Vous retrouverez sur la page de présentation de l’auteur deux documents sonores dans lesquels on peut entendre Jacques ELLUL s’exprimer sur des sujets divers :
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Été 2012
5,90 €
pdf de 13 pages Format livre
À propos : Dans la panoplie des menaces que l’Ekklésia fait peser (en chaire, via ses membres, ses écrits, etc.) sur le croyant qui amorce une remise en question de sa nature divine, on trouve en bonne place le verset 23 de Luc 11 et son imparable alternative : « Qui n’assemble pas avec moi, disperse ». Autrement dit : « Celui qui ne fait pas le même travail que je fais, celui qui ne coopère pas à mon œuvre, eh bien celui-là est mon ennemi ! » Voilà une étrange appropriation des paroles du Christ par l’Église, qui une fois de plus s’identifie à Dieu.
Cependant, il y a bien une réalité qui s’oppose à l’Église, mais cette réalité n’est pas le diabolos ; c’est le Christ Lui-même. Et dans ce passage où Il fait face aux religieux qui, justement, l’accusent d’être démoniaque, le Dieu incarné anticipe l’antique usurpation. Il déclare précisément l’inverse de ce qu’énonce l’Église : tous ceux qui poursuivent des constructions socio-religieuses — ce que sont les assemblées ecclésiastiques — font le contraire de ce que je veux. Ils éloignent de moi.
Cette parole, le Christ la tisse dans une réflexion sur la puissance et l’unité qui fait suite à un miracle. Miracles, mais surtout Puissance et Unité sont des thèmes qui sont très chers aux grands « Rassembleurs » d’aujourd’hui.
Qui ne rassemble pas avec moi disperse
À PARTIR DE LUC 11 14-23
PAGE 5
Les habiles théologiens de l’Église se saisirent très tôt du « qui ne rassemble pas avec moi disperse », prononcé par le Christ ; et en peu de temps l’envoûtement fonctionna à la perfection, car on se mit à lire : « qui ne rassemble pas avec l’église disperse ». Ainsi fut imaginé par l’Église et pour l’Église un dogme ayant fonction de diaboliser ses contradicteurs ; et il besogna avec tant de forces durant vingt siècles qu’aujourd’hui encore tout chrétien qui s’élèvera contre le système ecclésiastique sera honni comme un diable.
PAGES 6-7
En revanche et concrètement, la fraternité du Nazaréen existe uniquement par et pour la relation humaine. Tout médiateur extérieur (église, autorité religieuse, loi théologique, universalité...) qui voudra dès lors la régir ou juger de son authenticité sera directement en conflit avec le Christ : « C’est avec moi seul qu’on rassemble. Je suis le seul moyen et je suis aussi le but. Quiconque fédère avec son église est contre moi ; et tandis qu’il pense m’honorer en l’accroissant, ne pouvant rien sans elle, et courant les mers pour rendre tout homme dépendant de son autorité, il me refuse en vérité comme seul centre. Il m’écarte de l’autre en me partageant avec sa vérité ecclésiastique : avec son entité. Il disperse. » Ainsi parlait le Fils de Dieu. Le propos était intolérable, blasphématoire, satanique […]
PAGE 10
Ainsi le religieux assimile-t-il Dieu à une force, à une toute-puissance ; il est un guerrier, un héros et un vainqueur. Il sera donc identifiable lorsque, revêtu de son armure, et entrant lui aussi dans l’imbroglio du satan, il se mêlera aux combats pour ravir la couronne : la domination du Monde. Il démêlera l’imbroglio, ôtera l’ambiguïté ; instaurera une paix extraordinaire où la réalité, pour ne plus laisser aucune place à la confusion, sera tout en transparence et lumière. Mais au sein de cette pure et sainte clarté, Dieu est contraint de condamner en même temps tout secret, tout ce qui est caché, car c’est dans le sein du secret que naît cette « maudite » ambiguïté. Dieu se doit de rejeter notre intimité par l’extraordinaire transparence de Sa lumière ; il se doit de rejeter ce qui est propre à l’Être, là où, dans l’intime de ce que « je suis » se cachent les mystères de ma volonté : Dieu doit rejeter notre liberté !
PAGE 12
Dans ce premier appel que reçoit l’homme muet, le lien de son mutisme saute automatiquement ; c’est-à-dire qu’il se décadenasse de manière indirecte, non directement. En effet, Dieu n’est pas venu pour faire face à son infirmité, tel un chasseur de démons armé pour la circonstance, mais pour l’appeler à le suivre au-delà de sa mort, jusque dans le monde-à-venir. Ainsi donc, le cadenas qui liait la parole du muet s’ouvre-t-il, non parce que Dieu veut bénir cet homme par cette délivrance, lui laissant entendre que désormais sa vie connaîtra de continuels événements extraordinaires de ce genre, mais parce qu’il vient de lui ouvrir la porte d’une faveur excessivement plus haute !
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