
7
Vous n'êtes pas identifié(e).
Pages : 1
Prier Jésus n'est pas enseigné dans la Bible. La mission de Jésus consista à nous réconcilier avec le Père. C'est pour cette raison que pour moi nous n'avons à faire qu'avec le Père.
Dernière modification par Stéphane (03-05-2013 23:42)
Hors ligne
Quelle réflexion judicieuse ! J'y adhère et j'apprends. « Prier Jésus, une erreur », quel scandale… ! Et pourtant ; je le pense aussi. Car je dis qu'on prie Jésus dans la mesure où l'on entend pas qu'il est le Père, dans la mesure où l'on commence à créer 2 personnes de Celui qui n'en est qu'une parce qu'il est Un. Dans la mesure où l'on est finalement dans le doute à l'égard de Jésus, dans une forme d'incrédulité de « qui il est », ainsi que nous le dit ce petit passage de l'évangile : « Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ? » (jn 14). S'accrocher à prier Jésus, c'est prier avec un filet par peur de prier sans filet. On s'adresse à un être de chair et de sang, à un « Jésus de l'histoire » plus qu'à Celui qui est ressuscité — c'est-à-dire au Père qui en nous enfante le Fils de l'homme.
Enfin, quelle belle remarque : « Nous ne connaissons le Christ que dans la mesure où nous devenons semblables à lui. » Je me tais tant c'est bien dit.
Pour aller dans la discussion, j'aimerais cependant te poser cette question : Qui les prophètes de l'AT priaient-ils ?
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
Hors ligne
Bonjour,
La voie habituelle est de prier le Père au nom de Jésus.
Mais il est possible aussi de s'adreser directement à Jésus : on le voit faire à deux ou trois reprises dans le NT.
Par contre cela n'a pas de sens qu'un chrétien prie le Saint Esprit.
Hors ligne
La voie habituelle est de prier le Père au nom de Jésus. Mais il est possible aussi de s'adreser directement à Jésus : on le voit faire à deux ou trois reprises dans le NT. Par contre cela n'a pas de sens qu'un chrétien prie le Saint Esprit.
C'est du paganisme cela Gérard. Pourquoi pas prier Zeus au nom d'Athéna qui est elle-même sa fille ? Car là aussi nous avons deux personnes. D'ailleurs, pourquoi ne pas parler d'une « quadrité » en rajoutant Marie, la mère de Dieu. À quand la fille ? Et le cousin ? Et les neveux ? La supercherie de la Trinité, c'est tout simplement vouloir assimiler Dieu à la multiplicité des anges. C'est bien du paganisme habilement déguisé.
Voyons quand le NT testament parle de prier « au nom de Jésus », il ne signifie pas de s'adresser à une personne par la médiation d'une autre personne. En effet, Dieu est un et Un seul, aussi n'a-t-il pas besoin de médiateur s'il s'adresse directement à l'homme. Pareillement, l'homme n'a pas besoin de médiateur s'il s'adresse directement à Dieu. Et lorsqu'un médiateur est utilisé pour ce dialogue, c'est que Dieu ne parle pas directement à l'homme, et que l'homme ne Lui parle pas directement. Dieu et l'homme usent alors d'une autre personne que Dieu lui-même pour cette échange de conciliation : on parle de médiateur. Ainsi donc, Jésus n'est pas médiateur de Dieu, sinon il n'est pas Dieu, car Dieu est Un. (cf. gal 3.19-20).
Que signifie « prier au nom de Jésus » ? C'est prendre Dieu à témoin sur lui-même ; sur ce qu'Il a fait, Lui, personnellement. — Car on peut prier Dieu autrement : « au nom de la Loi, de la morale, de nos œuvres… ». Dans ce cas, on ne prend pas Dieu à témoin de Lui-même et de Son œuvre, mais on use d'un argument inférieur, on use de l'intermédiaire de la Loi par exemple. Or, la Loi fut donnée par des anges (gal. act. héb.). Aussi peut-on prier Dieu au nom des anges. — Je ne développerai pas ce sujet, c'est inutile, car je ne crois pas que tu aies l'audace de mettre en question la Trinité venue de la Tradition. Et je te crois même incapable de demander à Dieu de t'éclairer sur cela. À quoi bon alors t'éclairer sur le reste ?
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
Hors ligne
Je pense que la doctrine de la Trinité a surtout été inventée pour rendre saisissable ce qui ne peut l'être. L'image de l'eau, tantôt liquide, tantôt vapeur, ou tantôt solide comme la glace est une image intéressante, mais il fallait en rester là : en rester à l'évocation… Basculer dans l'idée d'un Être en trois personnes, c'est tout simplement basculer insidieusement dans une forme de paganisme. On se tortille dans tous les sens et on se gratte les fesses pour comprendre l'incompréhensible par une formule théologique, mais l'invention de trois personnes trinitaires rajoute du poil à gratter.
La difficulté, c'est qu'avec le Christ, nous sommes passés de l'adage islamo-juif du « Dieu unique et un », et absolument transcendant, à un Dieu qui n'est plus absolument transcendant, MAIS, qui ne devient pas pour autant absolument immanent ! Or, nous sommes incapables de connaître et penser un être autrement que, soit transcendant, soit immanent.
Pourtant, dès l'instant où l'homme prie, il est d'ici-bas, parce qu'il prie, mais il est d'en-haut parce qu'il croit que sa parole monte au-delà, frappant et bouleversant les racines de la vie qui sont en-haut. Or, celui qui prie ne prétend pas être trois personnes : celui qui parle en priant (le fils), sa volonté qui atteint le ciel (le père), et sa force qui revient produire l'effet ici-bas (l'esprit). S'il le pensait, on devrait l'interner pour protéger les gens qui côtoieraient un tel énergumène.
De fait, l'image islamo-juive du Dieu uniquement et absolument céleste ne vaut pas mieux que la conception hindouiste ou ésotérique d'une Divinité absolument immanente qui serait donc visible et vivante dans chaque partie de l'Univers. Le Christ a brisé la première image sans concéder à la seconde ; il a dévoilé un Dieu que ni la transcendance, ni l'immanence ne peuvent enfermer ! Un Dieu dont la liberté nous échappe totalement. Il peut toucher à cet univers au point de s'incarner en lui, se soumettant à son espace et son temps, et ce faisant échapper pourtant à cet univers et ne pas être soumis à son espace et son temps. Pour résoudre cette énigme, les savants on inventé un truc pratique en rangeant Dieu dans trois tiroirs : le fils de notre espace-temps, le père hors de notre espace-temps et l'esprit qui fait la navette entre les deux.
Pour ce qui me concerne, l'énigme me paraît plus simple que cet imbroglio amphigourique et tarabiscoté de la Trinité. En outre, l'énigme me donne précisément plus d'espérance. Car si l'homme est un jour appelé à ressusciter dans une telle Nature, c'est alors qu'il est vraiment une nouvelle créature : un Tout-Autre ! La trinité n'est somme toute qu'un être qui a le cul entre les deux chaises de deux natures, l'une transcendante et l'autre immanente ; un être qui ne parvient pas à échapper totalement à l'emprise de l'ici-bas (le fils) et qui ne parvient pas à quitter non plus totalement son au-delà (le père), et qui, pour garder le contact et l'unité avec sa personnalité divisée se crée alors un troisième être qui lui sert de iphone entre lui et lui. Avec la trinité, nous avons un pied dans la magie. Pourquoi ? parce que nous manquons de foi pour accepter l'inacceptable … et nous manquons aussi de foi pour accepter de ne pas comprendre en nous contentant d'aimer absolument.
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
Hors ligne
Pages : 1