  Pourquoi ont-ils échoué ? Parce qu'ils étaient trop adolescents, trop fiévreux, trop peu subtils. Mais la Démocratie a depuis appris de ses fautes de jeunesse ! Elle a grandi et tend désormais à s'imposer comme le plus grand totalitarisme que l'humanité ait « rêvé » dans sa boulimie de sécurité et de paix. Sa force étant de s'imposer telle une sorte de solution politico-messianique, en « sucrant la servitude » dira La Boétie, c'est-à-dire en obtenant du peuple « une servitude volontaire »… par le droit de vote par exemple. Ainsi pensait déjà Tocqueville il y a 2 siècles dans sa Démocratie en Amérique : « On découvre, en y regardant de près, que sous l'empire de la démocratie, l'arbitraire du magistrat doit être plus grand encore que dans les États despotiques. Dans les États despotiques, le souverain peut punir en un moment toutes les fautes qu'il aperçoit ; mais il ne saurait se flatter d'apercevoir toutes les fautes qu'il devrait punir. Dans les démocraties, au contraire, le souverain, en même temps qu'il est tout-puissant, est partout à la fois. » Tocqueville avait vu Big Brother bien avant George Orwell qui était finalement bien en retard !!! De sorte, finit par dire Toqueville que : « vouloir arrêter la démocratie paraîtrait alors lutter contre Dieu même… ».

  Or, dans cet élan totalitaire maintenant adulte, toutes les religions ont été depuis longtemps gagnées et convaincues à y participer. Je rappelle en cela que l'hindouisme et le bouddhisme y sont naturellement ancrés, leur « philosophie » étant baignée de ce totalitarisme à la racine même de ses « sagesses ». Cela fait de ce courant religieux le plus machiavélique parmi les courants religieux. Son fondement étant très exactement de prêcher la paix pour, par-derrière, annihiler la liberté, abolir les diversités contradictoires que la liberté fait naître. Cette liberté et cette diversité que les curés bouddhistes nomment le péché et le mal.

  Par contre, le christianisme n'y a été gagné que par subversion, lui-même étant précisément, à sa source, un refus de sacrifier la liberté à l'harmonie. Soit donc, le christianisme est une utopie. Aux dires du Christ, l'espérance de la résurrection étant l'accès à la liberté la plus absolue, mais qui, de façon déraisonnable, parvient à exister et faire vivre une Unité entre les êtres qu'ils ne pourront jamais ni atteindre ni concevoir en ce monde trop raisonnable.

  Concernant le judaïsme. Pourquoi a-t-il été gagné à la chimère universaliste, à cette harmonie des nations conduit sous la houlette d'un Roi-messie ? Parce qu'il reste, hélas, envoûté par sa tôrah du bien et du mal dont il ne parvient pas à rendre libre l'idée messianique. Loi rigide, gravée sur la pierre, divine, et au nom de laquelle le judaïsme crucifie le Messie à l'arbre du bien et du mal… à l'instar de tout homme raisonnable d'ailleurs, et… de l'Église elle-même, si raisonnable… plus raisonnable même que le judaïsme désormais. Cette Église qui aujourd'hui crie plus fort que tous dans la foule : « Crucifie, crucifie-le ! Crucifie ce christianisme qui se veut sans églises et ne reconnaît pas notre divinité. »

  Quant à l'Islam, il convient de ne pas nier qu'il y tend lui aussi et pareillement, étant une sorte de tôrah arabe. Mais pour des raisons géopolitiques il tend trop facilement à basculer dans l'islamisme, et ce faisant reste actuellement le seul à s'opposer « politiquement » à ce joug universaliste. L'islamisme cherche à faire prévaloir un schéma archaïque — et donc « particulier » au retard de l'Histoire, parce qu'en vérité trop antique — de l'idée du collectif. Il est donc du pain béni pour l'universalisme qui monte. Il est l'ennemi parfait ! Il sert justement au mondialisme, lequel fait accroire que l'islamisme cherche à créer le chaos. C'est une peur indispensable au mondialisme et qu'il cherche audacieusement à mettre en exergue. Pourquoi ? Parce qu'ainsi s'enracine profondément, dans la tête et dans les jambes des peuples, que l'idée de l'ordre universel est le Salut de l'humanité. C'est donc le propre du dominant, c'est-à-dire du mondialisme, de faire naître cette terreur du chaos afin de mieux installer son ordre aux illusions de paix, d'amour et de libertés. Tant d'idéologies, avant l'islamisme, sont déjà passées sous le couperet de cette ruse !

  Il s'ensuit que, paradoxalement et presque de façon burlesque, plus l'islamisme veut exister et plus il sert son ennemi : il lui donne des forces. La question est de savoir si l'Islam saura relever ce défi : savoir se séparer de l'Islamisme de façon radical ou s'il n'y parviendra pas et disparaîtra ainsi avec lui. That is the question… the only one actually. Je te laisse trouver la réponse car il me semble qu'elle saute aux yeux…


La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller

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#15 23-10-2012 19:21

Thamis.
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Re : L'islam.

Merci pour vos précieuses contributions, mais le communisme avant sa chute a duré prés de 70 ans, et l'Islam des frères musulmans ou des Quataris et autres richissimes "élites" islamiques s’accommodent très bien de la technique.

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#16 24-10-2012 11:58

ivsan otets
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Re : L'islam.

Ouvrir sa Bible puis lancer que « le communisme a duré près de 70 ans avant sa chute », voilà bien une lecture infantile de l'Histoire. C'est somme toute une façon très moderne de s'accaparer les savoirs, dans le style de la toute-suffisance de l'homme moderne, estimant que très peu d'études et de temps suffisent pour embrasser la vérité historique et la vérité en général.

Une manière de lire l'Histoire que ne cesse de chantonner l'évangélique américain moyen, et avec lui cet Européen américanisé qui entend les commentateurs bibliques outre-Atlantique tel le son de la trompette prophétique. Cet Européen mal dans sa peau d'Européen est dès lors certain que notre continent est dépourvu du son de la trompette. C'est un état d'esprit où se mêlent donc un fond d'intégrisme religieux et une sorte de survol des savoirs à la Widipédia fort inquiétant. On prétend avoir quasiment clôt la synthèse des données du savoir ; et on prétend surtout avoir une vue presque définitive de la prophétie biblique. Il n'y aurait à découvrir que de moindres détails : comme si « plus rien ne puisse être étonnant de la part de Dieu » dirait Jérémie. Mais surtout, on force à tout prix la réalité pour qu'elle coïncide à une certaine lecture biblique qu'on a croit lumineuse. Alors, on vient coller ses 70 ans de communisme historique, ravi d'avoir pu adjoindre ainsi la référence aux déportations babyloniennes à l'époque de Jérémie, de sorte qu'on croit être ici déceleur d'un mystère spirituel.

Comme l'explique un exégète biblique protestant : « Platon, Hésiode, Euhémeros, Diodore de Sicile, Strabon, Horace… attribuent à des peuplades lointaines la préservation d'un « communisme » économique originaire des débuts de l'humanité. […] Philon et Flavius Josèphe rendent plausibles des groupes de convivialité économique dans la Palestine des années 30. » — Les communautés de Qumrân étaient probablement de ce type-là où la communauté recherchait une sorte d'état idyllique des origines. Bref, l'idéal communautaire et communiste est vieux comme le monde, telle l'utopie d'un âge d'or où la propriété privée est soupçonnée d'inégalité et d'égoïsme. Et paradoxalement, c'est vers cela que tend l'organisation d'un certain mondialisme, de cet universalisme plein d'œcuménisme que porte le modernisme aujourd'hui. Un « vivre ensemble où la qualité de vie s'attache à établir de l'égalité ». On met en place une administration du partage des ressources ; le droit à la liberté d'expression justifie tous les procès en homophobie et autres phobies ; les traditions archaïques sont protégées au nom de la sainte Culture, etc., etc. Bref… l'exégète biblique dont je parle plus haut reprend très justement l'expression de Troeltsch du Liebeskomminismus : le communisme d'amour.

Le monde qui se bâtit sous nos yeux est tout mêlé de ce « communisme d'amour », de sorte que si le communisme politique semble avoir disparu, c'est pour mieux dissimuler son esprit qui a gagné en vigueur. Et si ces juniors chrétiens qui pensent décrypter l'Histoire et faire le parallèle avec la Bible étaient un peu inspirés, ils verraient combien les totalitarismes du 20e siècle ne sont précisément pas morts. Ils se sont installés et se sont ancrés dans notre réalité en se métamorphosant. Et cela, sans perdre leur esprit mais en les fortifiant. Ils se tricotent habilement dans l'habit que le moderne fabrique, leurs fils se mêlant astucieusement aux autres : avec l'écologie, la démocratie, les sciences, et avec toutes sortes de bouts de croyances butinés ici et là. Celle du « corps du Christ » que serait l'ekklésia en faisant partie tout en haut de la liste ; elle, dont le dogme tout entier vient chanter — aussi ! (en référence à la chanson de Fernandel) — un communisme d'amour qui croit naïvement être missionné par Dieu pour régner en ce monde visiblement et concrètement. À ce titre, le petit Nicolas dont tu me parles Thamis devrait lire La métamorphose du bourgeois de Jacques Ellul, car s'il ne peut que revendiquer d'habiter dans la ville d'Ellul, habiter dans la ville d'un prophète ne fait pas de lui un prophète, et je crains qu'il n'ait jamais lu ses textes et fasse là une pirouette pour parler de ce qu'il ne connaît pas.

Quant à cet « Islam des riches Quataris qui s’accommode très bien de la technique », dis-tu, il va dans la droite ligne de cet élan démocratique où, comme j'en parle ailleurs à propos de Tocqueville, « la Démocratie moderne est pire qu'un État despotique, étant toute-puissante et partout à la fois, de sorte que vouloir arrêter la démocratie paraîtrait alors lutter contre Dieu même… ». Soit donc, cet Islam-là est le seul avenir possible de l'Islam, car il fait tels le libertaire, le féministe ou le communisme des années après-guerre ; il fait tels les gourous hindouistes auquel les Beatles, alors qu'ils écrivaient nombre de leurs chansons aux pieds de leurs yogis, virent ces derniers particulièrement apprécier les petites Anglaises qui les avaient accompagnés. Il est aussi tel ce Judaïsme qui est certain que sa Diaspora est finie, que les promesses bibliques n'ont rien d'une métaphore du Monde-à-venir, mais qu'elles doivent s'incarner très précisément dans un État démocratique… sur une terre Sacrée. — Bref… en diabolisant cet Islam-là, on lui ôte sa possibilité de réforme et on nourrit un islam intégriste précisément. Que les femmes portent donc le voile dans les rues de la vieille Europe si ça les chante ; elles le portent avec dans l'autre main un Apple iphone 5. C'est la technique qui les convertira. En tout cas, leurs progénitures à coup sûr. Elles qui se contenteront d'une culture musulmane comme il y a une culture féministe, chrétienne, communard ou je ne sais quoi. Tandis que chacune joue avec le même type de portable, va sur les mêmes chaînes de TV et vote une fois à gauche, une fois à droite.

M'enfin ! La Démocratie et sa mondialisation inévitable convetissent tout à elles tant elles sont prometteuses d'égalité, de liberté et de fraternité. Cet Islam-là n'est pas plus à craindre que l'encravaté qui va à ses cours de yoga le vendredi soir, que l'avocate féministe qui défend le droit du mariage homosexuel, que l'évangélique américain qui est certain qu'Israël doit être le corps visible d'une Nation visible… Le seul « Islam » qui résiste encore est celui qui rejette précisément cette conversion. Un « Islam » qui bascule hélas dans la violence. Et bien sûr, cet Islam au coup raide risque d'entraîner avec lui l'Islam démocratique qui se réforme ; lui qui veut se confondre dans le paysage mondialiste, chanter en chœur au sein de la Communauté Nouvelle des Citoyens du Monde, être associé à cette Communauté des anciens totalitarismes ayant mis de l'eau dans leurs vins. — Qui donc a la trompette désormais ? Celui qui proclame que cela aussi s'écroulera, que cette mondialisation aussi s'écroulera. Celui qui affirme que tout cela n'est encore qu'une métaphore. La métaphore d'un Monde qui vient, caché, mais qui ne verra le jour qu'après s'être confronté à la mort : qu'après avoir connu la Résurrection. Le Royaume des cieux seul ! tout ce qu'on y rajoute devient ce qu'on y ôte, et ce n'est qu'un mensonge. Que le mensonge sorte de la bouche de l'ekklésia avide de politique ou de fabulations journalistiques de chrétiens sincères en manque d'inspiration — il faut le condamner.


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#17 05-11-2012 21:57

Thamis.
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Re : L'islam.

En attendant que la démocratie de Tocqueville fasse éclore ses oeufs chez nous, il me semble que "nous" allons avoir un soucis bien réel avec l'islam politique en Europe qui semble opportunément participer a la chute de ce qu'il reste des nations Européennes, et le changement démographique avec les environs 200000 immigrés de terre "dar al islam" arrivant chaque année en France me laissent pensif quand a l'avenir de ceux qui viennent après nous, voir de nous même....peut être une nouvelle guerre de "Yougo" dans toute l'Europe, comme nous l'a "prophétisé" le "camarade" Poutine en son temps...du fait que "nous" avons laissé voir protégé une enclave musulmane....une verrue...

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#18 06-11-2012 01:55

ivsan otets
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Re : L'islam.

De quoi les européens devraient avoir peur selon moi ? De cette paranoïa envers le musulman, si bien enrobée d'un mauvais nationalisme et d'une propagande pour nigauds — non seulement elle pousse précisément à l'extrémisme, d'un côté comme de l'autre, mais je crois surtout qu'elle vise bien autre chose… hélas.

Ça va que je te connais Thamis, et que je pèse ta situation personnelle, ceci me permettant de prendre du recul devant ton insistance à diaboliser l'Islam. De cette insistance apeurée, tu n'en as justement pas besoin. À qui cela profite-t-il ? Pas à toi, c'est certain, mais contre toi. Tu ne vises pas la bonne cible tandis que d'autres dansent la gigue à te voir t'enfoncer dans cette peur excessive.

Si donc ce n'était toi, je serais bien plus sévère dans mes propos après avoir patiemment et abondamment argumenté. hmm


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#19 06-11-2012 13:10

ivsan otets
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Re : L'islam.

Thamis. a écrit :

"Ils" m'ont fait ouvrir une boite de pandore...et je n'arrive toujours pas a la refermer....c'est proprement diabolique.

…d'autant, comme je te l'ai dit mille et une fois, tu es tout concentré sur cette boîte : ce qui fait ton son bonheur tant elle aime attirer l'attention. Ne plus se focaliser dessus, c'est déjà la décentrer. Puis envisager un autre centre d'attention, c'est commencer à la voir s'évanouir… mais petit à petit, car il n'y a pas de solutions magiques. La solution magique, c'est précisément le remède que te préconise cette boîte et ses prédicateurs.


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#20 28-10-2014 16:20

JOHN
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Re : L'islam.

Impressionnant. Et toujours d'actualité, pour un bon moment. D'ailleurs, en passant, j'ai lut quelque part que notre monde était le digne fils spirituel d'Hitler. C'est vrai que ce fût pour nos nouveaux docteurs folamour, un laboratoire des plus instructifs. Les experts nazis ont vite retrouvé de l'embauche (ils n'ont même pas attendu la fin des procès de Nuremberg) du côté du pays démocratique et de paix que ce proclame être les U.S "nations élue par Dieu" et en fait la plus sanguinaire qui soit. Subtilement, par les renversements d'états, soutient ou carrément mise en place de dictateurs servant leurs intérêts (méthodes toujours en cours), par le libéralisme et l'affaiblissement de pays entiers, entraînant des misères de toutes espèces,  ou plus brutalement par exemple en éradiquant les gêneurs indiens ou en testant des bombes atomiques sur des milliers de civils, femmes, enfants, vieillards...Tout organismes vivant. Sauf les cafards qui apparemment seraient les seuls survivants à l'épicentre du carnage. Quand on pense que les trois quarts des américains pensent vraiment être la lumière qui éclaire le monde! Et que les dirigeants de France (et la masse sans doute)  leur lèche les bottes. Spectacle affligeant mais tellement en accord avec tout ce que tu as dépeint.
Et toujours subtilement en nous envahissant sur le plan culturel. En nous conditionnant sur un plan mondial, grâce à la formidable avancé de l’intelligence humaine, de sa raison.Et nous voilà admiratifs, complexés, envieux et surtout complices. Ellul l'a fort bien démontré via entre autre parmi tous ces ouvrages précieux,la technique, Dieu impersonnel et froid comme la mort, qui grandit toujours d'avantage. Et tu le fais tout aussi admirablement, voir au-delà. Je trouve ton analyse une fois de plus très complète et admirablement équilibré. Dieu continue donc de susciter des hommes qui de manière caché (combien sommes nous au bénéfice de tes analyses? Très peu et c'est sans doute très bien ainsi) annoncent véritablement l'évangile dans son contexte, de plus de plus compliqué. Enfin, ce que j'ose rajouté ne  sont que quelques détails supplémentaires inutiles d'une fresque absolument abominable, qui malheureusement n'a pas fini de se dessiner. Le pire est toujours probable et je crains toujours plus l'avenir, surtout pour mes enfants. J'en viens à me demander si il ne faudrait pas prier pour que Dieu veuille bien abréger cet horrible histoire de l'homme sans coeur ni tête. Heureusement que Christ est venue...et a vaincu la mort.
Mes questions: la première qui me vient souvent si ce n'est systématiquement lorsque je lis certains de tes textes: Où trouve-tu le temps pour approfondir tout ces sujets? Tu ne dors pas la nuit? Quel âge as-tu? Plus de cent ans sans doute;) Les vampires ça n'existe pas hein? wink  De quoi subsistes tu? Sachant que pour avoir un "emploi" qui ne soit pas aliénant et sans intérêt relève à mon avis de l'exploit de nos jours.
Quel est le poids de ta bibliothèque? Une tonne sans doute!
Et surtout que penses-tu de ce détail des écritures qui parle du fait que la fin de ce monde surgira au moment ou toutes les nations se ligueront contre Israel? Lorsque le monde entier aura son attention sur lui?(ce qui est le cas aujourd'hui).
Voilà en tout cas l'intérêt des posts de forum. Certains ne vieillissent pas.
Et merci d'avance pour ton éventuel réponse (le temps, je sais.)
A +


Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi. Jn 14.6

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#21 29-10-2014 23:52

ivsan otets
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Re : L'islam.

  Pour ce qui est des choses personnelles… bien entendu, la version forum d'une discussion étant de l'ordre du public, je ne m'étendrai pas ici à ce propos. Tu peux toutefois me contacter par mail sur la boîte « infos » des Cahiers Jérémie…

  Bref… la fin des temps et, dis-tu, « ce détail des Écritures qui en parle en l'associant au fait que les Nations se ligueront contre Israël ». — L'eschatologie… et la Bible. C'est un énorme sujet qu'il m'est impossible d'aborder ici. De manière synthétique et très brève : je pense que le concept de fin des temps/fin du monde – guerre catastrophique, famine, phénomènes mystiques, etc., etc. – ainsi donc que l'on entend généralement la chose ; c'est une idée-scénario qui n'est pas si évidente que cela dans l'Écriture : loin de là !

  Quant au fait de rattacher ces pseudos prophéties sur la fin de l'Histoire avec l'Histoire même du peuple juif, c'est là aussi une manière de lire le texte ; c'est selon moi lire le texte en étant plutôt obsédé par le monde juif  qu'en étant inspiré par l'Esprit.

  À mon avis, dire que « les Écritures parlent avec certitude certaine et irrécusable d'une Fin du monde, laquelle serait en plus mise en scène au cours d'événements extraordinaires…» Et de surcroit, dire encore et prétendre que cette même Écriture parlerait de façon tout aussi irrévocable que la victimisation d'Israël par les Nations serait le signe de cet avènement/événement dernier… C'est très certainement lire l'Écriture comme on lit un magazine de mode ou la dernière adaptation cinématographique d'un Marvel-comique. J'ai plutôt envie de pouffer de rire devant ces prophètes-commentateurs qui jouent avec le spirituel plus qu'autre chose.

  Mais quand je vois que des érudits, armés de langues et de différents savoirs sur l'archéologie, la sémantique, la linguistique, la sociologie… y vont de tout leur cœur pour échafauder méthodiquement telle ou telle théologie sur la Fin des temps, laquelle est méticuleusement fabriquée en assemblant ici est là des bouts de papiers/versets de tel ou tel texte – là, je trouve la chose moins risible et bien plus inquiétante. Agissent-ils pour se faire valoir ? Parfois, oui, et d'autre fois ils sont autant frappadingues que gonflés par leurs études. Dangereux en vérité.

  Ces érudits-là – de même que leurs frères économistes, experts en science politique ou en philosophie de l'Histoire – sont le plus souvent totalement à côté de la plaque. Ainsi donc la trilogie Spinoza/Hegel/Kant voit ses textes être de plus en plus humiliés par la réalité historique et la réalité technicienne de nos civilisations. De même que tous « les prophètes de la Fin des temps » sont de plus en plus humiliés par la réalité historique telle qu'elle se profile sous nos yeux. — Exemple contemporain : Très certainement l'Islam n'est pas vraiment un problème de nos jours comme on essaie de l'enseigner partout ; tandis que la philosophie/religion indobouddhiste est une véritable plaie et une pure incarnation du diabolique. De même, devant ce texte de Kierkegaard :

  Il arriva que le feu prit dans les coulisses d'un théâtre. Le bouffon vint en avertir le public. On pensa qu'il faisait de l'esprit et on applaudit ; il insista ; on rit de plus belle. C'est ainsi, je pense, que périra le monde : dans la joie générale des gens spirituels qui croiront à une farce.

  J'affirme donc que s'il y a Fin du monde, c'est probablement venant d'une civilisation de Vieux pleins de sagesse et  engoncée dans sa perfection et son niveau inégalable de sécurisation du vivant, c'est d'une telle civilisation que viendra la fin ; c'est-à-dire qu'elle s'éteindra d'elle-même sans qu'elle se rende compte de ce qu'elle fait et de ce qui lui arrive [à ce propos, oui, la génération issue des Trente Glorieuses est prophétique tant elle a tout vampirisé alors que ses vieux gardent aujourd'hui une conscience plus blanche que blanche devant la génération de “clochards” qu'elle a engendrée] . Et pour en arriver là, à s'éteindre donc, bien sûr, l'Histoire provoquera encore pas mal de situations dramatiques : On ne crée pas des anges sans casser de l'homme !


La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller

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#22 19-11-2014 20:42

Thamis.
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Re : L'islam.

ivsan otets a écrit :

On ne crée pas des anges sans casser de l'homme !

C'est de toi ? Bravo ! yikes 

Peut t'on rapprocher cette citation à celle attribuée à Blaise Pascal "qui veut faire l'ange fait la bête" ? smile

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#23 19-11-2014 21:12

ivsan otets
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Re : L'islam.

  Oui, c'est de moi… et je t'accorde qu'elle est pas mal – ça synthétise bien ce que je veux dire. big_smile


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