Vous retrouverez sur la page de présentation de l’auteur deux documents sonores dans lesquels on peut entendre Jacques ELLUL s’exprimer sur des sujets divers :
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& Première causerie sur le thème de la résurrection.
Prodigieux !.
Bravo pour le rapprochement avec l'atome de l'individu qui effectivement si il en vient à être fissuré va donc développer ce qui à l'époque s'appelait une « possession » et qui maintenant porte d'autres noms d'oiseaux, comme les « psychoses » par exemple.
Ce qu'Ivsan décrit sur ce qui s'appelle une dissociation est exactement les témoignages (que j'ai lu) rapportés de quelques personnes qui on été outre atlantique étiquetés « schizophrènes » et qui en sont revenus, ils ont effectivement été « explosés », bonjour pour recoller les morceau.
Curieusement, de ce que je constate, c'est finalement souvent à l'issue d'un « relâchement de la volonté » qu'arrive ce que le médical appelle l'épisode prodromique « pathologique » soit une décompensation (BDA), quelques connaissances médecins m’ont rapporté des cas de décompensations développées après des exercices de régression (rebirth), ou suite à l'usage de cannabis ou autre substances.
Lors de ces décompensations, tout les thèmes cher au sujet finissent par prendre forme (d'une façon ou d'une autre)....
Je ne vais pas rentrer dans les détails mais l'approche psy européenne (hors pharmacopées) essaie encore de tenir face à celle du sacro-saint DSM (bible du psychiatre US) ou l’excès médicamenteux semble toujours de mise avec leurs molécules qui sont d'ailleurs toujours classées psychotropes (prescrits sur ordonnances ceux-ci).
Je met les témoignages outre atlantique en exergue, car, en effet l'anglo-saxon (en règle générale) est plutôt pragmatique et...accessible, de plus l'anglais étant notre koiné actuelle, la diffusion des savoirs en est forcement plus rapide, des horreurs également d'ailleurs.
Il est un « avantage » néanmoins à la « psychiatrie » par rapport à la « démonologie », la première apporte le gîte et le couvert, le seconde un....tonneau des danaïdes.
Bref, je temporise l'anglo-saxon à la lumière gauloise : « heureux les fêlés car ils laisseront passer la lumière »....
Vous remarquerez "curieusement" d’ailleurs que les épisodes de conscience altérée/modifiée sont, ou ont été parfois âprement recherchés (chamans, oracles, "saints", soixantehuitard, etc...).
Concernant le rapprochement avec la fission c'est -selon moi- plus délicat.
Si je saisi bien le combat mené ici contre les finalités bouddhistes/hindouistes, au regard des écrits néo-testamentaires, je constate que les apôtres sont occupés par l'Esprit de Dieu qui leur donne des charismes (après la pentecôte).
Visiblement ils ne semblent plus être trop êtres seuls dans leur individualité non ?.
Avant d'aller plus loin, je souhaiterait avoir des précisions.
Au fur et à mesure de la lecture des évangiles, j'en reste toujours sur mon questionnement à savoir si Le Christ savait réellement qu'Il était Dieu (lors de son incarnation).
Accessoirement pourquoi parlez vous de oints (vers la fin), sémantiquement un oint est bien un christ non ?.
Si un individu est oint par Le Christ-Dieu il est appelé à être Christ non ?, en ce cas outre la résurrection si des charismes « apostoliques » lui sont données ici-bas il en fait quoi, cela sert à quoi ?.
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Ivsan, selon le prisme de la résurrection, que dirait tu de quelqu'un qui connaît déjà (déjà vu et déjà vécu) son « futur terrestre » ?.
Bref, merci à tout deux.
— « …je constate que les apôtres sont occupés par l'Esprit de Dieu qui leur donne des charismes (après la Pentecôte). Visiblement ils ne semblent plus être trop seuls dans leur individualité non ? »
Lorsque tu dis « les apôtres », je te trouve exagérément généreux. Hormis la journée dite de « la Pentecôte » avec ce fameux événement des « des langues », la majorité des apôtres disparaissent de la scène. Puis, entre Pierre, Jean et Paul, si tu fais le compte, il y a eu peu de phénomènes miraculeux finalement. Je n’ai pas compté, mais les Actes en répertorient combien ? Dix ? Douze ? Allez, disons quinze s’étalant sur au moins 15 années : un par an ! Même si tu multiplies par 2 ou 3 : c’est la misère. La présence physique du Christ n’est plus là et le soufflé tombe. Et je ne te parle pas du livre des Actes dont le montage et le collage sont loin d’être honnêtes… C’est bien connu. Marguerat lui-même dira : « Peu vraisemblable que Luc ait été un contemporain de Paul. Il écrit quelque cinquante ans plus tard. »
Je dirais plutôt que les Apôtres se sont débattus avec l’Esprit pour comprendre quoi faire de ce messie dont le scénario n’était absolument pas prévu. Le préchristianisme lors du 1er siècle a été un véritable chaos durant lequel un grand nombre de groupes se sont affrontés et se sont cassé la tête pour mettre noir sur blanc et en toute logique ce « drôle » de messie qui n’était pas prévu. Quant à Luc qui essaie de nous dépeindre un tableau idyllique totalement contraire à la réalité : seule l’Église a cru à son air de flûte. Les apôtres ainsi que le christianisme naissant n’étaient pas occupés par les charismes, mais plutôt à comprendre ce mystère du Christ qui sortait absolument de la raison et de tout ce que le Judaïsme enseigne à son propos. Voilà 20 siècles que ça dure, et le mystère reste complet ! Pareillement pour les charismes : c’est la misère. Dès le début s’accomplit cette parole : « Une génération méchante et adultère demande un miracle ; il ne lui sera donné d’autre miracle que celui de Jonas. » (mt 164). Il faut vraiment sortir de la propagande ecclésiale et relire le texte avec les yeux ouverts.
Je ne comprends pas pourquoi tu dis : « les apôtres ne semblent plus être trop seuls dans leur individualité non ? » Nous n’avons pas dit que le fait d’être enfin l’individu, l’être existentiel, celui qui est « un » en lui-même, que cela entraîne vers la solitude. Si solitude il y a c’est parce que la majorité des hommes sont grégaires et ne peuvent se passer d’un groupe, d’une meute organisée où l’autre devient plus ou moins le même de ce que je suis. Nous avons au contraire dit que l’existentialisme, que le fait de hausser l’individu au-dessus du général était selon nous l’acte par lequel la fraternité prenait sa vraie valeur. Nous n’avons cessé de répéter que nous ne sommes jamais aussi seuls que dans un groupe où précisément l’autre est plus ou moins une copie de soi-même. De plus Thamis, souviens-toi comment Paul a fini.
— « Accessoirement pourquoi parlez vous de oints (vers la fin), sémantiquement un oint est bien un christ non ? […] Si un individu est oint par Le Christ-Dieu il est appelé à être Christ non ? En ce cas outre la résurrection si des charismes “apostoliques” lui sont données ici-bas il en fait quoi, cela sert à quoi ?. »
Sémantiquement, oui. Tu as raison. Toutefois, ce titre de « oint » est donné dans le judaïsme au roi de Babylone et au roi de Perse, et plus généralement et de manière floue à un personnage qui serait Roi, Prophète et Prêtre en même temps. Un personnage miracle qui viendrait instaurer l’âge d’or sur terre, le règne de la Torah et la domination des disciples du Dieu. Le judaïsme lui-même ne sait même pas aujourd’hui ce qu’est « le messie ». Léon Ashkenazi disait que le messie était finalement un processus. Quel processus ? Celui que je viens de décrire : un Règne prophétique de la Torah par le biais d’un chef politico-militaire venant sur terre, lequel donnerait la domination à un groupe d’Élus, les seuls capables d’instaurer la paix, l’amour et la sécurité dans le Monde.
Ainsi donc, dans la droite ligne de l’AT, nous pouvons dire qu’Hitler fut lui aussi un « oint », comme Darius, puisque le processus nazi a finalement hâté la reconquête de la terre d’Israël et réactivé l’idée d’une venue prochaine du roi-Messie. Le massiah est un vocable issu directement du monde lévitique, de la prêtrise religieuse et d’un concept du divin vu selon la Raison, dans un mouvement de Progrès et d’avancées politico-sociales. C’est pourquoi le Christianisme, lui-même étant une reformulation du Judaïsme pour les Nations, le Christianisme a donc repris ce concept du massiah puis a inventé une deuxième venue du Christ. Pourtant, quand donc le Christ lui-même revendique-t-il ce titre de « oint » ? Il a refusé le titre de descendant de David, de roi-Messie, de berger de ces Assemblées de la Tora où les brebis sont nourries à l'arbre du bien et du mal, etc. Il s’est défini comme, le vrai chemin (contre le large chemin des évidences), la vérité de l'Être contre celle des vérités éternelles, le vrai berger qui met fin au Temps des bergeries, la vraie vie de la volonté d'exister contre celle des lois qui jugent l'existence, la véritable lumière contre celle de la Raison, etc. Il a brisé le terme même de messie. Puis enfin, Il dit : « Allez dire à mes frères » (mat 28 10). C'est ainsi que le terme de « Fils de l’homme » dont il était si friand lui correspond bien davantage. Car qui est frère ou sœur sinon celui ou celle qui aussi est devenu(e) « fils/fille » ?
Ainsi donc, lorsque tu demandes : « si des charismes “apostoliques” nous sont données ici-bas, on en fait quoi, cela sert à quoi ? » Je dirai que le seul « charisme », la seule « onction » n’est pas plus apostolique que pastorale ou que prophétique. C’est celle d’être « fils/fille » et donc « frère/sœur ». Les titres d’apôtres, prophètes, pasteurs, docteurs… ne sont eux aussi que des vocables issus du monde religieux et dans la perspective d’un groupe de dominants attendant un messie-roi chimérique. Il n’y a pas d’onction apostolique. C’est une chimère. Il n’y a que l’onction d’être « fils ou fille » et je dis que tout ce qu’on y rajoute vient du diable. Si je me crois « fils ou fille », c’est que je reconnais l’Autre comme mon frère ou ma sœur. Si tel est le cas, voilà le travail : suffisamment l’aimer pour être inspiré et savoir quoi faire à son égard.
Je te donne un exemple Thamis. Tu te rappelles de cet imbécile qui voulait que je lui écrive ses scénarios et qui est venu puiser chez moi des idées pour qu’il puisse développer sa carrière de cinéaste ? Et bien dernièrement, un kéké du même acabit (qui lui aussi encense notre propos akklésiastique à Dianitsa et moi-même) nous a proposé de lui écrire un livre dans le cadre de sa carrière professionnelle en tant que conférencier médical ! Bien sûr, comme le premier, on nous allèche avec une rémunération subséquente. Mais que nous propose-t-on en vérité ? De nous voler nos talents pour un bénéfice mondain alors que nous avons précisément « brûlé notre charrue professionnelle » pourtant si prometteuse. Et ces deux-là se disent « frère ». Ils savent pourtant parfaitement la situation dans laquelle nous nous trouvons et quels sont nos besoins. Leur « onction » ? La même que l’onction apostolique, à savoir : « J’ai une onction de dominant et je sais ce qu’il te faut. Là je te guéris ou là je te tue, comme Ananias ou Saphira par exemple. Mais c’est moi qui décide. ». – C’est l’onction du « Fils de l'homme », c'est-à-dire du « frère », c'est cette onction-là qu’il faut chercher. À savoir, celle du Christ lorsqu’il demandait aux hommes : « Que veux-tu que je te fasse ? » Moi je sais quoi répondre, mais je sais aussi que ces faux-oints ne veulent pas de ma réponse. Il y a une limite à la confiance fraternelle, voyons…
Soit donc, on préfère les titres pompeux et les flatteries pour mieux se saisir des talents de l’autre. C’est pourquoi, je dis : Attention aux charismes et autres mots religieux de type « oint ». S’aimer… et de l’authenticité, cela suffit bien assez ! Chercher, ensemble, le mystère du Christ. Le vent, lui, c’est quand il y a cette recherche qu’il souffle ; puis, s’il pourvoit au nécessaire, aux choses physiques, c’est sans fanfaronner les grands titres d’« onction ». Il le fait dans l’intimité de la fraternité. Ce que nous appelons l’« onction », le miracle, le signe, le prodige… c’est ce qui chez Dieu se veut justement d’être gardé précieusement secret. Seul le déploiement de l’Esprit dans le cadre de la recherche du Christ prend une certaine valeur publique (tu auras compris que je parle de la parole, du commentaire du texte…), bien que là aussi, c'est un déploiement sévèrement mesuré. C’est pourquoi, c’est toujours un piège quand le surnaturel est mis à découvert et tous les miracles du Christ ainsi publiés ont été un piège pour la foule ; le piège de la non-foi. Et quand finalement l’homme doit pourvoir au nécessaire en allant au turbin, nul besoin du souffle, nul besoin du frère. Aller gagner son steak ou voir son médecin n’est pas une question d’inspiration, mais de bon sens. L’onction et la fraternité, c’est le monde de la noblesse qui tient au secret cette préciosité-là. Le public, c’est-à-dire le corps avec sa santé et ses peurs, la vision avec son cinéma qui n’est pas le monde de la parole, et le travail qui est ici le monde de l’argent, c’est pour l’heure le monde du sans-souffle et où les faux-oints sont légion. – Celui donc qui recherche l’« onction » ferait bien de réfléchir sérieusement à la contradiction suivante du Christ. D’une part, dit-Il : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (jn 1335). Et d’autre part, Il ne cesse tout au long de l’Évangile de répéter : « Ne le dis à personne ! » : « Alors il recommanda aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ. » (mt 1620) ; « Jésus leur recommanda de n’en parler à personne ; mais plus il le leur recommanda, plus ils le publièrent. » (marc 736)
— « Au fur et à mesure de la lecture des évangiles, j'en reste toujours sur mon questionnement à savoir si Le Christ savait réellement qu'Il était Dieu (lors de son incarnation). »
Oups… quelle question ! Mais est-elle si complexe finalement ? Je ne crois pas. Je crois par contre que sa réponse est encore plus scandaleuse que l’incarnation. Pourquoi ? Précisément parce qu’elle touche au mystère de Dieu, et à ce titre elle se veut être une mise en pratique de ce qui précède : « Ne le dis à personne ! »
bien à toi Thamis,
Merci Ivsan pour cette réponse.
Je m'excuse par avance pour la légèreté de mes réponse mais il me faut relire et réentendre plusieurs fois tes textes et causeries avant que cela ne prenne forme chez moi via une compréhension « normale », de fait il me faut supprimer mes ambiguïtés de perception dans ton propos !.
Bien bouclée ta réponse concernant les oints.
Concernant les apôtres et mon questionnement sur leur individualité « perdue », je me suis visiblement mal exprimé, en effet, il semble qu’après la pentecôte, l'Esprit se soit manifesté chez eux « en sus de leur propre individualité/volonté », donc deux volontés dans un même corps....tel tilk et son goha'uld (série US ) non ?....
En effet, l'Esprit semble directement leur parler comme une tierce personne jusqu'a leur indiquer quelques « ficelles prophétiques ».
Et comme il m'arrive des trucs du même tonneau....
Paul, le fin de l’Apôtre Paul, tu fait référence à cela : la tradition orale des chrétiens de Rome indique qu'il se tourna vers l'orient pour prier longuement. « Il termina sa prière en hébreu pour être en communion avec les Patriarches. Puis il tendit son cou, sans plus prononcer un mot. » (décapitation).
Ou veut tu en venir à propos de la fin de Paul, un retour au collectif ?.
— « Où veux-tu en venir à propos de la fin de Paul, un retour au collectif ? »
Dans le contexte de ma réponse, je faisais référence aux Actes le montrant seul et prisonnier à Rome. Je disais que s’il y avait solitude lorsqu’on brise l’ekklésia avec sa fabrication assommante autant que fausse du Corpus Christi, c’est le fait, non de la nature de l’existentialisme en tant qu’il est l’essence de l’Esprit, mais parce ce que la solitude vient comme une opposition, une sorte d’ostracisme subtil qu’on met face à l’Existence lorsque celle-ci ose mettre en question le sacré du collectif. On veut, naturellement, enfermer l’Être dans le collectif, dans le corpus collectif. Et malheur à qui ose ce geste.
De même qu’il ne faut pas confondre ego et individu, il ne faut pas confondre fraternité avec église. Il ne faut pas confondre l’amour du prochain avec la dimension sociale de la vie comme si celle-ci devait édicter des lois pour dire à l’amour comment agir. On peut s’aimer sans former « un corps sacré et intouchable », et moins l’amour est mis au chantage de ne pas toucher à ce fantôme du tout collectif, plus il peut s’exprimer. Pour l’amour n’existe qu’un seul corps : celui de l’Autre que j’essaie d’aimer, et tout ce qu’on y rajoute vient du diabolique. C’est pourquoi le Christ parlait de « deux ou trois assemblés en son nom », non pas de « dix ou cent ». Même déjà avec « dix », voici cet esprit méchant de corps collectif qui commence à surgir pour soumettre chaque-Un à sa chimère. Et avec « douze », tu auras « un » traître, « dix » lâches qui se débinent dès que vient le juge, et peut-être, éventuellement, « un » dernier qui tiendra jusqu’au bout.
Pour ce qui est de ce que « la tradition » a fait des différentes figures emblématiques du christianisme. On trouve de tout… et surtout pas grand-chose. Il faut trier, mais c’est souvent plutôt benêt qu’autre chose… Bien que, hélas, ça marche… aux yeux des benêts, précisément. Chaque courant religieux veut s’accaparer « pour lui-seul » une figure d’autorité – pour faire autorité. Autorité par la force somme toute, par l’emblème du héros. Les catholiques se sont saisis de Pierre et Marie entre autres, et vois ce qu’ils en ont fait : n’importe quoi ! Les catholiques n’acceptent plus que Marie ait écarté les cuisses après la naissance virginale, aussi l’ont-ils déshonorée en faisant d’elle une déesse et de Joseph, son époux, un eunuque. Pas étonnant qu’ensuite leur clique de prêtres-eunuques touchent les petits enfants. Quand on fait n’importe quoi, il faut payer.
— « Concernant les apôtres et mon questionnement sur leur individualité « perdue », je me suis visiblement mal exprimé, en effet, il semble qu’après la Pentecôte, l'Esprit se soit manifesté chez eux « en sus de leur propre individualité/volonté », donc deux volontés dans un même corps… tel tilk et son goha'uld (série US ) non ? – En effet, l'Esprit semble directement leur parler comme une tierce personne jusqu'a leur indiquer quelques « ficelles prophétiques ». Et comme il m'arrive des trucs du même tonneau…
C’est une question très difficile. On ne peut s’en saisir sans aborder nombre de choses, difficiles à comprendre et où se mêlent et s’entrecoupent beaucoup d’éléments : spiritualité, religiosité, ontologie, propagande, sociologie, émotions, psychisme, fantaisies et fantasmes, et vérités, etc. Il y aurait de quoi palabrer à n’en plus finir. Ce pourrait être intéressant, mais je crois surtout, après les innombrables choses qui ont été dites là-dessus, qu’on risquerait d’embrouiller davantage la chose.
Comment donc être simple tout en s’efforçant d’être profond ? Peut-être faut-il suivre l’exemple du Christ ? Qu’en penses-tu ? Que dit-il à ce propos ? Quasiment rien ! Le problème démoniaque ? Nulle part il ne parle d’êtres spirituels qui auraient voyagé des profondeurs immémoriales du mal ténébreux pour se saisir d’un individu et le posséder corps et âme. Toute la clique cohabiterait alors ensemble, ici-bas, dans la même corporéité, partageant la même tête, les mêmes tripes et le même sang : Adieu profondeurs infinies, chaos enivrant ; nous voici rentrés dans l’ordre, le corps et le monde matériel avec ses lois, lancent dès lors les démons en entrant dans l’espace restreint de la vie corporelle. Quelle consécration au mal pour payer si cher la destruction d’un pauvre bougre ! Il leur faut entrer pour un temps dans l’enfer d’un monde ordonné : l’homme. Tout cela est bien tiré par les cheveux. Pour ma part je ne vois nulle part le Christ tomber dans ce cinéma pour demeurés et crétins ecclésiastiques. Nulle part le Christ n’affirme que « deux, trois ou dix egos – eccéités – pourraient vivre : dans le même corps et que tel serait la conséquence d’un « péché » !
Plus encore qu’une famille vit sous le même toit, on nous a fait croire qu’un galapiat, qu’un bougre de bonhomme ectoplasmé venu d’on ne sait où pourrait entrer dans ma peau, ma tête, ma conscience et ma volonté la plus intime et être partout où je suis, où je pense et où je veux. Quand je dors, il est dans mon lit ; quand je chie, il est là aussi sur la cuvette, quand j’aime, il est aussi dans cet acte, quand je réfléchis, il est là et entend autant que moi ce que je pense, etc. Cette déformation du spirituel qu’on a ensuite encapsulée dans le terme effrayant de « possession » fait, a fait et fera beaucoup de mal.
J’aime particulièrement les deux passages suivants sur lesquels je te propose de nous arrêter pour quelque peu penser : « Mais cette sorte de démon ne sort que par la prière et par le jeûne. » (mat 1721) ; « Il [le démon] s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui ; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante. »(mat 1245)
Une « sorte de démons » ? Il y en a donc différentes « sortes » ? Des petits, des gros, des maigres, des gras ? Des jaunes, des blancs, des noirs ? Des pas beaux et des beaux ? Des jeunes, des vieux, des gonzesses, des audacieux et des grosses têtes ? Des amateurs et des professionnels ? Des gradés et de simples appelés ? Des sportifs, des intellectuels, des flics et des truands ? Comme par chez nous quoi. Comme pour les hommes. Une véritable communauté de races, de genres et d’espèces bien organisée et hiérarchisée selon les lois : les lois… du mal (oups). Peut-être même qu’il y a des « sortes de démons » qui sont des chats, des chiens, des chameaux, des papillons, des mygales, des bactéries, des virus, des champignons, des abeilles, des guêpes, etc. Puisqu’on a là-bas tout un Monde ! Et tout cet univers de vivants ectoplasmés n’a qu’une seule chose en tête : entrer dans le corps, la tête et la volonté d’un homme. Bon, quitte à choisir, autant se prendre un caniche plutôt qu’un chameau ou un riche plutôt qu’un mendiant. Le pauvre qui se coltine un démon frappadingue, un démon qui s’est tiré là-bas de l’asile, je te dis pas. Parce que là-bas, chez les ectoplasmés, y’a aussi des asiles, normal, c’est tout un Monde. Alors un démon frappadingue, c’est simple, même le jeûne et la prière suffisent pas. C’est un cas rare, il faut appeler Madame de la pie d’Astier ou un curé genre curé d’Ars. Seuls les professionnels de la spiritualité qui connaissent bien ce monde de l’ectoplasme peuvent chasser un démon louftingue qui a pété un câble… Mais bon, c’est plus cher comme délivrance. Normal, à ce niveau de compétence ectoplasmique, laquelle est une grande science, il faut avoir fait un stage directement là-bas, sur place, à la table des crétins.
Une « sorte » Thamis, c’est une « sorte » de « phénomènes ». Ce n’est pas une « sorte » d’« être démoniaque », mais une « sorte » de phénomène. L’homme est en vérité dépossédé et non possédé. L’homme est dépossédé de lui-même, de son Unité. Et pour quelque raison que ce soit, cet homme-là vit alors des phénomènes, des étrangetés, des fantasmes, des lubies ; en Lui, de Lui et venant de Sa personne fissurée, puisque ces phénomènes sont précisément la conséquence de la fragmentation de son Être. De là l’amalgame avec l’idée de possession démoniaque et d’entités qui entrent en lui ; et de là l’utilisation du terme « sorte de démon » pour évoquer de telles situations extravagantes, des états qui sont finalement inclassables et dont on ne sait rendre compte autrement que par la métaphore métaphysique. Car qu’y a-t-il de plus extravagant que l’Être qui se brise et qui frôle alors ce fameux néant qui consiste à « ne plus être » ? Rien. Rien. Rien. Il ne s’agit donc pas d’engager un « processus de dépossession » de l’individu, mais tout au contraire, il faut engager un processus de possession. L’être doit retrouver « la possession de son Unité », retrouver cette réalité du fait qu’il est « Un » et qu’il se possède entièrement à lui-même. Toute idée de possession par des entités extérieures venues l’habiter, au contraire, aggrave son cas. L’individu est déjà dans l’extravagance et la fantasmagorie et on l’y plonge davantage. À qui profite le crime ?
Mais attention. Il ne s’agit pas ici de nier la réalité angélique, laquelle est une autre catégorie de pensée. La réalité angélique, elle, existe. Bien que, toutefois, là aussi, la dogmatique ecclésiastique dit n’importe quoi. Je ne développerai pas ce thème dans une réponse sur le site. Inutile de me poser la question. Trop long. Ça exige un écrit consacré. Il est néanmoins nécessaire de savoir une chose : il faut craindre de rencontrer l’ange. Il faut le craindre. Le monde angélique est le voilement de Dieu. Son absence. L’ange est un ordre donné, irrémissible. C’est pourquoi l’AT met la plupart du temps le prophète qui vit de telles rencontres dans un état de terreur. C’est ou bien l’homme, ou bien le Christ, mais la rencontre avec l’ange, c’est le danger. À moins, bien sûr, d’avoir suffisamment de spiritualité pour que l’ange soit à sa place, celle de serviteur. Et toutefois, comme je viens de le dire, même dans cette position de messager l’ange est effrayant devant le prophète. C’est dire. Les petits rigolos qui nous parlent de leur partie de frisbee avec leur ange ne sont en vérité pas loin d’un problème psychologique. L’ange qui joue au frisbee, L’Ange-Gardien qui s’occupe de trouver ton coussin pour le confort de ton cul, ça n’existe pas. L’ange est dans la Loi, sans volonté, obéissance absolue. C’est pourquoi l’auteur de l’Apocalypse les situe dans le soleil ou dans le brouillard, le flou, ayant l’arc-en-ciel comme couronne. L’ange est celui à qui il est donné de faire le mal tout autant que le bien nous dit l’Apocalypse (cf. apo 72). Ce ne sont pas les démons qui font le mal, ce sont les anges. Le démon, c’est l’homme brisé, cassé, sans unité : un faible mal.
Encore une chose concernant le problème démoniaque. Lorsque le Christ envoie « légion » dans les cochons (cf. marc 5), il consent au subterfuge. C’est l’homme qui vit dans les sépulcres qui lui demande ce geste. Pourquoi ? Parce qu’il est persuadé d’être possédé par des entités démoniaques ; à tel point qu’il leur donne même un nom : « légion ». Le Christ agit donc pareillement qu’avec la croix. Il consent au subterfuge. De même que la croix, prétend le religieux, sert de bouc émissaire, de paiement à la loi pour le péché, il n’en est en vérité rien. Le Christ ne paye pas à la loi. Il ne paye rien. Il donne Sa vie, Sa nature à l’homme. Mais l’homme a besoin de croire qu’il doit à la justice un paiement tant il est raisonnable pour lui que justice soit faite. Il est impossible à l’homme de concevoir qu’il en soit autrement. L’homme est possédé par la Raison. Le diable doit être payé croit-il. Or Dieu se moque de faire justice, le miracle lui suffit, et la Justice ne peut lui faire obstacle pour donner à l’être une autre nature, une résurrection. Il vient donc au niveau de l’homme, de son handicap et il consent au subterfuge. Dieu sait qu’ensuite, lorsque l’homme entrera dans sa nouvelle nature, il comprendra… alors. Mais pour l’heure Dieu a suffisamment d’humilité pour « entrer dans notre handicap », et, de là, y entrant, s’incarnant, briser le cercle magique de la logique pour nous en faire sortir. Pareillement agit-il avec « légion » : « Tu as besoin de voir concrètement que les démons sont partis de toi tant tu es certain d’être possédé. Soit, j’y consens. Lorsque tu seras redevenu toi-même, tu comprendras que le problème était ailleurs. Pour l’heure, s’il te faut ce subterfuge pour entrer en confiance avec moi, j’y consens. » Pauvres cochons. Si un homme brisé, fragmenté de toutes parts, et dans lequel soufflent des phénomènes de chaos incompréhensibles peut à ce point effrayer la Nature, qu’en est-il de son autorité sur les éléments lorsqu’il redevient l’Être, lorsqu’il devient un fils de l’homme, lorsqu’il est Un : « Rien ne lui sera impossible. » répond le Christ.
Revenons donc au problème démoniaque en tant que possession de l’individu. Je l’ai nié un peu plus haut. Pourquoi ? Je me fous des démons et je n’ai pas plus envie d’en parler que le Christ en a parlé… Mais sache que s’il n’existe aucune entité, aucun être ayant droit sur la liberté de l’homme, aucune possibilité que le corps soit possédé par un autre être, aucun personnage capable d’obliger un homme à cohabiter en lui, à le violenter dans son intériorité… Sache qu’il en est pareillement avec Dieu ! L’Esprit en nous n’est pas une possession. Lorsque tu dis avec intelligence : « …il semble que l’Esprit se manifeste chez les apôtres « en sus de leur propre individualité/volonté », donc deux volontés dans un même corps… En effet, l'Esprit semble directement leur parler comme une tierce personne jusqu'a leur indiquer quelques « ficelles prophétiques ». Tu lis ici le texte littéralement. De même que tu lis l’événement démoniaque, ailleurs, dans l’Écriture, de façon identique. Il faut dire que les auteurs, et le christianisme dans son ensemble, ont la même lecture et tiennent le même langage. On tient l’action de l’Esprit dans la même catégorie que la possession démoniaque.
On pense que l’Esprit, c’est une personne venant cohabiter en nous. Une personne qui sait tout sur nous et pour qui nous sommes absolument transparents. C’est faux. Dieu n’habite pas en nous au sens où nous l’entendons. Et quand bien même nous l’inviterions à « être en nous », il s’y refuserait. « Dieu en nous », c’est une façon de parler. Dieu nous connaît de l’extérieur plus que nous nous connaissons nous-mêmes et cependant Il reste extérieur à nous. Comment fait-il ? Je ne sais pas. L’Esprit est une création de Dieu en nous, et plus exactement, notre naissance. Nous naissons d’ego à l’Esprit. Or, s’il est vrai que l’Esprit est Dieu, un être personnel, et que l’Esprit est son essence, nous-mêmes ayant l’Esprit partageons dès lors Sa nature, comme un fils ou une fille a la nature de ses parents. Mais nous sommes autonomes. L’Esprit qui nous parle, c’est notre Esprit en train de sourdre, c’est nous en train d’apprendre à être divin, à être fils de l’homme. Il n’est pas question de deux volontés en moi qui se partagent le même être que je suis, l’Unité que je suis. Il est question de naître à cette Unité de l’être individuel, l’existentiel que je suis appelé à Être sans limites aucunes. L’Être-esprit sortant du cocon de l’Être-ego je dirais, cassant les limites de l’ego. Kierkegaard disait que l’Esprit est celui qui fait la synthèse. C’est fort juste selon moi. Le défi, c’est d’être Un en nous-mêmes, de nous appartenir. Et celui qui, par l’Esprit du Père est né, est Un, est Fils, celui-là peut dire : « Celui qui m’a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ? » (jn 14 9). Et toutefois, en ce cas, je peux aussi dire que Dieu n’est pas en moi ; car ma proximité avec Dieu est incommensurablement plus grande puisque je suis de même nature que Lui et néanmoins parfaitement autonome : on ne peut être plus intime avec Dieu ! Ça s’appelle la liberté.
La possession existe pourtant. Et la possession, c’est la possession de pensée. C’est la plus puissante. Mais c’est l’entre-deux qui est le plus difficile à vivre. Entre, d’une part, la possession parfaite, propre, c’est-à-dire l’obéissance au pied de l’arbre du bien et du mal, là, au pied des lois de la raison, des promesses de la logique et de la force des évidences ; et, d’autre part, l’arbre de vie, l’infini des possibles, l’existence de l’individu devenu Esprit corporel, et de sa liberté, de son vouloir, de sa volonté de quitter son père, sa mère, sa race, ses traditions… Là, dans cet entre-deux, dans ce déchirement terrible de l’être, dans ce grand écart qu’il essaie de faire en alliant l’esprit et la raison, là se produisent les pires enfers, les pires déchiquetages intérieurs de l’individu. Les déclenchements sont légion. Ce peut être purement émotionnel, en cachette, dans la douce et lente persécution de l’enfance, ou bien très théorique et adulte, dans la conversion à un dogme, radicalement, de façon fondamentaliste… Mais quoi qu’il en soit, la période de l’entre-deux est la pire de toutes.
Lorsqu’enfin la possession est réussie, c’est que ce grand écart entre Raison et Liberté devient même impossible. Tout vit alors paisiblement et en sécurité aux pieds de la Raison et l’homme-Esprit n’est plus envisagé comme un possible. On ne croit plus qu’en l’homme technique, savant, puissant pour tout expliquer et pour même vaincre la mort. De là le second passage que je citais : « Il [le démon] s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui ; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante. »(mat 1245) – Car l’humanité a cru à l’impossible et a commencé à chasser la magie de la raison. Puis, finalement, elle a cédé à ses chants. Le diabolique revient donc d’autant plus fort. Et c’est ce qu’il fait dans ce monde de la Technique où nous sommes harcelés. C’est pourquoi, conclut le Christ : « Il en sera de même pour cette génération méchante. » Il parle là de la possession de toute la race humaine, non pas d’un homme. La possession, pour le Christ, n’est pas celle de l’individu, mais de l’Humanité. Le démoniaque ne veut pas posséder l’individu, mais la race. Et je dirais, pour garder le langage métaphorique, qu’un démon ne peut posséder que l’humanité, faute précisément de pouvoir posséder l’être individuel. C’est pourquoi son arme par excellence est le dogme logique, l’inculcation de la Vérité définitivement gravée pour toujours, partout et toujours : non existentielle, non individualisée. La seule arme qui puisse faire universalité. De là notre malheur. Car chaque membre sera entraîné par le corps à qui il appartient. Aussi faut-il suivre le Christ et n’appartenir à aucun corps, mais, comme Lui, posséder le sien propre. Il deviendra, là-bas, un univers entier. L’Homme deviendra son univers, son corps, là où rien ne lui sera impossible, nous a-t-il promis.
Voici pour ces quelques lignes (je serai peut-être moins prolixe dans l’avenir). Bien à toi Thamis.
. Ce n’est pas une « sorte » d’« être démoniaque », mais une « sorte » de phénomène. L’homme est en vérité dépossédé et non possédé. L’homme est dépossédé de lui-même, de son Unité. Et pour quelque raison que ce soit, cet homme-là vit alors des phénomènes, des étrangetés, des fantasmes, des lubies ; en Lui, de Lui et venant de Sa personne fissurée, puisque ces phénomènes sont précisément la conséquence de la fragmentation de son Être.
Je ne commenterais pas ton post sur le fond car je suis d'accord pour de nombreux points sauf un, mais de toi. En effet, Ivsan, je comprends à la dé-fragmentation de l'être, mais en ce qui te concerne, je vois que dans divers forum (Astier pour exemple) tu utilise plusieurs pseudonymes. Est-ce qu'il n'y aurait pas un petit cochon qui aurait survécu du saut de la falaise, et que "légion"te serait bien attribuée tant qu'il existe plusieurs formes d'identités dans ton même personnage. Il m'ai venu à penser que même Dianista, aurait pû être inviter avec ces fameux trucages de voix sur le marché, ça me fait froid dans le dos, comme dans les bons vieux films de psychopathe qui empaille leurs victimes. Bon , j'espère pas que ça va jusqu'à la.
Dieu n’habite pas en nous au sens où nous l’entendons. Et quand bien même nous l’inviterions à « être en nous », il s’y refuserait. « Dieu en nous », c’est une façon de parler. Dieu nous connaît de l’extérieur plus que nous nous connaissons nous-mêmes et cependant Il reste extérieur à nous. Je ne suis pas d'accord et je pense que Dieu est en nous sans être nous. Je te conseille vivement de lire les écrits de Maïtre Eckhart" sur la naissance de Dieu dans l'âme" un chef d'oeuvre. Peut être une fois convaincu et rempli de Dieu tu chassera tous les personnages inventés et on t'appellera Laurent le bien aimé.
Je vois Bruno que vous êtes amer suite au fait que Dianitsa (une femme !), et moi-même vous ayons repris lors d’échanges privés. Je vous ai pourtant dit que je trouvais indécent que devienne public ce qui est privé, mais vous vous obstinez. Et fort naturellement, vous voici à utiliser mon propos ad hominen – le bon vieux ad hominen quand on veut nuire à l’autre sans avoir en mains quelque chose de concret.
À propos de votre petite jonglerie sur l’« identité » et « le cochon » pour venir faire ma critique intime. Tout cela parce que vous n’arrivez pas à digérer d’être repris ! pff… – Vous m’avez proposé il y a six mois d’être votre plume pour développer votre activité professionnelle. J’ai refusé. Aimablement cette fois, voulant croire que votre proposition était celle d’un candide un peu naïf. Dernièrement, vous voilà de nouveau à utiliser ma boîte personnelle pour nous parler de choses et d’autres, frivolités et autres billevesées… Alors fatigué d’un tel endormissement, alors que je vous ai mille fois dit que je ne suis le pasteur personnel d’aucun, et tandis que vous savez fort bien nos difficultés… Dianitsa et moi-même vous reprenons sévèrement. Évoquant alors, outre la santé et les attaques personnelles, notre difficulté financière… Vous vous entêtez alors pour profiter de ma patience : écouter des questions 3 fois posées et autres préoccupations superficielles, et, vous trouvez là l’occasion de réitérer votre demande. « Le gars est dans le besoin, ma proposition de travailler pour développer mon activité devrait cette fois le faire céder. » Niet de niet. Je ne vous demande pas de travail, et encore moins d’argent… Juste à n’être plus le gars chez qui on vient pour se faire sa petite transfusion personnelle de sang tant on manque soi-même d’oxygène spirituel. Réveillez-vous !
Je vous reprends donc ; et il s’ensuit que vous m’accusez, précédemment d’être un manipulateur, et maintenant d’être un cochon. À cela – au cochon – je vous réponds : Posez votre question au Christ. Demandez-lui donc, au Christ, pourquoi lui-même emploie différents noms d’identités. Lui aussi a-t-il un cochon ? D’ailleurs, Il n’a pas de nom connu publiquement, le vocable « massiah » qui est christ vient d’une identité juive pour évoquer le messie de la royauté ou de la torah. J’en parle à Thamis dans une autre réponse d’ailleurs. De là la parole de l’Apocalypse à laquelle vous feriez bien de réfléchir : « À celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc ; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n’est celui qui le reçoit. » (apo 217) L’unité de l’Être, c’est cela, c’est son intimité, et même sa liberté vis-à-vis de Dieu. Scandale ? Vous trouvez cela sale Bruno ? L’Être spirituel est un porc ? Que m’importe que vous pensiez ainsi. Il n’en reste pas moins que son identité est dès lors cachée, elle est spirituelle, et on ne peut en rendre compte ici-bas, par notre langue. Il faut la vivre. Il faut vivre son nom Bruno ! Sinon, vous le voyez, parce qu’on n’accepte pas la contradiction (du texte), on accuse l’autre et on l'outrage en développant contre lui un banal et pathétique argument de cause à conséquence.
Concernant l’autre question. Après avoir utilisé l’ad hominem, vous vous servez cette fois du bon vieux « sortir du texte de son contexte pour en faire un prétexte. » Vous êtes décidément amer. Il faut bien sûr lire en entier le paragraphe, et notamment la fin, ci-après (l'ensemble de ma réponse fait d'ailleurs l’équivalent de 11 pages !) : “L’Esprit qui nous parle, c’est notre Esprit en train de sourdre, c’est nous en train d’apprendre à être divin, à être fils de l’homme. Il n’est pas question de deux volontés en moi qui se partagent le même être que je suis, l’Unité que je suis. Il est question de naître à cette Unité de l’être individuel, l’existentiel que je suis appelé à Être sans limites aucunes. L’Être-esprit sortant du cocon de l’Être-ego je dirai, cassant les limites de l’ego. Kierkegaard disait que l’Esprit est celui qui fait la synthèse. C’est fort juste selon moi. Le défi, c’est d’être Un en nous-mêmes, de nous appartenir. Et celui qui, par l’Esprit du Père est né, est Un, est Fils, celui-là peut dire : « Celui qui m’a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ? » (jn 14 9). Et toutefois, en ce cas, je peux aussi dire que Dieu n’est pas en moi ; car ma proximité avec Dieu est incommensurablement plus grande puisque je suis de même nature que Lui et néanmoins parfaitement autonome : on ne peut être plus intime avec Dieu ! Ça s’appelle la liberté.”
Je propose de lire le texte pour être uni avec Dieu de façon incommensurablement plus grande que par le fait de dire « Dieu est en moi ». Et j’appelle cela la liberté. Maintenant, si vous voulez retourner dans le sein de la mère et être uni à Dieu de sorte que votre volonté soit l’ombre obéissante de la sienne, comme la volonté d’une mère commande somme toute à celle de l’embryon, comme l’idée que l’Esprit me posséderait et qu’en moi vivraient deux êtres, celui de l’embryon et celui de la matrice qui commande. Si vous voulez rester dans le sein, cela vous regarde, mais ne lisez pas mon texte au tiers. C’est mal-honnête. Je vous propose de sortir et de connaître Dieu mille fois plus en devenant comme Lui, Fils, libre, autonome, et en devenant soi-même un esprit vivifiant disait Paul. Vous est-il si difficile de voir Dieu vous dire « frère » (Allez dire à mes frères - mat 28 10) ? Il semble que oui, car moi-même n’ai pas le droit de l’être à vos yeux. Au mieux puis-je être un membre de votre réseau, utile, toujours servant pour répondre à vos petites préoccupations, comme une sorte de puits spirituel à domicile… Et sinon, si je refuse et tente de vous réveiller, voici que je suis un manipulateur et un cochon ! Ainsi donc, si vous ne voulez pas sortir de la matrice, la chose ne me regarde pas. Pour l’heure, votre amertume et vos accusations, je vous les pardonne. Mais c’est encore une déception d’avoir cru être compris, et, au moment de reprendre l’autre, de voir que ce n’est pas le cas. Une fois de plus… Pour ce qui est d'Eckart von Hochheim (qui n'est pas mon maître)… Peu importe ce qu’il dit – ce que nous ne saurons pas puisque le passage n’est pas donné. Il y a chez lui de bonnes choses et d’autres très proche de la philosophie indienne.
Enfin, je ne vous permets plus d’utiliser ma boîte personnelle, mais seulement le mail général d’infos pour Akklésia. Et je me donne le droit de ne pas vous répondre, de vous ignorer. Et parce que je ne réponds pas à vos mails, vous forcez ma porte à coups de bélier, postant directement sur le site, me cherchant noise amèrement et malhonnêtement alors que je vous ai pourtant dit que je refusais l’étalage public de ce qui est intime. C’est outrageant. J’ai concédé ici, mais c’est la première et dernière fois. L’exception qui confirme la règle. Que vous en plaise si je vous ignore car ainsi je ferai.
Cette causerie étant en « accès libre » et en position centrale, les piqûres de rappel incluses dans le commentaire d'Ivsan à mon questionnement initial ramenant à d'autre causeries est -je pense- bienvenu pour les auditeurs(trices)/lecteurs(trices), donc merci.
Sur le sujet central évoqué, il y à néanmoins « d'autres » cas de résurrection cités en Mathieu 27.51-53.
"Et voici que le voile du temple se déchira en deux depuis le haut jusqu'en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, les tombeaux s'ouvrirent et les corps de plusieurs saints qui étaient morts ressuscitèrent.Étant sortis des tombes, ils entrèrent dans la ville sainte après la résurrection de Jésus et apparurent à un grand nombre de personnes".
Comment entendez vous donc ce passage (il est dans les codex), il semble clair non ?.
@Thamis
Que ferais-tu, toi, d’un tel passage ? Est-ce qu’il t’apporte/t’apprend quelque chose sur le sujet de la résurrection ? (aucune ironie dans mes propos, on a pas mal blagué sur d'autres commentaires mais là je te pose la question sérieusement)
(commentaire écourté à l’essentiel à l'initiative d'Ivsan)
Selon moi l'ange n'est pas un concept mais une réalité (et ni un ectoplasme ou un être brillant), d'ailleurs pour moi cela me semble évident dans les écritures des rencontres de l'AT.
Quand à l'ange qui souffletait Paul pour pas qu'il ne s'enorgueillisse pas, il à plutôt l'allure d'un réel distributeur de baffes.Du coup et j'en viens à la réponse au sujet initial, Le, voir Les ressuscités sont aussi (parfois même très souvent) présents… (nous seront comme des anges).Idem donc pour le monde angélique.
C'est une lapalissade pour un être spirituel, mais quand à ce que je suis selon le visu. du monde, il n'est pas sûr que je sois bien bien celui défini par les règles de la réalité.
Dangereusement, me rapprocherais-je donc (moi) d'un « faux Christ » ?
Bref sujet autre là…
Salut Thamis. Tu dis donc que (je te cite de nouveau) ; « Selon moi l'ange n'est pas un concept mais une réalité (et ni un ectoplasme ou un être brillant) , d'ailleurs pour moi cela me semble évident dans les écritures des rencontres de l'AT. Quant à l'ange qui souffletait Paul pour pas qu'il ne s'enorgueillisse, il a plutôt l'allure d'un réel distributeur de baffes. »
Une machine n’est donc pas pour toi une réalité ? Une voiture, un ordinateur ou un téléphone portable ne sont donc pas des réalités selon toi ? Pourtant, ce sont là, très précisément – des concepts. Jean Brun disait la chose suivante à laquelle je t’invite à réfléchir en évacuant la bonne vieille idée de l’ange aux ailes brillantes dont nous avons été tellement gavée dans nos passages au sein des bergeries. Voici la citation : « Rien de plus intellectuel qu'un monstre, rien de plus monstrueux qu'un concept. » (Jean Brun)
Qu’est-ce qu’une machine ? C’est un concept intellectuel auquel on fournit une énergie pour qu’il puisse se mouvoir, fonctionner et avoir une interaction avec l’humain. Il reçoit de quoi obéir aux ordres de Celui qui donne l’ordre ; l’Homme. On l’investit donc, en plus du concept intellectuel logique par lequel il est cohérent (carte mère, moteur…), d’électricité ou de pétrole. Si donc la volonté d’un être libre – l’homme en l’occurrence – décide de fabriquer ce qu’il conçoit intellectuellement, puis qu’ensuite il donne à cet engin intellectuel une énergie pour fonctionner, il fabriquera par exemple un téléphone portable. Que fera-t-il de ce téléphone portable ? Il l’utilisera pour envoyer des SMS à un ami ou un collègue de travail sans avoir à se présenter physiquement et directement. Ces derniers, l’ami ou le collègue de travail ne seront bien sûr aucunement effrayés à la réception du message ; la sonnerie et la lumière de l’appareil ne les saisiront pas d’angoisse puisqu’eux-mêmes ont un téléphone portable et en ont tout autant la maîtrise. Toutefois, ils ont bien reçu un message par le biais d’un messager sans avoir vu, entendu ni touché directement leur ami ou collègue. Le message via le messager dira toutefois « je », à la première personne, comme s’il était lui-même l’ami ou le collègue de travail tandis qu’il n’est qu’une machine.
Néanmoins, dès l’instant où celui qui reçoit le message pense que le messager, soit donc le téléphone, est lui-même l’ami ou le collègue, ou encore qu’il est un être réel, c’est-à-dire une réalité existentielle ayant comme lui une volonté, des sentiments, une véritable vie de type humaine… dès l’instant où il se met à aimer son téléphone comme son ami ou comme son épouse avec qui il communique ; s’il considère son téléphone comme son égal, vivant dans la même réalité que lui, aussi précieux que l’est un humain, dans ce cas, il a fait du téléphone un monstre : « Rien de plus intellectuel qu'un monstre, rien de plus monstrueux qu'un concept. » (Jean Brun). C’est ce que tu fais en ne distinguant pas ce qu’est un ange, ce qui dans l’hébreu « malah » se traduit littéralement par messager. Tu fais une confusion de réalités. Tu ne distingues pas la réalité existentielle de celle de l’intellect qui n’est pas existentielle mais seulement logique. L’Existence est libre et l’Existence a la prérogative de la Vie, du mouvement et du devenir. L’intellect, lui, n’a ni liberté ni vie. Mais si l’Existence lui prête pour un temps, de façon limitée, et pour une mission, un peu de vie pour se mouvoir et accomplir une volonté pour laquelle elle est programmée. Ce messager intellectuel devient alors un messager reflétant en lui ce qu’est l’Existence de l’Être. Il est en quelque sorte l'ombre de sa Gloire, mais non sa Gloire. Il cache précisément cette Gloire, il la voile, il dit le « non » divin. Car il n’est pas un être d’Existence ; il est en essence un concept. Si donc Deleuze a une bonne intuition en parlant de l’ange comme d« un personnage conceptuel », c’est pourtant encore Kierkegaard qui y voit plus clair lorsqu’il dit : « L’existence n’est pas sans pensée, mais dans l’existence, la pensée est dans un milieu extérieur. »
Tu fais donc, il me semble, une confusion de réalité. Tu sais néanmoins que c'est le propre du religieux. Je m'explique. Lorsque les tribus primitives entrent en contact pour la première fois avec la civilisation moderne, elles font la même confusion de réalité. Un simple miroir, un appareil photo, un magnétophone ou une lame de couteau aiguisée les effrayent au plus haut point. Le primitif se met là à imaginer qu’il est en présence d’une réalité magique dont le seul contact risque d’impacter sur son existence. On a même vu chez certains des cas de crises cardiaques. Car ils ne voient pas que leur existence, même primitive, est dans une autre réalité que celle du miroir, de l’appareil photo, du magnétophone ou de l’objet en fer. Eux vivent dans la réalité de la volonté, de l’être qui existe ; de l’être qui en définitive a en lui les capacités de commander à la réalité de l’objet, du concept. Ils sont maîtres des lois, des concepts, mais ils ne le savent pas. Par ce glissement magique à confondre les réalités, ils risquent tout simplement eux-mêmes de tomber dans une sorte d’éclatement de leur propre individualité. Ils risquent d’identifier leur propre réel au réel de l’objet et de devenir eux-mêmes des objets obéissants à des concepts, à des lois. Ce vers quoi ce Monde glisse finalement puisque nous sommes dans le monde du message, des messagers et de leurs lois. Le monde des anges. Hélas, avec ton raisonnement trop ecclésiastique, tu glisses pareillement dans le monde des anges que tu t'efforces de rendre crédible par des passages du NT. C'est une tentation que je connais aissi et dans laquelle je suis moi-même tombé.
Soit donc, il est clair que lorsque Dieu lui-même communique sa volonté en l’investissant dans un messager, ce dernier ne reçoit pas de l’âme, de la matière. C’est nous qui revêtons de matière animée (d’anima et d’énergie) nos messagers. Dieu, lui, les revêt d’esprit pour se mouvoir et communiquer le message pour lequel ils sont programmés. Ces réalités, bien qu’elles soient des esprits, n’ont donc aucune libre volonté et ne sont en vérité que des concepts animés par de l’esprit que leur prête Dieu. Mais parce qu’elles viennent du monde de l’Esprit, il est clair que ces réalités nous subjuguent. C’est ainsi que les hommes, envoûtés par ce magnétisme de la technique, se comportent à l'égard des phénomènes angéliques comme des primitifs. Ils agissent comme les primitifs des forêts à l'égard de nos machines mouvantes alors qu'ils entrent en contact avec notre civilisation moderne pour la première fois. Les hommes transforment les anges en dieux, puis ils les adorent et deviennent ensuite comme eux : des êtres-machines. Ils obéissent à la perfection mais perdent le sens de leur Existence. Ils oublient cette liberté divine qui se tient hors des possibles des concepts, dans un milieu étranger, hors des vérités angéliques gravées sur les pierres des Sinaï. Alors vient la débilité, la religion, le mysticisme, la science fiction, le progrès et… règles sur règles. On confond les réalités. On confond Dieu avec les anges. On confond les lois dont l'ange est façonné avec la Vérité. La Vérité est tout autre pour Dieu. Pour Lui, la Vérité, c'est Exister ; c'est le Vouloir de l'individu qui peut au-delà des possibles. La Vérité, c'est l'Être dans l'intimitié de son vouloir, et le phénomène angélique ne connaît pas cette Vérité-là, car il ne connaît pas la liberté. Il ne connaît que la vérité de l'obéissance dont il est l'incarnation, cette vérité logico-morale qui passe et meurt quand l'Être en décide arbitrairement.
Être « comme des anges ». Oui, bien sûr. La résurrection transforme l’ego, l’âme que nous sommes, l’anima, en esprit. « Semé corps animal pour ressusciter corps spirituel » disait Paul. Et dans le même passage de 1Cor. 15 il dit encore : « Toute chair n’est pas la même chair ; mais autre est la chair des hommes, autre celle des quadrupèdes, autre celle des oiseaux, autre celle des poissons. Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres ; mais autre est l’éclat des corps célestes, autre celui des corps terrestres. » C’est-à-dire que, là-bas, le corps d’un esprit-ange est autre et totalement différent du corps d’un esprit-fils de l’homme – bien que tous deux soient « esprits ». De même qu’ici-bas sont différents l’homme, le cygne, le poireau ou une planète, tous trois étant cependant faits de matières en mouvement – soit donc d’âme, d’une nefesh dira l’hébreu, d'une vie plus ou moins archaïque. Anges et Ressuscités sont « comme » mais leur Existence sont totalement différentes. Les différences sont dans cette capacité à la liberté, soit donc à la domination sur les logiques, les lois et autres concepts. Aussi est-il certain que la résurrection ne conduira pas les hommes dans une égalité. Certains seront plus primitifs que d’autres ! Je ne développerai pas ici car je serais scandaleux. Il y a des choses qu'on ne peut entendre en public.
Soit donc, si le NT, et le Christ en tête sont si avares sur le propos des anges, c’est bien précisément pour nous concentrer sur le Fils de l’homme, considérant ainsi le phénomène angélique seulement pour ce qu’il est, c’est-à-dire la réalité logique qui précède la réalité de l’Existence. Aussi est-il vrai, à contrario, que l’AT, précisément missionné pour le monde logique, est passionné pour l’angélisme dont il est totalement imprégné. Autant le Christ est venu tuer Dieu et les dieux, révéler le Père, donner l’Existence à chaque-Un, et juger les anges ; autant l’AT encense Dieu (yavhé-élohim), les Anges (élohim), et la Puissance (shaddaï) et il ne connaît même pas Dieu comme monothéisme. Car c’est là une chose que le judaïsme cache, c’est que son dieu-Un est en vérité une Trinité. Le Christ est venu pour nous préparer à mourir, à devenir des fils de l’homme et à juger les vérités : la Loi est venue pour nous préparer à vivre, pour obéir aux vérités dont les anges sont les messagers, et de ce fait pour leur obéir et les adorer. Le judaïsme a la vue courte, celle des anges et de cette réalité matérielle qu'ils gèrent ; le Christ a la vue longue, au-delà, celle de l'Existence que seule la Foi qui ne voit pas encore peut embrasser. La maturité dont se propose l'akklésia, c'est d'acquérir cette dernière vue. De fait, c’est par ce malheureux fond du Judaïsme dont il faut l’épurer que la narration évangélique vient nous détourner de l’essentiel en parlant des « corps de plusieurs saints sortant de leurs tombes et entrant dans la ville sainte aux yeux d’un grand nombre de personnes. » Quel cinéma ! On cherche à voir des ressuscités, des anges, des miracles, des signes, etc. Et après cela on passe à côté de la quintessence de l’Évangile : devenir un Homme et quitter ce primitif qui à la moindre lumière croit n’importe quoi et imagine même qu’une ville puisse être divine.
Etc, etc.
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