pdf akklésia Connaissance Dieu couv
Ivsan Otets

PRINTEMPS 2015

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En bref : La connaissance de Dieu et la connaissance de l'homme sont-ils des problèmes de l’ordre du raisonnable ? Pour Ivsan Otets, le problème se pose ailleurs. Le défi qui nous est lancé devant la recherche d'une telle connaissance est en vérité le défi de la réalité. Connaître Dieu ou connaître l'autre suppose en effet d'entrer dans SA réalité. Et c'est là que les choses se corsent ! Car la réalité de Dieu et celle des hommes sont absolument différentes, et l'abîme qui sépare la réalité du dormeur de celle de l'homme éveillé en est l’évocation. Or, voici qu'en plus de ces deux réalités, celle de Dieu et celle des hommes, surgit soudain une troisième réalité : celle des dieux.

Les dieux, ce sont les Lois. C'est la logique et la raison qui précisément administrent la réalité temporelle dans laquelle vit l'humanité — chacun d'entre nous. C'est ce que l'auteur appelle le dieu-Lois ou le dieu-Torah. Nous voici donc face à trois réalités. Du point de vue terrestre et raisonnable qui est le nôtre, ces trois mondes semblent s'entrecroiser, s'emmêler et même converger vers le même but. Tel est en tout cas ce que la lecture biblique traditionnelle et la théologie dans son ensemble supposent. Ivsan Otets se jette ici dans cet imbroglio. Et sur une quarantaine de pages, il va nous entraîner d'une réalité à l'autre pour nous montrer que tout ce qui paraît être n'est bien souvent pas ce qui est, et que tout ce qui n'est pas est parfois ce qui existe réellement.

Soit donc, le rêve est peut-être la réalité tandis que le monde éveillé pourrait fort bien n'être qu'une légende ! Une légende toutefois savamment maîtrisée par celui qui est l'Être-existant par excellence. Celui qui un jour vint ici-bas et nous ouvrit légèrement le voile de Sa réalité. Sa réalité, nous dit l'auteur, c'est là où le Temps se retire ; là où la Vie déraisonnable et existentielle prend toute sa dimension — délivrée de l'ici-bas des hommes et des dieux.

Or, cet au-delà où vit l’Être-existant n'est pas celui que nous croyons : ce n'est pas l'Éternité. L'Éternité, c'est précisément là où se reposent les dieux. Ils retournent dans leur monde éternel lorsqu'ils cessent de travailler, lorsqu'ils n'ont plus à gérer le monde temporel. L'Éternité est ce lieu où ils attendent que les morts les rejoignent. Et tandis que les dieux nous font accroire durant notre vie temporelle que nous trouverons à leurs côtés la béatitude éternelle et le Repos, il s'avère que la connaissance de Dieu, de l’Être-existant, leur échappe totalement. Sa réalité leur est inconnue. De même, ils ont de la connaissance de l'homme une vue totalement faussée. Quant à ceux qui les écoutent, ils se nourrissent du même poison : le breuvage des dieux.

À propos de
la connaissance
de Dieu,
de l’autre,
et des dieux

extrait

PAGE 1

Connaître l’autre est impossible. Connaître son prochain, et de même, connaître l’être qui est le plus proche de soi — conjoint, ami, complice, alter ego... et Dieu y compris — c’est impossible. C’est littéralement et stricto sensu impossible ! Le problème qui se pose est un problème de réalité. Quelle que soit la proximité que j’ai avec l’autre, celui-ci existe dans sa réalité propre et particulière : son existence individuelle. Le connaître suppose donc que j’entre dans SA réalité.

PAGE 8

Assurément, la Nature et l’Humanité sont tragiquement en manque d’un quelque chose pour parvenir à la connaissance de l’autre. Quel paradoxe : l’Humanité ne connaît pas l’homme ! Et pour simuler cette connaissance elle se doit de déshumaniser l’individu. Elle se doit de lui arracher sa qualité d’individuum — d’indivisible. Elle fait de lui le membre d’un corps commun, le grand-Tout, ce fantôme qui seul reçoit alors la qualité d’indivisible. Lorsque l’Humanité dit « Que tous soient Un », elle affirme en vérité : « Il est bon que l’individu soit seul ; car l’individu ne doit être que l’élément d’un ensemble et maudit soit-il dans la solitude de la séparation s’il ne veut pas céder son indivisibilité ». Il s’ensuit que cet être qui gît dans l’Humanité, l’humain que nous sommes, voici qu’il n’est certainement pas l’homme. L’Homme, probablement, n’est pas encore né. Et cet Homme, qu’il faudrait dès lors appeler le Fils de l’homme, s’il existe, existe en dehors de l’Humanité parce qu’il est l’Être-existant par excellence. Aussi Kierkegaard avait-il raison : « Chaque homme particulier est seul. »

PAGE 22

Que se passe-t-il en vérité dans ce lieu ? Fort simplement le Temps se retire. Il va dans une autre réalité — la sienne. Il se retire de l’Éternité dans laquelle restent englués le dieu et les morts. Et les possibilités de changements et la vie s’étant retirées avec le Temps, c’est l’immobilité de l’Éternité qui demeure. La Loi est figée, sa balance est en parfait équilibre et à jamais épargnée par le dynamisme, les variations et autres libertés que nous donnons à nos vies temporelles. Là, les morts, c’est-à-dire les consciences désincarnées, ne peuvent que se remémorer leur Histoire passée — éternellement. Leur Histoire passée est le futur. Le passé et le futur sont un. Tout est Un. C’est l’immobilité. Il n’y a plus de côté pile ou de côté face en réalité. Ne reste que le tranchant, l’Éternité. C’est le repos, le repos des Lois qui n’ont plus de vivants à nourrir de leurs paroles. Seules sont présentes des consciences qui vivent leur mort dans un silence qui leur est, à elles seules, assourdissant. Sans incarnation, les consciences n’ont dès lors aucune nécessité d’être gouvernées par les dieux. Les dieux chôment. C’est pourquoi il est dit : « Au septième jour, Dieu se reposa de toute son œuvre qu’il avait créée en la faisant. » (Cf. Gen 23).