Vous retrouverez sur la page de présentation de l’auteur deux documents sonores dans lesquels on peut entendre Jacques ELLUL s’exprimer sur des sujets divers :
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& Suite et fin de la série sur le thème de la prière
«Le fait est quand je comprends quelque chose dans le possible, je reste essentiellement inchangé. Je ne sors pas de l’habituel et ne me sers que de mon imagination. Quand cela devient réalité alors c’est moi qui suis changé et maintenant la question c’est si je peux conserver mon moi. Quand il s’agit de comprendre dans le possible, j’ai à tendre toute mon imagination. Mais s’il faut comprendre la même chose dans le réel, je suis dispensé de tout effort d’imagination. Elle m’est contiguë, hélas, trop contiguë. Elle m’a comme englouti et, tout le problème alors c’est si j’arrive à m’en tirer tout entier. »(Zut, j’ai perdu la référence complète. C’est un passage que j’ai enregistré sur cassette, mais de souvenir ça provient du volume III du Journal de Kierkegaard.)
Eh bien, non! Je ne m’en tirerai pas, chers amis, il le faut. Autant commencer par là. Mon imagination prendrait-elle part à ma pensée qui est «extérieure à l’existence», elle ne me sert de rien si je ne peux changer de nature. Il en est ainsi de la tentation du «grille-pain». Une imagination malade peut-elle vraiment être un point de départ à la compréhension dans le réel? N'essayons donc pas de traficoter le filage pour arriver à la température idéale, mais préparons un toast bien tumoral et prenons sur nous-même de le manger comme s’il était ce moi. Ce qui me fait me demander si la prière ne serait pas ce début non moins absurde d’autophagie («celui qui ne mange pas ma chair») que personne n’est prêt à tenter par peur de l’impossible («où nul n’est tenu», pour reprendre Victor Cousin)?
Merci pour cette causerie «hardcore». Marre des versets «doudou»!
A mon tour de vous remercier pour cette 35 ème causerie. C'est toujours un plaisir de vous entendre tous les deux. Je n'oublie pas que pour "commencer à parler", vous avez parcouru deux décennies et demie. J'aimerais tant passer à travers l'épaisseur du temps !
La symbolique des deux collines emblématiques de Jérusalem, les Monts Sion et des Oliviers est expressive. Il me vient cette image d'un nomadisme, nous faisant migrer de la Raison vers la foi seule en Christ, d'un mont à l'autre. L'apôtre Paul, lui qui était si bien enraciné sur le mont Sion, a ramené sous ses sandales de la poussière pharisaïque quand il a lui-même migré vers le mont des Oliviers. J'en viens à penser que ce n'est pas un hasard si Paul a presque autant de place que Jésus dans le "Nouveau Testament". Ce mouvement migratoire n'est pas souvent distinguer d'après ce que je peux en juger (dans mon parcours ou en observant ce qui se raconte sur les blogs chrétiens). Tout le monde y va de l'autorité de tel ou tel versets: les claviers ou les paroles des uns et des autres se transforment en projectiles, censés terrasser l'interlocuteur. C'est moche, usant, desséchant, sans aucune once de charité.
J'ai entendu (écouté?) deux fois votre causerie et une question me taraude: arrivé sur le mont des Oliviers, que faire de cette vie? Un fois que la raison et la sinistre réalité de notre condition sont acceptés, quel devenir terrestre, comment apprendre au-delà?Une remarque que j'ai bien aimé de votre part Ivsan, (ce n'est pas dans cette causerie), est qu'il nous faut faire selon nos moyens ni plus, ni moins (ce qui n'est pas sans évoquer la notion de devoir que vous abordez dans cette causerie). Ce faire avec nos moyens me paraît être un bien précieux. Bien précieux, souvent négligé par l'institution ecclésiastique, celle-ci visant des buts souvent inaccessibles alors que des besoins élémentaires sont négligés en son sein (ou presque pire, à la porte des salles "consacrées" où le pauvre , le malheureux n'est pas aimé, remarqué).
En tout cas, soyez encouragés et (je sais ça fait bizarre!) soyez heureux tous les deux.
bonjour parmelan,
Il y a ce fameux proverbe biblique (191) : « Des frères divisés sont plus difficiles à gagner qu’une ville forte ; et leurs différends sont comme les verrous d’un château. » (version Ostervald) – Je commence ma réponse de cette manière car je remarque dans votre propos une certaine tristesse qui semble émaner de cette constation. En ce qui me concerne, ce ne sont pas tant ces « projectiles » que les chrétiens se lancent « sans aucune once de charité », comme vous dites – ce n’est donc pas cette situation qui me surprend, c’est bien plutôt que cette guerre a lieu sur le mont Sion. C’est-à-dire que les chrétiens se battent en se jetant l’un contre l’autre des « dogmes révélés » qu’ils croient contradictoires alors qu’ils sont en vérité IDENTIQUES. Ils viennent peu ou prou tous du mont Sion.
Prenons par exemple Calvin, un auteur que j’ai à une époque abondamment lu et face à qui j’étais alors plein d’enthousiasme. Voici ce qu’il dit dans son Institution (Livre IV, I-10) : « « Car Dieu estime tant la communion de son Église, qu’il tient pour un traître et un apostat de la chrétienté, celui qui se sépare de quelque compagnie chrétienne, en laquelle il y a le ministère de la Parole et de ses sacrements. Il a en telle recommandation l’autorité de l’Église, que quand elle est violée, il dit que la sienne propre l’est. […] Il s’ensuit que quiconque se sépare d’elle renie Dieu et Jésus-Christ. Et d’autant plus nous faut-il garder de ce divorce si énorme, par lequel nous tâchons, en tant qu’il est en nous, de ruiner la vérité de Dieu, et par quoi sommes dignes qu’il nous froudroie avec toute l’impétuosité de sa colère, pour nous briser. Il n’y a aussi nul crime plus détestable que de violer par notre déloyauté le saint mariage que le Fils unique de Dieu a bien daigné contracter avec nous. »
Ceci, c’est du catholicisme, c’est tout. Exemple typique où le protestantisme et le catholicisme s’écharpent pour défendre en définitive la même vérité. Soit donc, quel est l’enjeu de ces guerres ? C’est fort simplement de régner sur le mont Sion. Il n’est pas ici question de deux perspectives totalement différentes qui s’opposent, mais de la même vérité déguisée avec deux vêtements. Et voici ce qui me désole : c’est qu’on nous fait croire justement que nous avons ici la Grande bataille où deux monts s’opposent. C’est faux.
Lorsque je commence à quitter le mont de la Loi, de la raison, et de tous leurs dieux logiques avec leurs comptabilités expiatoires des crimes et des fautes que j’ai pu commettre. Lorsque, enfin, je rejoins le mont des Oliviers où tout m’échapppe, c’est alors au milieu d’une tout autre bataille que je me retrouve. En effet, il n’est plus question sur le mont des Oliviers de régner sur les hommes, en montrant que – Moi – je suis en règle avec la Loi, que – Moi – je suis pur et obéissant, et que je peux donc administrer les sacrements, etc. L’enjeu est soudain de parvenir à régner sur Ma propre existence, sur Ma propre réalité (chose qui paraît plus humble puisque la pespective d’envergure de régner sur tous est abandonnée : mais quel piège !). Il s’agit là-bas d’atteindre ce point impossible où j’ai comme horizon la perspective de comparer ma vie à un Royaume de Dieu : je suis fils de Dieu sur ma vie, sur toute sa Nature, sur toutes ses lois, sur tout le réel. je suis le Roi de mon Royaume et tout m’obéit : même le Temps ! Rien ne me sera impossible disait le Christ. Et quand à un tel homme on demande ; « Quand viendra le royaume de Dieu ? Il répond : Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards, et on ne dira point : Il est ici, ou : Il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous. » (cf. Luc 17)
Cette perspective qui consiste à faire de chaque-Un un royaume, c’est l’abolition des monts Sion. Commence alors la vraie guerre. Guerre contre moi-même, contre ma raison, contre mes dogmes, contre ma religiosité, contre mes arkhès (autorités) rationnelles auxquelles je dois obéir, ces lumières éblouissantes qui en mon âme ont toutes les preuves et ont toujours la vérité pour elles. Et enfin, cette guerre contre toutes les fausses guerres, en refusant de rejoindre ces prétendus « camps adverses » des monts de la Loi, lesquels, précisément, se mettront d’accord entre eux pour s’opposer à l’ennemi commun que je suis devenu pour eux. Car je vois désormais, littéralement, en l’homme-chrétien, le Christ : « Un homme qui ose se faire Dieu ». Dieu n’est plus une autorité à laquelle je dois me soumettre, mais un Père, un fondement existentiel qui manigance une chose absolument inimaginable : me donner les mêmes ailes que les siennes.
Mais prenons un autre exemple, l’auteur anglais Chesterton – vous verrez finalement où je veux en venir. Chesterton donc parlait des « vérités chrétiennes devenues folles. » C’est un phénomène qui, d’après lui, consiste à mêler à ce qu’il appelle les « vérités chrétiennes » des vérités déjà existantes dans les cultures qui ont reçu le message ecclésiastique au cours de l’Histoire. Le christianisme se mêle par exemple au shintoïsme japonais, ou encore à des éléments de la philosophie grecque, ou bien encore au gnosticisme, etc. L’habillage final constitue selon lui un ensemble de « vérités chrétiennes devenues folles. »
Je pense que Chesterton se trompe totalement. S’il existe une vérité chrétienne elle ne peut pas entrer dans cette folie que lui prête l’apologiste anglais. C’est impossible. Chesterton avait de la verve et il écrivait fort bien, mais il lui manquait de lire le NT ou, au moins, de le prendre au sérieux. N’est-il pas écrit qu’on ne peut coudre le vieux vêtement avec le nouveau car sinon le tout se déchire ? Le Christ était-il donc un lanceur de slogans en parlant ainsi ? ou encore un magnétiseur de foule ? ou bien plutôt connaissait-il une chose que nous ne voyons pas ?
Assurément, il savait que la « vérité chrétienne » est par essence déja folle et déraisonnable et que la raison ne pouvait aucunement monter à son niveau et s’infuser en elle. Il est impossible que le mélange de Chesterton prenne – c’est une affirmation du Christ ! Il est impossible que les « vérités chrétiennes deviennent folles » en se liant avec d’autres « vérités » des cultures ambiantes. Car, par essence, la Vérité est existentielle, de la pure existence. Elle ne craint donc pas d’enjamber la mort, de jeter derrière ce qu’elle ne veut plus ou ne veut plus être. Aussi la proximité de la mort n’est pas pour elle un problème mais une sorte de « déchiqueteuse » utile tandis qu’elle, la Vie de l’Être, continue à vivre comme elle l’entend. C’est pourquoi elle ne veut pas se mêler à une vérité immuable qui est elle de la pure éternité et qui ne peut abolir ce qu’elle est pour devenir autre. La Vie est au-delà de l’immuabilité et de ses vérités éternelles. La Vie change, bouge. Elle est mouvante. Elle VIT ! Pourquoi ? Par ce qu’elle VEUT, Librement, parce qu’elle est de l’existence, justement. Tandis que les vérités éternelles ne veulent pas, justement. Et c’est ce qu’on leur demande d’être, justement. Elles sont et ne sont qu’obéissance absolue à ce qu’elles sont éternellement. Ainsi donc ne sont-elles, pour la Vie, pour le Vivant, que des outils, lesquels, peut-être serviront, peut-être ne serviront pas. Ils sont en réserve, en quelque sorte, pour celui qui veut, selon ce qu’il voudra et qui ne peut être prédit. Un peu comme notre intelligence, qui est en réserve, au service de notre volonté.
Ainsi donc, c’est autre chose que voit Chesterton… et ne pouvant l’expliquer, il est simplement, lui aussi, tombé dans le piège de mêler la VIE à l’immuabilité des vérités éternelles et figées et que la raison interdit de mettre à la question. Pensons désormais à Descartes ou à Hegel – pour ne prendre que ces deux-là puisque l’histoire de la pensée nous en fournit une telle légion que nous n’avons que l’embarras du choix. Soit donc, ces deux-là ont en effet mêlé la raison et le message ecclésiastique, les vérités chrétiennes avec les vérités définitives ou évolutives que l’intelligence humaine a découvertes : la rationalité mathématique avec l’Esprit, la sociologie avec l’éthique chrétienne, etc. Et il est facile de trouver dans de nombreuses sections et parties des philosophies, des mythologies, des religions, des sciences… d’innombrables « vérités chrétiennes », pourtant envisagés comme révélées par l’Église, mais qui sont cependant déjà mises en avant dans tel ou tel développement intellectuel, religieux, scientique, politique de telle ou telle culture. Par suite, rien de plus simple que de faire un montage syncrétiste des unes avec les autres, ou, comme Chesterton, de dénoncer une déviation en parlant de « vérités chrétiennes devenues folles. ».
Mais enfin ! si ces différents pans des pérégrinations de la pensée humaine se rejoignent c’est en vérité qu’ils viennent du même fond, qu’ils ont la même racine. Ils proviennent du même Mont. Rien n’est devenu fou en vérité, mais tout revient à son fond d’origine. Après des guerres sanglantes, les uns et les autres s’aperçoivent finalement qu’ils se nourrissaient au même arbre, mais qu’ils avaient simplement cueilli son fruit à un endroit différent. Ils avaient de la même vérité une perspective différente. Le temps faisant, ils se rejoigent donc, les différences s’amenuisant. Rien de plus normal puisque la vérité qu’ils revendiquent tous veut que le UN s’accomplisse. C’est la raison pour laquelle les premières vérités brutes se polissent avec l’usure du temps, avec la finesse intellectuelle et l’évolution de sa technicité. Tout revient ainsi à l’Un absolutiste. Tout et tous doivent chanter le même chant. Point final et mort de l’existence. Chacun n’est plus qu’une machine ou un membre nourri à un flux impersonnel qui veille surtout à ce qu’aucune vérité particulière vienne sourdre dans l’ordre divin et paisible enfin en place. La Gloire divine peut alors être exaltée. Les frères divisés ne sont plus une ville forte ; leurs verrous ont été rompus. Nul n’a donc plus droit à une vie secrète et particulière pour dire le Christ, pour affirmer qu’il est, Lui, et en Lui-même, un Royaume, et que sa volonté lui appartient, en propre, sans qu’aucune vérité éternelle ne puisse y accéder. Et dans un tel monde, cher parmelan, aimer ne veut rien dire, assurément.
Ainsi donc, Calvin, lui aussi, entrevoit la foi seule de Luther, puis il retombe dans le bon vieux message ecclésiastique où il confond l’église avec le Christ et recommence à élever les bûchers pour brûler les hérétiques. Mais : Pourquoi cette récurrente et continuelle rechute des hommes ? Parce que tous ces hommes se posaient la question que vous vous posez parmelan, laquelle, moi aussi je me suis posée lorsque j’ai commencé à rejoindre le mont des Oliviers : « Arrivé sur le mont des Oliviers, que faire de cette vie ? » dites-vous dans votre commentaire.
Premièrement, je vous conseille de lire le Sola Fide de Chestov. Ce dernier entrevoit bien le mouvement que je viens d’évoquer et il l’entrevoit chez Luther lui-même. Il montre ainsi qu’il y a un Luther prophète, et un Luther réformateur. C’est ce dernier qui se préoccupe de répondre à la question si pragmatique de la foule : « Quoi faire désormais et ici-bas de la vérité insaisissable que je viens de voir, là-bas, en haut, sur la montagne ? »
Secondement, voici ce que je dis. Quand vous aurez définitivement quitté Sion pour vivre sur le mont des Oliviers, vous saurez quoi faire. De plus, c’est un secret qui vous appartient. C’est pourquoi quiconque viendrait vous le révéler et finalement répondre à votre place à votre existence, celui-là serait probablement là pour vous ramener sur l’ancien Mont. Sachez, en outre, que cela a peu d’importance (ce que nous faisons), ce qui compte, aux yeux du Christ, c’est que nous devenions et que nous ne cessions pas de devenir. À celui qui devient vient toujours une tâche car il est impossible que le vent qui souffle ne laisse les feuilles des arbres immobiles.
bien à vous, ivsan otets
Bonjour parmelan. Vous vous demandiez: "arrivé sur le mont des Oliviers, que faire de cette vie? Un fois que la raison et la sinistre réalité de notre condition sont acceptés, quel devenir terrestre, comment apprendre au-delà?" Je vous invite à la lecture de la raison d'être - méditation sur l'Ecclésiaste de Jacques Ellul, si vous ne l'avez déjà lu. Bonne marche.
bonsoir David,
Merci pour votre sollicitude. Suite à la référence au livre "la raison d'être" voici la note de l'auteur, Jacques Ellul, disposée au bas de la page 182 (Edition du Seuil 1987), lui-même citant Kierkegaard:
"Si l'homme doit prendre au sérieux la Parole de Dieu...s'il doit y voir le sérieux de la vie, et voir par suite une plaisanterie dans toute sa capacité, comme dans toute son incapacité, s'ensuit-il qu'il doive se refuser à rien entreprendre, sous prétexte que tout n'est vanité, vent et fumée? Que non pas. Alors, en effet, il se prévaut de l'occasion de comprendre la plaisanterie, puisqu'il n'y a plus aucune contradiction à la maintenir à coté du sérieux de la vie, aucune contradiction à dire que tout est vanité aux yeux d'un esprit pénétré de la vanité de toutes chose. La paresse, l'inaction, la superbe à l'égard du monde fini, tout cela n'est que mauvaise plaisanterie, ou, plus exactement n'a rien de la plaisanterie : cela, c'est du sérieux! Et dans la sphère du religieux, le positif se reconnait toujours au négatif : le sérieux à la plaisanterie qui en fait le sérieux religieux et le distingue de la banale gravité, de la sotte importance qu'affiche un directeur de services, de la sotte importance que s'attribue un journaliste devant ses contemporains, de la sotte importance d'un bruyant revivaliste devant Dieu. Comme si Dieu ne pouvait pas créer des millions de génies, s'il se trouvait un jour dans l'embarras! Tenir dans sa main le destin de nombreux humains, transformer le monde en y voyant toujours une plaisanterie, voilà le sérieux! Mais pour être capable de ce sérieux-là, il faut que toutes les passions du monde fini soient éteintes, et tout égoïsme extirpé."...___
Les passions, et les empreintes laissées par les pères spirituels ou non, sont telles que l'on en sort dévasté, et à ce moment là, on peux marier sérieux et plaisanterie. Peut-être devrais-je dire "je" et ne pas employé "on". C'est un peu raide d'arriver à la cinquantaine et de se poser la question: au fond, qu'est ce qui sera "sauver" en moi ou finalement comme l'a écrit le rosbeef (pardon aux boeufs !) "être ou ne pas être"devient une question lancinante. A mon tour de vous souhaiter, une bonne marche.
Le « rosbeef » ! Shocking ! Hoche-la-poire ne mérite pas qu’on l’assimile ainsi au reste de son peuple amateur de rôti bouilli à l’eau, I say…
Bonsoir parmelan, La question de savoir ce qui sera sauvé en nous, je me la pose aussi, mais ne la conçoit pas comme un problème. Car cette description radicale de l'humilité ne nous refroidit (aussi bien quand on regarde notre passé, que quand on s'interroge que faire maintenant ?) que lorsque nous en venons à essayer de nous juger nous-même et c'est alors qu'on oublie que ce cinglant constat est en fait un don de Dieu. Car "sous le soleil" il n'y a pas de réponse à ce qui sera sauvé et ne le sera pas et cette absence de réponse est une invitation à faire confiance et à ne pas enterrer son talent. Je crois que rien n'est différent pour l'ouvrier de la onzième heure.
je constate avec plaisir que vous vous posez de bien étranges questions, cher David! et leurs réponses, me paraissent bien intéressantes. Permettez-moi de vous indisposer avec le processus de questionnement et de tâtonnements qui me conduisirent vers ce tandem énigmatique Dianitsa / Ivsan. Se poser la question, qui je suis? peut sembler inquiétant. Et pourtant la question est née sur le tard (printemps 2013) en fréquentant un milieu charismatique. Originaire d'un milieu calviniste (tant par les racines doctrinaires que par l'implantation cévenole), je fus surpris par le parler en langues, et par une partie de la communauté jouant le rôle de tueur à gages d'esprits mauvais. Par curiosité et crédulité, je me suis rapproché de ces braves soeurs qui telles des Don Quichotte se lancent à l'assaut des forteresses du mal, Une sorte de GTA diabolique, j'étais entouré de chuck Norris , charles Bronzon, Steven Steagal (etc.. on s'aperçoit que la liste est longue). Je suis allé deux fois à ces "space" réunions et là, ( alleluia) je me suis dit que la folie est la porte. La mienne! D'où un questionnement sur la représentation du monde: 1- le monde visible n'est déjà pas très rassurant: les microbes, les chauffards, les administrés, les djihadistes, le journal télévisé, la pénurie de Pq..... 2- il y aurait un monde parallèle, moulé sur le visible comme un gant sur la main. Et là, itou, je trouve des assassins qui peuvent me traverser la pensée, en y déposant des graines de mort. Ces enfoirés en plus n'ont pas la politesse du Seigneur, ils entrent et sortent dans mon crane comme dans un moulin sans frapper mais en me frappant...D'où une double conclusion:
A-l'équilibre mental est-il possible? B-quand est-ce que je suis moi-même, en dehors toutes ces allées et venues "spirituelles", est-ce vraiment moi ou ne suis-je qu'un prête corps? Voire une marionnette.
j'ai donc refusé cette lutte endiablée (conforté par le travail du professeur Charcot, par des récits de l'évangile qui semble évoquer des crises d'épilepsies, par un autre ouvrage médical celui du docteur Christian Klopfenstein..). D'autant que l'ennemi est fluctuant, voir même polymorphe suivant les doctrineurs et leur imagination galopante. L'imagination tournant vite au cauchemar, porte grande ouverte à toutes les peurs, phantasmes, devant l'inconnu. A la Ivsan , j'ai dit niet et avec un air amusé je me suis souvenu des dessins animés de la warner bros: un diable à ma gauche, et un ange à ma droite. Voilà bien une représentation qui vaut toutes les autres. En précisant que l'ange ou le démon sont des émanations de ma personne. D'ailleurs, je ne connais pas de Satan plus redoutable que ma conscience. Celle-ci a bien failli avoir ma peau mais c'est une autre histoire.....
Et oui cher Parmelan. comment est-il possible de se retrouver là, entre une réalité qui nous ment et une vérité qui ne se réalise pas, à marcher ainsi à l'aveuglette pour des queues de cerises, si ce n'est par la grâce de Dieu ?
cher David, nous sommes ainsi placés dans ce "confiant désespoir" luthérien. Et alors seulement retentit le très catholique "ite missa est" car enfin "cette réalité qui nous ment et une vérité qui ne se réalise pas" ne me semble pas dépassable. Formuler et reformuler ce paradoxe est peut être notre seul bien ici-bas, une perle précieuse. Un précieux inconfort d'où surgit une espérance folle qui consume notre être intérieur! Espoir pour nous qui nous réfugions dans les ténèbres de la Foi, tandis que les autres en seront scandalisés.
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