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#1 24-01-2013 23:21

Stéphane
замед [zamed]
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Le principe de donnant-donnant

Le principe de donnant-donnant semble s'opposer dans sa logique à la grâce de Dieu.

Dernière modification par Stéphane (25-03-2013 15:34)

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#2 31-01-2013 12:11

ivsan otets
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Re : Le principe de donnant-donnant

  Ce principe de donnant-donnant, de causes-conséquences, ou encore de mérites et récompenses… en terme socio-politique, nous le savons, c'est un principe indispensable. Il serait donc dangereux de vouloir rayer de ces lois une seule de leurs lettres. Cela permet à la communauté d'être civilisée, ordonnée. Cela permet surtout de dompter, un petit peu, en chacun sa volonté ; laquelle, lorsqu'elle est rendue libre à l'égard du bien et du mal, dévoile tout son égoïsme au point que chacun se met à dévorer son prochain pour un « oui » ou pour un « non ». La loi pose une limite aux dégâts, déjà considérables, de nos « entre-dévorements ».

  On se demande donc comment Dieu fait pour demeurer totalement libre à l'égard du bien et du mal sans dévorer l'univers entier en un instant. Et si Dieu demeure au-delà du bien et du mal, n'hésitant pas à offenser directement leurs règles, on se demande s'il n'est pas contre la collectivité. Car nous savons que ces règles du « donnant-donnant » sont l'enclos des collectivités ; elles les protègent, tels de hauts murs, contre les ennemis vivant à l'extérieur. C'est-à-dire contre les sauvages et les hommes libres, car la loi, dans son aveuglement, confond l'un avec l'autre.

  Quel dilemme donc ! Quelle impasse ! Si nous rendons Dieu obéissant à une loi du bien et du mal, nous abolissons Dieu et faisons de cette Loi, un Dieu ! Il suffit alors de devenir magicien pour être spirituel. À savoir que tel acte de ma part produira automatiquement telle chose chez le divin et dans la réalité dont il est le créateur ; et plus ma connaissance et ma pratique des lois du bien et du mal sont profondes, plus Dieu est entre mes mains une marionnette que je tourne à mon avantage. L'intelligent, le sage, le moraliste, le scientifique sont des « faiseurs de dieux », littéralement des « théurges ». Et le christianisme est lui-même une théurgie, une magie, une façon de faire agir Dieu alors qu'il doit obéir à me rendre selon mes œuvres et selon mes choix.

  Quiconque veut suivre le Christ doit abandonner toute théurgie et regarder sa connaissance, ses œuvres et son libre arbitre comme une vanité devant le ciel. Le Christ, c'est accepter que Dieu soit le seul libre et que jamais il ne se justifie devant une loi ; que jamais il ne ploie devant nos actes, et que jamais il ne considère que nos forces, nos intelligences, nos richesses ou nos choix soient des raisons qui le poussent à nous aimer. S'il m'aime, c'est parce qu'il le veut et cela ne dépend pas de moi.

  Quiconque veut suivre le Christ doit accepter que Dieu est insaisissable, incohérent, arbitraire, scandaleux. Notre dernière prière, ou peut-être justement notre seule prière serait alors : « Qui es-tu ? » Et notre plus grande révélation serait probablement : « je t'adresse ma louange mon père, car tu as caché ces choses loin des sages et des intelligents ». Je t'adresse ma louange, car tu m'as aimé, malgré moi, contre moi et sans mon consentement. Tout était accompli avant même que je le sache. Je n'ai rien donné qui justifie que tu m'aimes et t'approches de moi. Il n'y a entre nous aucun rapport de donnant-donnant, et dès que je conçois que la plus infime chose, œuvre ou choix de ma part te conduit à m'aimer, alors, je sais que je te perds.


La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller

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