Vous retrouverez sur la page de présentation de l’auteur deux documents sonores dans lesquels on peut entendre Jacques ELLUL s’exprimer sur des sujets divers :
DERNIERS COMMENTAIRES
AUTOMNE 2011
5,90 €
pdf de 19 pages Format livre
À propos : En écrivant une chronique des Juges, l’auteur construisait en réalité un réquisitoire contre les Juges. L’auteur — ou le groupe d’auteurs — s’est servi d’un fond historique qu’il a ensuite remanié afin de prouver à ses contemporains que l’engendrement de la royauté judéenne était voulu par Dieu. Le leitmotiv du texte est d’affirmer qu’à l’époque où Israël était encore sans royauté et sans administration pour organiser le peuple, celui-ci faisait ce qu’il voulait. Les Juges n'ont pas réussi à vaincre l’anarchie inhérente à l'absence d'un roi : ils sont en échec.
Le livre est donc un livre de propagande écrit par les vainqueurs qui ont manipulé l’Histoire à leur guise. C’est pourquoi les chercheurs ont parfaitement raison lorsqu’ils soulignent les lacunes du texte et il serait vain d'entrer sur leur terrain pour essayer d’en couvrir les anomalies ainsi que l’évidente propagande dont il fut le support. Toutefois, faut-il s’arrêter là et définitivement affirmer que le texte est sans inspiration parce qu’il n’est pas le parfait décalque de la réalité historique ?
Certainement pas prétend Ivsan Otets. Tout au contraire. Désormais libéré par la critique littéraire, l’homme de foi peut enfin lire un texte sans le sacraliser. Le livre a enfin perdu son statut sacré et le lecteur peut respirer. Il remerciera ainsi la critique pour son travail ingrat puisqu’elle lui a donné le droit de questionner le texte. Car l’inspiration se trouve précisément en dehors des chemins de la logique. Il faut laisser aux serviteurs de l’absolu et de la perfection les règles de la nécessité par lesquelles sont régies leurs sciences ; il faut leur laisser leurs dieux, ceux dont l’inspiration est précisément asservie à la logique et qui doivent sans cesse se justifier par des preuves visibles et tangibles.
L’inspiration se moque de tout cela et elle n’est pas bigote. Elle peut fort bien s’épancher entre les mots d’une propagande et le reste ténu d’un fond historique peut fort bien lui suffire pour clamer quelque chose de profond. En somme — il faut apprendre à lire Dieu ! C’est vers cet apprentissage que tend ce court commentaire du livre des Juges au travers du personnage de Samson. Samson — l’indomptable — tels que le sont toujours les inspirés.
Samson l’indomptable
PAGE 9
Tout comme Samson, le légendaire Achille enthousiasme les foules et on chante son titre de demi-dieu tant qu’il se bat héroïquement aux côtés des armées grecques sur les plaines de Troie. Mais lorsqu’il déserte l’armée, plein de colère envers le roi Agamemnon à cause de la belle Briséis, il devient indigne. Le gaillard n’est pas fiable, il est inconstant. Il est incapable de paître le peuple et d’occuper une charge internationale tant ses caprices le contrôlent. Bien des chercheurs reprochent d’ailleurs aux héros d’Homère « d’être particulièrement sujets à des sautes d’humeur rapides et violentes ; de souffrir d’instabilité mentale ». On préférera donner le sceptre du pouvoir à l’empereur philosophe Marc Aurèle, fervent stoïcien, gardien de l’éthique et accusateur des passions. Qu’il guerroie autant qu’il le désire, qu’il agrandisse l’Empire ou qu’il le défende bec et ongles, comme il le fit réellement, mais qu’il soit un humain et non un demi-dieu incontrôlable ; sinon, on frappera son talon d’Achille, on coupera sa chevelure, on flétrira sa gloire. On le fera chuter ! L’homme oint de Dieu est donc celui dont la conduite humaine est normale, équilibrée. Dans le cas contraire on lui diagnostiquera un désordre psychique ou démoniaque, et bien souvent un peu des deux. De sorte qu’aucun prophète biblique, ni même le Christ n’auraient aujourd’hui un traitement différent de celui qu’ils connurent de leur vivant. Ceux qui honorent leurs tombeaux sont d’ailleurs les plus virulents ; l’idée que les prophètes aient pu être « anormaux » est à leurs yeux un terrible cauchemar.
PAGE 18
Être endormi, pour un prophète, c’est être mort. C’est l’abandon de l’onction, c’est-à-dire l’impossibilité de voir. Les yeux de Samson sont crevés. Commence pour lui un long calvaire. Il est certes mis en avant comme un trophée glorieux, il est applaudi, il fait la joie des élites et anime les cérémonies du culte avec talent, mais « son Dieu s’est retiré de lui » ! Il est enchaîné à un système politico-religieux qui lui réclame, non plus de brûler les dogmes et les traditions, mais de les moudre pour en faire un pain de servitude aux hommes.
Tous ces extraits de "trésors cachés" sont alléchants et intéressants !J'en ai connu des prophètes "psy" : la maltraitance verbale, les injures, les mensonges, la perversité, la manipulation font elles parties des critères que vous semblez défendre sous le terme "anormal" ? Si oui j'en cherche aujourd'hui les fruits...inexistants. Mais je suis bien d'accord que sur les estrades prêchent aujourd'hui foules d'aveugles qui entrainent d'autres aveugles. Dommage que ces livres ne soient accessibles qu'en ligne.
Bonjour, merci pour votre commentaire. Vous évoquez le sujet (le "problème") des prophètes mais d’une manière assez elliptique, je vais donc m'efforcer de préciser l’emploi du terme « anormal » à propos de Samson dans le contexte du document Samson l’indomptable, qui n’est pas une défense en règle des prophètes de tout poil.
Quand vous parlez de prophète "psy", j’entends : "personne qui use de la psychologie, de ses ficelles, pour gagner un ascendant sur son auditoire, ou du moins pour exercer ce qu'il considère comme son ministère". Est-ce bien de cela qu’il s’agit ? J’imagine aussi que ces prophètes sont souvent auto-proclamés et évoluent dans les milieux charismatiques/pentecôtistes ? J’attends vos précisions sur ce point.
Dans notre propos, l’anormalité du prophète ne correspond pas à une liberté d’intimider autrui, pour résumer les critères que vous attribuez aux prophètes "psy", mais bien plutôt à une personnalité inadaptée au milieu ecclésiastique dans lequel le prophète évolue. Personnalité, surtout, qui déstabilise l’ordre consensuel établi et constitue un danger pour l’organisation politico-religieuse environnante en ce qu’elle révèle ses fautes. En réalité, le point devrait s’éclairer à la lecture de l’intégralité du texte. Comme je l’ai précisé sur une autre page, nous ne pouvons malheureusement pas poursuivre un débat autour d’un texte à la vente qui nous contraindrait à reformuler des réponses déjà exprimées dans le document lui-même. Toutefois, pour illustrer cette rapide explication : un "prophète" tel que Todd Bentley, qui use de violence physique sur son auditoire, entre autres anormalités, se trouve être parfaitement intégré et accepté dans sa communauté ecclésiastique (c’est même une star).
Pour ce qui est de l’expression "maltraitance verbale", je ne me risquerais guère à en donner une définition. Contredire quelqu’un en exprimant une opinion non-autorisée dans son milieu passerait aux yeux de beaucoup comme de la "maltraitance verbale". Le problème est que tout est susceptible de "choquer" aujourd’hui. L‘expression est donc à mon avis trop vague et porteuse de relents inquisitoriaux, entre autres effluves contraires. Nous avons pour politique d’accepter la maltraitance des idées et non des personnes. Or, à partir du moment où une personne s’identifie à ses idées, elle se "sentira" automatiquement maltraitée avec elles…
Les textes d’Akklésia sont en effet à ce jour uniquement disponibles en ligne, à l’exception de l’opuscule, faute de moyens pour les publier, mais c’est l’un de nos projets (et vœu ardent !) que de les rendre disponibles sous forme de recueils imprimés. Les textes actuellement proposés se présentent sous forme de pdf imprimables au format livre, c’est-à-dire que la mise en page du texte, soignée, comprend une page de couverture et permet une éventuelle reliure comme celles proposées dans les magasins de photocopie-reprographie (reliure baguette, spirale, etc.).
Merci d'avoir pris le temps répondre. Je comprends dans l'ensemble les grandes lignes des propos que vous développez et je suis d'accord !Je reconnais que le type d'Elie ou Jean Baptiste comme modèle de prophète, tous deux atypiques mais je n'en ai personnellement pas rencontrés, même si je le croyais au début, car ceux qui ont croisé ma route en avait l'odeur, la couleur, de prime abord ! mais à l'intérieur...des loups déguisés en agneaux.A votre question : "personne qui use de la psychologie, de ses ficelles, pour gagner un ascendant sur son auditoire, ou du moins pour exercer ce qu'il considère comme son ministère". Est-ce bien de cela qu’il s’agit ? " je réponds OUI ! Ce sont le mêmes qui font que je soies devenu akklesiastique ! Au risque de vous choquer je ne citerai aucune "maltraitance verbale" truffées d'injures de grossièretés, d'intrusions dans la vie privée et j'en passe.Voilà merci pour votre attention. Dommage pour vos écrits attrayants, je n'achète pas en ligne.
Ce que vous rapportez sur les prophètes — leurs abus et intrusion dans la vie privée — vaut également pour les pasteurs, anciens, frères et sœurs, etc. Pour tous les membres d’une assemblée en fait ! Car l’Église, l’assemblée, se pose en famille et de fait devient un monstre totalitaire qui revendique plus ou moins insidieusement un droit sur la vie de ses membres.
Nous savons déjà, nous expérimentons la réalité de notre famille (de sang) comme celle d’une entité ambivalente et problématique : la famille protège (en général) mais demande des comptes, exige un certain comportement ; elle peut être source de soutien mais également asphyxier la personnalité d’un individu, etc. Elle est, selon une expression que j’avais rencontrée dans un documentaire, une "douce violence". Et une famille de sang n’est constituée que de quelques personnes, pour ce qui est des principaux membres… alors imaginons une "famille" de plusieurs dizaines de personnes, ayant chacun évolué dans des contextes différents ! Imposer la familiarité au sein d’un groupe d’inconnus est toujours très risqué et le rapport de force fera toujours la loi, n’en déplaise à tous ceux qui mettent en avant les principes d’égalité évangélique ou à ceux qui claironnent "Faisons confiance à l’Esprit !" L’égalité évangélique n’a jamais existé dans la réalité. Nous voyons déjà le totalitarisme ecclésiastique en germe dans les Actes, lorsque l’apôtre Pierre assassine "par l’Esprit saint" (sérieusement ?) deux postulants. D’autres "tuent" donc par la langue.
Il y aurait beaucoup à dire sur les déviances dans les églises mais le problème se situe encore ailleurs, dans la théologie même du Corpus Christi. Parmi les documents libres du site, le texte Le Cordon ombilical en parle assez longuement. Et pour ce qui est des techniques de suggestion pentecôtisantes, À propos des Cantiques évoque le sujet.
Je suis certaine que vous trouverez d’autres documents sur le site pour alimenter votre réflexion, je vois que vous avez déjà lu le billet Petits prophètes, sur l’espèce étrange des 'journalistes chrétiens'. Pour ce qui est des documents payants, c’est dommage mais nous comprenons que le paiement en ligne soit un problème pour beaucoup, c’est malheureusement le seul que nous puissions mettre en place à l’échelle du site pour l’instant et c’est notre solution par défaut. Si toutefois vous avez la possibilité de télécharger des liens (pdf, mp3, zip), vous pouvez toujours nous envoyer un mail et nous tenterions de vous proposer une autre solution.
Nom ou pseudo :
Adresse email :
Site web (facultatif) :
Commentaire :
Les commentaires peuvent être formatés en utilisant une syntaxe wiki simplifiée.
5 + 7 =
N’oubliez pas de répondre à l’anti-spam avant l’envoi pour éviter un filtrage automatique de votre commentaire
S’abonner aux dernières mises en ligne