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Jn 6:70- Jésus leur répondit : " N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les Douze ? Et l'un d'entre vous est un démon. "
Suivant les traduction il est fait allusion a propos de Juda, d'un diable ou d'un démon, et au signal du Seigneur en vue de sa trahison satan entra même en ce "disciple".
Se pourrait t'il donc que, dans notre monde réel, nous soyons entourés d'anges ou de démons bien incarnés en des personnes réelles et bien "vivantes", comme nos proches ou autre ....et non des esprits éthérés.
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Jn 6:70 : « Jésus leur répondit : N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les Douze ? Et l'un d'entre vous est un démon. » Suivant les traductions il est fait allusion à propos de Judas, d'un diable ou d'un démon, et au signal du Seigneur en vue de sa trahison satan entra même en ce « disciple ».
Se pourrait-il donc que, dans notre monde réel, nous soyons entourés d'anges ou de démons bien incarnés en des personnes réelles et bien "vivantes", comme nos proches ou autre ....et non des esprits éthérés.
J'ai modestement écrit un commentaire sur ce passage il y quelque temps : L'un de vous est un diable. Peut-être que sa lecture t'apportera quelques réponses et ouvertures. Quant à l'idée de prendre le texte à la lettre, c'est-à-dire de considérer que Judas fut réellement et concrètement un diable ou un démon incarné, et qu'il n'était pas réellement un homme, si ce n'est dans l'apparence et la simulation… c'est là une question qui ramène à l'un des plus gros problèmes que pose la lecture biblique. On touche ici au fait que « lire est réellement un Art », et non pas l'apprentissage d'un alphabet avec lequel on serait simplement capable de jongler. L'école ne nous apprend pas à lire, mais simplement à dessiner des mots et des phrases qui conduisent à une signification concrète : le prix de l'essence par exemple, la date d'une fête nationale ou la lecture d'un bulletin de vote et des lois républicaines.
Mais dès l'instant où les mots conduisent à des significations invisibles et non concrètes, il nous faut réapprendre à lire, c'est-à-dire à délier les mots de leurs limites alphabétiques et raisonnables : lire c'est dé-lire. Le lecteur doit délivrer le mot de son encre pour ne plus être ancré en elle. Il doit se délivrer de ce sang noir de l'encre dont est animée la raison diabolique ; il doit entendre entre les mots l'esprit qui y souffle puis hisser sa voile et rencontrer l'auteur… et de-là, entendre ce qu'il a à lui dire.
Le cas de Judas touche donc à une question biblique qui conduit à une clef, mais aussi à une fermeture irréductible dès lors où l'on ne se saisit pas de la clef, dès lors où on lit le texte comme on lit le prix de l'essence ou le kilo de poireaux : littéralement, en suivant les mots selon la logique qui les lie : « Satan_entra_dans_Judas »… sans entendre entre.
Ce qui est comique c'est qu'en ce cas précis, en lisant littéralement que Judas serait devenu l'incarnation d'un démon par une pleine possession de son être par un autre être, cette logique de lecture conduit alors à un délire, soit donc à l'apparence d'une lecture spirituelle. Mais ce délire n'est pas la conséquence d'avoir délier le texte de sa littéralité. Au contraire, c'est parce qu'on s'attache profondément à sa littéralité, à ce qu'il dit « à la lettre ». Somme toute, c'est en se noyant dans l'encre qu'on imite le mieux celui qui se délivre de l'encre de la lettre, celui qui hisse sa voile des horizons en écoutant l'esprit entre les mots. Il s'ensuit qu'être malade d'encre, être éminemment intelligent et logique, ou encore croire jusqu'à la folie que le divin est démontrable dans l'expérience purement réaliste (qu'elle soit miraculeuse ou scientifique d'ailleurs), c'est ici le déguisement le plus réussi du diabolique.
Voilà pourquoi l'évangile nous montre que les « démoniaques » voyaient le Christ au-delà de son apparence humaine. Pourquoi ? Parce qu'ils étaient logiques à l'excès, pragmatiques jusqu'au simplisme le plus naïf. Pour eux, un homme qui marche sur l'eau et guérit un aveugle par une simple parole est automatiquement un fils de Dieu… il n'y a plus aucun doute à avoir devant les lois de cette logique, et la foi n'est plus nécessaire lorsque la raison se mêle ici de démontrer Dieu. C'est le même schéma de pensée qui anime les faiseurs de miracles ekklésiatiques, ceux-là mêmes qui diront au Christ : « n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? », et à qui il répondra : « Je ne vous ai jamais connus; écartez-vous de moi… » (mat 7) La différence entre eux et un démoniaque du NT tient au fait de l'éducation morale et intellectuelle, ainsi qu'à un certain équilibre psychique. Ce qui les rend beaucoup plus… démoniaques ! Nul besoin de croire, il suffit de voir, tel est le slogan du diabolique encravaté derrière le micro de ses belles conventions religieuses.
Depuis le temps où nous échangeons, tu connais mes positions par rapport à ce qu'on appelle la démonologie. On me rétorque habituellement, avec fierté, pensant sortir là un argument magistral : « le mensonge du diable est de faire croire qu'il n'existe pas ». Ça me fait pouffer de rire parce qu'il s'avère qu'on pourrait soutenir aussi facilement l'argument inverse : « le mensonge du diable est de faire croire qu'il existe réellement, c'est-à-dire qu'il est un être personnel ». La question du diabolique n'est pas de savoir s'il existe ou pas… franchement, cette question est stupide pour ne pas dire débile ! Même le plus grand athée du monde, en manque de superlatif dans sa langue maternelle, dira qu'un homme qui éventre une femme enceinte commet un acte diabolique. Et n'importe quel homme intelligent se doit de reconnaître que l'humain possède en lui une telle cruauté qu'en s'y livrant il quitte sa nature humaine pour rejoindre une nature inhumaine. Mais pour l'un, cette inhumanité est le fait d'un démon, d'un être spirituel qui le possède ; tandis que pour l'autre elle s'enracine dans un désordre psychique, un manque d'éducation, d'encadrement affectif, etc., etc.
M'enfin, le mensonge du diabolique n'est pas de faire croire qu'il n'existe pas, ou de faire croire qu'il serait un être réel ayant lui aussi le libre arbitre — Le mensonge du diabolique, ou du mal, si tu préfères, il est bien plus fin et subtil que cela : c'est de te faire croire qu'il est ce que tu veux qu'il soit. Bien plus encore : le mensonge diabolique est de te faire croire qu'il existe une réponse logique qui soit définitive à la question du mal… et donc du bien.
C'est tout le propos de « l'Arbre du bien et du mal » sur lequel la Bible s'ouvre. Il s'agit dans cette métaphore de donner une réponse concrète au problème du Mal, et donc du Bien. Il s'agit de « bien faire ». Le diabolique est tel cet adam-ève (l'humanité) communiant avec la Nature serpentine de l'intelligence et de ses consciences ; le diabolique est un bon-homme finalement, éminemment poli et aimant. Il cherche à donner une réponse légale, mathématique et finale qui réglerait le problème du Mal et installerait à jamais le Bien en ce monde… quitte à le réincarner 10.000 fois pour l'épurer des contradictions, à te faire repasser 10.000 fois dans cette fournaise pour faire de toi un concept béat de l'homme que tu étais. Tel est le propre de diabolique ; et tel est le propre des ruses de la raison dont les hommes sont si fiers : non pas quitter l'arbre du bien et du mal, mais unir l'un et l'autre dans une harmonie atone.
Ainsi va faire Judas. Lorsqu'il décide de trahir le Christ, il le fait parce qu'il vient de compter, il vient de finir son calcul. Et quel est-il ce calcul ? Que cet homme, le Nazaréen, il n'est pas le Messie. Car le Messie de Judas est cet être qui doit assurer le victoire du Bien ici-bas et l'éradication du Mal ; un être pleinement accompli de la connaissance de l'Arbre du bien et du mal dont pourtant Dieu, dès l'origine, met en garde l'homme de son danger. Or, à cet instant du texte, le Christ court à la condamnation et la défaite, bien trop loin pour Judas de l'arbre des prudents et des intelligents. Judas se persuade alors définitivement qu'il a été illusionné. Il décide de retourner à une vision religieuse et humaine du Messie. À cet instant, il plaît à l'auteur de clore ce long processus des doutes pragmatiques de l'apôtre en disant que « le satan entra en Judas ». Qu'est-ce qui entra en lui en vérité ? La somme d'un schéma de pensées logiques longuement réfléchies dans son intériorité. La somme de calcul d'un ordre de « pensées seulement humaines, comptables, logiques… trop humaines ». Mais de diable il n'y en a pas eu. C'est Judas qui a fait apparaître le diabolique en se bâtissant une image messianique selon son pragmatisme du Bien et du Mal. Une image messianique alors nourrie de judaïsme, mais dont on voit clairement aujourd'hui qu'elle est la même vision que porte la plupart des églises depuis des siècles… Chimères d'un millénium, d'un retour du messie, d'une nation chrétienne, etc. Il est ensuite facile de diaboliser quiconque ne s'associe pas à cette « divine vision », et par conséquent de personnaliser théologiquement le diabolique.
Dans notre monde réel, nous ne sommes pas entourés d'anges ou de démons, mais de concepts du bien et du mal. De messagers (littéralement d'anges), porteurs d'idéologies du Bien et du Mal. C'est ensuite nous qui leur donnons de s'incarner dans notre réalité. Comment ? Dès l'instant où nous nous en nourrissons, d'abord en théorie, puis, avec la force de ces théories, nous essayons de transformer le monde en un monde paradisiaque. Un monde de guerres, d'injustices et de cruautés en vérité, et où le mythe de l'évolution a pris le rôle de chimère messianique. De fait n'y a-t-il pas de « personnes réelles et bien vivantes, comme nos proches, ou d'autres » qui seraient des anges et des démons. Il y a des hommes qui possèdent plus que d'autres les meilleures et les plus pragmatiques théories du bien et du mal, et qui, de ce fait, finissent par êtres possédés par elles. Ce sont les Chefs de ce monde : politiciens, humanistes, scientifiques, religieux… Ceux qu'on écoute. Quant à ceux qui possèdent très peu, voir pas du tout de théories et de codes du bien et du mal, ils sont en quelque sorte des diables ratés. Mais ce sont eux, en apparence, les plus extravagants et les plus bruyants, c'est pourquoi nous croyons que la prostituée est démoniaque et que le pape serait divin ! Pour le Christ, c'est le contraire ; nombre de prostitués verront les portes du monde à venir s'ouvrir avant les papes, les bouddhas et autres puritains lavés au savon d'Alep.
Est-ce que Judas finit par voir cela ? On ne le sait, le texte semblant plutôt faire échos à une certaine « légende » du suicide à propos de l'apôtre. Quoi qu'il en soit, au regard du Christ, le bien n'est pas le bien parce qu'il est le bien sur l'échelle du bien et du mal. En termes biologiques et raisonnables, ce que Dieu veut est le bien, et ce qu'il ne veut pas est le mal… le bien d'hier pouvant devenir ainsi le mal de demain. Et il a plu à Dieu de vouloir que l'homme aussi, un jour, ne se nourrisse plus et n'obéisse plus aux idéologies éternelles du bien et du mal, mais que, comme Lui, les fils de l'homme, par une simple parole, leur commandent selon ce qu'ils veulent. De sorte que « rien ne leur sera impossible ». Pas plus que 2 et 2 fassent 100, pas plus que de se sacrifier jusqu'à la mort pour ceux qu'ils aiment. D'aller jusque dans leurs morts pour l'annihiler et pour les ressusciter avec eux dans un monde Autre et Ailleurs. Ainsi a fait le Christ, hors et au-dessus de tous les calculs que l'homme savant fomente du haut de son intelligence tout-puissante.
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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Ai-je dit que « les démons n'existent pas » ? Non. Je ne l'ai pas dit et je ne le dis pas. N'ai-je pas plutôt dit la chose suivante : « La question du diabolique n'est pas de savoir s'il existe ou pas… franchement, cette question est stupide, pour ne pas dire débile ! » Tout le monde étant d'accord pour reconnaître les possibilités abominables et exécrables dans lesquelles ce monde et l'homme sont capables de tomber. Les uns traduiront ces phénomènes en parlant d'êtres spirituels libres et personnels nommés démons, et d'autres parleront de la psyché humaine, de l'éducation, de problèmes affectifs liés à la petite enfance… etc., etc. Bref, chacun vient ici avec sa solution et ses définitions, mais tous reconnaissent les états de démence du monde auxquels échappe toute emprise et dans lesquels l'homme individuel peut basculer. Tout le monde croit au mal et à l'excès de mal transformant l'homme en être in-humain et dément. De même que tout le monde croit au bien et à la surabondance du bien transformant l'homme en être sur-humain et héroïque. Tout n'est ensuite qu'une guéguerre d'idéologies plus ou moins logiques ou mystiques pour donner une explication à ce qui n'en a pas !
J'ai bien dit que : « le mensonge diabolique est de nous faire croire qu'il est ce que nous voulons qu'il soit… de nous faire croire plus précisément qu'il existe — ici et maintenant — une réponse logique qui soit définitive à la question du mal… et donc du bien. » En somme, ce que j'ai dit, et ce que j'aurais aimé qu'on eût entendu sans que je doive le dire clairement, c'est la chose suivante : chercher à expliquer et définir le mal, le diable et les démons, c'est le propre du diabolique. Et de même : chercher à expliquer le bien, les anges et dieu, cela est le propre du diabolique ; et je dirais même que les idéologies sur le bien, les anges et les dieux sont les lieux de l'excellence du diabolique, là où sa puissance est au paroxysme !
C'est pourquoi je disais enfin : « C'est tout le propos de « l'Arbre du bien et du mal » sur lequel la Bible s'ouvre. » En effet, discuter sur les démons auxquels des anges s'opposeraient, sur le diable auquel un dieu s'opposerait, ou sur le mal auquel un bien s'opposerait, etc., cela est vu comme étant précisément la racine même du mal dans l'Écriture. C'est pourquoi, enfin, l'Évangile ne comporte quasi pas d'enseignement à propos de ce qu'est ou n'est pas un démon. Il ne fait que constater un état, puis il nous montre un Homme capable de l'évacuer aussi facilement qu'on nettoie une tâche de lait ou de boue. Un Homme qui, en l'occurrence, porte toute notre attention sur un autre-monde, un monde au-delà du bien et du mal, ce qu'il appelle le Royaume des cieux. Le royaume des cieux seulement. Là où la question du bien et du mal ne se pose plus, ni même celle des démons et des anges ou de la vie et de la mort. Là où, disait l'apôtre : « Tout est à vous […] soit le monde, soit la vie, soit la mort, soit les choses présentes, soit les choses à venir. » (1 cor 3). Je le répète : « même la mort » appartiendra aux fils de l'homme, même l'oméga !
De fait, je répondais ainsi à la question de Thamis : Que des personnes réelles et bien vivantes, telles que nos proches, soient des anges et des démons, cela n'existe pas selon moi. Ce n'est là qu'une théorie parmi d'autres que porte l'Arbre de la connaissance pour tenter d'expliquer l'inexplicable : le bien et le mal, le diable et les dieux. Aussi, disais-je : « il n'y a que des hommes qui possèdent plus que d'autres les meilleures et les plus pragmatiques théories sur le bien et le mal, et qui, de ce fait, finissent par êtres possédés par elles… et par dominer le monde. » Les véritables démons sont des hommes possédés par des messages idéologiques de manière savante, c'est-à-dire de manière intégriste, là où la discussion n'est plus possible tant la preuve est flagrante — à leurs cerveaux et selon leurs expériences. Plus cette idéologie chimérique est plausible par la Science collective, plus son venin est puissant, et plus elle est vécue par l'expérience individuelle, plus elle est pathologique.
Sachant que le vocable « ange » signifie littéralement messagers, d'où « messages », il s'ensuit que le texte biblique a bien quelque chose à dire. Notre 21e siècle tant baigné de messages et de leur brouhaha devrait plus qu'aucun autre siècle écoutait une lecture fraîche de la Bible. Mais il ne le veut pas, parce qu'il faut, pour entendre autrement l'Écriture, oser réfléchir jusqu'à briser nos idéologies gréco-chrétiennes sur le méchant Démon et le gentil Ange, sur l'horrible Mal et la béatitude du Bien. Assurément, cette sorte d'envoûtement ne s'évacue qu'après bien des jeûnes d'idéologie, après bien des prières vers Celui qui dépasse toutes les idéologies (cf. mat 17). Le Christ avait encore une fois raison et nous manquons décidément de Foi, ce dont les anges et les démons sont totalement dépourvus tant ils sont plein d'obéissance et vides de liberté.
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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Tu n'as pas à t'excuser, car au moins, j'ai l'assurance que tu sauras me contester si tu remarques que je pars en eau de boudin… en outre, le sujet est difficile et je ne prétends pas y voir clairement… et justement, heureusement. Ton regard est de ce fait tout aussi intéressant que j'espère peut l'être le mien. ![]()
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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