Vous retrouverez sur la page de présentation de l’auteur deux documents sonores dans lesquels on peut entendre Jacques ELLUL s’exprimer sur des sujets divers :
DERNIERS COMMENTAIRES
Proprement décapant !.
Le mille feuille....explose...les tables des marchands sont renversées....
Selon certains Catholiques, il existerait six degrés de purgatoire et notre monde en serait le troisième.
Il est vrai qu'au fur et à mesure des possibilités d’accès à certains savoirs et d'une disposition à pouvoir les comparer, on trouve des « surprises », comme les rapprochements troublants que vous faites entre les conceptions de l'au delà "spirite" d'Allan Kardec (par exemple) avec celles de la "théorie" du purgatoire, mais ce ne sont visiblement pas les seules (surprises), pour exemple certaines familiarités que l'on peut trouver entre les manifestations des divers esprits dit « familiers » et autres ectoplasmes plus ou moins perceptibles (ex : le daïmon de Socrate ), et la galaxie des anges gardiens propre aux Catholiques sans parler des contacts mystiques propres à chaque "spiritualité" (soufisme, chamanisme etc...).
A décharge, il y à chez un Catholique "normal" une nette distinction (sémantique) entre une invocation et évocation d'une personne décédée.
Bref, vous tapez dans du dur la !. merci encore à tout deux !.
Il me semble que la différence entre "invoquer" et "évoquer" est générale. Évoquer quelqu'un ou quelque chose c'est en faire mention, en parler. Invoquer quelque chose ou quelqu'un c'est l'appeler (ex: invoquer une excuse ou invoquer l'esprit de Samuel comme l'avait fait la magicienne d’En-Dor à la demande du roi Saül déguisé ! › 1 Sam 28) donc pas d'excuses pour les Catholiques, mouahaha ! Je plaisante.
Oui, le purgatoire, si bien ancré dans les mentalités populaires pendant des siècles, flirte avec la nécromancie lorsqu'on décrète que les vivants (clergé et paroissiens) ont une influence sur la destinée des morts, par diverses actions. Disons qu'inventer des scénarios qui transposent les réalités terrestres dans l'au-delà n'est pas propre au Catholicisme, c'est une tendance naturelle, un réflexe de toute personne qui essaie de penser l'après-mort. Mais ce qui frappe dans la doctrine du Purgatoire, c'est cette administration proprement romaine, carrée et sophistiquée ; c‘est l‘EMPRISE de l’institution, institution (l’Église catholique romaine donc) qui revendique un véritable partenariat actif avec Dieu dans la gestion du bétail humain (SON troupeau), un partage des pouvoirs, nettement à l’avantage du clergé d’ailleurs.
Tu parles de ressemblances et de familiarité entre diverses manifestations spirites à travers le temps et les cultures/religions. Une fois là-dedans (dans l’occulte), je dirais ironiquement que le spectacle peut commencer. Car je suppose qu’on trouverait toutes sortes de correspondances transculturelles, un esprit reste un esprit. On peut s'enivrer de détails ou passer une vie entière à étudier tels particularismes — entreprise plus qu'hasardeuse vu que l’objet d’étude est invisible, et fortement lié au subjectif (probabilité de transferts d’éléments personnels) — et les comparer avec d'autres cultures spirites exotiques, une fois qu'on a mis le doigt là-dedans la fission de l’individu guette car, un pied dans l’invisible un pied dans l’incarnation : qui peut vivre dans deux dimensions à la fois ??
Merci Dianitsa tu vise fort bien.
Il est encore actuellement pas mal disciples de Thomas d'Aquin, en plus ils sont convaincus et de fait parfois convaincants.
As- tu remarqué que purgatoire rime avec transferts expiatoires.
En effet, la « théorie » des transferts est également un pilier « doctrinal » et pas que du christianisme d’ailleurs...de la à l’expédier dans l'au delà via la théorie des purgatoires, il y à -peut être- un rapport de cause à effet...
En écrivant « une fois qu'on a mis le doigt là-dedans la fission de l’individu guette », tu exprimes en un mot ce que la « médecine » à théorisé via les divers avatars des psychoses et autres joyeusetés.
A valeurs de témoignage, certains pentecôtistes (pas mal d'ailleurs) développent trait pour trait une PHC (psychose hallucinatoire chronique), via, (éveillés), à des visions -extatiques ou non- diverses et variées, de surcroît, ils essayent d'entrée de faire passer cela aux petits nouveaux comme un objectif (le baptême du saint esprit).
D'autres encore finissent par développer des pathologies encore plus graves et finissent sous neuroleptiques/psychotropes en hôpital voir directement « ad patres »...(suicide).
Bref, en somme la mise au sommet de l’échelle d'une régression, d'un « rebirth » ou autres expériences qui peuvent entraîner une « décompensation psy. ».
Curieusement sémantiquement, pour un « rebirth » cela peut-être rapproché d'une définition d'une nouvelle naissance.
En cela je réponds finalement à ma question posée à Ivsan via mon interrogation sur la causerie sur la souffrance à propos de ceux qui se revendiquent nés de nouveau ici-bas.
Ceci-dit disséquer des « souris » n'implique pas forcement de s'assimiler à celles-ci.
Il est en effet plutôt rare qu'un de ces « spécialiste » ne se livre à « l'alchimie » qu'il exerce sur leur clientèle.
Pour finir tu écrit « qui peut vivre dans deux dimensions à la fois ».
Et bien selon mon constat, il y en a un « paquet » (et depuis longtemps), en plus ils en écrivent ou en ont écrits des ouvrages en en théorisant leurs « expériences » avec parfois un succès certain.
NB : Mais pourquoi donc avoir choisi l'illustration d'une "révolte dite Mexicaine" ?.
J'ai encore aimé cette causerie qui m'ouvre d'autres chants d'horizons.Tu parle d'un moment de la lumière et le début des lois et de la raisonDieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut. 4Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres.En cela tu montre que Dieu nous abandonne dans cet espace temps régit par les lois, ok rien à dire. Après tu explique que la seule intervention c'est de nous amener à Christ, cette nouvelle naissance, qui pourra se manifester de différentes manières. Complètement d'accord, c'est la plus belle chose.Après dans tes propos, j'ai l'impression que le Seigneur nous abandonne à ce monde régit par ces lois universelles. Il m'a semblé pourtant plusieurs fois sentir sa main, un coup de pouce, un "clin Dieu" et que ce Dieu de l'impossible est venu transcander ces lois pour m'aider malgré des période de désert diffcile. Alors est-ce le fruit du hazard soumis aux lois éternelles ou Dieu qui agit à sa guise selon son bon vouloir ? Je comprends qu'il n'est pas là pour agir selon notre bien vouloir, et qu'il pleut sur le juste comme pour le méchant, mais pour des circonstances que je ne connais pas, il peut agir comme par miracle dans la vie d'un homme ici-bas. Parmi les citation d'Albert Einstein, une a attiré mon attention : " Le hazard, c'est la façon que Dieu se promène incognito"
@Thamis
Disséquer des souris n'implique pas forcément de s'y assimiler, certes ! Mais tout de même, certaines dissections sont plus traumatisantes que d'autres. Je veux dire que lorsqu'on se penche sur un sujet d'étude il finit par nous tenir compagnie, par occuper notre esprit et nous remettre en question à des niveaux divers — quel que soit le sujet : le Moyen-Âge, les moteurs de bateaux, les probabilités aux jeux de hasard, etc. Seulement, il y a des sujets qui sont plus à risque que d'autres, à risque de quoi ?, eh bien de nous entraîner dans un déséquilibre personnel je dirais.Le surnaturel est une préoccupation que je qualifierais de "lourde" dans le sens où c'est un domaine tellement subjectif qu'il en est vertigineux, tellement subjectif qu'on peine à trouver une base d'études un tant soit peu sérieuses et fiables pour amorcer une réflexion. Et pour cause : il s'agit d'étudier l'invisible ! La nature du sujet elle-même porte à une transformation intime, voire une intrusion (influences psychosomatiques). Bref, le sujet n'est pas anodin. Les spécialistes des tueurs en série ne finissent pas forcément dans l'identification, mais je veux bien croire qu'ils dorment moins bien que les ornithologues…
Rebirth, born again… yeah, yeah… Nous on a la Renaissance, mon cher ! ;)Oui, en anglais ou en français, on voit bien que ça répond à un désir chez l'homme de faire peau neuve, de revêtir une autre nature --> causerie imminente sur ce thème.
Quant aux charlatans qui font fortune grâce au surnaturel, pas de doute, ils comprennent et exploitent la soif d'au-delà de leurs congénères (les cinéastes également : x-files et tutti quanti). Et j'ai bien conscience qu'il existe d'authentiques sorciers qui vivent avec leurs "puissances" mais je n'envie pas leur quotidien…
Pour l'illustration de la causerie : c'est drôle mais je pensais qu'on aurait plutôt été questionné sur celle du "Péché". De toute façon avec la recherche d'images google on ne peut plus surprendre personne, c'est pas marrant… (moi je pensais que ça aurait fait un bon quizz). Donc cette gravure mexicaine est une image que je connais depuis le lycée (LV2 espagnol) et elle me plaît bien. Je trouve qu'elle exprime quelque chose de très dynamique, un élan irrésistible. Alors oui, hum, historiquement ici c'est un élan vers la destruction (ils s'en vont brûler quelques haciendas de latifundistas, grands propriétaires terriens exploiteurs de paysans) mais ce qui m'intéresse c'est cette « détermination en marche » contre l'oppresseur. En la regardant, on peut donc substituer au contexte historique son propre oppresseur (au hasard : la nécessité qui nous limite) et puiser une sorte de motivation visuelle pour en découdre avec ses propres obstacles. Et pourquoi sur cette causerie ? Là c'est plus superficiel : le paysan évoque facilement un vigneron, avec le groupe en arrière-plan, au moment où ils vont se saisir des envoyés du maître de la vigne. Non ?
— « J’ai l'impression que le Seigneur nous abandonne à ce monde régi par ces lois universelles. Il m'a semblé pourtant plusieurs fois sentir sa main, un coup de pouce, un “clin Dieu” et que ce Dieu de l'impossible est venu transcender ces lois pour m'aider lors de périodes de désert difficiles. »
Il y a dans les reportages animaliers des choses surprenantes et fort intéressantes, notamment ceux concernant la pratique de la chasse chez les prédateurs. Il arrive parfois que la proie ait une chance phénoménale et le prédateur une malchance totale ; et d’autres fois c’est l’inverse ; et il arrive encore, comme dans l’exemple suivant, qu’une intrication de circonstances associant 3 parties proclame une drôle de justice. – Une bande de lycaons chasse un phacochère. Le phacochère se réfugie dans un point d’eau, et les pieds dans l’eau, il fait face aux prédateurs. Car étrangement les lycaons n’osent venir dans l’eau, ils semblent attendre que le phacochère ose sortir de l’eau. Et paf ! un crocodile arrive par-derrière et bouffe le phacochère. Coup de bol pour le crocodile, malchance tragique pour le phacochère, et moindre malchance pour les lycaons qui repartent bredouilles, mais, par la vertu de leur prudence, repartent au moins vivants car le point d’eau regorgeait en réalité de crocodiles.
Soit donc, si le crocodile qui a emporté le phacochère était chrétien, il invoquerait certainement un verset tel que par exemple celui de l’épître aux Romains : « …Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu et qui sont appelés selon son dessein. ». Ou bien, peut-être invoquerait-il la sagesse d’Einstein : « Le hasard, c'est la façon que Dieu a de se promener incognito. » Quant aux lycaons, ils rendraient certainement grâce à la sagesse divine qui leur donna la prudence et, comme promis, la vie de surcroît. À moins qu’ils se réfèrent à la morale gréco-latine : « Le vrai courage, c’est la prudence » (Euripide). Enfin, concernant le sort du phacochère, le religieux à la mode des amis de Job dira que le phacochère avait péché pour subir un tel sort. L’homme moderne, lui, aura le choix en termes d’arguments : « Le phacochère était un looser ; il aurait du rester avec sa troupe de phacochères au lieu de s’isoler, etc, etc. »
Mais que diraient Paul ou Einstein devant ces micros événements qui ne cessent de se produire dans la Nature ? Paul en appellerait-il à la théologie ? Einstein en appellerait-il à cette sagesse dont Monsieur croyait détenir le titre légitime parce qu’il manipulait savamment les mathématiques ? Et Dieu ? Dieu est-il tellement intéressé par l’histoire des animaux au point qu’il agisse personnellement sur les puissantes lois de la réalité afin de nourrir le crocodile, tuer le phacochère et sauver le lycaon ?
Il semble que oui, si nous lisons le passage suivant du NT :« Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou ? Cependant, il n’en tombe pas un à terre sans la volonté de votre Père. Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc point : vous valez plus que beaucoup de passereaux. » (mat 1029-31). – Ainsi donc, de même qu’« il ne tombe pas à terre un passereau sans la volonté de Dieu », le phacochère se transforma en un plat succulent pour le crocodile et les lycaons furent sauvés, là aussi par la « volonté de Dieu ».
Tu ne trouves pas le raisonnement un peu trop tiré par les cheveux… précisément. Moi oui ! Bien plus. Je trouve cela simpliste jusqu’à être à la limite de l’idiotie. C’est pourtant le Christ qui parle ! Devant une telle approche du problème, j’ai envie de lui répondre la chose suivante : « Tu me prends pour une nouille ou quoi ? Pour un gosse ? Je suis absolument certain de ne pas avoir ton intelligence, mais là, tu me parles comme si j’avais huit ans ou un niveau intellectuel proche de l’internement psychiatrique. » Alors voilà, nous allons rehausser le niveau du Christ. Allons-y pour un coup de kabbala, à la mode Ézechiel avec son « maasé merkava » ou « comment Dieu dirige le monde ». Sinon, allons-y pour un coup de théologie catholique, avec la « grâce prévenante » (gratia operans), et la « grâce coopérante » (gratia cooperans). Ou encore, allons-y à la mode Sir Eintein et tournons-nous vers l’astrophysique pour comprendre comment Dieu dirige les lois de la réalité en nous plongeant dans les théories des cordes ou des multivers.
Lorsque nous aurons bien compris comment Dieu dirige le monde, comment et pourquoi il fait grâce aux uns et endurcit les autres, nous pourrons alors faire de la théurgie en obligeant Dieu à agir ainsi ou ainsi : selon notre volonté. Là miracles, là coup de chance, là victoire sur mon ennemi, là pouvoir économique, biologique… Et tout cela, parce que, par ma piété, ma théologie, ma sainteté, ma connaissance spirituelle ou scientifique, j’ai mis en mouvement le char céleste d’Ézéchiel, le mouvement par lequel le Divin maîtrise les lois de la réalité. Nous pourrons enfin nous exclamer, victorieux : « Dieu ne m’a pas abandonné à ce monde régi par les lois universelles, car voici, désormais, comme Lui, je les comprends et les maîtrise » – Ce n’est là qu’une simple réitération du serpent dans l’Éden : « Connais la science, les lois qui gouvernent le monde, et tu seras comme Dieu. Sinon, Dieu t’abandonnera et tu finiras dans la bouche des crocodiles comme un primitif imbécile qui ne goûte pas à l’arbre du bien et du mal. »
Nous voici donc coincés entre un ou bien, ou bien. Ou bien devenir un idiot et finir comme le phacochère, le lycaon ou le crocodile, abandonné aux mains de la réalité sans ne jamais rien piger à tout ce qui m’arrive, ne pouvant compter que sur ma force ou ma rapidité, soit pour fuir, soit pour attraper avant les autres le plat que la Nature nous tend. Ou bien acquérir la connaissance divine et devenir maître du monde.
Sinon, il y a bien la troisième voie. La Foi du Christ. Croire que toute la réalité obéit à Dieu. Comment ? Je m’en fous totalement. Je me fous totalement comment fonctionne mon ordinateur. Mais quand je lui demande de faire cela, il le fait, c’est son problème. Et s’il ne le fait pas, je le benne et en achète un autre. La Foi du Christ, c’est Dieu qui marche sur l’eau ou transforme les molécules d’eau en vin, pourtant, ho ! scandale ! il se fout totalement du comment la chose se fait sinon que « parce qu’il le veut ». L’astrophysicien et le biologiste sauraient 1000 fois plus Lui expliquer comment fonctionne la loi de la pesanteur et comment la molécule est régie par les forces nucléaires en son noyau, mais l’un et l’autre sont obligés de travailler ardemment, soit pour acheter un bateau ou construire un pont afin de traverser le fleuve ; soit pour acheter la nourriture nécessaire au supermarché du coin dont la note ne manquera d’être réclamée.
La Foi du Christ, c’est être ni plus haut que l’animal, ni plus bas que l’animal intelligent qu’est l’homme, c’est être ailleurs, ailleurs que sous la domination des lois de la Réalité. La Foi du Christ, c’est Dieu qui abandonne à la réalité des lois tous les animaux, les primitifs, comme les évolués. Et pour les uns comme pour les autres, tout est question de force et de sagesse devant ces lois afin d’être à la queue plutôt qu’à la tête. Voilà en quoi consiste le fait de rehausser le niveau du Christ : c’est perdre la Foi et être livré à la Réalité. Mais c’est un demi-abandon somme toute ! Car le véritable abandon consiste en la chose suivante. L’homme n’a plus de Réalité, il n’a plus de corps, il n’est que conscience désincarnée, il a perdu son âme, car l’âme, c’est toujours une âme-corps. Cet état, pour les Grands Saints, c’est l’état de Salut. On ne peut imaginer pire abandon : le quatrième « ailleurs ». Cet « ailleurs » qui n’est ni celui de l’animal, ni celui de l’animal intelligent qu’est l’homme, ni celui des Fils de l’homme. C’est celui où le manque de réalité ronge comme la teigne. Là où l’abandon hors les lois de la réalité conduit l’individu à justement désirer ces lois de la réalité. Il désire son incarnation qu’il a perdue, son corps, son âme. Et même s’il faut, sous ces lois, souffrir. Car jouir de la vie, se dit-il alors dans son enfer, c’est en vérité « être abandonné » au droit suivant : Poser la question du sens de mon existence ! Puisque Dieu aime l’homme, il répond toujours… à la mesure du sérieux avec lequel on pose la question.
Soit donc, il est bon que l’homme soit livré entre les mains des dieux et de leurs lois, d’être abandonné entre les mains de la nécessité. Car alors, sous ce joug, peut-être se questionnera-t-il, comme Job, de savoir si Dieu l’aime au point de soumettre, pour lui, ces lois, ces dieux et ces vérités, afin de devenir, pour lui, un Dieu de l’impiété qui le conduit à recevoir, un jour, cette même nature d’impiété, c’est-à-dire d’autorité sur les dieux. Lorsqu’un homme, enfin fait un tel saut, il entre alors petit à petit à comprendre la chose qui suit : il fut livré aux lois et à leurs dieux pour précisément apprendre cela : pour se tenir « Ailleurs » et être « un Autre » – pour entrer dans l’Utopie de son Père, dans Sa réalité et Sa nature. Ainsi donc est résolue la question des lois et des dieux, une question qui ne se pose plus désormais ! Car le véritable arrive ici : la Foi. C’est par elle, qu’un jour, ayant appris à cesser de questionner les serpents de la vérité, il apprendra à être celui qui leur ordonne. Puis alors, si dans sa résurrection, si alors un homme le questionne à ce propos, il lui répondra, tel le Christ : « Je t’aime plus que tous les animaux de la Nature réunis. Et vois, toute la Nature m’obéit, et cependant, qu’importe comment elle fait cela. Ce qui compte c’est qu’elle me sert pour t’amener Ailleurs et à être un Autre. Tout ce qu’on rajoute à cela vient du diabolique. »
Franchement un grand merci Ivsan pour le temps passé à me réponde. j'ai un grand respect pour toi et tu le sais c'est sincère. Depuis plusieurs années de conversion avec le Christ, je n'ai jamais été touché, bousculé et souvent choqué par tes écrits, tes audios et par la profondeur de tes commentaires. J'ai besoin de relire et relire pour bien m'imprégner, toujours avec l'esprit critique lorsque tu va loin et le plus souvent à l'opposé des commentaires traditionnelles religieux. Là encore ta réponse sur mon post est extraordinaire et je me suis bien marré avec les animaux sauvages!. Que Dieu bénisse ce travail de recherche et que toutes les brebis qui ont soif de Christ puissent profiter de ces commentaires mûrement inspirés. Si je devais choisir de representer un animal de la jungle, j'aurais plutôt tendance à choisir l'éléphant, j'aurais peut-être plus de versets en ma faveur!Amitiés
@ Dianitsa,
« Les spécialistes des tueurs en série ne finissent pas forcément dans l'identification, mais je veux bien croire qu'ils dorment moins bien que les ornithologues ».
Proprement Génial, je n'ai pu m’empêcher d’éclater de rire quand j'ai lu cela (à la stupeur de mon petit et de mon chien qui n'en sont pas trop coutumiers).
Réplique acérée propre à « mobiliser l'auditoire ». comme l'on nous l'apprenait en « pédagogie » .
Esprit de Chuck Norris, au nom de l'inspecteur Harry sort de dianitsa :-)
Oui pour l'illustration de la causerie, j'en ai bien vu dans une prime approche la tète des vignerons dont la « fureur déterminée » est dignes des tableaux de propagande « révolutionnaires » de tout poil propres à initier un gros b...... en vue - dans les fait - à opérer un changement de caste « dominatrice ».
Fut une époque Ivsan me partageait l’intérêt du décorticage des images, de fait j'en vient parfois (donc souvent) à creuser différentes interprétations voir parfois limite à y trouver un sens caché (occulte ?).
«je pensais qu'on aurait plutôt été questionné sur celle du "Péché" ».
Pour ma part je ne questionne plus à ce sujet en effet :
Selon les anciens grecs il existe(tait) un fleuve des enfers dont ceux qui arrivaient à le traverser revenaient sur « terre » moyennant un « reset » (de ce que j'en ai compris).
Et comme il m'est (curieusement) permis/donné de savoir ce qu'il s'est, se passe ou se passera dans mon existence à la façon d'un « déjà-vu déjà-vécu » (permanent), je suis troublé (euphémisme), et pas loin de croire à la « malédiction bouddhiste » évoquée via les réincarnations ou les métempsychoses Origènes(niques)...
Cependant, cette fois-ci par contre, il m'est donné « des coups de pouces » comme ceux évoqué par Bruno.
@Ivsan
« savoir si Dieu l’aime au point de soumettre, pour lui, ces lois, ces dieux et ces vérités, afin de devenir, pour lui, un Dieu de l’impiété qui le conduit à recevoir, un jour, cette même nature d’impiété, c’est-à-dire d’autorité sur les dieux. »,
Je pense que l'on peut en goûter des prémisses ici-bas sans pour cela virer « theurge », ou alors t'est t'il donné de faire -ici-bas- plus de musculation que « beaucoup ».
Ceci-dit, je ne cours (pour ma part) pas pour finir premier, d'ailleurs je suis quasi certain de ne pas finir, je cours juste pour faire mon "petit".....Cambrone à Waterloo !.
Je voudrais revenir sur deux propos que tu évoque :''Puisque Dieu aime l’homme, il répond toujours… à la mesure du sérieux avec lequel on pose la questionLorsqu’un homme, enfin fait un tel saut, il entre alors petit à petit à comprendre la chose qui suit : il fut livré aux lois et à leurs dieux pour précisément apprendre cela : pour se tenir « Ailleurs » et être « un Autre »''
Si donc on rentre dans cette Foi, dans la compréhension que nous sommes bloqués dans cette espace temps, et que seule compte la resurrection, et qu'il y aura un changement radical de notre nature ici-bas en une nouvelle nature qui n'est plus soumise aux lois n'est-il pas juste de dire que cela semble facile comme salut mais aussi pénible ? Je m'explique. En étant "Ailleurs" et un "autre" nous allons donc souffrir de symtômes autistiques, qui je pense ne sont pas pathologiques quand on voit aussi le monde de dingues qui nous entoure.L'homme ayant pris conscience de tout cela, doit-il se dépouiller de sa volonté propre ou doit-il aller au bout de ces projets personels ?
— « …que seule compte la résurrection, et qu'il y aura un changement radical de notre nature ici-bas en une nouvelle nature qui n'est plus soumise aux lois… »
Je n’ai jamais dit qu’« il y aura un changement radical de notre nature ici-bas » mais « là-bas », suite à la résurrection. Je l’ai d’ailleurs maintes fois dit et expliqué.
Je m’applique et je me concentre afin de formuler des réponses longues, claires et fournies d’arguments ; aussi je ne demande que le juste retour en termes de « concentration ». De même que pour les fautes d’orthographe majeures ou de syntaxe qui peuvent contribuer à des quiproquos ; car en l’occurrence, ici, ta suite de vocables et de temps crée la confusion : « résurrection » ; « il y aura » ; « ici-bas ». J’ai l’impression que tu postes à la va-vite Bruno, te relisant en diagonale, entre l’eau qui est sur le feu et un œil sur un magazine. Tu me places ainsi dans la situation de jouer le « maître d’école » – ce que je déteste au possible.
— « …n’est-il pas juste de dire que cela semble facile comme salut mais aussi pénible ? En étant « Ailleurs » et « un Autre » nous allons donc souffrir de symptômes autistiques, qui je pense ne sont pas pathologiques quand on voit aussi le monde de dingues qui nous entoure. »
Pareillement en ce qui concerne mon expression : « pour se tenir “Ailleurs” et être “un Autre” ». J’ai maintes fois dit que je n’entends pas ici une situation concrète qu’il faut prendre au pied de la lettre. Combien de fois ai-je déjà parlé de l’Utopie dont est tout imprégné le christianisme. C’est pourquoi l’« Ailleurs » et l’« Autre » dont parle le Christ est un impossible ici-bas. Il n’est appréhendé que dans l’incognito et on ne peut lui donner comme forme que la « persévérance de la foi ». Nullement question en ce qui me concerne de faire peser sur les hommes cet immense poids d’atteindre ici et maintenant cette utopie, cet impossible dans lequel seule la Résurrection peut faire entrer. C’est le propre des religions d’imposer aux hommes ce que Dieu ne veut pas leur imposer : être parfait par exemple, ou encore produire du miracle, etc. Et en effet, cela entraine à produire des déchirures de l’être insupportables chez les individus. Je ne suis pas de cet acabit.
C’est en vérité tout le contraire. Car la « persévérance de la foi » et l’« incognito » de l’homme qui vit dans la foi-seule, qui n’a plus besoin de preuves – voici une force d’équilibre considérable qui préserve justement son Être. Dans cette tension que produit la lutte contre les preuves de la raison, de la logique morale et de tout le bataclan des systèmes religieux, lesquels exigent, ici la perfection, là l’impossible, ou encore un monde nouveau… c’est précisément le repos de la foi qui dit : « pas encore, pas encore, crois seulement » qui est la réponse. C’est seulement cette position-là qui peut apporter à la vie intérieure de l’individu un repos et une force. C’est un puissant mur contre toutes sortes de désordres psychiques dont sont atteints les croyants aux messies des âges d’or, de tous ces ici-bas divins et miraculeux arc-boutés sur le sacro-saint Progrès dont on nourrit les hommes.
C’est pourquoi, ceux-là mêmes (poètes, penseurs, aventuriers…) qui se sont nourris de la vie sous la forme directe de l’existentialisme, mais qui pourtant n’ont cessé de jeter le divin à la poubelle – ce sont eux qui n’ont jamais réussi à tenir cette tension de l’Existentiel. La découverte de cette vérité de l’être-régnant, mais sans l’appui de Dieu, c’est-à-dire sans la foi en cet Être qui précisément peut y conduire par un impossible Saut, voilà une position impossible à tenir pour un homme. Aussi est-il dit, de la part du Christ, que devant les bergeries Il cherche « ceux qui sont les siens ». À savoir ceux qui sont prêts pour une telle Sortie. Sinon, qu’ils restent dans les églises, dans le darwinisme ou je ne sais quoi d’autre de logique. La tension existentielle exige la foi, et la foi n’est fait que pour elle : l’existence, la folle existence. Pour ce qui est de l’existence logique, raisonnable et dont la preuve concrète suffit, la Loi, la Raison et les Églises conviennent parfaitement ; nul besoin de la foi.
En outre, attention ici à ne pas encore mêler des concepts par manque de précision et/ou de concentration. Je parle du moment où tu parles de ce « monde de dingues ». La majorité des gens ne sont précisément pas préoccupés par la tension existentielle de la vie. Seulement par l’assouvissement de l’ego, et même s’ils nomment parfois cette activité d’« existentielle », ce n’est que par une déformation de langage. La « folie » d’un monde absorbé par lui-même n’est pas, selon moi, à rapprocher avec la « folie » de cette « lutte contre les évidences » dont on accuse ceux qui ôtent leurs couronnes aux dieux de la raison, des lois et des morales.
— « L’homme ayant pris conscience de tout cela, doit-il se dépouiller de sa volonté propre ou doit-il aller au bout de ses projets personnels ? »
Mais enfin. C’est le centre de mon propos dont je ne cesse de parler (déjà 30 causeries et entre Les Cahiers Jérémie et Akklésia, environ 500 pages de textes). Dieu, c’est la volonté, cette volonté libre telle que : « Ceci est le bien parce que je le veux ; car le bien et le mal n’existent pas, seule existe ma volonté. » Or, c’est dans cette dimension de l’Être que le Christ veut nous faire entrer. Nous ne l’avons pas. Nous ne sommes pas libres ! C’est là que se trouve l’Utopie de « se tenir “Ailleurs” et d’être “un Autre” ». Aussi n’est-il pas question de se dépouiller de sa volonté, mais d’apprendre la Volonté. Car nous ne l’avons pas ! La volonté que nous affirmons n’est que celle de la raison, de la vie ici-bas qui fournit ses preuves et imposent ses choix logiques à chacun. La volonté existentielle, de l’Être, elle, n’est imposée par rien ni personne, et elle impose tout. Mais elle est à-venir, dans l’utopie du royaume des cieux disait le Christ.
Comment donc la mettre en pratique ici-bas ? À-venir ! Ainsi donc, il n’y a rien d’autre que la foi, la persévérance dans cette foi, et le refus de l’immédiateté directe. « L’Esprit est le refus de l’immédiateté directe » disait Kierkegaard. Mais plus concrètement encore ? En ce qui concerne les projets personnels ? Mais je ne sais pas Bruno, ça, c’est ton problème. Je ne peux, à la limite, savoir que pour moi. Je ne suis ni pasteur, ni prêtre, ni gourou, ni prophète. N’est-ce pas déjà suffisant cette bonne nouvelle ? À savoir de te révéler que Dieu a pour projet de te donner l’impossible, par delà tout bien, tout mal et toute raison. À savoir que cet impossible est si certain d’être donné – le Christ a vidé son tombeau – qu’il est donné sans le payer, c’est-à-dire sans preuves, mais seulement en y croyant de tout son être. Je ne vais pas en plus me coltiner à chercher le cheminement de l’autre en plus du mien. Les pasteurs sont là pour cela, ils sont là pour les enfants. Moi, je m’occupe des grands, de ceux qui veulent assumer leur vis-à-vis personnel avec le Christ, qui assument de sortir, d’Exister en propre devant Dieu et qui sans intermédiaire assument avec Lui-seul et devant Lui-seul leurs projets personnels. Que le frère reste donc un frère, et aux diables les diseurs de bonne aventure.
A mon tour de vous remercier, Dianitsa et Ivsan pour la richesse de vos propos. Je ne prends pas le temps de relire ce que j'ai précédemment écrit, alors pardon pour les redites!C'est incroyable de se retrouver à la porte des bergeries, sur le point de sortir alors que je pensais être arrivé dans l'antichambre du Ciel!!! S'il n'existait pas quelques lueurs de lucidité dans mon parcours, je serai proche de vous taxer de blasphémateurs. Un conducteur des aveugles voilà ce que je suis par nature et j'ai failli le devenir dans le rôle que la très sainte autorité ecclésiale souhaitait me faire jouer. Sur le pas de la porte des bergeries, je jette un œil apeuré. En effet, la persévérance des Saints, ce n'est donc pas la persévérance à bien faire et à éviter le mal! Mais où le Christ m'emmène t'il? Dites-moi Ivsan et Dianitsa, en dépit des coups et blessures que nos frères nous ont infligés, sortir est effrayant. Les chemins qui mènent aux bergeries sont balisés, sécurisés et à l'intérieur, il ya du chauffage, de la nourriture et même de la lumière. Nos chers pasteurs nous enseignent qu'au dehors il y a démons et autres bêtes cornues...Puis je jette un œil effrayé ( la témérité c'est pas mon fort, mon Dieu comment j'ai fait pour être sur le pas de la porte!) et divine surprise: pas de bêtes à cornes sinon les cocus du système qui ne se comptent plus depuis lontemps. Mince, moi qui croyais à ce bestiaire infernal digne d'un tableau de Jérôme Bosch; je m'aperçois que le point commun à l'enfance des peuples comme à l'enfance des individus, le recours à la pensée magique est le premier pas vers l'âge adulte. Puis vient le temps où on abandonne ce qui est de l'enfance. J'en suis là, d'un coté pétri de peurs (et si je me trompais?) et de l'autre une pensée rassurante (quoique rien ne la justifie), un maître mot "confiance" dans Celui que je aime mais qui est intangible. Je vous en prie continuer vos causeries...
Effectivement, je me suis mal exprimé : "qu'il y aura un changement radical de notre nature ici-bas en une nouvelle nature qui n'est plus soumise aux lois ", je voulais dire un changement radical de notre nature ici-bas en une nouvelle nature après la résurrection. J'ai bien compris tes propos et je me réjouis de cette réponse.
Salut Thamis,
Eh oui, la version américaine claque mieux que, par exemple, "Esprit de David Douillet sors de ce corps au nom du commissaire Moulin !" Les ricains et leur démesure sont tout simplement plus percutants… (il faut dire qu'ils n'ont pas peur du ridicule : ce Chuck Norris, quelle star du kitsch !)
Le fleuve de l'oubli c'est le léthé, n'est-ce pas ? Peut-être une métaphore, entre autre, pour les mécanismes psycho(logiques, somatiques, etc.) d'amnésie…plutôt que pour la frontière entre deux vies successives ! Dans ma jeunesse, j'ai croisé une dame qui était plongée dans l'occultisme, résidente dans l'immeuble d'une copine ; la première chose qu'elle demandait aux gens étant leur signe astrologique, ça partait ensuite, via l'influence des astres, dans le surnaturel. Elle nous avait sorti ce truc au sujet de "ses vies antérieures" : elle se "voyait" (enfin je sais pas, peut-être se "rêvait"-elle, ou autre modalité) sous les traits d'un petit garçon en train de faire barrage de son corps en pleine rue dans une révolution (la Commune ou que sais-je), elle se prenait pour Gavroche.
Aparté : quand je te répondais que je n'enviais pas le quotidien des sorciers et autres manipulateurs conscients de puissances occultes : cette dame était visiblement dans la confusion et même dans la suspicion automatique. Tout comme une autre personne croisée lors de mes études, jeune femme se prenant pour une sorcière qui "hantait" un quartier en essayant d'ensorceler une ou deux personnes au passage par un mélange d'hypnose et de discours confus. Pour ce que j'ai vu, ces individus divers et variés (un autre me revient en mémoire encore) étaient des gens pas nets dans tous les sens du terme, mais surtout emprisonnés par ça, c'est-à-dire ne pouvant s'occuper d'autre chose, communiquer sur autre chose — littéralement *sous influence* comme on dit. J'en tire la conclusion que pour en arriver à ce stade ils ont dû, d'une manière ou d'une autre, alimenter leur intérêt pour le spiritisme jusqu'à l'obsession. Ils n'ont pas tourné le dos ou "fermé la porte", bien au contraire.
Le "commerce" (dans le sens de contact, relation, échange) authentique avec toute dimension parallèle ésotérique semble assurément provoquer un déséquilibre tout aussi authentique ! à la différence d'un charlatan motivé par la cupidité (rois de l'esbroufe, prestidigitateurs aux trucs psychiques, etc.), qui empile des savoirs occultes dans un bouquin sans y avoir touché lui-même. L'un dans l'autre, à part les lois du marché pour les plus malins d'entre eux, je ne vois pas trop sur quels dieux tous ces sorciers et magiciens-là ont de l'autorité, ce serait même plutôt le contraire : ils croient posséder un pouvoir mais vivent *sous influence*.
Salutations Parmelan,
Je n’aurai pas la même liberté de ton avec vous qu’avec Bruno. Je connais ce dernier et je peux vous rassurer : cet homme-là n'a pas votre authenticité Parmelan. Autant la vôtre gagne mon respect, autant ce genre de « kéké-chrétien » se désapprouve un peu plus à mes yeux à chaque fois qu'il ouvre la bouche.
Bref… comme je comprends, au travers de vos mots, l’état d’esprit dans lequel vous vous trouvez, m’y étant moi-même trouvé. J’avais à l’époque calculé de 23 années le temps séparant l’époque où Jérémie commença à recevoir son propos (très jeune), et celui où il se décida enfin à commencer de le rendre public. Lorsque je vis qu’André Neher lui-même arrivait à la même approximation, je fus rassuré. Mais surtout, cela me donnait du temps à moi-même. En effet, alors que je commençais à entendre, horrifié, ce que désormais je dis publiquement, j’étais alors dans la même disposition que vous : je rêve, je suis sous une influence néfaste, je suis maudit… ? Tout y passait.
Voici – Dieu, c’est le temps. La résistance au temps est une marque. Lorsque le feu ne cesse de flamber alors qu’au dehors on y a versé, sans relâche, des baquets entier d’eau : doctrines, lectures, cultes et séminaires, enseignements, prières, accusations, isolements, et toutes sortes de persécutions subtiles… Lorsque donc le temps même, non seulement résiste à laisser s’éteindre le murmure, mais qu’en plus ce murmure augmente en force, trouvant ici et là des témoins, s’enrichissant d’arguments et nourrissant d’autant plus la flamme qui grandit, etc. Alors, il faut s’inquiéter : il se peut que Dieu soit là, dans ce murmure.
Nous sommes conditionnés par l’immédiat dans tous les domaines de notre vie : nourriture, travail, amour, plaisir, réussite, etc. Et le spirituel baigne pareillement dans l’immédiateté. Le spirituel est possédé par l’immédiat et par les preuves directes que tout immédiat offre toujours. Il nous faut du spirituel ici et maintenant ! Nous avons vidé le spirituel de sa sève et de son sang : le Temps. La persévérance, l’opiniâtreté, la recherche ardue, tenace, la recherche qui ose contredire ses premières découvertes pour aller plus profondément, la recherche qui ne paye pas tout de suite et qui peut-être même nous laissera dans la frustration à vie… Voici des valeurs quasiment devenues démoniaques. C’est ainsi que nous ne creusons plus profondément car nous voulons une récolte au plus vite. Et nous croyons que plus est rapide la réponse venant du ciel et plus nous sommes en contact avec l’Esprit. Que là est la preuve suffisante pour affirmer que « Dieu est avec nous ».
Quant enfin un Kierkegaard arrive et affirme : « L’Esprit est la négation de l’immédiateté directe, car être reconnaissable directement est précisément ce qui caractérise l’idole. » C’est pourquoi, dit-il ailleurs que nous nous sommes permis de « substituer, sans plus d'embarras, l'immédiateté à la foi ». Ainsi, il faut creuser, creuser et creuser encore. Voyez ce que dit le Christ : « Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la parole et la comprend (mat 1323) – Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance (luc 815). »
L’adéquation avec « comprendre » et « persévérance » ne vous saute-t-elle pas aux yeux ? Quelques cultes, quelques séminaires, une dogmatique bien propre et prête à l’emploi, et même une école de théologie sur 3 ou 5 années ne suffisent pas. Car on ressort de cette pseudo recherche de Dieu avec une théologie qu’on gardera toute sa vie ; une représentation du Christ qu’on gardera toute sa vie. Niet. Chercher le Christ est le travail d’une vie entière. C’est précisément la recherche, c’est-à-dire la remise en question continuelle de nos acquis, c’est cette valeur-là qu’on doit garder toute sa vie.
Le Christ qu’on découvre après 20 ans de recherche de sa personne est ainsi totalement différent de Celui qu’on découvrit la première année ! Quel imbécile de théologien me fera gober que l’enfant de 8 ans a de son père la même représentation que lorsqu’il a 28 ans ? Et pourtant, c’est le même père. Comment ce même imbécile de théologien m’expliquera que 20 ans suffit à un homme pour maîtriser la lecture, l’écriture et les mathématiques ? Certainement un tel homme sera formé pour appréhender les réalités basiques de la vie et pour gérer son compte en banque, mais jamais il ne sera un Pouchkine ou un Einstein s’il cesse là son travail sur la langue et les chiffres. Eh quoi ! dans cette métaphore où l'apprentissage du français et des mathématiques symbolise la Foi, le Christ doit-il ensuite être comparé à l'homme lambda rendu capable de gérer son compte en banque et les simples réalités de la vie ? Ou doit-il être comparé à Einstein ou Pouchkine ? Très certainement, tous les Einstein et tous les Pouchkine ne suffiront pas à la comparaison avec le Christ ! Alors on nous dit : l’Esprit. Et vlan, voici la baguette magique qui transforme l'imbécile en homme mûr par la récitation du credo et l'obéissance à l'Église. Mais l’Esprit c’est celui qui dit : « Creuse, creuse, et creuse encore. Le credo et l'église ne te suffiront homme de peu de foi. Et quand tu auras creusé 40 ans, tu auras renversé tant de réalités, tant de vérités éternelles, tant de logiques que tu commenceras enfin à comprendre que tu commences à peine à Le découvrir. » On ne devient pas fils de l’homme en deux coups de cuiller à pot. Non pas que je veuille dire que nous gagnons par notre travail cette Nature d’en-haut, mais plutôt que cette Nature se trouve derrière un mur qui s’appelle la mort. Ainsi doit-on traverser ce feu. Or, il y a certaines vérités, réalités et logiques que nous sommes incapables de jeter dans ce feu tant il nous semble impossible de vivre sans. Le concept politique qu'est le dogme du corpus chrisi et l'image d'une divinité nourrie par la connaissance du bien et du mal sont de celles-ci. C’est bien en cela que nous sommes des ratés, des pécheurs dira le texte.
Je voulais vous parler de la parabole du bon berger que l’on trouve dans Jean 10, car je vois que vous évoquez dans votre post ce que la parabole évoque elle-même avec le loup. Mais la force me manque ici, aussi je serai bref. C’est un thème parmi tant d’autres qui est en chantier d’écriture… La clef pour comprendre ce qu’est « le loup » est pourtant extrêmement saisissable. Nous avons simplement tellement été endoctrinés à voir « le loup » comme celui qui brise l’église ; et celle-ci étant l’intouchable, il devient alors impossible de comprendre de quoi parle le Christ. La vérité doctrinale reçue par l’ekklésia nous en ferme la porte. Le loup est dans la nature un des animaux les plus organisés et dont la communication est l’une des plus évoluée. À telle point que ce n’est même pas un mâle qui domine mais un couple. C’est-à-dire qu’il ne faut pas parler du mâle alpha, du mâle dominant, mais du mâle et de la femelle alpha. Chose remarquable pour le monde sauvage. C’est donc ce couple qui décide de tout pour la meute. Une meute qui est en outre une organisation hiérarchisée extrêmement pointue avec une communication de même type plutôt rare dans le monde animal. Nous trouvons chez les fourmis, par exemple un même type d’organisation dont la mécanique semble inébranlable.
Ainsi donc, « le loup » ne renvoie pas chez l’homme à ce qui est sauvage, au sens où nous l’entendons, mais tout au contraire à ce qui est particulièrement organisé, logique et d’un haut degré de communication. Soit donc, à toute organisation qui a su développer au maximum le savoir, la raison, les connaissances. Ce qui est sauvage dans le concept du « loup » l’est dans le sens de la dimension spirituelle. C’est en l’homme ce qui est le plus en négation de l’Esprit, c’est-à-dire en négation de l’impossible du Christ : l’incarnation de Dieu, la résurrection, et l’attente de celle-ci sans la foi-seule et sans en avoir les fruits sonnant et trébuchant ici-bas. Mais cette négation s’associe chez cet homme – en contrepartie et comme pour faire équilibre dans un mouvement de balancier – à un développement intellectuel pointu et une organisation élevée. Soit donc, à une argumentation lumineuse de sa négation de l’incarnation et de la résurrection. Plus un homme associe et appuie cette négation à l’aide d’un développement intellectuel et de preuves lumineuses, et plus il est un Loup. Le Christ ne parle pas de ceux qui brisent les églises, mais de ceux qui dévorent la foi en Lui à l’aide de l’arbre des savoirs et du mode de vie confortable qu’il offre. Si l’éclatement des églises en est la conséquence, ce n’en est pas la marque.
En aparté, il faut souligner aussi que la dévoration de la foi-seule peut se faire par la mystique ou l’héroïsme religieux, de là l’évocation du « loup habillé en brebis ». Son déguisement est le miracle, la prophétie ou la réussite prosélyte… C’est-à-dire l’immédiateté dont on maquille le spirituel à l’aide d’une mystique pointue ou d’une organisation à mission politico-religieuse. D’où le renvoi aux miracles, à la divination, ou à l’évangélisation qui veut changer LE monde au lieu de changer DE monde, et qui veut donc à terme obtenir le pouvoir politique. On focalise la foi sur l’ici et maintenant, de là n’est-elle plus la foi, car la foi en Christ est focalisée sur la Résurrection et l’Utopie de la nouvelle nature qu’elle offre.
Mais revenons à la parabole. L’acte de « ravir, dévorer, disperser… » chez le loup est donc sa capacité à manger la foi en l’impossible du Christ que développe un individu. C’est le déstabiliser tellement à l’aide d’arguments, de preuves et d’un certain mode de vie… que cet homme abandonne la foi et rentre dans la meute pour lui-même apprendre le langage de la négation du divin. Cette meute peut être une autre religion que l’athéisme, une croyance tels que le judaïsme ou les religions de type hindouiste. Or, le Christ explique d’un côté qu’il est prudent de rester dans des bergeries, c’est-à-dire dans les lieux où un certain enseignement préservera l’individu afin que sa foi dans le Christ ne soit pas dévorée, et d’autre part, il explique qu’il veut faire sortir les individus des bergeries. Que comprendre ? Car l’adéquation entre le loup et le Christ est ici gênante. Voici, ceux qui doivent rester dans la bergerie sont trop faibles, trop petits dans leur foi pour se confronter au monde organisé de la raison et des croyances qui savent avec puissance décourager toute foi en l’impossible. Aussi faut-il que ceux-là restent encore dans ces lieux balisés, sécurisés et chauffés dont vous parlez. Mais devenus mûrs, ayant donc acquis un nom devant leur Père, car ils ne sont plus des enfants qui balbutient, ils peuvent sortir. Et avec le Christ, qui les « appellent par leur nom » dit la parabole, ils sortiront pour écraser les loups. Ils passent de la mère ecclésiale dont le sein et le lait leur sont désormais inutiles… au Père de qui ils reçoivent l'onction de feu. Enfin, ils commencent à véritablement avoir Foi.
Or, voici le scandale. Le berger qui ne laisse pas sortir celui qui désormais est adulte, mais qui le force à demeurer dans l’enfance de la foi, celui-là, ce berger, qui sert-il ? Car à qui profite le crime ? Si les loups ne sont plus attaqués au dehors par ceux qui ont cette Foi qui les terrorise, cette Foi trop solide pour qu’ils puissent la dévorer, cette Foi qui peut même les faire douter au sujet de leurs certitudes. Si donc, grâce aux bergers qui infantilisent les brebis, les loups ne trouvent plus sur leur route des fils de l’homme pour les traquer, il se trouve, par contre, que eux, les loups, ne cessent d’attaquer la foi… Ils peuvent donc remercier les églises. Bien plus, les préserver. Car voici que les églises servent les loups alors qu’elles empêchent quiconque de mûrir, alors qu’elles préservent les loups d’avoir des ennemis sur leur propre terrain. Et comment font-elles pour apporter cette aide aux loups ? Fort simplement en représentant le loup comme il convient au loup d’être représenté : « C’est celui qui s'attaque à l’église. Restons terrés, ne sortons pas! » La boucle est bouclée et je dois dire qu’il y a de quoi applaudir la raison qui est décidément vraiment rusée. Le loup nourrit et préserve la paranoïa de l’église, et en attendant, il se lèche les babines. Car à l’intérieur, la brebis bien nourrie, bien chauffée et bigote lui offrira bientôt une chair de premier choix, une chair soignée, la chair de cet enfant dorloté qui de toute façon, qu’il le veuille ou non, vit sur la terre des loups. Le Christ n’est pas venu pour se terrer, mais pour sortir et pour conduire ceux qui sortent vers le monde-à-venir, et gare au loup qui croisera le Christ sur son chemin ou celui d’un Fils de l’homme qui Le suit ; le loup devra fuir le ventre creux et l'âme brûlée. L’akklésia des fils de l’homme enfin libres de sortir, c’est le cauchemar des loups, c'est leur jugement.
Vous nous encouragez à ne pas stopper les causeries Parmelan. Je vous en remercie. Sachez toutefois que de notre côté, la pression est particulièrement intense, en tous points. Je vous salue chaleureusement.
Je vous remercie, cher Ivsan, pour votre réponse détaillée et fort riche. je vous suis sur le fruit du temps dans la vie de chercheur du Christ. Vocation de chercheur qui n'est pas si naturelle au fond. Dès l'enfance on nous infuse un savoir pré-maché alors chercher au-delà des évidences, quel labeur, quels risques! J'aime bien le mot évidence. Ce mot s'est mis à retentir dans ma tête grâce aux séries policières américaines. Sur ce coup là, La langue française s'est bien joué de l'anglais. La-bas le mot a pris le sens de preuve. Or la pierre d'achoppement que Dieu adresse à l'homme n'est-elle pas l'évidence? Les évidences concernant Jésus n'incitaient pas son entourage à lui faire confiance. J'en suis là: dépassé les évidences; se faisant, quelle vide elles laissent mais aussi quel horizon ainsi libéré. Dites moi Ivsan, c'est ça le début du désert? Je suis bien conscient de vos difficultés (probablement multiples quant à leur manifestation) mais quelle richesse pour vos auditeurs/lecteurs.
@Dianitsa.
Merci pour ta réponse (du 8 mars 2016), j’espère que tu ne va pas te dépareiller de ton humour assorti de ses anecdotes, je trouve cela proprement génial.
« Le fleuve de l'oubli c'est le léthé, n'est-ce pas ? ».
Oui, c'est bien de cela dont je parle, c'est en somme un pied dans la métempsychose.
C'est extrêmement troublant de vivre du déjà-vu déjà-vécu quasi toute la « journée » de fait, à avoir du mal à en écarter la "théorie/dogme" supra-citée, je commence à peine à retrouver un semblant d'énergie pour m'extraire des effets gravitationnels des trous noir que je/j'ai fréquenté.
Mais je fait cela....à mon rythme....
Merci à tout deux.
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