Deprecated: Array and string offset access syntax with curly braces is deprecated in /home/clients/55119ed68b63a6b9dbd70c5992d1efb3/web/forum/include/functions.php on line 1725

Deprecated: Array and string offset access syntax with curly braces is deprecated in /home/clients/55119ed68b63a6b9dbd70c5992d1efb3/web/forum/include/functions.php on line 1749

Deprecated: Array and string offset access syntax with curly braces is deprecated in /home/clients/55119ed68b63a6b9dbd70c5992d1efb3/web/forum/include/functions.php on line 1794

Deprecated: Array and string offset access syntax with curly braces is deprecated in /home/clients/55119ed68b63a6b9dbd70c5992d1efb3/web/forum/include/functions.php on line 1980

Deprecated: Array and string offset access syntax with curly braces is deprecated in /home/clients/55119ed68b63a6b9dbd70c5992d1efb3/web/forum/include/utf8/utils/bad.php on line 273

Deprecated: Function get_magic_quotes_runtime() is deprecated in /home/clients/55119ed68b63a6b9dbd70c5992d1efb3/web/forum/include/common.php on line 70

Deprecated: Function get_magic_quotes_gpc() is deprecated in /home/clients/55119ed68b63a6b9dbd70c5992d1efb3/web/forum/include/common.php on line 74
L'expression « Je suis » (Page 1) / Ancien Testament / Akklésia

7


forum dédié au christianisme
sans églises


aux réchappés du jugement de l'Église :
« Il a trouvé ma faveur au désert, ce peuple réchappé du glaive » · jér. 312
             ï VERS AKKLÉSIA

Vous n'êtes pas identifié(e).

#1 08-05-2013 00:31

Stéphane
замед [zamed]
Inscription : 25-06-2012
Messages : 210
Site Web

L'expression « Je suis »

L'expression « Je suis » est une expression philosophique définissant l’essence de l'être, et qui, d'une certaine manière, représente l’expression minimale du divin.

Hors ligne

#2 14-05-2013 06:06

ivsan otets
админи
Lieu : france
Inscription : 24-06-2012
Messages : 338
Site Web

Re : L'expression « Je suis »

  Le Tétragramme est une supercherie et une volonté humaine de posséder la divinité en possédant son nom. Le contexte d'Exode 3 sur lequel le judaïsme s'est appuyé pour inventer un nom à Dieu est toutefois intéressant. En effet, Dieu refuse de donner un nom à Moïse et rejette sa requête, mais c'est en évoquant cependant le verbe « être » qu'il lui répond. Or, du fait qu'il n'existe pas de présent en hébreux biblique, la traduction du « je suis » est maladroite, c'est pourquoi Exode 3,14b dans le Tg Yerushalmi I devient : « Moi qui étais, qui suis, et qui serai, m’a envoyé vers vous. ». Même traduction que fait l'auteur de l'apocalypse : « Celui qui est, qui était, et qui vient ». Par ce verbe « être », il y a donc aussi refus de faire de Dieu un être « innommable ». Car alors, comment serait-il « connaissable », et de fait, comment l'homme serait-il lui aussi connaissable et particulier ? Nous retomberions dans une idée hindouiste d'une âme universelle impersonnelle tel que Cankara en parle : « …impossible de désigner le Brahman par des mots tel que Étant qui se rapportent à une classe de choses, ni par une propriété, ni par une activité, ni par une liaison puisqu'il est Un. […] Il est donc exact qu'il ne peut être désigné par aucun mot (concept) comme le dit la Gîta : “Devant lui les mots rebroussent chemin.” » — Quelle perspective divine ont ces malheureux hindous ! Une divinité qu'il ne faut surtout pas nommer, qui ne peut même pas Être sinon que morte, et plus précisément un Néant. En effet, la divinité comme Néant ne peut plus « se rapporter à une chose, une propriété ou une activité », puisque Vivre semble être le grand péché du Brahman, de même qu'il est celui du Bouddha. Soi-dit en passant, l'idée de Néant rapportée à Dieu se retrouve dans le Kabbale (le Ein Sof).

  Bref, pour revenir au tétragramme, nous lisons ailleurs, dans un Midrash hébreux : « Comme tu es avec moi, ainsi je suis avec toi. » Et dans un texte du Tg Onkelos [dans une version connue seulement de Nahmanide] : « Je suis comme celui avec qui je suis ». Là encore, cela nous renvoie au texte de l'Apocalypse : À celui qui vaincra […] je lui donnerai un caillou blanc ; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n’est celui qui le reçoit. »

  Je pense que tout cela se résout tout simplement dans le nom que Le Christ révèle de Dieu. Le Christ, qui d'ailleurs jamais ne se référa au tétragramme, nous donne enfin le nom de Dieu : PÈRE. Un père est connaissable ! Et c'est à mesure qu'un fils découvre son Père dans ses « mystères », dans ses « secrets », qu'il se découvre lui-même ; qu'il devient, comme Lui, capable de réaliser ce qui était impossible à l'enfant. Car étant enfant, il ne conçoit son Père autrement que superficiellement, par la voix, l'image, la puissance pragmatique… De même, étant enfant, il ne se conçoit pas encore lui-même comme un individu particulier, un être intérieur, capable d'affirmer pleinement une volonté intérieure vers l'extérieur. Enfant, il ne se connaît que superficiellement, par ses désirs venant de l'extérieur et comme étant déjà donnés, en dehors de lui, en dehors de sa puissance existentielle encore trop infantile pour qu'il puisse la connaître et la faire sienne.

  Ce n'est qu'en allant vers la maturité que l'enfant se forge un nom, une identité, et précisément en connaissant qu'il peut faire exister vers l'extérieur ce qui est à lui de l'intérieur, ce qui est à lui en propre, dans sa volonté, dans sa liberté. Mystère qu'il découvre en découvrant son Père, en découvrant combien son propre esprit est de la même nature que l'Esprit de son Père. Ainsi dévoile-t-il son identité en dévoilant celle de son Père, et, tout comme Lui, en rendant possible à l'extérieur l'infini des possibles qu'il développe en lui. Et voici encore ! une telle liberté fait la joie de son Père : « Je mets en lui mon affection » dira le Père.

  Cette maturité qui lui apparaissait enfant comme miraculeuse, lui apparaît désormais, en tant qu'adulte, comme naturelle. L'enfant, dont le rapport avec le Père était d'abord d'obéissance, devient alors un rapport aimant où l'unité n'est plus en fonction d'une soumission, mais selon une unité de Nature. Ainsi chaque-Un, chaque fils découvre son propre Nom, et se forge son propre Nom en découvrant le Nom du Père, c'est-à-dire la Personne intime de son Père, ses mystères, ses secrets. Un Nom que chaque-Un ne connaît pleinement que chaque-Un pour soi, en soi-même en quelque sorte, car chaque-Un connaît son Père par rapport à ce qu'il est en particulier, et non par rapport à une généralité sur laquelle tous seraient finalement clonés. Soit donc, chaque-Un révèle en soi-même, et par ce qu'il est, était et sera, la personne même du Père. Chaque-Un révèle du Père ce qu'il connaît de Lui au travers de sa particularité existentiel. Et de fait, chaque-Un découvre en son frère une plus grande dimension du Père. Dieu est donc toujours « à-venir », étant toujours à découvrir. Aussi tout « je suis » définitif serait une supercherie, tout comme un nom définitif est pareillement une supercherie. — Tout Fils dira du Père : Il est, il était, et il sera ; de même que chaque Fils dira de lui-même : Je suis, j'étais et je serai. Toutefois, la frustration n'est plus, ni la lutte, car plus rien ne fait obstacle à découvrir le Père. De même, plus rien en soi-même ne fait obstacle à mon devenir qui lui aussi est sans limites. Un devenir qui s'incarne dès lors dans un corps incorruptible, comme l'est l'esprit, non plus un corps de chair : chaque Être est Un en lui-même, particulier, autonome, et tous son Un dans le Père.

  Il y a pleine liberté et pleine unité… peut-être est-ce cela l'amour… En tout cas, ça n'existe pas ici-bas ni ne peut ici-bas exister. Le Christ avait raison : « Vous ne savez d’où je viens » (jn 8.14).


La plus grande chute est celle qu'on fait du haut de l'innocence. · heiner müller

Hors ligne

Pied de page des forums

Propulsé par FluxBB 1.5.0