pdf akklésia Daniel 4 couv
Ivsan Otets

PRINTEMPS 2012

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À propos : Le roi Nabuchodonosor — éminent personnage probablement très soigné de sa personne — se transformant en bête sauvage : hirsute, des ongles comme des serres d’aigle, couvert d’une eau naturelle qu’il peut à peine secouer, les oiseaux venant percher sur son dos de grosse bête placide et herbivore (on peut imaginer). L’homme le plus raffiné et le plus puissant d’alors soudain jeté à l’état le plus sauvage qui soit, dans l’impuissance animale. La légende frappe profondément les esprits : Dieu est au ciel et il fait ce qu’il veut. Il rabaisse ceux qui s’élèvent, il humilie les puissants, il donne et il ôte, etc. Oui, mais…

Même si la méthode a son utilité — elle éveille la conscience de l’homme pour l’élever au-dessus de l’animal en fouettant son ego tyrannique — il ne faut pas la confondre avec le but.

Or, le livre de Daniel, en accord avec la majeure partie de l’Ancien Testament, nous transmet l’image d’un Dieu qui corrige afin d’être exalté comme étant « LE PLUS FORT DE TOUS », le plus grand, le plus puissant, le boss : celui qu’il faut craindre.

Une telle conception totalitaire de Dieu induit une attitude non pas d’humilité mais de soumission. C’est ainsi que la vie du croyant se déroule dans une crainte continuelle de provoquer les coups du maître. Il va compter ses pas et prier très fort pour que son pied ne sorte pas du chemin rectiligne. De cette façon, la rosée du ciel pourra être répandue sur son champ plutôt que sur son dos.

Mais Dieu ne s’arrête pas à frapper l’ego des hommes dans le but d’avoir une armée de louangeurs fébriles. S’il prend le nerf de bœuf, le bâton ou la kalach, et éprouve l’homme qui mérite d’être repris (à savoir la totalité des hommes et des femmes), c’est d’abord pour que celui-ci ouvre les yeux et qu’il prenne conscience des autres hommes autour de lui. Qu’il prenne conscience de l’Autre.

Voici la première étape. Voici la mission du Dieu de Daniel : la soumission ! Ce Dieu qui n'hésite pas à frapper les rois et les grands à l'égal des serviteurs et des petits. Toutefois, la mission de ce Dieu s'arrête là ! Car le but final vers lequel elle conduit n'est pas de son ressort. Quel est ce but ? Il s'agit d'être capable d’aimer comme Dieu aime. Or, Dieu aime en respectant la liberté de l’Autre. C'est-à-dire que la soumission se trouve soudain brûlée et mise au remblai dès qu'on aborde cet amour-là dans tout le pragmatisme qu'il implique.

Cet amour-là et ce Dieu-là, qui révèle son but, nous les retrouvons dans le Nouveau Testament : c’est le Christ. Le Dieu avec qui on peut converser dans l’intimité d’une cuisine, le dieu que l’on peut questionner sans crainte et aimer comme un ami. Ce dieu qui a pour but de rendre l'homme capable de soumettre les Vigilants. Ces vigilants, nous dit Daniel, ont pour décret de soumettre l'homme… Or, voici qu'avec le Christ, l'homme est destiné à les soumettre : à devenir un insoumis !

La soumission

ou : « Le décret des Vigilants »17  ·  À partir de Daniel 4

extrait

PAGE D'INTRODUCTION

L’Ancien Testament relate-t-il ici honnêtement l’Histoire, ou au contraire déforme-t-il les faits afin d’authentifier son discours religieux ? Je ne crois pas que cette question soit réellement pertinente, car la conversion religieuse d’un roi n’a rien d’extraordinaire dans le cours de l’Histoire ; quant aux religieux qui s’en servent, brodant petit à petit l’événement pour y faire apparaître directement le divin : ils ont toujours été légion. Le roi de Babylone s’est donc peut-être durablement converti au Dieu des Juifs, et peut-être que non ; ou peut-être qu’après avoir fait un rêve troublant, puis, ayant trouvé quelques réponses auprès de sages Juifs, il rendit légitime leur religion parmi toutes celles déjà présentes au sein de sa cour. Un travail historique honnête ne nous dévoilerait finalement qu’une réalité banale, certes utile mais non essentielle ; ce qui compte le plus est ailleurs que dans l’Histoire. L’important est ce qu’affirme le texte sur la personne de Dieu ; et plus encore de savoir en quoi cette conception du divin diffère de celle du Nouveau Testament.

PAGE 8

Au-delà donc d’une divinité totalitaire saturée de conscience collective, la parabole de Nabuchodonosor nous montre d’abord Dieu en train de résister concrètement à notre ego ; Dieu lutte contre l’individu qui dégénère en ego. Lorsque le roi explique, au terme de son épreuve : « je levai les yeux vers le ciel, et la conscience me revint34 », il faut se demander de quoi le souverain a-t-il pris conscience pour s’éveiller soudain de sa longue et profonde chute. Très certainement a-t-il appris à ne plus « conjuguer » son prochain au filtre de sa personne et pour servir sa volonté. Celui qui auparavant lançait : « moi j’ai construit, par ma force, par ma puissance, pour ma gloire, pour ma majesté… », voit désormais dans ce discours la raison de sa déchéance ; il y voit sa nature bestiale, cette force dominatrice où l’autre n’existe que pour assouvir un égoïsme naturel.