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#1 06-02-2013 00:51

Stéphane
замед [zamed]
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Job et ses « amis »

Les « amis » de Job certainement étaient en quête d'eux-même.

Dernière modification par Stéphane (06-02-2013 00:53)

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#2 01-04-2013 01:58

ivsan otets
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Re : Job et ses « amis »

  Oui, certainement, ils étaient eux aussi en quête d'eux-mêmes… et de dieu ! Job devenait un prétexte pour établir la preuve que leur rapport avec dieu était inspiré, que leur rapport moral, donc selon les termes de la conscience du bien et du mal, soit donc de la loi, était l'alliance qui les justifiait devant dieu. Car job, qui, selon eux, avait violé cette alliance, était justement puni. En terme de la loi, ils avaient raison, mais en terme divin, ils avaient tort. Le réaliste a toujours raison devant la raison, mais il a tort devant dieu qui est déraisonnable — chose qu'il ne peut admettre, il a trop conscience et trop confiance en cette fausse guerre du bon contre le mauvais.

  Job, qui lui se savait aussi juste et fautif qu'eux, trouva dans leur acharnement et sa propre souffrance la volonté de dépasser la loi, de voir dieu illégaliste et illégal. Ainsi osa-t-il, soudain, demander à dieu d'être justifié au-dessus de la loi. Blasphème ! Et pourtant, job trouva le père tandis que ses amis restaient sclérosés dans le créateur. Job voyait le christ de loin ! Car le christ est précisément le père.

  De fait, les amis de job, incarnation du clergé, et aussi du politique, du raisonnable, de l'homme des lumières…, furent les accusateurs qui, en accusant l'inspiré sur son tas de fumier, servirent précisément de déclencheur à la folie de la foi que dieu faisait émaner en job.
Le diable est toujours le diable de dieu.

  Restait aux amis de job d'écouter dieu dans ce nouveau murmure, de dépasser, eux aussi les tonnerres de la loi pour écouter le murmure du pardon dont job devenait le témoin avec l'approbation d'en-haut. Ainsi réagit Élie qui lui aussi, tels les amis de job fut d'abord prophète de la loi, puis, vaincu par jézabel, selon la volonté de dieu, devint prophète de la foi lorsqu'il entendit, enfin, que dieu n'était pas dans le tonnerre, mais dans le murmure ; dans le pardon individuel de la foi, au-delà de la loi, et à l'opposé de la justification qu'apporte une loi générale et collectiviste. Puis jézabel, hélas, resta dans le tonnerre, et fut jugée selon celui-ci.

  Quant aux amis de job, nous ne savons pas, mais un fort doute pèse sur eux, de même qu'un fort doute pèse sur l'ekklésiastique, type même de ce genre d'attitude. Le clergé est somme toute très souvent le diable de dieu pour l'inspiré qui cherche au-delà de la raison. Et peut-être ne sert-il qu'à cela d'ailleurs !? L'obéissant est toujours le serviteur du fils, de celui-là même qui cherche dieu dans sa souffrance tandis que le père l'appelle à abandonner le créateur. Ainsi l'aîné eut la même attitude avec son frère cadet dans la parabole du fils prodigue : il se mit en colère, le rejeta, et semble même tout près de rejeter le père dans son élan. En effet, un père engendre, tandis qu'un créateur fabrique. Aussi l'un cherche-t-il la foi de ses fils quand l'autre cherche l'obéissance de ses serviteurs. Eh quoi ! il faut bien commencer par obéir. Oui ! bien sûr ! Mais quand l'adulte obéit comme un enfant, c'est qu'il a un vrai problème ; une sorte de problème d'ordre de la psychiatrie spirituelle pourrait-on dire. Ainsi bascule-t-il dans la persécution, et même à persécuter celui qui cherche… qui trouve… à persécuter les job.


La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller

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