pdf akklésia la femme et l’homme couv
Ivsan Otets

PRINTEMPS 2013

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En bref : Tout n’est pas inspiré dans la Bible. Toutefois, les trois premiers chapitres de la Genèse sont particulièrement profonds ; réellement inspirés. De là, Genèse 1-3 arrive en tête des passages les plus mal lus. Que de chimères, de fantasmagories et de débilités les théologiens et les mystiques n’ont-ils pas fait dire à ce texte ! Et combien de millions de morts ces interprétations n’ont-elles pas entrainés dans l’Histoire de l’Humanité. Le plus tragique, toutefois, c’est d’observer comment, à l’ère de la technologie, des personnes d’un haut niveau intellectuel persévèrent à extraire de ces propos les mêmes outrances et les mêmes fables : une véritable insulte à l’intelligence en réalité.

Ivsan Otets dépoussière le texte dans une lecture akklésiastique et adogmatique qui lui est propre. Mais ce n’est pourtant qu’un premier jet, car le texte est si riche qu’il a d’abondantes facettes qu’une vie entière ne suffira pas à dévoiler. Le lecteur est dès lors invité, lui aussi, à se libérer de ses préjugés et autres lieux communs véhiculés depuis des siècles pour puiser dans le texte une eau fraîche — réellement désaltérante. Une lecture enfin libérée du dogme et du religieux promet à celui qui s’y adonnera une véritable libération. « La Vérité vous rendra libre » n’est pas un slogan, c’est une réalité. Encore faut-il oser une telle lecture.

La femme et l’homme

extrait

PAGE 1

Le premier homme était au commencement une femme. Ainsi en témoigne le texte biblique : Ève est le premier individu à naître de l’espèce humaine archaïque – non pas Adam. La première personne qui sur terre prit conscience de son devenir et de sa capacité à sortir de l’animalité était en réalité une femme.

    Adam, c’est d’abord une généralité : l’humanité dans son ensemble. C’est de cette manière que la Genèse introduit le terme « Adam » : pour désigner la réalité d’un nouveau groupe d’êtres vivants apparaissant sur la terre : « Dieu forma l’adam de la poussière de la terre » (27) nous est-il dit. C’est donc avec maladresse que nous parlons d’Adam comme nous parlons d’Antoine, de Pascal ou de Florent ; et nous nous trompons lorsque nous disons qu’Adam fut le premier homme et le premier être individuel. Le philologue Antoine Fabre d’Olivet, dans sa traduction très particulière et fort peu connue, lui aussi discerne la chose. Il décrit de façon bien plus pertinente le terme « adam » lorsqu’il le traduit par : « l’universel Adam » ou bien « l’Homme universel ». Je crois que nous serions plus proches de l’intention de l’auteur en poussant même jusqu’au néologisme, et comme nous parlons de l’humanité et de l’homme, nous pourrions parler de l’adamité et de l’adam. Bref... le récit de la création dans la Bible s’ouvre par l’annonce de l’espèce humaine ; par l’Adam qui n’est ni homme, ni femme, et pas encore un être particulier.

PAGE 25

L’homme est apparu dès l’origine comme valet de la femme quand elle l’inspira à exister intellectuellement ; quand elle lui donna le fruit de l’arbre des connaissances pour métamorphoser la réalité. Ève est par nature un chef politique et en vérité le véritable chef de famille. C’est pourquoi son ambition est de choisir parmi les hommes le plus apte à mettre en pratique sa vision du monde. L’amour se déploie en elle à cette condition. La femme de l’Éden cherche l’homme qui saura écouter et incarner avec talent les leçons de la séduisante raison. Elle aide ainsi son compagnon à déployer sa supériorité sur l’animal et à affirmer son pouvoir politique ; et ce faisant, elle le conduit à bâtir la conception du monde qu’elle goûte et voit intérieurement. Elle est l’architecte.