Vous retrouverez sur la page de présentation de l’auteur deux documents sonores dans lesquels on peut entendre Jacques ELLUL s’exprimer sur des sujets divers :
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1 — Le dimanche 8 juin 2014, 21:11 par Stéphane
Les paradoxes que soulève le Christ, et ils sont fort nombreux dans les Évangiles, nous oblige effectivement à faire sur soi un travail de relecture, en quelque sorte à l'envers.
Point étonnant que le religieux ait trouvé dans ce paradoxe la clé de voûte de son establishment. Car dans le sermon sur la montagne Jésus semble effectivement visiblement inciter à la bonne pratique de la loi, alors qu'il se pourrait bien en réalité qu'il vise un tout autre but.
Cette manière d'agir de Jésus me plaît. J'aime le voir s'adonner à semblable forme d'ironie : en mettant l'homme face à l'impossible, à quelque chose d'irréalisable. En somme, il lui offre une sorte de cadeau empoisonné. Mais que cette manière d'agir de Jésus me plaise n'est pas in-extenso lié à mon esprit subversif, seulement au fait que ma compréhension du sermon sur la montagne va dans le même sens que la tienne.
Quelque soit notre interprétation de ce passage, nous ne pouvons qu'être d'accord sur ce point : c'est que Jésus presse l'homme, le pousse dans ces derniers retranchements. Mais aussi, le fait trébucher. Certains trouveront en ce dernier effet une allusion à la simple remise en question ; d'autres, plus rares ceux-là, pousseront le bouchon un peu plus loin pensant davantage à la désillusion totale, et complètement consommée en l'homme.
Donc, le sermon sur la montagne — sauf qu'il soulève chez certains quelques craintes face à l' « exigence de pensée irréprochable » — est communément apprécié par le religieux comme par le croyant non-religieux, mais pour semble t-il, des raisons radicalement différentes, et diamétralement opposées.
C'est effectivement une forme de liberté qui amène l'homme à ardemment désirer sa libération vis-à-vis de la loi. Seulement cela n'est possible en effet que, soit par une transformation à l'image de la loi — l'homme ainsi transformé en principe de loi n'a plus conscience de ce qu'il est —, soit par un dépassement de celle-ci. L'homme se retrouve ainsi pris entre deux feu. Il aimerait s'en détacher, mais n'y parvient pas.
Mais la pratique de la loi n'est pas univoquement une marque de zèle religieux ; comme non pas non plus forcément une violence contre soi-même. Car l'on peut effectivement en user de moyen pour apparaître autre que ce que l'on est. Aussi, l'intégrisme religieux dans la pratique de la loi envers soi-même est une bonne chose pour au moins une raison, c'est qu'il amène l'homme à sa néantisation.
Le Christ procède en réalité à une sorte de dissection en l'homme, pour le mettre face à ses responsabilités et lui-même. En somme, comme Jésus le pratique déjà avec la foule — en séparant ceux qui l'a déjà séparé — il le fait en nous-même par une mise à mort perpétuelle de soi.
La tendance de l'homme à devenir de même nature que ce qu'il imite l'amène dans sa pratique de la loi en effet à son automatisation. Ainsi, l'application de la loi jusqu’au-boutiste dans une société hautement technologisée machinalise l'homme.
Dans le « Moi je vous dis ... » de Jésus, je vois déjà là un « Voilà ce que moi je veux de la loi » — en attendant, la loi se présente à nous comme le maintien de l'ordre naturel faute de mieux.
Devenir à l'image de la création alors que l'homme est en passe de se l'approprier fait devenir l'homme, non pas à l'image de la création de Dieu, mais à l'image de sa création propre, dans les limites de son pouvoir.
2 — Le dimanche 8 juin 2014, 21:51 par Ivsan
Entièrement d'accord… un bon commentaire qui complète fort bien ce que je tente de dire : « la loi se présente à nous comme le maintien de l'ordre naturel faute de mieux. » — Oui ! cet ordre naturel, somme toute, qu'on veut nous faire passer comme étant l'ordre divin. Il l'est, en terme de Loi, c'est-à-dire de la raison, de la morale, du bien et du mal donc ; mais en perspective du Christ, il est en deçà. Il est le « dieu-Nature » et non pas ce Dieu que le Christ appelle « Père ». Or, l'ordre naturel et sa Thora – qui est malgré tout mis en place par le Père comme tuteur, et en attente du meilleur – s'il peut « fabriquer » de l'humain pour « assujettir » le monde animal et le dépasser, il ne peut le libérer totalement de l'animal et de sa plus haute Loi qu'est la mort. Tandis que le Père ne fabrique pas, mais Il engendre des Fils – par son sang, par sa nature – et il les rend ainsi capables de dépasser, et l'animal, et la mort, et l'homme : ainsi apparaît le Fils de l'homme, la résurrection et le Royaume des cieux.
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