Vous retrouverez sur la page de présentation de l’auteur deux documents sonores dans lesquels on peut entendre Jacques ELLUL s’exprimer sur des sujets divers :
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Penses-y seulement de plus près: le Modèle est appelé un «agneau»; cela déjà scandalise en nous l'homme naturel, a-t-on jamais envie d'être un agneau!
Journal de Kierkegaard, Volume 3, page 77, X I A 204.
C’est bien là une logique propre au troupeau! Tandis que le loup finit de nous en convaincre, vient alors la métamorphose de la brebis en loup. Non seulement récuse-t-elle sa qualité de brebis – pourtant nécessaire pour cheminer vers l’extérieur – mais encore son refus la dépossède d’elle-même. Et le loup, n’est-il pas par nature un dépossédé ? Il ravit son existence pour la déposer en offrande au pied du gardien de la bergerie frappé d’effroi. Pire encore, le loup fait ainsi croire à la brebis qu’il s’agit du péage pour sortir du troupeau... Mais pour en finir avec le loup, ne devra-t-elle pas se démarquer de la meute pour enfin se mesurer au troupeau ?
Cher Jessé,
Merci pour votre intervention éclairée.
Votre commentaire dit bien l’étrange mimétisme de la brebis et du loup, de la meute et du troupeau. Il se joue entre eux un jeu de miroir, écho de l’éternelle opposition entre le Bien et le Mal, une pantomime où la confusion est finalement la règle, car les espèces évoluent selon leurs choix existentiels. Un balancement, donc, où l’un peut devenir l’autre, soit par grâce (le loup devient l’agneau et commence son cheminement avec le Christ) soit par manque de courage et/ou aveuglement (l’agneau devient un loup qui prêche avec zèle la Loi contre le Christ ressuscité).
Concernant l’extrait de Kierkegaard : en effet, comment un homme pourrait-il s’identifier à un agneau ? C’est une position transitoire d’humilité similaire à l’enfance ; une certaine ‘inconscience des débuts’ permet de bien la vivre. Au-delà du temps dont la marque pour chacun est une certaine prise de conscience d’un au-delà de la Loi ainsi que des enjeux individuels & post-mortem de l’Évangile, au-delà de ce temps marqué pour chacun, la vie au sein du troupeau commence à prendre des allures de Disneyland permanent : un royaume en plastique où la joie enfantine des débuts se transforme en effroi de se voir évoluer dans un environnement en toc, régi par le totalitarisme du bonheur obligatoire. Et comme vous le suggérez dans votre interrogation finale, il est parfois plus ardu de se mesurer à un troupeau de joyeux forcenés aveugles à leur état réel qu’à des loups organisés et raisonneurs.
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