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Jésus conduit le discours de la loi à son paroxysme dans le sermon sur la montagne, afin que l’homme prenne conscience que sa nature rend impossible la parfaite application de la loi.
Dernière modification par Stéphane (04-05-2013 01:40)
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Oui ! Tout à fait !!!
Tu touches à ce qui est, selon moi, une des clefs, pour ne pas dire la clef essentielle permettant d'ouvrir la parole du Christ : la Séparation entre la Loi et la Foi.
Cette clef n'est donnée qu'avec la maturité ; tu peux te réjouir de la déceler ! En effet, dans le monde matériel nous appelons un homme adulte qui aurait la maturité d'une enfant de 10 ans, un débile léger, voir plus. C'est pourquoi j'appelle ces « chrétiens » qui annoncent le christ depuis 5 années, 10 années, et plus encore, sans pouvoir toutefois différencier la Loi de la Foi, des autistes spirituels. C'est-à-dire que dans le monde spirituel ils sont vus comme des cas psychiatriques, soit donc, des hommes malades et dangereux.
Il me semble avoir abordé sur ce forum le « sermon sur la montagne » sous cette angle sur lequel se porte ici ton regard… À cet endroit il me semble : « le Christ prêche la tôrah, notamment dans une grande partie du « sermon sur la montagne » où il amène la morale à son paroxysme […] Puis, ce discours adressé à la foule se métamorphose petit à petit, et au fur et à mesure où il sépare les siens de la foule […] en un autre propos. Ainsi amène-t-il les disciples à désobéir à la tôrah, à ne plus respecter les mitsva, à les faire fauter moralement pour basculer dans un discours sur la Foi seule, sans les œuvres… »
Quoi qu'il en soit, l'extrême rigidité du sermon sur la montagne quasi rabbinique et pharisienne est, comme tu le dis, une intention voulue par le Christ dans un but précis : le but somme toute de la Loi. Son discours pourrait être résumé par cette parole du Talmud : « Quand vient la perfection, le satan danse. » C'est-à-dire que la recherche de la perfection par la loi, et la promesse que la sanctification par la loi permet à l'homme d'atteindre la perfection divine, cela réjouit le satan. Car cette perfection, dit le Christ, est impossible à l'homme : « Soit vous abandonnez la justice de la Loi pour concevoir que ma justice est aux yeux de la Loi injuste, moi qui pardonne gratuitement ce qui est impardonnable ; soit vous êtes perdu. Soit vous avez Foi à mon sacrifice pour vous, soit c'est votre vie qui sera sacrifiée, et ce sacrifice-là ne suffira même pas pour payer ce que vous devez à la Loi. »
Plus exactement, la perfection du Père dont parle le Christ est en vérité d'une toute autre nature que la perfection que prône la loi, elle est d'une autre nature que cette perfection qui doit se justifier devant le tribunal du bien et du mal. Dieu ne se justifie devant rien ni personne. « Il faut chercher Dieu au-delà du Bien » disait Chestov.
Le problème de l'impossibilité d'atteindre cette perfection n'est pas le vrai problème que sous-entend en vérité le Christ ! Le problème, c'est précisément la définition de ce qu'est la perfection. Le problème de la perfection, c'est sa définition ; cette définition qui fait de la perfection l'obéissance absolue à un certain concept idéal du Bien contre le Mal. — Le Christ n'est pas venu pour permettre finalement à l'homme d'atteindre ce concept, comme s'il donnait de l'atteindre, mais autrement que par le média de la loi. Niet de niet ! Le Christ n'est pas venu réaliser cette idée du Bien contre le Mal. Il est venu accomplir la promesse de la Loi. Or cette promesse, la loi ne peut l'atteindre parce qu'elle ne la voit pas, parce que la perfection divine est autre chose que l'obéissance à la loi, autre chose que d'obéir à un concept idéal du Bien. La Loi « a l'intention » de la promesse disait Luther, mais non la puissance de l'atteindre. La Loi ne voit pas cette promesse, mais elle tente de l'évoquer, et dans son évocation, elle sous-entend que la venue de la promesse sera la fin même de la loi. Ainsi parlait les prophètes de la Loi, d'où le douloureux déchirement dans lequel ils se trouvaient.
La perfection de la Loi est donc un problème parce qu'elle n'est pas la perfection que vise le Père pour les hommes ! La Loi est une perfection légaliste : elle est angélique et a été donnée par les anges nous dit d'ailleurs la Bible. Elle est rigide, comme l'est un ange, car elle est fondée sur une idéologie conçue dans l'abstrait. Elle est un mouvement intellectuel où l'incarnation de l'idée de Bien est tout de suite soupçonnée de Mal ; parce qu'en s'incarnant l'homme aurait sali l'Idéal de cette idée pure du Bien ; il aurait offensé le divin Bien. L'idée du Bien parfait et absolu tend donc à désincarner l'homme. Elle tend à le transformer en cette pure idée du Bien ; en une espèce de conscience nauséabonde n'ayant de vie que de savoir que le Bien est divin.
Or, le Fils est au-dessus des anges, c'est pourquoi il n'a craint pas de s'incarner, ne pensant pas que l'incarnation est un mal et une offense faite à Dieu, bien au contraire ! C'est pourquoi la Résurrection EST la promesse. La Promesse est dès lors l'exact contraire de la perfection que voit la Loi. La Promesse, ce n'est justement pas cette diablerie de Bien, cet espèce nirvana désincarné où l'Idée du Bien a l'interdiction d'être vivante dans le réel. La Promesse, c'est un autre corps où l'homme ne sait pas le Bien, mais où il décide de ce qu'est le bien ! La perfection du Père, c'est « que ma volonté soit faite, même si le bien n'est pas d'accord et la juge hérétique au point de la condamner à la crucifixion. » La perfection du Père, c'est la libre volonté, tandis que la perfection de la loi, c'est la volonté asservie à un idéal du Bien qui a pris la place de Dieu. En somme, le Père est festif, car il aime incarner dans le réel sa volonté d'aimer et d'être libre ; tandis que les dieux des lois sont des hommes mornes, polis, policés et sages, et pour qui le rire et le moindre sourire sont déjà une impureté, un scandale.
La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller
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Nous ne sommes pas sous la Loi mais sous la grâce ; Ne nous y remettons pas car ce serait un principe de condamnation dans la mesure où il est impossible à l'homme de respecter la Loi à 100 %, ce qui revient à ne pas la respecter du tout.
Dernière modification par gerardh (09-01-2013 14:09)
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Nous ne sommes pas sous la Loi mais sous la grâce ; Ne nous y remettons pas car ce serait un principe de condamnation dans la mesure où il est impossible à l'homme de respecter la Loi à 100 %, ce qui revient à ne pas la respecter du tout.
Tu vois bien Gérard que tu n'écoutes pas l'autre. Ta réponse ici le prouve encore… pour la énième fois. Mais que fais-tu au juste ? Tu regardes le thème de la discussion ; ici la loi et la perfection ; puis tu vas dans ton dictionnaire de doctrine, tu feuillettes jusqu'à la lettre « L » comme « Loi », ou « P » comme « perfection », tu fais un copier-coller et tu récites ta doctrine comme un perroquet. Tu penses alors avoir fait ton boulot, avoir répondu à l'autre. Comme si l'autre n'était que le réceptacle d'une doctrine et qu'il te suffirait de lui insérer le bon programme pour l'aider.
Et malheur ! dès lors où la réflexion n'entre pas dans le cadre de ton dictionnaire des doctrines, tu cries à la philosophie et au diable. Mais enfin ! si tu avais bien lu ma réponse tu aurais remarqué que je questionne le texte, chose que tu n'oses pas faire. Pour toi, tout se passe entre toi, la machine, et dieu, la doctrine ; il te suffit donc d'installer la bonne doctrine dans ta tête — mais surtout, ne jamais la questionner. Tu es programmé et tu ne sors pas de ton misérable programme. Est-cela plaire à Dieu ? Faire le perroquet et surtout de pas le questionner comme un fils le fait avec son père ?
Voici donc ce que j'ai dit : La Grâce, c'est Dieu qui ne veut pas qu'on respecte la Loi, de même que Lui ne la respecte pas ! Ceci n'est pas de la philosophie, c'est tout simplement ce que dit la Bible. Ha oui, ça nous pousse à chercher Dieu au-delà du programme des doctrines, à sortir de la paresse dont tu témoignes et qui consiste à être une machine intellectuelle et morale. Car la Loi ne nous condamne pas parce que nous ne pouvons lui obéir à 100% ; MAIS parce que nous voulons lui obéir à 100%. Celui-la même qui y parviendrait serait donc tout aussi perdu que celui qui la rejetterait complètement ! Nous sommes condamnés parce que nous sommes incapables de commander à la Loi ; parce que nous ne voulons pas croire avec Dieu que la Grâce nous conduira un jour à dire, tel un fils de Dieu : « Rien ne m'est impossible. Que ma volonté soit faite ». N'est-ce pas scandaleux ? Oui, c'est le scandale du Christ, lui qui a pardonné notre misère contre la Loi et la morale, et en les offensant directement.
Ainsi donc, ton petit : « Nous ne sommes pas sous la Loi mais sous la grâce ; Ne nous y remettons pas car… », et patati et patala… et gnagnagna, gnagnagna… Ce sont des cours de maternelles. Pense donc. Sinon tais-toi. Tu fatiques tout le monde avec tes cubes à emboîter qu'on nous à rabâché dans les églises années après années. Ce forum n'a pas été ouvert pour de nouveau les écouter. Si tu veux jouer dans ce bac à sable et réciter tes alphabets, il y a par exemple le top chrétien ou les forums catholiques pour cela ; tu y trouveras là-bas une tonne de débiles légers avec leurs conducteurs autistes qui comme toi récitent des redites comme on égrènent un chapelet, faisant de la tautologie entre deux amen et trois alléluia.
À toi Gérard, j'adresserai cette parole de Kierkegaard : « Enlevez à un penseur le paradoxe et vous avez un professeur. […] Or, le professeur est un eunuque ; mais il ne s’est pas châtré pour le royaume des cieux, tout au contraire, pour bien être apte à ce monde sans caractère. »
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Merci beaucoup ivsan, pour tes encouragements. (J'avais bien lu tes propos sur la Loi et la grâce). La grâce dont tu fais preuve à mon égard est un puissant témoignage de tes convictions
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Merci Gérard pour ton cynisme. Mais en effet, j'use de grâce à ton égard, car « les blessures d'un amis prouvent sa fidélité ». Cela aussi c'est la grâce. « Le coq chantera et tu me renieras, dit le Christ à Pierre… et il le blesse. Non ! il le sauve. Maintenant, si tu tiens à t'accrocher à ta version bigoterie ekklésiastique et « plus belle la vie » de la grâce, il te suffit de lire la suite du proverbe précité : « Mais les baisers d’un ennemi sont trompeurs. » (27.6)
Tu trouveras, je te l'ai déjà dit, sur les forums des débiles légers — le top chrétien étant le plus apte à cela — des gens qui te baiseront chaleureusement les mains et les pieds en te chantant des alléuias et des amens à chacune de tes interventions. Tu peux toutefois continuer à préférer ce forum, mais sache que tu seras poussé par mes soins à te remettre en question. Ne crois pas que tu puisses ici égrener ton chapelet en paix, je suis un iconoclaste et un briseur de vérités. C'est-à-dire que je suis tout simplement chrétien.
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Yoho ! Bien vu. Y'a de quoi développer là. Je n'avais pas ouvert les yeux sous cet angle. Merci, c'est vraiment riche et inspiré selon moi.
Je mettrai juste un bémol sur ce que tu dis là : L’homme, donc, en quelque sorte, est l’idole interdite de Dieu.
C'est-à-dire qu'il me semble plutôt que c'est bien Élohim, et non le Père qui a créé l'homme à son image, et plus précisément à leur image dit le texte. « Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image » (v 26). Dieu, qui est ici le vocable Elohim, c'est la Nature. La Nature a échoué à faire ce que Dieu voulait.
C'est-à-dire que Dieu ne crée pas, il engendre. Dieu, c'est un Père ; ce n'est pas un Dieu. Les dieux, ou le Dieu-Un quand on les unifie au sein d'UN même but, accord et harmonie, ce sont des forces, des vérités de la nature, des logiques, des lois, des sciences… des anges dit la Bible. Anges parce que littéralement des messagers. Ils sont messagers, porteurs d'une intention du Père qu'ils reflètent, mais qu'ils ne peuvent révéler. Ils sont dans l'ombre du Père. Étant dans son ombre, ils sont déjà lumineux. Ils sont aussi très rigides, car une ombre par nature obéit à sa source. Et ils sont aussi limités, car une ombre n'est pas autonome tandis que la source l'est.
D'où le nom de Elohim, un pluriel en hébreu. Fabre d'Olivet traduit par « Lui-les-dieux », tandis que nous, nous laissons la traduction ambigu de « Dieu ». Soit donc, le Père induit la Nature en tentation en somme, et l'homme aussi avec elle. Il sait que la Nature ne pourra pas engendrer, mais seulement créer. Il sait que l'homme, en obéissant à la nature, à ses forces et ses nécessités, en étudiant ses lois pour s'en nourrir et en faisant de sa connaissance un Dieu, il sait donc que l'homme aussi ratera le but. Il ne parviendra jamais à être fils et à connaître le Père. Il ne pourra qu'être une image de ses dieux : soit un ange, une logique, une machine ; soit une bête, un égotiste. Raison pour laquelle les juifs appellent les anges, « les bêtes sacrés » (voir les visions d'Ézechiel notamment).
Alors oui, ton propos est lumineux, mais il me semble mieux de le préciser ainsi : Le Père induit l'homme et la nature à « désobéir à la Torah qu'ils ont tous les deux formulé ensemble (d'où torah orale et torah écrite d'ailleurs)… » Ce qui revient à garder ce que tu dévoiles, mais simplement de le coller encore plus au texte biblique ! il me semble…
On se demandera : pourquoi un tel mic-mac ? Parce qu'ainsi le Père se révèle pour ce qu'il est. Parce qu'il a voulu et a prédestiné dès le départ de se révéler, de ne pas demeurer caché et inaccessible. Il est cet amour et cet liberté qui se sacrifie ! Il est vraiment un Père et plus qu'un dieu. Et c'est par le sacrifice qu'il engendre, non par l'intelligence. En s'incarnant en homme, il s'identifie à l'image et l'idole dans lesquelles nous nous sommes enfermés avec le monde naturel. Puis en se brisant et se déchirant lui-même, il ouvre sa vie à tous : il répand son sang. De la créature créée, il engendre des fils. Le Père commence dès l'instant où le créateur, et la créature, l'idole donc que nous sommes, sont l'un et l'autre brisés.
Qu'en penses-tu ?
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