pdf akklésia le semeur couv
Ivsan Otets

AUTOMNE 2013

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En bref : Se plonger dans la parabole du semeur, c’est faire face à 2000 ans de commentaires et d’auteurs tant ce texte a été lu et relu… « jusqu’à l’os », dira-t-on. Il n’y a plus rien en à tirer ; tout a été dit ! Pour l’homme raisonnable, certes, nous consentons à un tel propos. Il est confortable et rassurant, mais surtout, il évite aux sages de tomber dans l’ivresse de devoir chercher plus que raison. Pour l’homme de foi, c’est autre chose… Autant lui dire que « Dieu est à la mesure de l’homme et qu’il faut désormais chercher son mystère dans le langage mathématique ou encore de la Gématria. Car avec la langue normale, Dieu lui-même est limité ! »

L’auteur n’a pourtant pas été convaincu par cette lumineuse sagesse. Bien plus ; il affirme que même au travers d’une simple parabole, nous avons à peine commencé à entendre Dieu. C’est pourquoi la parabole du semeur a tout juste dit ses premiers mots malgré la monumentale somme de réflexions que théologiens et penseurs nous ont laissée de son étude. Très certainement, le lecteur qui se plongera dans ce commentaire akklésiastique avec diligence verra un autre horizon s’ouvrir devant lui et derrière le texte — un horizon irréligieux.

Celui qui sème
sortit pour semer

extrait

PAGE 1

L’explication que donne le Christ de la parabole du semeur est-elle vraiment une explication ? Quatre phrases laconiques (19-23) et le voilà déjà à proposer d’autres récits. Ne voyait-il pas qu’avec ce trop bref commentaire il nous laissait sur notre faim ? Assurément, quand il répète la parabole une deuxième fois, il lui donne alors plus de clarté, mais en conclure que nous posséderions à présent son explication pleine et entière, ce serait ramener le propos à bien peu de profondeur. En réalité, dans cette seconde narration adressée cette fois à ses disciples, le Nazaréen commence à peine à dérouler ce qu’il veut dire. Cette parabole, ainsi d’ailleurs que toutes les autres, est comparable à un véritable volumen, ces manuscrits en rouleau que l’on utilisait dans l’Antiquité avant qu’apparaissent les livres reliés ; le lecteur était alors obligé d’ouvrir le texte depuis son origine s’il désirait n’en lire qu’une partie. Il en est de même avec les paraboles du Christ, mais à la seule différence que dérouler ce qu’elles révèlent nous conduit à une lecture sans fin : le rouleau ne finit jamais !

PAGES 10-11

Le Christ livre les multitudes à ce qu’elles comprennent traditionnellement par parole de Dieu : commandements moraux, évolution des connaissances, contrôle et organisation des individus dans un ordre civilisé, égalités des droits, élaboration et ententes des Nations, etc. ; mais il les prive de la parole de Dieu, telle que lui l’entend. Il cache sa lumière sous le boisseau ; il leur parle en paraboles. Mais à ses disciples il dit ouvertement : « contrairement à la foule, il vous est donné de connaître le mystère du royaume des cieux (11) » ; puis, l’instant d’après, il leur répète la parabole du semeur en l’introduisant de cette manière : « lorsqu’un homme écoute la parole du royaume. » Le semeur vient de poser les bases de son action : la multitude continuera d’être nourrie de la parole de Dieu, mais quant au reste qui en sort et qu’il sépare, il devra abandonner la parole de Dieu ! C’est du royaume des cieux seul et de la parole du royaume dont il sera désormais question pour eux. L’accomplissement de la parole de Dieu, c’est la parole du royaume, et c’est ce à quoi rend témoignage l’Ancien Testament : « La gloire de Dieu, c’est de s’entourer de mystère ; et la gloire des rois, c’est de scruter les choses à fond » (pro 252). Or, quelle est donc cette race des rois si ce n’est justement cette bonne terre élue pour connaître les mystères de Dieu ; elle dont il est dit qu’elle échappe au large chemin rocailleux et épineux ?